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 Y a-t-il une écriture féminine?

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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 18 Mai 2012 - 21:13

@ Cat47:

Citation :
Aux hommes les grandes idées et aux femmes le quotidien, c'est bien la conséquence d'un pouvoir. Si on repart encore plus loin dans le passé, on peut dire que les genres se sont préoccupés de la survie de l'espèce de manière différente. Aux hommes la force physique et le pouvoir, aux femmes la "servitude" de l'allaitement et du foyer, donc la gestion du quotidien. Pendant longtemps, très longtemps, les hommes, nourris et servis par les femmes, ont eu plus de loisir pour réfléchir aux "grandes idées". Et nous sortir des théories qui, pour certaines, ont bien passé le cap des siècles, mais, pour d'autres, moins bien.

Mon Professeur de grec, qui est un grand savant dans son domaine et, à ma connaissance, un chercheur assez peu acquis aux préjugés des études de genre en philologie, m'a confié l'autre jour autour d'un café qu'il ne serait pas étonné qu'une grande partie de la mythologie archaïque et de la métaphysique ancienne soit le fruit d'une jalousie masculine à ne pouvoir porter, enfanter et allaiter. Voir à ce sujet tous les récits de naissance - par parthénogenèse ou non - à partir d'un corps masculin, comme c'est par exemple le cas de l'illustre Athéna, sortie en armes de la cuisse de Zeus, son dieu des dieux de père.

De même, certains historiens de la pensée très sérieux défendent l'idée que l'intérêt philosophique porté par les intellectuels de la Grèce antique aux question des origines en général - origine de l'être en tant qu'être (ontologie), origine du mouvement des étants (physique), origine du monde (cosmologie) et j'en passe - découlerait d'une curiosité toute masculine pour toutes les formes de genèse, la naissance appartenant naturellement au domaine du féminin.

En ce sens là, il y aurait peut-être des écritures et des pensées "genrées", caractérisées par l'appropriation des pouvoirs de l'autre sexe: par exemple, pénétration pour la femme ou enfantement pour l'homme.

Je ne sais que penser de ces thèses anthropologiques et je ne suis pas certaine d'y accorder du crédit mais je trouve intéressant d'imaginer que de profondes réflexions peuvent naître, au fond, d'une étonnement pour ce que l'on ne possède pas, que l'on soit homme ou femme.

En outre, il est assez original de supposer que les attributs féminins (par exemple liés à l'enfantement) puissent être un objet d'intrigue ou de jalousie suscitant une activité intellectuelle ou créatrice palliative au moins aussi forte que celle qui, selon Freud, permet aux femmes de s'approprier le "phallus". J'ai toujours trouvé cette théorie psychanalytique délirante mais après tout, si tant l'admettent, pourquoi ne pas lui assigner un pendant masculin de la même eau? Razz


Dernière édition par Dérinoé le Sam 21 Mar 2015 - 14:55, édité 2 fois
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althea
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 18 Mai 2012 - 22:20

Dérinoé a écrit:



En ce sens là, il y aurait peut-être des écritures et des pensées "genrées", caractérisées par l'appropriation des pouvoirs de l'autre sexe: par exemple, pénétration pour la femme ou enfantement pour l'homme.

Dérinoé a écrit:

En outre, il est assez original de supposer que les attributs féminins (par exemple liés à l'enfantement) puissent être un objet d'intrigue ou de jalousie suscitant une activité intellectuelle ou créatrice palliative au moins aussi forte que celle qui, selon Freud, permet aux femmes de s'approprier le "phallus". J'ai toujours trouvé cette théorie psychanalytique délirante mais après tout, si tant l'admettent, pourquoi ne pas lui assigner un pendant masculin de la même eau? Razz


J'ai toujours considéré l'explication psychanalytique des oeuvres littéraires plus comme un jeu intellectuel , assez fascinant d'ailleurs, que comme une explication réelle de l'écriture mais bon, comme tu les dis, pourquoi pas ? Laughing

Par contre sous cet angle que deviendrait une écriture "féminine" ? Aurais tu un exemple ?
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 18 Mai 2012 - 22:44

@ Althéa:

Citation :
Par contre sous cet angle que deviendrait une écriture "féminine" ? Aurais tu un exemple ?

Bonne question! Je la poserai à mon Prof'.

Il est difficile de trouver de trouver des exemples dans l'Antiquité puisque l'écriture, littéraire et scientifique, y est un pré-carré masculin. Me vient spontanément en tête le cas de la poétesse Sappho mais je ne vois pas ce qui, dans ses thèmes ou dans sa forme, pourrait être assimilé à une tentative d'appropriation de caractéristiques masculines.

Dans la littérature ou la philosophie plus tardives, je ne trouve pas d'exemple non plus.

Cela dit, pour revenir à la question principale du topic, je dirais que Marguerite Yourcenar constitue le paradigme de l'écrivaine dont on le qualifie le style de "viril", un épithète que j'ai très souvent lu sous la plume de biographes, de critiques ou de lecteurs décrivant son écriture.

De manières assez variées, ce que l'on considère ici comme masculin rejoint les traits suivants: érudition, sobriété, pureté, retenue, pudeur, intellectualisation, réflexions générales à teneur philosophique ou politique et quelques autres encore, dans le même goût. Je ne crois pas que ces caractéristiques-là soient purement masculines - pas plus que leurs contraires ne peuvent être attribuées aux femmes a priori - mais ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi on les relie spontanément au masculin.


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althea
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Sam 19 Mai 2012 - 9:43

Dérinoé a écrit:


Cela dit, pour revenir à la question principale du topic, je dirais que Marguerite Yourcenar constitue le paradigme de l'écrivaine dont on le qualifie le style de "viril", un épithète que j'ai très souvent lu sous la plume de biographes, de critiques ou de lecteurs décrivant sa écriture.

De manières assez variées, ce que l'on considère ici comme masculin rejoint les traits suivants: érudition, sobriété, pureté, retenue, pudeur, intellectualisation, réflexions générales et quelques autres encore, dans le même goût. Je ne crois pas que ces caractéristiques-là soient purement masculines - pas plus que leurs contraires ne peuvent être attribuées aux femmes a priori - mais ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi on les relie spontanément au masculin.[/color]


Tout à fait d'accord !
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 25 Mai 2012 - 12:34

Débat complexe où s'entremêlent l'identité biologique et historique de l'auteur, le genre social, sa construction ou déconstruction, le style et le talent...

althea a écrit:
on revient à l'éternel problème : cette "écriture féminine" n'est elle pas une conséquence de l'éducation et des filles et de leurs lectures? (...) Comme le vécu influence l'écriture (à tous les niveaux y compris celui de mes posts), le fait d'être une femme est un des éléments qui vont participer à l'élaboration d'un style mais il y a d'autres éléments qui ont sans doute autant d'importance et parler d'écriture féminine est à mon avis trop réducteur, un peu comme si tu ne lisais Gide que sous l'angle de son homosexualité
Même avis.

cat47 a écrit:
je pense que le vécu des femmes est différent de celui des hommes, en tout cas jusqu'à preuve du contraire (...)
Oui mais le vécu est éminemment personnel par définition, et s'il se fonde sur une éducation sexuée (ou pas), assimilée (ou pas), il peut d'évidence se forger et s'amender hors les sentiers battus et normés, non? A défaut, il faudrait considérer que l'ensemble des auteurs femmes écrit selon une même inclination, ce que la production littéraire réfute.
La différence de parcours historique, familial, social, entre Emily Brontë et Agota Kristof explique leur différence de plume. Même constat chez Proust et Bazin. Certains auteurs (femmes) sont par ailleurs connus pour avoir délibérément cassé toute syntaxe afin de s'affranchir au maximum d'un genre quelconque (Duras, Angot plus récemment).
Le marché de la littérature dite féminine se nourrit pour sa part des clichés que nos sociétés (patriarcales) ont su entretenir. Money talks... Observer ce marché pour en déduire un sexe de l'écriture me paraît faussé.

cat47 a écrit:
Un homme décrivant les sentiments d'une femme le fera toujours d'un point de vue masculin, c'est inévitable. Et puis pour certaines situations (ne serait-ce que la grossesse et l'accouchement, pour rester très prosaïque), ce point de vue sera nécessairement extérieur, non?
Une femme qui n'a pas accouché est-elle apte à décrire la maternité ou l'inconsolable, la perte d'un enfant, et auquel cas, son point de vue devra-t-il être considéré comme masculin?
Une femme au foyer est-elle apte à décrire un conflit armé?
Une femme recluse dans la lande est-elle apte à décrire la passion amoureuse?
Une femme hétérosexuelle est-elle apte à décrire l'homosexualité masculine?
D'une manière générale, s'interroge-t-on autant sur une singularité des plumes masculines?

Dulcie a écrit:
vous refusez de reconnaître l'écriture féminine, mais j'ai l'impression que c'est parce que vous acceptez l'idée négative qui en est véhiculée
Pour ma part, je ne reconnais pas l'écriture féminine parce que je n'en ai jamais rencontrée, à ce jour. J'ai lu des auteurs féminins qui se sont penchés sur tel sujet, avec telle compétence et préférence stylistique (emphatique, atrophique, subjectif, indéterminé) et selon un éclairage qui est le leur et relève de leur vécu ou documentation, cet ensemble transcendant leur identité biologique primaire. Tu me dirais aujourd'hui que Karen Blixen s'appelait en réalité Ingmar et qu'elle n'a jamais quitté son comptoir du nord, cela ne me ferait pas aussitôt juger son style littéraire sous un prisme différent... C'est la chance, la gageure, le tour de force qu'offre l'écriture, d'une certaine façon.
Que des auteurs féminins revendiquent le rose bonbon et excellent dans les supernovas sentimentales, ou que d'autres décrivent à la serpe leur intimité et appétence sexuelle ne change rien, à mon sens. C'est du reste valable pour tout autre objet d'étude, les sentiments n'étant pas l'apanage d'un sexe (étant précisé, mais nous sommes bien d'accord, que la liberté dans la création littéraire dont jouissent les écrivains femmes aujourd'hui n'a pas grand-chose à voir avec les contraintes des siècles précédents. Contraintes qui justifiaient d'ailleurs le recours par certaines à des noms de plume masculins. Cas de Blixen, là encore).
Les petits gris feront toujours obstacle aux théories en noir et blanc, et la démonstration est vraie chez l'autre sexe aussi. C'est heureux, j'imagine.

Dérinoé a écrit:
Marguerite Yourcenar constitue le paradigme de l'écrivaine dont on qualifie le style de "viril", un épithète que j'ai très souvent lu sous la plume de biographes, de critiques ou de lecteurs décrivant son écriture
Viril parce que cérébral, intellectuel, dépourvu de sentimentalité apparente, âpre et coupant comme le fil d'une épée...

Dérinoé a écrit:
Je ne crois pas que ces caractéristiques-là soient purement masculines - pas plus que leurs contraires ne peuvent être attribuées aux femmes a priori - mais ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi on les relie spontanément au masculin
Même avis.

Le débat est en tout cas relancé puisque Sylviane Agacinski vient de publier un nouvel opus sur le sujet, Femmes entre sexe et genre, au Seuil.
http://www.seuil.com/livre-9782021078237.htm
Commenté aujourd'hui dans Le Monde des Livres par Julie Clarini, qui relève chez l'auteur cette (récurrente) critique des théories du genre: "En imposant son scepticisme sur la réalité de la dualité des sexes, la queer theory ne ferait que rejouer, mais à l'extrême inverse, la partition des philosophes antiques pour qui le sexe biologique déterminait tout".
Qui pour prendre la relève de Monique Wittig?...
Wink
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Lun 27 Aoû 2012 - 0:32

Il est possible que quelqu'un ait déjà posté le lien de l'article de Cynthia Crosser publié dans le Wall Street Journal ou celui du résumé, en français, posté sur le site du magazine Première dont je vous relaie le lien ici. Mais puisque bis repetita placent et que la canicule semble nous laisser quelque répit, je remonte ce topic à la surface de l'eau dormante sur cette question qui mérite en effet réflexion: Pourquoi les femmes écrivains ne font-elles pas parler les hommes ?

Pour résumer brièvement l'affaire et si l'on en croit le compte-rendu dont l'auteur reste à ce jour inconnu, la journaliste part du constat que peu d'écrivaines contemporaines d'expression anglaise choisissent un héros masculin et qu'il n'est pas jusqu'aux auteurs chères à Lambton - telles par exemple Jane Austen ou les sœurs Brontë -, pourtant peu avares en portraits masculins hauts-en-couleurs, qui ne se fendent de descriptions d'hommes édulcorées et peu réalistes, somme toute désespérément féminisées au tamis des fantasmes de ces dames.

Si l'on suit le compte-rendu toujours, Marguerite Yourcenar serait l'une des rares exceptions à avoir choisi d'ancrer certains de ses récits d'envergure dans des personnages masculins - Hadrien et Zénon en tête, bien sûr - alors que les écrivains hommes de notre temps - et, a fortiori, ceux d'époques plus reculées - ne se priveraient pas quant à eux de choisir des protagonistes féminines.

Les femmes se censureraient-elles dans le choix du genre de leurs personnages principaux et, si oui, pour quelle raison, à un époque où rien – sinon rien de plus que ce qui pourrait freiner un homme – n'interdit aux écrivaines de façonner leurs récits à leur convenance? Telle est la question centrale posée par le compte-rendu de Première.

Si l'interrogation présente quelque intérêt et mérite d'être investiguée, ne serait-ce que pour être remise en cause statistiquement, peut-être faut-il distinguer une question à l'intérieur de la question.

D'abord, il est une différence entre le genre, le nombre et l'importance des protagonistes déterminés par un auteur - par exemple, dans Madame Bovary, le fait que le récit s'axe essentiellement autour du parcours d'une jeune fille, les autres personnages, hommes et femmes, n'étant présentés et détaillés qu'en fonction des relations entretenus avec la première, indépendamment du type de narration adoptée par Flaubert - et le rôle de la focalisation, c'est-à-dire du point de vue narratif, proposée par l'auteur - par exemple, dans les Chemins de la liberté de Sartre, bien que le personnage principal semble être un homme, Professeur de philosophie, l'histoire n'est pas racontée uniquement de sa perspective à lui mais partant également des pensées, réflexions, sentiments et connaissances d'autres personnages gravitant autour de lui, comme par exemple deux de ses élèves - frère et sœur -, son amante - une jeune femme recluse par la maladie -, ou deux de ses amis - l'un militant communiste engagé, l'autre homosexuel mal assumé.

En ce sens, lorsque l'on dit que Gustave Flaubert s'autorise une héroïne féminine, on n'a encore rien dit car encore faut-il examiner dans le détail quelle est la focalisation du récit et, pour le cas où elle serait interne à un personnage, si celui d'Emma Bovary a effectivement préséance sur les autres protagonistes. (Et là, nous tomberions dans la terrible question du discours indirect libre qui terrorise tous les Bacheliers – et certains étudiants attardés également.)

Les seuls cas où le constat de la journaliste vaille sans discussion sont ceux où l'auteur fait parler un (ou plusieurs) personnages à la première personne. En effet, par exemple, dans les Mémoires d'Hadrien, c'est l'Empereur qui, au terme de sa vie, raconte le parcours de son ascension politique et sa trajectoire amoureuse en passant par le « je » de sorte que l'on ne peut nier que le point de vue proposé soit fondamentalement masculin. Idem, dirais-je, pour l'Histoire du Juif errant de Jean d'Ormesson où les deux trames principales, l'une imbriquée dans l'autre, nous sont respectivement déroulées par un jeune homme sans nom et par le Juif errant lui-même. Ainsi, également, pour la Symphonie pastorale d'André Gide dont l'enchaînement d’événements et les personnages impliqués nous sont dépeints par le Pasteur, marié, père de famille et théologien. Dans ces récits-là, l'autre genre – et tous les personnages d'une manière générale – n'est jamais décrit que de l'extérieur, sans qu'il y ait prise de possession de pensées  de facto inaccessibles aux narrateurs ou narratrices concernés.

Par contre, il existe un certain nombre de romans où, bien que le héros ou l'héroïne affichés, parfois de manière éponyme, soit clairement homme ou femme, l'histoire fasse la part belle à une intrusion dans les sentiments ou le point de vue de l'autre genre, a priori peu mis en valeur par le quatrième de couverture. Je pense par exemple aux Jeunes filles de Montherlant, qui, entre autres par le jeu de l'échange épistolaire (mais pas uniquement), donne à voir tant de psychologie masculine que féminine – quoique l'on puisse par ailleurs penser de la pertinence des descriptions – ou une saga de science-fiction comme celle de Dune de Franck Herbert qui, bien que portée par une dynastie masculine, recourt abondamment à la psychologie des personnages féminins, tout aussi travaillée que celle de leurs comparses masculins.

À cela, il faudrait encore ajouter les récits dont le point de vue essentiellement omniscient, parce que narrant l'histoire à vol d'aigle, prend des distances avec la double question du genre et du personnage principal pour décrire l'avers et le revers des êtres sans donner préséance à un sexe plutôt qu'à l'autre. Il me semble que c'est par exemple le cas de nombreux passages de la Princesse de Clèves de Madame de Lafayette où, le narrateur omniscient, entrant dans la tête des uns et des autres, peut aborder une même situation sans préférence de genre – bien que, de prime abord, ce livre écrit par une femme porte plutôt sur les dilemmes de l'amour traversés par une femme, le tout emballé dans un esprit très féminin d'histoire impossible et d'épanchements des sentiments.

Il me paraît assez délicat de tirer l'équation « Personnage principal féminin = livre ancré dans point de vue féminin » (ou inversement) sans rentrer dans le détail de la narration, des personnages et des focalisations admises par l'auteur. Ainsi, dénombrer avec exactitude le nombre d'hommes faisant parler des femmes et le nombre de femmes faisant parler des hommes relève finalement de la gageure. La question, telle qu'elle est posée par l'article, repose sur un présupposé superficiel selon lequel un roman disposant d'un héros masculin donnerait à voir essentiellement un point de vue masculin sur le monde et inversement. Or il est beaucoup de façons, pour un auteur, de manier les marionnettes et les focalisations, multiples et déclinables à l'infini, sont, sur ce point, outils principaux de la comédie littéraire

Sait-on jamais vraiment sur quoi - ou sur qui - un auteur écrit? Le sait-il lui-même?

P.S. Je pense que la nature de ce développement abscons pourrait constituer une hypothèse intéressante quant aux raisons pour lesquelles certains groupes d'animaux, tels les lemmings, se dirigent en masse vers des plans d'eau dans une sorte d'élan suicidaire collectif. Cela dit, si quelqu'un survit à l'étang, je serais ravie de lire une réponse.


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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Jeu 9 Mai 2013 - 19:25

Suis tombée par hasard, ces jours, sur une séquence video de mars 2009 opposant sur le plateau d'On n'est pas couché, Annie Lemoine, venue présenter l'un de ses livres (Que le jour recommence, chez Flammarion) aux critiques Eric Zemmour et Eric Naulleau.

Il est amusant de constater que là où Naulleau élargit prudemment le débat, celui de l'indigence d'une littérature bâclée et / ou malingre, dont il dénonce l'absence de style, d'intrigue et de vocabulaire, Zemmour épingle — auteur femme oblige — un genre littéraire féminin ("simpliste", pétri de "lieux communs" selon ses termes) et invite finalement l'auteur à servir dans la presse féminine, marché parmi d'autres.



L'un d'entre vous a-t-il lu l'ouvrage décrié?
L'a-t-il trouvé bon, pauvre, conforme / non conforme à ce qui pourrait s'apparenter à un cahier des charges en littérature féminine (par et pour les femmes) et répondant / ne répondant pas à une spécificité de la plume féminine?...

Je m'interroge. Encore que Zemmour, de mémoire, évoque un livre pour les femmes, pas un livre de femme. Mais il lie implicitement la forme, le fond et le lectorat.
Wink
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 10 Mai 2013 - 16:41

@ TimesNewRoman:

Merci beaucoup pour cette passionnante réflexion sur la littérature féminine qui, de manière fort intéressante, part d'un cas particulier pour reformuler la triple question initiale de ce topic, à savoir: (1) existe-t-il une écriture féminine, (2) si elle existe, peut-on en démontrer l’existence via des analyses systématiques et, la démontrant (3), quelles caractéristiques faut-il lui affilier?

Je commence par préciser que je n'ai pas lu le livre présenté durant cette émission par Annie Lemoine et ne peut donc rien en dire, ni sur le fond, ni sur la forme - sinon que les passages lus par les chroniqueurs augurent en effet du pire.

Tout d'abord, sur les deux interventions. Je les distinguerai dans la mesure où, comme tu l'écris, si Éric Zemmour  relie étroitement les qualités intrinsèques du livre au genre de son auteur confirmée et de son lectorat putatif au sein une analyse essentiellement sociologico-psychologique, Éric Naulleau me paraît, lui, se concentrer sur les aspects expressément littéraires du roman: épaisseur psychologique des personnages, style adopté par l'auteur et intrigue marqué par un twist final principalement. Il me paraît important de souligner que Zemmour soulève une hypothèse, étayée par un mélange de présupposés plus ou moins argumentés, d'informations plus ou moins avérées et d'analyse littéraire pure quand Naulleau se borne à décrire - de manière tout à fait subjective, j’entends - la constitution du livre, fond et forme compris.

Les deux exercices divergent fondamentalement dans leur essence et, in fine, ne procèdent pas d'un même domaine, le premier fondamentalement sociologique et psychologique, le second uniquement littéraire. J'y reviendrai plus bas.

Pour m'arrêter uniquement sur l'exercice auquel se livre Zemmour et qui est objet du présent fil, je soulèverai un point qui me paraît invalider totalement son analyse – qui me semble représentatif des problèmes posés par le débat de fond: si, comme il l'affirme soutenu par Naulleau (dont je rappelle ici qu'il est entre autres éditeur et animateur d'une émission littéraire) les femmes constituent effectivement le 80 % du lectorat des romans édités à l’heure actuelle*, il faut donc en conclure que l'ensemble de la production romanesque, de Victor Hugo à Paul Auster, de Marguerite Yourcenar à Charlotte Brontë, de Heinrich Böll à Claude Simon, de Frank Herbert à Gabriel Garcia Marquez, de Chrétien de Troyes à Iris Murdoch, d'Oran Pamhuk à Isaac Bashevis Singer, des auteurs les plus abscons, les plus pointus et les plus réactionnaires aux romanciers les plus gentillets ou les plus médiocres, que cet ensemble hétéroclite d'œuvres littéraires, disais-je, est reçu et lu par 80 % de femmes. Ce qui semble indiquer que les femmes sont preneuses d'un spectre extrêmement large comprenant du léger et du profond, du doux et du violent, du simple et du complexe, du traditionnel et du novateur et ainsi de suite, jusqu'à épuisement de tous les termes susceptibles de décrire le fond et la forme d'un texte. Et que donc, si tant est qu'il y ait encore un sens à circonscrire un lectorat par le genre, celui qui émerge ici est à ce point varié qu'il est impossible de l'associer à un certain type de littérature, tel que celui dont Annie Lemoine se prévaut elle-même.

Un peu comme si on constatait que le 80 % des achats de cornets de glace étaient effectué par des hommes et que, parallèlement, on tentait de maintenir que la production du parfum chocolat se voulait, de par son essence, spécialement pensée pour plaire aux cibles masculines. Or, puisque les hommes seraient également largement preneurs de vanille, de pistache, de fraise, de moca et de citron - c'est-à-dire de glace en général -, rien ne permettrait de supposer que l'essence du chocolat répondrait intrinsèquement à l'essence de la masculinité.

Soit la statistique donnée au cours de l'émission est vraie et l'analyse de Zemmour s'effondre, soit son analyse est viable et la statistique est erronée. Le monde n'est pas assez contradictoire pour que les deux éléments puissent cohabiter en son sein. Si les femmes sont bien ces lecteurs voraces qui dominent la consommation de production romanesque, c'est qu'elles goûtent à tout, aiment tout, lisent tout, selon leur personnalité, leur âge, leur milieu, leurs rencontres fortuites et tant d'autres critères entremêlés susceptibles d'amener un être humain vers un certain genre ou un certain style de textes.

Nonobstant, un forum comme celui de Lambton démontre in vivo la variété extraordinaire des lectures du public féminin - la plupart des lectrices cumulant du reste des goûts parfois très éloignés les uns des autres, sautant de la science-fiction américaine des années '50 au roman réaliste français du 19ème s. en passant par le Romantisme allemand et la grande littérature dite "de voyage", toutes langues confondues - et, si l'on devait inférer une hypothèse à partir de l'exemple de ce site, je tendrais à penser que le niveau de formation influe nettement plus sur l'élargissement du spectre de chacun et de tous que le sexe donné par la naissance.

Et c'est là que j'en reviens à ma distinction entre les exercices respectifs auxquels se livrent Zemmour et Naulleau, chacun ayant du reste sa valeur. Comme on le constate, pour pouvoir édifier son théorème, le premier se doit d'introduire un certain nombre de présupposés externes au livre lui-même - telles que les idées selon lesquelles les femmes seraient quasi exclusivement lectrices d'histoires d'amour, qu'elles ne s'intéresseraient qu'à des personnages eux-mêmes féminins, que seules les élucubrations psychologisantes susciteraient leur intérêt de lectrices - et dont il faut bien dire qu'ils ne sont ni fondés, ni plus fondés que les axiomes contraires. Alors que, à l'inverse, la critique de Naulleau, indépendamment de la pertinence qu'on voudra lui accorder, part du texte, revient au texte et, tout au long de l'analyse, reste sur le texte. Et c'est bien là ce qui distingue les deux approches et, à mon sens, invalide la première. Si Naulleau peut se saisir du texte l'esprit clair et commenter ses qualités et défauts en s'accrochant à la matière critiquée, Zemmour se voit contraint d'introduire des éléments extérieurs à l'œuvre, et qui seront nécessairement aussi justifiés ou injustifiés que pourraient l’être d’autres assertions.

Ou, pour le dire autrement, pour déterminer s'il existe une littérature féminine (objet à démontrer), on présuppose ici les caractéristiques de ladite littérature (passée subitement dans le champ des objets avérés) avant de chercher à confirmer et l'existence de l'objet supposé, et les caractéristiques en question, et ce sur le terrain même de textes rédigés par des femmes. En bref, pour démontrer l'existence d'un fait, on commence par admettre son existence, utilisée ensuite pour démontrer... qu'il existe bel et bien. C’est ce que l’on appelle, en logique, une petitio principii, soit un vice de méthode consistant à présupposer l’existence d’un objet dont on devrait en fait démontrer la réalité et, ce faisant, à recourir à cette présupposition pour effectuer la démonstration en question.

Maintenant, la question que je me pose, est la suivante : est-il possible d’échapper à ce vice de pensée lorsque l’on s’attelle à la question posée par ce fil et, partant, d’aborder la réalité sans poser d’hypothèses personnelles – positives, neutres ou négatives – quant à la nature de l’écriture censément féminine? Est-il possible, en somme, d'éviter de faire précéder la confirmation de son existence par celle de sa nature?

Je crois que c’est un problème récurrent que rencontrent les analyses genrées auxquelles s’adonne volontiers un Zemmour. Pour l’éviter, il faudrait partir des textes eux-mêmes et, avec rigueur et méthode, tenter de discerner si, réellement, se distinguent des traits systématiquement liés au genre de leurs auteurs – tout en démontrant par ailleurs qu’ils ne sauraient être imputés à d’autres paramètres biographiques ou sociaux. (Et je n’aborde même pas les problèmes de méthodologie préalables qui consisteraient à justifier la constitution des corpus – dont les étendues temporelle et linguistique sont sans borne – et la validité des critères d’analyse retenus.) Y’a-t-il des amateurs pour une tentative ?

Remercions toutefois Zemmour pour cette propositon aussi pleine de bravoure qu'elle est truffée d’erreurs logiques. (C'est dire si elle est brave!)

Qu’en pensez-vous ? bounce

*N'ayant jamais été consultée par aucune institution de quelque genre que ce soit sur mon rapport à la lecture, je me demande toujours de quelle manière sont réalisées ces statistiques. Tel n'est cependant pas le sujet ici.


Dernière édition par Dérinoé le Sam 21 Mar 2015 - 14:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mar 14 Mai 2013 - 14:53

Dérinoé a écrit:
*N'ayant jamais été consultée par aucune institution de quelque genre que ce soit sur mon rapport à la lecture, je me demande toujours de quelle manière sont réalisées ces statistiques
Même interrogation.

Dérinoé a écrit:
un forum comme celui de Lambton démontre in vivo la variété extraordinaire des lectures du public féminin - la plupart des lectrices cumulant du reste des goûts parfois très éloignés les uns des autres, sautant de la science-fiction américaine des années '50 au roman réaliste français du 19ème s. en passant par le Romantisme allemand et la grande littérature dite "de voyage", toutes langues confondues - et, si l'on devait inférer une hypothèse à partir de l'exemple de ce site, je tendrais à penser que le niveau de formation influe nettement plus sur l'élargissement du spectre de chacun et de tous que le sexe donné par la naissance
Suis éminemment d'accord. (Et c'est du reste ce qui me plaît ici...).

Dérinoé a écrit:
pour démontrer l'existence d'un fait, on commence par admettre son existence, utilisée ensuite pour démontrer... qu'il existe bel et bien. C’est ce que l’on appelle, en logique, une petitio principii, soit un vice de méthode consistant à présupposer l’existence d’un objet dont on devrait en fait démontrer la réalité et, ce faisant, à recourir à cette présupposition pour effectuer la démonstration en question
"La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal", selon le mot de La Rochefoucauld, cité par Alexandre Postel en exergue de son (premier) roman, Un homme effacé, chez Gallimard (2013). Des sommes de fictions constitutives de vérité sociale, voire juridique... Petite anecdote.

Dérinoé a écrit:
Je crois que c’est un problème récurrent que rencontrent les analyses genrées auxquelles s’adonne volontiers un Zemmour. Pour l’éviter, il faudrait partir des textes eux-mêmes et, avec rigueur et méthode, tenter de discerner si, réellement, se distinguent des traits systématiquement liés au genre de leurs auteurs – tout en démontrant par ailleurs qu’ils ne sauraient être imputés à d’autres paramètres biographiques ou sociaux. (Et je n’aborde même pas les problèmes de méthodologie préalables qui consisteraient à justifier la constitution des corpus – dont les étendues temporelle et linguistique sont sans borne – et la validité des critères d’analyse retenus.) Y’a-t-il des amateurs pour une tentative ?
Pourquoi pas? Je me souviens avoir été sommée, au collège, de regrouper le complet champ lexical de la montagne, à collecter page par page sur l'ensemble du (très beau) roman d'Henri Troyat, La neige en deuil...
Premier indice majeur, propre à la ponctuation: il paraît que les points d'exclamation et les parenthèses sont typiquement féminins. Wink
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 15 Mai 2013 - 18:43

@ TimesNewRoman:

Citation :
Même interrogation.

Quand on pense au nombre de croyances - portant notamment sur des tendances liées aux genres mais pas uniquement - que l'on nous dit confirmées par des statistiques dont ni la méthodologie, ni l'exactitude, ni même l'existence ne nous sont connues! Comment sait-on exactement que, durant une période circonscrite aux quelques dix dernières années les femmes françaises ont lu plus de romans que les hommes?

Procède-t-on à des sondages téléphoniques? Si oui, quelle structure permet donc à pareils questionnaires de cerner réellement les pratiques de lecture d’un genre ou de l’autre, partant du principe que l’on ne contactera jamais la totalité des femmes (ou des hommes) appartenant à une communauté définie afin de définir la proportion exacte de lectrices? Effectue-t-on des pointages - qui ne pourront, la aussi, que s'avérer parcellaires et tronqués  - sur la base de l’identité des acheteurs de livres, et ce en recensant  les quittances de cartes de crédit, cartes de bibliothèques, adhésions à des clubs de lecture et autres participations virtuelles à divers cercles de passionnés tels que celui-ci? Mais celui qui détient la carte ou avance les fonds est-il nécessairement le seul et unique consommateur du produit acquis, si l'on me passe l'expression? Et les groupes de discussion, à petite ou grande échelle, témoignent peut-être simplement du fait que les femmes aiment échanger sur le sujet plus que les hommes, sans pour autant que l'on puisse rien inférer quant à la fréquence des lectures masculines.

Bref, tout ça pour dire que, les chiffres avancés comme des évidences n'ont d'évidents que leur apparence et qu'en les torturant bien, on peut leur faire dire n’importe quoi (comme le prétendait Torquemada).


Citation :
"La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal", selon le mot de La Rochefoucauld,

Sentence d'une insondable profondeur, comme toutes les Maximes que comprend l'excellent recueil, à la croisée des chemins de l'anthropologie et de l'épistémologie.

Citation :
cité par Alexandre Postel en exergue de son (premier) roman, Un homme effacé, chez Gallimard (2013). Des sommes de fictions constitutives de vérité sociale, voire juridique... Petite anecdote.

C'est noté. Rien de plus intéressant que les êtres estompés.

Citation :
Pourquoi pas? Je me souviens avoir été sommée, au collège, de regrouper le complet champ lexical de la montagne, à collecter page par page sur l'ensemble du (très beau) roman d'Henri Troyat, La neige en deuil...

Téméraire? Cela étant, l'exercice que tu mentionnes donna sans doute lieu à une recherche moins longue qu'une injonction à déceler toutes les interrogatives indirectes mal bâties dans les trois derniers opus de Michel Houellebecq.

Citation :
Premier indice majeur, propre à la ponctuation: il paraît que les points d'exclamation et les parenthèses sont typiquement féminins.

En tous les cas, je confirme que certaines femmes les affectionnent particulièrement.  Ah ! Les gourgandines de la typographie possèdent des charmes à nul autre pareils. Wink


Dernière édition par Dérinoé le Sam 21 Mar 2015 - 15:02, édité 1 fois
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Sam 19 Oct 2013 - 11:06

Un très gros UP de topic, pouisque je suis tombée sur cet article dans Slate, à propos du dernier roman de Joyce Carol Oates, Mudwoman. Et en plus de considérations féministes, il y a un passage justement sur "l'écriture féminine" (à laquelle Oates ne croit pas, je spoile tout de suite lol! )
Joyce Carol Oates a écrit:
De cela, Joyce Carol Oates, qui donne des cours d’écriture littéraire à Princeton, dit:

«On m’a souvent dit que j’écrivais comme un homme. On me le dit encore tout le temps. C’est ridicule. Certaines féministes parlent d’une «voix féminine», jugent qu’une telle voix aurait moins de ponctuation, qu’elle coulerait d’avantage. La voix masculine serait plus formelle. Mais c’est de la théorie: dans les faits je ne vois pas de différence. Joan Didion a une écriture économe. Hemingway aussi. Oscar Wilde a une écriture fleurie... Je vois bien que mes étudiants n’écrivent pas comme des hommes ou des femmes: ils écrivent comme autant d’individus.»

Ce qui varie, concède Oates, c’est que les femmes, non par essence mais à cause de leur place dans la société – inférieure à celle des hommes – voient des choses différentes. «Elles voient ce qui les concerne, comme un noir, un immigré… Mais ce n’est pas une voix féminine. C’est un œil féminin. Il n’affecte pas la langue en soi.».
http://www.slate.fr/story/79058/joyce-carol-oates-mudwoman
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Elisha
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Lun 27 Jan 2014 - 16:45

Up de topic pour annoncer que "Lettres au féminin" sera un des grands axes thématiques du salon du livre parisien de cette année.

Citation :
La femme est-elle l'avenir de la littérature ? Ou les femmes écrivent-elles déjà, et peut-être depuis plus longtemps qu'on ne le dit, les pages les plus fécondes de l'aventure littéraire? Les plus grands lecteurs sont bien des lectrices qui donnent à la littérature contemporaine l'écho qu'elle mérite.

Et parmi les auteurs les plus créatifs, les plus effrontés, et les plus hardis, n'y aurait-il pas aujourd'hui une majorité d'écrivaines ? Quels sont les thèmes, les discours, les aspirations de cette littérature au féminin ? Y a-t-il un style qui lui serait propre ? La notion de littérature féminine a-t-elle un sens ?

Les grandes figures féminines de la création contemporaine apportent leurs réponses à autant de questions qui agitent les cœurs et les esprits en plein débat sur le féminin, la féminité, le féminisme.

Source Arrow


Et j'en profite pour parler d'un "projet" que je trouve vraiment intéressant. Il s'agit de Read Women 2014, un projet lancé un peu par hasard par Joanna Walsh, illustratrice et auteur, sur Twitter et qui a pris une assez grande ampleur. L'idée n'est pas bien sûr de ne lire que des auteurs de sexe féminin en 2014 mais de lire plus d'auteurs de sexe féminin et aussi de se rendre compte que ces auteurs-ci n'ont pas toujours la part belle dans nos lectures (en tout cas, ça a bien marché sur moi parce que je me suis rendue compte que je lisais beaucoup d'auteurs de sexe masculin…). Tout ceci a commencé avec les marques-pages suivants, oeuvre de Joanna Walsh.





Le dos de ces marques-pages était orné d'une liste d'auteurs de sexe féminin, liste qui a ensuite été augmentée grâce au hastag #readwomen2014. Vous pouvez retrouver les deux listes par ici Arrow

Et Joanna Walsh parle du projet, en anglais, par ici Arrow

En général, je n'aime pas les résolutions mais là c'est tout trouvé, en 2014 je vais lire plus de femmes  Very Happy
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Lun 27 Jan 2014 - 23:59


@ Elisha:

Merci beaucoup pour cette double information, fort intéressante!. Very Happy 

Citation :
La femme est-elle l'avenir de la littérature ? Ou les femmes écrivent-elles déjà, et peut-être depuis plus longtemps qu'on ne le dit, les pages les plus fécondes de l'aventure littéraire? Les plus grands lecteurs sont bien des lectrices qui donnent à la littérature contemporaine l'écho qu'elle mérite.

Et parmi les auteurs les plus créatifs, les plus effrontés, et les plus hardis, n'y aurait-il pas aujourd'hui une majorité d'écrivaines ? Quels sont les thèmes, les discours, les aspirations de cette littérature au féminin ? Y a-t-il un style qui lui serait propre ? La notion de littérature féminine a-t-elle un sens ?

Les grandes figures féminines de la création contemporaine apportent leurs réponses à autant de questions qui agitent les cœurs et les esprits en plein débat sur le féminin, la féminité, le féminisme.

Envisages-tu de te rendre au Salon du Livre de Paris et, si oui, pourrais-tu nous livrer ton avis quant au thème choisi pour la session de cette année? Je serais curieuse de savoir de quelle manière les passionnantes questions soulevées seront traitées dans le cadre d'une manifestation grand public.

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Elisha
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mar 28 Jan 2014 - 11:32

Dérinoé, j'envisage de me rendre au Salon du Livre de Paris vu que je serai à Paris cette semaine et ce week-end-là. Toutefois, n'ayant ni le programme de celui-ci ni le mien (je ne sais pas encore quel jour je vais m'y rendre), je ne sais pas si je pourrai assister à l'événement. Mais si c'est le cas, je ne manquerai pas d'en faire un compte-rendu ici ^^

En passant, je me demandais si cela pouvait intéresser quelques personnes du forum si j'organisais un challenge Reading Women 2014. Pas forcément quelque chose de super compliqué, un challenge avec quelques niveaux et tout plein d'opinions (oui, j'ai eu plein d'idées hier sur le sujet ^^).
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mar 28 Jan 2014 - 11:59


@ Elisha:


Citation :
Dérinoé, j'envisage de me rendre au Salon du Livre de Paris vu que je serai à Paris cette semaine et ce week-end-là. Toutefois, n'ayant ni le programme de celui-ci ni le mien (je ne sais pas encore quel jour je vais m'y rendre), je ne sais pas si je pourrai assister à l'événement. Mais si c'est le cas, je ne manquerai pas d'en faire un compte-rendu ici ^^


Merci beaucoup! Je me réjouis de te lire, si tu en as l'opportunité, le temps et l'envie. Pas seulement parce que la question de la place de la femme dans la création littéraire est intéressante mais parce qu'en tentant de répondre aux interrogations soulevées dans la présentation du Salon, ses divers acteurs devraient en dire beaucoup sur l'essence même de la littérature, en général.


Citation :
En passant, je me demandais si cela pouvait intéresser quelques personnes du forum si j'organisais un challenge Reading Women 2014. Pas forcément quelque chose de super compliqué, un challenge avec quelques niveaux et tout plein d'opinions (oui, j'ai eu plein d'idées hier sur le sujet ^^).


Je trouve l'idée excellente et j'y participerai avec grand plaisir. I'm in en tous les cas! sunny

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esperluette
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 15:08

Je lis pas mal d'auteures  Wink en règle générale, mais je participerais avec plaisir si tu lances ce challenge Elisha, c'est une super idée.  Very Happy 
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serendipity
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 15:27

Elisha a écrit:
Je me demandais si cela pouvait intéresser quelques personnes du forum si j'organisais un challenge Reading Women 2014. Pas forcément quelque chose de super compliqué, un challenge avec quelques niveaux et tout plein d'opinions (oui, j'ai eu plein d'idées hier sur le sujet ^^).

Je ne suis pas certaine d'avoir la disponibilité requise cette année mais en tout cas la démarche me paraît intéressante cheers . Je serais curieuse de voir comment tu envisages les choses  Cool 

Si tu as envie de lancer le projet, je te conseille d'en parler dans" Lambton Bouge" car cela aura plus de visibilité qu'ici Wink 


Elisha a écrit:
L'idée n'est pas bien sûr de ne lire que des auteurs de sexe féminin en 2014 mais de lire plus d'auteurs de sexe féminin et aussi de se rendre compte que ces auteurs-ci n'ont pas toujours la part belle dans nos lectures (en tout cas, ça a bien marché sur moi parce que je me suis rendue compte que je lisais beaucoup d'auteurs de sexe masculin…).

Quand j'ai lu ces lignes, je me suis dit que je lisais très certainement en grande majorité des femmes. Mais j'ai repris mon petit carnet et j'ai fait mes petites stats depuis 2011 ... et le résultat a été assez surprenant scratch Au mieux (en 2012), j'étais presque à parité (mais je lisais quand même plus d'auteurs masculins). Au pire, j'ai carrément lu deux fois plus d'auteurs masculins  No 
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ludi33
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 15:32

Çà ne m'étonne qu'à moitié Serenpidity, j'ai l'impression que tu lis pas mal de polars, et le genre compte majoritairement des auteurs masculins...
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serendipity
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 16:06

C'est étonnant que tu dises cela Ludi car je lis assez peu de polars (j'en ai lu beaucoup quand j'étais étudiante, mais c'était il y a 15/20 ans).
Les romans policiers que je lis sont quasi tous féminins (Karin Fossum, Agatha Christie, Ruth Rendell)  scratch 
Je crois que ces 3 dernières années, les seuls auteurs de polars masculins que j'ai pu lire étaient Knut Faldbakken et, ce mois-ci, Jo Nesbo  Wink 
J'aime bien Gunnar Staalesen et Indridasson mauis cela fait un bail que je n'ai pas suivi leurs dernières parutions  scratch 

Désolée pour ce HS très nordique  rendeer  
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ludi33
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 16:11

Alors, je suis désolée  Embarassed J'avais l'impression que tu lisais pas mal de polars, notamment nordiques.

Mais je reviens dans le sujet en redisant que c'est un genre où l'on trouve beaucoup moins de femmes. Et j'ai l'impression que c'est vrai dans pas mal de genre, à part les romances... est-ce que c'est parce que les femmes vont plus vers ce type d'écriture ou parce que les éditeurs leurs font moins confiance sur le reste...
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 20:12

Il y a pourtant beaucoup d'auteures dans le genre policier/thriller (A. Christie, Elizabeth Taylor, PD James, Camilla Lackberg, Patricia Highsmith, Ngaio Marsh, Patricia Macdonald, Ruth Rendell, Fred Vargas...). Mais je n'ai pas idée de l'équilibre avec les auteurs. Il faudrait faire des listes et comparer Wink .
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serendipity
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 22:06

ludi33 a écrit:
Alors, je suis désolée  Embarassed J'avais l'impression que tu lisais pas mal de polars, notamment nordiques

Pas de problème Ludi  Wink 

Il est vrai que le roman policier est un genre dont se sont emparé assez vite les femmes comme le rappelle MissAcacia (je pense aux pionnières du genre -outre Agatha Christie- Margerie Allingham, Dorothy L. Sayers et Patricia Wentworth).

Je ne suis pas une experte en la matière mais il faudra voir s'il existe une spécificité féminine du polar  scratch 
On ne peut même pas estimer que les polars écrits par des femmes seraient plus softs ou moins violents que ceux écrits par les hommes (je n'ai jamais lu Val McDermid, par exemple, mais j'ai cru comprendre que ses romans étaient très durs. On peut aussi penser à l'ultra réalisme des polars de Patricia Cornwell  scratch)
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Mer 29 Jan 2014 - 23:20

@ Serendipity:

Citation :
On ne peut même pas estimer que les polars écrits par des femmes seraient plus softs ou moins violents que ceux écrits par les hommes (je n'ai jamais lu Val McDermid, par exemple, mais j'ai cru comprendre que ses romans étaient très durs. On peut aussi penser à l'ultra réalisme des polars de Patricia Cornwell  scratch)

Je ne sache pas que la violence et la dureté soient choses essentiellement masculines. Wink 

De fait, si, comme le clament les médias, les femmes sont réellement le public majoritaire de la production littéraire en général, elles constituent par conséquent également le lectorat principal des polars - qu'ils soient écrits par des hommes ou par des femmes - et le vivier le plus large d'amateurs de récits sanguinolents. Ainsi, on peut imaginer qu'en matière d'attrait pour le dur, le violent, le sanguinolent ou le désaxé, les femmes ne le cèdent en rien aux hommes.

Toujours est-il qu'ayant lu les sept premiers volumes de la série "Tony Hill & Carol Jordan" publiés par Val MacDermid, je confirme qu'ils mettent en scène des personnages profondément déséquilibrés et quelques psychopathes de stature olympique. Je me sentais comme à la maison, dis donc.


Citation :
Je ne suis pas une experte en la matière mais il faudra voir s'il existe une spécificité féminine du polar  scratch

Je saisis l'occasion de ta question et de la mention de Val MacDermid pour en revenir au thème de notre topic.

Val MacDermid est une femme écrivain homosexuelle qui met en scène, à tout le moins dans la série sus-citée, un certain nombre de personnages homosexuels ou transsexuels - et notamment une inspecteur de police qui passera au premier plan dans l'un des romans. L'intrigue du premier roman de la saga, Le Chant des sirènes (The Mermaids singing, 1995), se passe du reste essentiellement dans les milieux homosexuels semi-undergrounds du Yorkshire.

Toutefois, malgré l'intérêt profond qu'elle porte à la thématique des orientations et des identités sexuelles minoritaires, Val MacDermid a fait des deux personnages principaux - ceux-là même qui donnent son nom à la saga - des hétérosexuels qu'elle dépeint, notamment dans leur rapports amoureux et sexuels, avec beaucoup d'intelligence et de sagacité. C'est du reste la description très originale de Tony Hill - un psychiatre aussi performant dans son travail que calamiteux dans ses relations personnelles -, d'une justesse loin de tous les clichés (et contre-clichés) servis et resservis par nombre de polars américains, qui a suscité mon intérêt et m'a amenée à lire tous les livres de cette série.

Ce cas, qui n'a bien sûr pas valeur de démonstration, suggère selon moi qu'indépendamment et de son sexe, et de son orientation sexuelle, et de l'intérêt littéraire qu'elle porte à cette question, Val MacDermid est capable de décrire un homme hétérosexuel avec autant, sinon plus, de pertinence que le feraient nombre d'auteurs hommes aimant les femmes.

A la fin des fins, je ne serais pas étonnée qu'une fois de plus, tout cela soit affaire non de sexe mais de talent.


Dernière édition par Dérinoé le Sam 21 Mar 2015 - 15:05, édité 1 fois
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Elisha
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 31 Jan 2014 - 15:55

Dérinoé, esperluette et serendipity, je suis ravie que vous soyez intéressées par mon projet de challenge  Very Happy 

serendipity a écrit:
Elisha a écrit:
Je me demandais si cela pouvait intéresser quelques personnes du forum si j'organisais un challenge Reading Women 2014. Pas forcément quelque chose de super compliqué, un challenge avec quelques niveaux et tout plein d'opinions (oui, j'ai eu plein d'idées hier sur le sujet ^^).

Je ne suis pas certaine d'avoir la disponibilité requise cette année mais en tout cas la démarche me paraît intéressante cheers . Je serais curieuse de voir comment tu envisages les choses  Cool 

Si tu as envie de lancer le projet, je te conseille d'en parler dans" Lambton Bouge" car cela aura plus de visibilité qu'ici Wink 

Je pense parler du projet sous peu dans "Lambton Bouge" mais avant je voulais faire une sorte de repérage des personnes pouvant être intéressées, c'est désormais chose faite ^^

Pour la forme des choses, j'ai été assez influencée par le challenge Dickens de Pando, je dois le reconnaître. Je pense partir sur trois niveaux avec un nombre de livres d'auteures à lire pour chaque niveau et après rajouter des options telles que adaptations, biographies d'auteures, essais sur l'écriture féminine (je pense notamment à "The Madwoman in the Attic" qui croupit dans ma PAL depuis bien trop longtemps) et plein d'autres options auxquelles je réfléchis encore ^^ Si assez de personnes sont motivées, on peut aussi intégrer une (ou plusieurs) lecture de groupe au challenge afin de se retrouver un peu sur certains sujets vu que les auteures c'est un sujet vaste ^^


serendipity a écrit:
Elisha a écrit:
L'idée n'est pas bien sûr de ne lire que des auteurs de sexe féminin en 2014 mais de lire plus d'auteurs de sexe féminin et aussi de se rendre compte que ces auteurs-ci n'ont pas toujours la part belle dans nos lectures (en tout cas, ça a bien marché sur moi parce que je me suis rendue compte que je lisais beaucoup d'auteurs de sexe masculin…).

Quand j'ai lu ces lignes, je me suis dit que je lisais très certainement en grande majorité des femmes. Mais j'ai repris mon petit carnet et j'ai fait mes petites stats depuis 2011 ... et le résultat a été assez surprenant scratch Au mieux (en 2012), j'étais presque à parité (mais je lisais quand même plus d'auteurs masculins). Au pire, j'ai carrément lu deux fois plus d'auteurs masculins  No 

J'ai eu la révélation contraire de la tienne. Je pensais lire beaucoup beaucoup d'hommes et en fin de compte, j'ai lu plus de femmes que je ne le pensais. Mais je dois avouer que ces lectures étaient souvent des lectures pour les cours donc on peut en conclure que, quand je choisis un livre, je vais plus facilement vers les auteurs que vers les auteures.


Dernière édition par Elisha le Ven 31 Jan 2014 - 23:09, édité 1 fois
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Ven 31 Jan 2014 - 21:52

@ Elisha:

Merci beaucoup pour toutes ces informations qui annoncent un challenge fort intéressant. Wink 


Citation :
Je pense partir sur trois niveaux avec un nombre de livres d'auteures à lire pour chaque niveau


Peut-être as-tu résolu de déterminer tous ces points lorsque le moment de l'organisation sera venue mais je souhaitais te demander si, pour les lectures, tu comptais proposer des livres - tous genres confondus - écrits par des femmes ou, plutôt, des essais portant sur la question de l'écriture et du genre. (Je pense à des textes théoriques ou à des articles écrits par de chercheurs, des journalistes ou des spécialistes de la question du genre.)

Encore une fois, si jamais tu comptes de toutes façons expliquer ton projet en détail dans quelques temps, je patienterai pour avoir avoir la réponse.
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MessageSujet: Re: Y a-t-il une écriture féminine?   Aujourd'hui à 5:59

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