Une auberge pour les admirateurs de Jane Austen, et bien plus encore...
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Un peu de philo ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4 ... 11, 12, 13  Suivant
AuteurMessage
Emily-de-Winter
Romancière anglaise


Nombre de messages : 2745
Age : 21
Date d'inscription : 03/03/2010

MessageSujet: Un peu de philo   Dim 11 Nov 2012 - 21:11

Voilà exactement, la philo n'est pas une science exacte mais en constant mouvement alors que le prof de Philo refuse de suivre le programme en nous disant que citer les auteurs ne sert à rien alors c'est pas drôle pour les neophytes qui sont un peu perdus. Il ne cesse de dire que son cours est structuré mais le cours est inexistant, il n'y a que ses idées et ses questionnements personnels qu'il déballe à longueur de journée... En gros depuis septembre on est censés étudier Ainsi parlait Zarathoustra de Nietszche mais il ne nous en donne pas de nouvelles et je vous laisse imaginer l'état de la classe alors qui est devenue une vraie garderie.
De plus comme le dit Lily Snape Darcy, le programme est super dense, axé sur des notions repères comme La culture, la société, l'art, la religion etc...
En gros les auteurs qu'on doit étudier vont des philosophes grecs et romains aux philosophes actuels, avec tout le mouvement du XIXème, enfin la liste est tellement longue que ça fait très peur !
De plus on a pas encore eu de notes donc je ne sais même pas dans quelle direction aller, j'ai acheté un anabac centré sur la philo assez dense mais le prof a mis 2 heures de colle à une fille qui avait recopié des choses d'un anabac sur son cahier pour mettre ses idées au clair enfin bref c'est du grand n'importe quoi...

Mais tes conseils sont vraiment bienvenus dérinoé, il me faut juste le courage de m'y mettre !!
Revenir en haut Aller en bas
Ju
Gone With The Books


Nombre de messages : 9825
Age : 26
Localisation : In the Tardis, with Ten
Date d'inscription : 15/05/2010

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 11 Nov 2012 - 21:18

Mon année de philo remonte un peu donc je ne pourrais pas te donner de conseils Emily No
En plus, je serais très mal placée pour le faire étant donné que j'ai eu le sosie de ton prof lol! (si tu habitais dans la même région, je me dirais que c'est le même Razz ).
Je trouve ça vraiment dommage car en arrivant au début de l'année j'étais très intéressée et motivée pour la matière, mais ça n'a pas duré et les cours étaient, comme tu le dis, une vraie garderie Rolling Eyes
Ce qui fait que je n'ai pas appris grand chose et que j'ai eu la même note au bac que ma moyenne de l'année (et encore, je n'avais jamais fait de dissert parce que j'estimais ne pas avoir assez de connaissances donc je faisais toujours les commentaires de textes, si ça s'appelle comme ça scratch )
Revenir en haut Aller en bas
Panda
Tardy mate


Nombre de messages : 4570
Age : 30
Localisation : In the Dragon's lands
Date d'inscription : 28/11/2009

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 11 Nov 2012 - 21:29

Je suis dans le même cas que Ju : j'étais très motivée à l'idée de commencer la philosophie, mais mon professeur n'avait rien d'un pédagogue (et s'amusait plutôt à se moquer des élèves qu'à faire cour...). Je n'ai rien appris pendant mon année de terminale et n'est pas trouvé la matière intéressante. No

J'en suis plutôt triste aujourd'hui, surtout que je me rend compte à quel point ça pouvait être intéressant (et des lacunes que j'ai quand Alain Damasio fait des références récurrentes à la philosophie dans ses bouquins, mais c'est une autre histoire )
Revenir en haut Aller en bas
http://pandamoufle.hautetfort.com/
Lilieärendil
Sungkyunkwan Sung Ballad


Nombre de messages : 8034
Age : 21
Localisation : Sungkyunkwan University, Seoul
Date d'inscription : 18/06/2012

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 11 Nov 2012 - 21:46

Je trouve ça franchement dommage qu"il existe des profs comme ça.
Ils sont supposés aimer leur matière, certes, mais aussi l'enseigner puisqu'ils se retrouvent dans l'enseignement. Le problème c'est qu'il y a de plus de plus de profs (très doués dans leur matière mais) avec aucune pédagogie tout simplement parce que leur formation n'est plus ce qu'elle était avant. Avec des profs comme ça, on arrive à dégoûter des élèves. (Système éducatif français pourri, je radote. Oui, bon, il y a des trucs bien aussi, soyons d'accord. Avoir accès à l'éducation c'est déjà bien. Mais on pourrait faire mieux...)
C'est d'autant plus triste que pour une première année de philo, pour reprendre le contexte, avec un prof comme ça, ça ne nous intéresse pas et ceux qui ne sont pas dans une filière littéraire se disent souvent que, de toute façon, le coefficient est tellement ridicule comparé aux autres matières que ça ne sert même pas de travailler chez soi. Conclusion, en plus d'avoir un professeur pas très compétent, on ne travaille même plus la matière et de désintéressant, on en vient à trouver ça inutile. Ce n'est peut-être pas toujours comme ça mais il y a une bonne partie des élèves de ma classe qui pensent comme ça magré notre prof adorable à souhait. Alors avec un prof douteux...

Petit hors-sujet...
Dérinoé, ton avatar, est-ce un Waterhouse ? Je sais qu'un autre peintre à un style se rapprochant du sien et j'ai un peu de mal à faire la différence entre les deux parfois. J'adore Waterhouse, c'est pour ça que je demande Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Otma
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1350
Date d'inscription : 02/12/2009

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Lun 12 Nov 2012 - 21:44

Dérinoé a écrit:

@ Otma:

Citation :
J'ai parcouru un ouvrage de Lucien Jerphagnon lors d'une récente visite en librairie, et les quelques pages survolées m'ont donné envie d'acheter le livre en question, chose que je ferai sûrement prochainement.

Parles-tu de son dernier livre, paru cette année chez Albin Michel: Connais-toi toi-même... Et fais ce que tu aimes?

Citation :
Est-ce que certains d'entre vous connaissent cet auteur?

Je connais un petit peu cet auteur pour avoir utilisé son édition de Saint-Augustin dans la collection de la Pléiade et l'un de ses ouvrages sur le même auteur, qui s'intitule Saint-Augustin, le pédagogue de Dieu, paru chez Gallimard également, en 2002.

C'est un Professeur d'Université aujourd'hui retraité: il fut un temps le Maître de Michel Onfray qui lui dédiera l'un de ses livres il me semble et qui, avant qu'une brouille ne les éloigne, se plaisait dans ses articles à reconnaître son érudition et sa grande ouverture d'esprit, assez rare dans les milieux académiques pour être notée. Il me semble que Lucien Jerphagnon se présente plutôt comme le tenant d'un Christianisme éclairé alors que Michel Onfray, comme on le sait, est un chantre de l’athéisme hédoniste. Pour ce que j'ai lu de lui, il me semble que c'est un auteur dont la précision scientifique n'ôte rien à la vision humaniste, le tout agrémenté par un style très agréable.

Si tu te décides finalement à acheter ce livre, quel qu'il soit, je serais très intéressée à avoir ton avis.

@ Dérinoé, merci pour ta réponse développée et ô combien éclairante !

Le livre que j'ai feuilleté s'intitule "C'était mieux avant suivi du Petit livre des citations latines", mais j'ai aperçu également "Connais-toi toi-même... Et fais ce que tu aimes" (joli titre, s'il en est).
Je vais aller à la découverte de cet auteur et reviendrai donner mes impressions.
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Ven 16 Nov 2012 - 18:07

@ Emily-de-Winter:

Je suis toujours assez dépitée de ce que des personnes formées à la tâche et qui, de ce fait, devraient pouvoir inculquer aux étudiants le goût d'une branche non seulement faillissent à leur devoir mais, en outre, parviennent à dégoûter à jamais leur auditoire.

C'est pour moi d'autant plus incompréhensible qu'un domaine comme la philosophie, contrairement à la syntaxe latine et à la grammaire allemande - toutes branches cela dit tout à fait passionnantes -, présentent pour un enseignant cet avantage non négligeable de s'ancrer en plein dans la vie des êtres humains et dans des questions que la plupart des gens se posent, a fortiori entre quinze et vingt ans. Qu'est-ce que la justice? À partir de quel moment un être peut-il être considéré comme une personne? Comment puis-je être sûre de pouvoir distinguer entre une perception réelle et une illusion? Qu'est-ce qui fait qu'une action devient morale, ou non, et selon quel(s) critères(s)? Il faut presque être un génie pour réussir à ne pas harponner un auditoire avec des hameçons aussi tentants, il me semble.

Dans la mesure où le découpage de ton programme n'est pas uniquement thématique mais où il comprend également des livres, je pense vraiment que tu devrais convier les auteurs à ta table, un crayon dans une main pour la nécessaire prise de notes accompagnant toute lecture de ce type - et bon débarras à ton Professeur. L'avantage des éditions critiques aujourd'hui proposées par des Maisons comme Garnier-Flammarion, les Belles-Lettres ou Gallimard réside dans le fait que toutes proposent des introductions, postfaces et notes détaillées permettant de rentrer dans un ouvrage et se substituant aisément, surtout lorsqu'elles sont bien faites, à un cour magistral, particulièrement lorsqu'il est mal fait. Et si l'appareil élaboré par l'éditeur ou le traducteur du texte ne suffit pas à en éclairer les aspects les plus complexes, tu peux sans problème trouver de petits manuels, notamment dans les collections Que sais-je ou Ellipse, présentant de manière claire et synthétique les notions-clefs ou la terminologie la plus obscure et renvoyant généralement eux-mêmes à d'autres études plus fouillées dans la partie bibliographique.

Cela dit, je crois que la grande majorité des livres de philosophie requière plus d'attention à la lecture que de recours à des textes secondaires. À mon sens, le dialogue qui s'engage entre un auteur et son lecteur se tisse autour de deux axes fondamentaux: d'abord, la compréhension de la structure argumentative développée par le texte et, d'autre part, la cristallisation de tout ce qui semble incompréhensible dans ladite argumentation : recours à des termes non explicités, trous ou sauts inconséquents au sein d'une démonstration, préjugés personnels à l'écrivain – à son éducation, à son genre, à son époque, à ses croyances religieuses etc. –, bifurcation argumentative subite et autres trous noirs du même genre. Si l'on s’attelle d'une part à la reconstitution du cheminement de pensée de l'auteur et si, d'autre part, on parvient à mettre en mots, pour soi-même, tout ce que l'on ne saisit pas de ses thèses, le pari est gagné.

Et pour cela, je t'assure, tu n'as besoin que d'un livre, d'une feuille, d'un crayon, à la rigueur d'un dictionnaire et de tout ton pouvoir d'attention.  Rien de plus, rien de moins. bounce


@ Lily Snape Darcy :

Citation :
Dérinoé, ton avatar, est-ce un Waterhouse ? Je sais qu'un autre peintre à un style se rapprochant du sien et j'ai un peu de mal à faire la différence entre les deux parfois. J'adore Waterhouse, c'est pour ça que je demande

Oui, tout à fait : il s'agit bien d'une peinture de John  William Waterhouse intitulée, sauf erreur de ma part, Psyche opening the golden box. Elle figure l'âme, Psyche en grec, qui, mise à l'épreuve par Vénus, ne résiste pas à la curiosité d'ouvrir la boîte dorée confiée par la Déesse de l'amour et décide d'y risquer un oeil au lieu de l'apporter à Proserpine, comme elle en avait reçu l'ordre.

Je me permets de digresser un peu puisque avec les mythes grecs, on n'est pas si éloigné de la pensée philosophique.

@ Otma:


Citation :
merci pour ta réponse développée et ô combien éclairante !

Avec plaisir. Wink

Citation :
Le livre que j'ai feuilleté s'intitule "C'était mieux avant suivi du Petit livre des citations latines", mais j'ai aperçu également "Connais-toi toi-même... Et fais ce que tu aimes" (joli titre, s'il en est). Je vais aller à la découverte de cet auteur et reviendrai donner mes impressions.

Je n'ai jamais entendu parler du livre que tu cites mais le titre est accrocheur. Je me réjouis vraiment d'avoir ton avis sur un texte vraisemblablement écrit hors du carcan universitaire.


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:18, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 27 Juil 2014 - 17:49

Pour les amoureux de cet inénarrable fripon des Lettres qu'est Bernard-Henri Lévy, un morceau de choix déniché sur un site consacré à l'oeuvre de l'historien de l'Antiquité, aujourd'hui décédé, Pierre Vidal-Naquet.

En 1979 paraît le Testament de Dieu, l'une des oeuvres de jeunesse du Nouveau Philosophe Bernard-Henri Lévy. Excédé par l'écart constaté entre la réception éminemment élogieuse du texte et le nombre important d'erreurs décelées lors de sa lecture, l'historien Pierre Vidal-Naquet - spécialiste de la Grèce antique et du Révisionnisme contemporain - envoie à plusieurs journaux, dont le Nouvel Observateur, un petit texte dans lequel il fait inventaire des approximations les plus importantes relevées au sein de l'opus tant vanté par la presse.

Ce premier courrier donnera lieu à une réponse, cinglante et astucieuse - comme toujours -, de Bernard-Henry Lévy, d'un deuxième courrier - qui n'en démord pas - de Pierre Vidal-Naquet et, enfin, d'un soutien éclairé de son collègue philosophe Cornelius Castoriadis. Ces quatre textes sont recensés sur le site dont je relaie un lien dans le paragraphe suivant et offre une vision assez intéressante de deux conceptions fort différentes de la recherche en Histoire et en Philosophie.

Le courrier de Castoriadis constitue un véritable plaidoyer pour la rigueur et l'honnêteté de la critique littéraire et intellectuelle, laquelle devrait selon lui dépasser les connivences humaines et politiques trop courantes dans les milieux germano-pratins. (À la fin des années septante déjà!)

Vous trouverez donc en cliquant ici ces quatre textes, tous publiés dans le Nouvel Observateur en 1979 et présentés ici dans leur ordre chronologique de parution.

1) Le courrier de Pierre Vidal-Naquet critiquant Le Testament de Dieu de Bernard-Henri Lévy.
2) La réponse de Bernard-Henri Lévy à la critique de Pierre Vidal-Naquet.
3) La réponse de Pierre Vidal-Naquet à la réponse de Bernard Henri-Lévy. (Tout le monde suit?)
4) Le courrier de Cornelius Castoriadis apportant soutien à la critique formulée par Pierre Vidal-Naquet.

Si quelqu'un a lu Le Testament de Dieu ou toute autre oeuvre de Bernard-Henri Lévy, je serais par ailleurs très intéressée à savoir ce que vous en avez pensé.

Bonne lecture!


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:19, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elisabeth Hale
Subtil compliment


Nombre de messages : 157
Age : 20
Localisation : Quelque part entre Spock, Sherlock Holmes et John Thornton
Date d'inscription : 29/01/2013

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 27 Juil 2014 - 23:08

De Bernard-Henri Lévy, je n'ai pas lu de livres à proprement parler, mais j'ai énormément parcouru son site officiel, et ses interventions télévisées, notamment dans les années 60s, chez entre autres Bernard Pivot pour justifier le mouvement des nouveaux philosophes.

Tout cela m'a laissée perplexe et a plutôt confirmé la piètre opinion que j'avais de lui. Certes, à part quelques extraits de la "Barbarie à visage humain" je ne connais de lui que ce que j'ai cité ci-dessus, mais je pense que c'est suffisant pour avoir une synthèse de la vision du personnage. La façon qu'il a de définir la philosophie, m'a laissée interdite, pour lui : "l'art de philosopher ne vaut que s'il est un art de la guerre"...

Paradoxalement, cette phrase résume assez bien son oeuvre, qui veut pourtant se positionner comme dénonciatrice des totalitarismes en tout genres, et contre une certaine forme de "barbarie". Pourtant la guerre ne représenterait-elle pas à prioris une forme de barbarie?

Toujours est-il qu'il faut reconnaitre au personnage une certaine véhémence dans ses propos, et une virulence à ses défendre tout à fait flamboyante. Mais il n'est pas le seul à pouvoir se targuer d'une certaine beauté du verbe, et en Philosophie, ce n'est pas suffisant, si on oublie de faire un travail rigoureux et approfondi sur le concept. Toujours sur son site internet, BHL, dans l'en-tête ne se positionne visiblement en philosophe que "contre" des courants de pensées ou des mouvance philosophiques. Si cette démarche peut être une judicieuse, elle ne devrait pas pour autant être systématique, sous peine de perdre de son efficacité.

Bien plus encore, quand il m'arrive de voir certains de ses débats les plus anciens, je ne peux m'empêcher d'être sceptique et en désaccord total avec sa position en faveur du "il n'existe rien", qu'il affirme justement dans un de ses livres. Si cette idée a déjà été avancée par d'autres philosophes, elle rentrait tout de même dans une volonté de balayer tout un système de pensée pour en proposer un nouveau, inédit. Mais BHL, lui, rejette, et nie  les apports du XXème siècle pour finir par se raccrocher à un système, se positionnant économiquement, socialement et politiquement, qui est déjà installé depuis des siècles pourtant, et que l'on pourrait qualifier de "classique", "néo-libéral". En gros, sa démarche de négation est caduque, en tout cas si j'ai bien compris son point de vue.

Enfin, il est intéressant de souligner que BHL a su se servir des médias audio-visuels particulièrement bien, et cela depuis le début de sa "carrière", contrairement à "l'erreur" - qui n'en est pas vraiment une- qu'auraient commis une grande partie des intellectuels en se marginalisant, en se distanciant par rapport aux médias pour préserver la "justesse" de leurs réflexions.

En bref, toujours est-il que je ne connais que très peu les bouquins de BHL, notamment parce que je suis du genre à me baser sur certains critères assez pointus pour "trancher" sur la pertinence d'un écrivain/essayiste/"penseur"/"philosophe", et que son travail m'a toujours rebuté, depuis que je me suis essayé à lire certaines parties soi-disant centrales de "la barbarie à visage humain", que j'ai trouvé un peu surestimé par rapport à beaucoup de livres sur les totalitarismes écrits à l'époque, et pourtant inconnus aujourd'hui encore du public.

Il va sans dire bien sûr, que je suis une "fan" de philosophie, qui est définitivement ma matière préférée depuis l'année dernière!

En espérant avoir apporté quelque chose d'intéressant, ou du moins d'avoir pu t'éclairer sur BHL de façon générale,Dérinoé =) (Super pseudo par ailleurs^^)
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Lun 28 Juil 2014 - 6:19

@ Elisabeth Hale :

Merci beaucoup pour ta réponse très complète et ton compte-rendu détaillé. Je partage ton point de vue en de très nombreux points.


Citation :
De Bernard-Henri Lévy, je n'ai pas lu de livres à proprement parler, mais j'ai énormément parcouru son site officiel, et ses interventions télévisées, notamment dans les années 60s, chez entre autres Bernard Pivot pour justifier le mouvement des nouveaux philosophes.

Je crois connaître le site dont tu parles. Si mes souvenirs sont bons, il lui est consacré par une Professeur d’Université française enseignant aux Etats-Unis et entre autres spécialiste de Simone de Beauvoir: Liliane Lazar. Cette chercheuse se passionne depuis fort longtemps pour l’œuvre littéraire et philosophique de Bernard-Henri Lévy et le site remarquablement administré qu’elle anime avec une équipe d’étudiants contient un nombre de documents écrits ou audio-visuels assez impressionnant quant à la pensée et à l’œuvre du philosophe. Pour les intéressés, vous le trouverez en cliquant ici.

Citation :
Tout cela m'a laissée perplexe et a plutôt confirmé la piètre opinion que j'avais de lui. Certes, à part quelques extraits de la "Barbarie à visage humain" je ne connais de lui que ce que j'ai cité ci-dessus, mais je pense que c'est suffisant pour avoir une synthèse de la vision du personnage. La façon qu'il a de définir la philosophie, m'a laissée interdite, pour lui : "l'art de philosopher ne vaut que s'il est un art de la guerre"...

Citation :
Paradoxalement, cette phrase résume assez bien son oeuvre, qui veut pourtant se positionner comme dénonciatrice des totalitarismes en tout genres, et contre une certaine forme de "barbarie". Pourtant la guerre ne représenterait-elle pas à prioris une forme de barbarie?

Cette phrase constitue également le sous-titre du site susmentionné.

N’ayant lu aucun des textes philosophiques produits par Bernard-Henri Lévy, je peux difficilement asséner quelque vérité que ce soit quant au sens de cette profession de foi. Néanmoins, pour connaître un peu – comme tout le monde je pense – le fond des interventions médiatiques de l’homme, je crois déceler dans cette phrase une sorte de devise affirmant que la philosophie ne peut se cantonner à une pensée théorique mais se doit de s’immiscer dans la trame des grands événements de son époque en justifiant, par la raison, actions et interventions politiques. La "guerre", prise dans ce sens-là, désignera l’ensemble des combats politiques et éthiques à mener au sein d’une époque, par delà les tables de bibliothèques éthérées et les traités théoriques produits par les Universités. La "guerre" est un terme certes polémique mais j’ai le sentiment qu’il renvoie ici moins aux luttes armées violentes qui peuvent déchirer les nations qu’à l’engagement de terrain au sein de combats politiques et éthiques.


Citation :
Toujours est-il qu'il faut reconnaitre au personnage une certaine véhémence dans ses propos, et une virulence à ses défendre tout à fait flamboyante. Mais il n'est pas le seul à pouvoir se targuer d'une certaine beauté du verbe, et en Philosophie, ce n'est pas suffisant, si on oublie de faire un travail rigoureux et approfondi sur le concept. Toujours sur son site internet, BHL, dans l'en-tête ne se positionne visiblement en philosophe que "contre" des courants de pensées ou des mouvance philosophiques. Si cette démarche peut être une judicieuse, elle ne devrait pas pour autant être systématique, sous peine de perdre de son efficacité.

Je suis d’accord. Je pense que le grand public connaît au moins autant Bernard-Henri Lévy pour les courants de pensée – essentiellement politiques, je dirais – auxquels il s’oppose que pour ceux qu’il défend.

Citation :
Bien plus encore, quand il m'arrive de voir certains de ses débats les plus anciens, je ne peux m'empêcher d'être sceptique et en désaccord total avec sa position en faveur du "il n'existe rien", qu'il affirme justement dans un de ses livres. Si cette idée a déjà été avancée par d'autres philosophes, elle rentrait tout de même dans une volonté de balayer tout un système de pensée pour en proposer un nouveau, inédit. Mais BHL, lui, rejette, et nie  les apports du XXème siècle pour finir par se raccrocher à un système, se positionnant économiquement, socialement et politiquement, qui est déjà installé depuis des siècles pourtant, et que l'on pourrait qualifier de "classique", "néo-libéral". En gros, sa démarche de négation est caduque, en tout cas si j'ai bien compris son point de vue.

Je ne savais pas que Lévy avait prôné à un moment de sa carrière philosophique "qu’il n’existe rien". Thèse sophiste s’il en est, étonnante sous sa plume qui exècre le relativisme sous toutes ses formes ! Il faut à tout le moins lui reconnaître le talent dialectique d’occuper l’espace médiatique de ce "rien" avec une présence on ne peut plus palpable.

Citation :
Enfin, il est intéressant de souligner que BHL a su se servir des médias audio-visuels particulièrement bien, et cela depuis le début de sa "carrière", contrairement à "l'erreur" - qui n'en est pas vraiment une- qu'auraient commis une grande partie des intellectuels en se marginalisant, en se distanciant par rapport aux médias pour préserver la "justesse" de leurs réflexions.

Juste, oui. C’est un paradoxe que j’observe très souvent dans les médias et qui réside dans le fait de mettre en lumière et d’interroger sur des sujets pointus des personnes qui ne sont pas nécessairement les meilleurs spécialistes des domaines concernés. Une des raisons de cette étrange inversion – outre, bien sûr, le réseautage et le trafique d’influence qui ont cours au sein de ces petits cercles fermés – réside probablement dans le fait qu’un expert qui aura consacré des dizaines d’années de sa vie à tenter de s’informer sur une question, de l’approfondir, de la décortiquer et d’en offrir la plus juste vision possible dans des textes bardés d’avant-propos nuancés et de notes de bas de page asphyxiantes, sera sans doute beaucoup moins à même d’offrir des résumés et des prises de positions tranchés ou percutants lors d’entrevues médiatisées que l’intellectuel tout-terrain. D’une certaine manière, c’est ce que l’on pourrait appeler « le paradoxe de l’expert » : plus on connaît et maîtrise un sujet dans ses moindres détails, plus on a de la peine à en parler – ou, plus exactement, à en parler de manière synthétique, ramassée et furieusement polémique.

Or, à l’inverse, Lévy est ce que l’on pourrait appeler « un bon client des médias » : vif d’esprit et très bon orateur, il sait répondre aux questions les plus complexes de manière claire et synthétique, en se positionnant de sorte à susciter le débat et la controverse. Bref, un régal pour l’interviewer qui n’a pas à sa disposition une semaine complète pour définir les termes du débat et faire le tour des 350 points de vue possibles sur une questions donnée.


Citation :
En bref, toujours est-il que je ne connais que très peu les bouquins de BHL, notamment parce que je suis du genre à me baser sur certains critères assez pointus pour "trancher" sur la pertinence d'un écrivain/essayiste/"penseur"/"philosophe", et que son travail m'a toujours rebuté, depuis que je me suis essayé à lire certaines parties soi-disant centrales de "la barbarie à visage humain", que j'ai trouvé un peu surestimé par rapport à beaucoup de livres sur les totalitarismes écrits à l'époque, et pourtant inconnus aujourd'hui encore du public.

Certainement : je suis d’accord avec toi sur la question des œuvres très médiatisées qui, à sujet égal, oblitèrent une production parfois beaucoup plus fine et intéressante.

Quels sont les critères que tu appliques pour choisir tes livres de Philosophie?


Citation :
Il va sans dire bien sûr, que je suis une "fan" de philosophie, qui est définitivement ma matière préférée depuis l'année dernière!

C’est formidable. Quels sont les auteurs ou les livres que tu préfères ? Je vois une citation d’Epicure dans ta signature : un philosophe que tu apprécies ? Comptes-tu poursuivre dans cette voie après le BAC ? (Car je suppose que tu prépares actuellement le BAC ?)

Citation :
En espérant avoir apporté quelque chose d'intéressant, ou du moins d'avoir pu t'éclairer sur BHL de façon générale,Dérinoé =)

Tout à fait, et je te remercie beaucoup de ton point de vue. Very Happy

J’ai oublié de préciser dans mon précédent message que j’avais lu, il y a quelques années, durant les vacances d’été, la correspondance Michel Houellebecq-Bernard-Henri Lévy : Ennemis publics, Flammarion/Grasset, Paris, 2008. Notre ami philosophie y apparaissait tel qu’en lui-même : la citation érudite à la pointe du fleuret et l’humanisme convenu, manquant cruellement de second degré et d’auto-dérision mais profondément touchant lorsqu’il évoque ceux qu’il aime, de près ou de loin. Michel Houellebecq, comme le marlou matois qu’il demeure sous les oripeaux seyants de l’artiste baudelairien torturé par l'inanité de l'existence, tire son épingle du jeu grâce à une culture livresque impressionnante et à une ironie aussi mordante qu'inattendue.



Plus récemment, j’ai également lu, de Jade Lindgaard et Xavier de la Porte, B. A. BA. du BHL, La Découverte, Paris, 2004. Il s’agit d’un portrait à charge visant essentiellement à démontrer trois hypothèses : tout d’abord, que Lévy n’est pas un philosophe dans la mesure où il ne produit aucun concept, ensuite, que ses œuvres sont truffées d’approximations et d’erreurs plus ou moins graves, enfin, que son succès repose moins sur un travail intellectuel de fond que sur un réseautage aussi étendu qu’efficace.



Quoique partageant certaines des vues des deux journalistes auteurs du livre, je dois dire que je n’ai pu me rallier à l’ensemble de leurs déclarations, tenant moins – selon moi – de la démonstration rigoureuse que du procès d’intention stalinien. Instruire un dossier à charge constitue l’un des droits fondamentaux de l’auteur mais encore faut-il qu’il présente son enquête comme telle, non comme le fruit d’un travail subtil et nuancé visant à rendre une personnalité dans sa complexité. D'une certaine manière Lindgaard et De la Porte m'ont paru tomber la tête la première dans certains des travers qu'ils reprochent à leur cher sujet d'étude.


Citation :
(Super pseudo par ailleurs^^)

(Merci beaucoup.) sunny


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elisabeth Hale
Subtil compliment


Nombre de messages : 157
Age : 20
Localisation : Quelque part entre Spock, Sherlock Holmes et John Thornton
Date d'inscription : 29/01/2013

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mar 29 Juil 2014 - 3:49

Bonsoir Dérinoé,

Je suis contente que mon message t'ait éclairé. En vérité, je ne connais pas le site de la chercheuse américaine, mais bien le site officiel de BHL : http://www.bernard-henri-levy.com/

Toujours est-il que je trouve ton point de vue intéressant et dépourvu d'animosité envers l'auto-proclamé philosophe. Ce n'est malheureusement pas mon cas, même si j'essaie par dessus-tout de faire une analyse objective du personnage. Mon animosité envers BHL est motivé particulièrement par ce que je considère comme étant de la "malhonnêteté intellectuelle", au même titre que ce dont on a droit de la part de "penseurs" comme Finkelkraut par exemple. Je leur en veux pour avoir "éclipsé" et relégué d'autres spécialistes et vrais intellectuels, qui ont un propos plus nourris au niveau conceptuel, et bien plus en phase avec les enjeux politiques et stratégiques mondiaux, ce qui est la base d'une science humaine telle que la philosophie, et au même titre que l'économie, la socio,etc. Je peux paraitre sévère à ce sujet, mais il est vrai que la faute ne revient pas seulement à BHL et ses congénères, mais à une majeure partie du système médiatique, comme tu l'as souligné à juste titre. Système médiatique trop paresseux pour aller chercher des spécialistes sérieux et reconnus? Probablement.

Enfin bref, toujours est-il qu'on ne peut que se demander comment on en est arrivé à ce genre de débat stériles et polémiques sans grands intérêts, comme c'est le cas avec le bouquin fumeux que tu as évoqué par exemple ("Le B.ABA de BHL")
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mar 29 Juil 2014 - 14:50

@ Elisabeth Hale:

Citation :
Je suis contente que mon message t'ait éclairé. En vérité, je ne connais pas le site de la chercheuse américaine, mais bien le site officiel de BHL : http://www.bernard-henri-levy.com/

C'est bien ce site-là qui a été conçu par Liliane Lazar: elle est l'administratrice principale du seul site officiel dédié exclusivement à Lévy. Si tu fais rouler la page d'accueil jusqu'à la petite case permettant une recherche par mots-clefs, tu verras que celle-ci est surplombée par une note mentionnant la conceptrice du site: "le Pr. Liliane Lazar (Hofstra University, Long Island, NY)."

Sous la rubrique "Sa philosophie", Liliane Lazar explique les raisons qui l'ont poussée à fonder ce site. M'est avis que tu vas goûter son point de vue, toi qui estimes tout particulièrement la pensée philosophique de notre Gonzague de Saint-Bris:

Spoiler:
 

Te voilà convaincue de t'adonner au Lévysme, je suppose?


Citation :
Toujours est-il que je trouve ton point de vue intéressant et dépourvu d'animosité envers l'auto-proclamé philosophe. Ce n'est malheureusement pas mon cas, même si j'essaie par dessus-tout de faire une analyse objective du personnage. Mon animosité envers BHL est motivé particulièrement par ce que je considère comme étant de la "malhonnêteté intellectuelle", au même titre que ce dont on a droit de la part de "penseurs" comme Finkelkraut par exemple. Je leur en veux pour avoir "éclipsé" et relégué d'autres spécialistes et vrais intellectuels, qui ont un propos plus nourris au niveau conceptuel, et bien plus en phase avec les enjeux politiques et stratégiques mondiaux, ce qui est la base d'une science humaine telle que la philosophie, et au même titre que l'économie, la socio,etc.

Je peux t'assurer que je te comprends totalement et que, moi aussi, il m'arrive de m'étrangler face à certaines des saillies censément philosophiques dont nous arrose généreusement notre intelligentsia médiatique. Là où je re rejoins complètement, c'est dans ce constat de malhonnêteté intellectuelle qui submerge la presse, tous médias confondus.

Je pense que lorsque l'on s'attelle à des sujets philosophiques profonds - tels que par exemple "Quels arguments invoquer pour justifier le droit d'ingérence géo-politique?", "A partir de quand un ensemble de cellules forme-t-il cet agrégat que l'on nomme "être humain"?" ou "La position sexiste est-elle rationnellement justifiée?" -, on doit accepter par avance un certain nombre de modalités inhérentes à une saine réflexion. D'abord, le fait que l'on réfléchira d'autant mieux que l'on tentera sincèrement de recevoir et de comprendre des points de vue inverses au sien. Ensuite, le fait que les développements de la réflexion pourront amener à un point d'arrivée très, très éloigné et de ses propres préjugés, et du politiquement correct socialement admis. Enfin, l'idée que son petit égo d'intellectuel devra impérativement s'effacer - et donc accepter l'échec ou le camouflet - face à ce but immense qui est celui de la connaissance.

Je connais très peu de personnes médiatiques, philosophes ou non, qui acceptent de se plier honnêtement aux jeux de la contradiction dialectique, de la pensée politiquement incorrecte et de l'humilité intellectuelle. Lévy ne fait pas partie de cette minorité, loin s'en faut.

Je n'ai jamais lu aucun livre d'Alain Finkielkraut. Pour avoir écouté un certain nombre de ses interventions radiophoniques, il me semble très capable de raisonner en contradiction avec lui-même sur certains sujets et de penser au-delà de ce qu'il est. En revanche, la multiplication de ses interventions sur tous les sujets d'actualité possibles et imaginables couplée à son tempérament emporté le dessert franchement et ne laisse de lui, dans l'opinion publique, que l'écume de crises de colère parfaitement irrationnelles et infondées. Toutefois, j'ai lu beaucoup de bien de son Juif imaginaire (1981) et aimerais le lire prochainement.


Citation :
Je peux paraitre sévère à ce sujet, mais il est vrai que la faute ne revient pas seulement à BHL et ses congénères, mais à une majeure partie du système médiatique, comme tu l'as souligné à juste titre. Système médiatique trop paresseux pour aller chercher des spécialistes sérieux et reconnus? Probablement.

Je te comprends tout à fait et rejoins ton point de vue.

Dans l'article relayé plus haut, tout comme toi, Cornelius Castoriadis exprime son désarroi face au fait que, parmi les nombreux philosophes ou écrivains exigeants qui n'ont pas droit de citer dans les médias, certains finissent par obtenir une attention éphémère, précisément par le truchement de ces intellectuels médiatiques qui les concassent pour les besoins de leurs propres causes avant de les resservir au public franchement démolis.

Il prend ici l'exemple d'Emmanuel Levinas, un philosophe français d'origine lituanienne auteur d'oeuvres majeures aujourd'hui étudiées dans les Universités et dont le travail n'est arrivé à l'esprit du grand public que via le steak haché de Lévy:

Spoiler:
 

(Plus je relis l'article de Castoriadis, plus j'ai envie de lui claquer la bise. Il me fait franchement rêver, avec sa macédoine et son pillé-haché menu.)

Je crois que la Philosophie - exigeante, choquante, profonde - se cantonne encore aujourd'hui aux rayonnages paisibles des bibliothèques et des librairies et que c'est dans les livres que l'on trouve la meilleure matière à pétrir. Et peut-être, aussi, dans tous ces gourbis mal éclairés aux chaises inconfortables où se réunissent invariablement les étudiants du monde entier pour s'engueuler entre deux cafés sur le sens de telle idée ou la définition de telle notion.


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Lun 1 Sep 2014 - 22:57

@ux Passants prêts à faire rimer Lambton avec Bergson*:

Je me demandais, comme ça, en passant, si, parmi vous, certains seraient intéressés par un "Challenge Philosophie" qui pourrait comprendre un essai, un roman, un film et une discussion à thème? Wink

*Oui, je sais, l'accroche est risquée. Moi-même, en l'écrivant, je n'étais pas sûre de la chute. En même temps, comme disait Harpagon, au diable l'avarice.


Dernière édition par Dérinoé le Jeu 27 Nov 2014 - 8:56, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mar 9 Sep 2014 - 11:09

Dérinoé a écrit:
"Challenge Philosophie" qui pourrait comprendre un essai, un roman, un film et une discussion à thème?

Eh bien, pourquoi pas?... J'ai du mal à suivre, et les lectures de groupe, et les discussions trop pointues en philosophie mais ce serait avec plaisir.  Wink
A quoi penses-tu? Des idées, d'ores et déjà?

J'ai lu récemment Le Diable à Westease, de Vita Sackville-West (1947) et la question (morale, juridique, philosophique) à laquelle est confronté le lecteur, en toute fin de volume, pourrait peut-être nourrir le débat.
En substance, l'art peut-il excuser l'immoralité et l'illégalité? (Je fais court pour ne pas spoiler mais le roman, policier, est plutôt bien ficelé et quiconque apprécie Agatha Christie devrait le découvrir avec enthousiasme...).
Le débat est clairement limité, mais c'est juste assez pour moi.

Envisages-tu plutôt un roman, son adaptation cinématographique et une discussion du tout?
Je ne connais pas grand-chose, en films.
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mer 10 Sep 2014 - 2:07

@ TimesNewRoman:

Ton message me sauve du silence des Cathédrales! Wink


Citation :
Eh bien, pourquoi pas?... J'ai du mal à suivre, et les lectures de groupe, et les discussions trop pointues en philosophie mais ce serait avec plaisir.

A quoi penses-tu? Des idées, d'ores et déjà?

Eh! Bien, je suis tout à fait d'accord avec toi et, après réflexion, j'ai pensé qu'il serait peut-être opportun d'abandonner un projet de lecture trop contraignant pour en revenir au fondement même de ce qu'est la philosophie, à savoir la discussion. En pensant aux diverses options envisageables dans le cadre d'un tel Challenge, il m'est venu à l'esprit que la meilleure manière de faire vivre un topic dédié à la philosophie serait peut-être encore de lui octroyer la vie de la pensée et du débat, lesquels constituent, in fine, deux des rares points communs que se reconnaissent tous les systèmes développés au cours des âges et à travers le monde.

L'idée consisterait maintenant à définir un thème de discussion qui pourrait aussi bien être inspiré par une lecture ou par le visionnage d'un film que par une échange amical, un questionnement personnel, un évènement du quotidien ou un sujet d'actualité. Je proposerais, dans tous les cas, que nous nous dirigions vers l'un de ces thèmes existentiels qui nous touchent souvent jusqu'à la tripe la plus recroquevillée de nos viscères. (Je sens que ma conception de l'anatomie - et, accessoirement, de la syntaxe - va faire date dans le milieu gastro-entérologue. Nonobstant, je suis toujours plus convaincue que je devrais déposer la plume après minuit.)


Citation :
J'ai lu récemment Le Diable à Westease, de Vita Sackville-West (1947) et la question (morale, juridique, philosophique) à laquelle est confronté le lecteur, en toute fin de volume, pourrait peut-être nourrir le débat.
En substance, l'art peut-il excuser l'immoralité et l'illégalité? (Je fais court pour ne pas spoiler mais le roman, policier, est plutôt bien ficelé et quiconque apprécie Agatha Christie devrait le découvrir avec enthousiasme...).

Ce sujet, par exemple, serait excellent et je crois qu'il pourrait toucher beaucoup de Lambtoniens qui se passionnent pour l'art sous toutes ses formes. Le cas échéant, nous pourrions nous affranchir du livre pour nous concentrer sur la question que tu mentionnes - sans, bien évidemment, que ceux qui l'ont lu ou aimerait le lire doivent en faire l'économie au cours de la discussion.

Ce qui m'amène du reste à la question à cent sous: y a-t-il d'autres intéressés pour une discussion "programmée"? Le cas échéant, je proposerais que, tout comme au Mac Donald's, chacun vienne comme il est: nous pourrions rassembler ici les sujets de débat qui intéresse les uns et les autres et, à la fin, procéder à un vote à mains levées par bulletins secrets. (Wouarf.)


Citation :
Le débat est clairement limité, mais c'est juste assez pour moi.

Je le trouve, au contraire, d'une profondeur presque abyssale. Pour définir la seule signification de la question posée, il nous faudrait déjà déterminer ce que chacun de nous entend par "art", "immoralité" et, dans une moindre mesure peut-être, "illégalité". En passant par le Triangle des Bermudes, on devrait pouvoir y parvenir avec la rapidité de l'escargot qui freine à la montée, ai-je envie de dire.

Donc s'il y a, parmi vous, quelques intéressés, n'hésitez pas à jeter vos idées sur ce topic: je me réjouirais beaucoup de savoir de quelle matière philosophique sont tissées les toiles de vos vies.

Merci, TimesNewRoman, d'avoir sauvé cette proposition d'une mort prématurée. Si tu persistes à tenter avec moi un suicide collectif par la philosophie, de nouvelles suggestions de thème ou de question sont évidemment les bienvenues. Wink


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elianor
Romancière anglaise


Nombre de messages : 3145
Localisation : Ici ou là-bas, un livre dans les mains...
Date d'inscription : 28/05/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mer 10 Sep 2014 - 11:32

@ Dérinoé : moi aussi ton idée m’intéresse ! Wink J'avais bien vu ton message mais j'ai juste pas eu le temps puis oublié d'y répondre ! Rolling Eyes
Je trouve que c'est une bonne idée de partir d'une œuvre ( un essai, ou un roman, un film, une bd, un tableau, etc.) pour ensuite discuter d'un sujet qui y a trait ( et qui amène forcément d'autres questionnements et discussions par la suite !)

Par contre contre comme j'ai un emploi du temps assez rempli, ma participation dépendra un peu de ce qui sera choisi ! Wink
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Jeu 11 Sep 2014 - 2:19

@ Elianor:

Citation :
moi aussi ton idée m’intéresse ! Wink J'avais bien vu ton message mais j'ai juste pas eu le temps puis oublié d'y répondre ! Rolling Eyes

Génial! Merci pour ton message. Je serais vraiment ravie que tu te joignes à ce modeste projet.

Citation :
Je trouve que c'est une bonne idée de partir d'une œuvre ( un essai, ou un roman, un film, une bd, un tableau, etc.) pour ensuite discuter d'un sujet qui y a trait ( et qui amène forcément d'autres questionnements et discussions par la suite !)

D'accord! Nous avons déjà la proposition avancée par TimesNewRoman et je compte moi aussi repasser avant la fin de la semaine pour vous soumettre une petite liste de sujets que nous pourrions aborder, que ce soit en lien avec une oeuvre ou non. Tes suggestions, si tu en as, sont bien sûr les bienvenues.

Citation :
Par contre contre comme j'ai un emploi du temps assez rempli, ma participation dépendra un peu de ce qui sera choisi ! Wink

Oui, je comprends. Je serais favorable à ce que nous déterminions un sujet de manière concertée de sorte que le choix final soit susceptible d'intéresser tous les éventuels participants.

S'il y a d'autres intéressés, la porte est grande ouverte. Et elle donne sur un beau jardin.  Wink


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Winter
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1322
Date d'inscription : 19/12/2009

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Mar 16 Sep 2014 - 9:07

Je suis arrivée ici par le biais d'un bug informatique et c'est une bonne surprise Cool
L'abord de la philo date pour moi de plusieurs siècles, mais je vous lirai avec le plus grand plaisir, j'en suis sûre!
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Ven 19 Sep 2014 - 0:21

@ Winter:

Citation :
Je suis arrivée ici par le biais d'un bug informatique et c'est une bonne surprise

Je remercie Philibert*, le Saint-Patron des bugs informatiques, de t'avoir amenée sur ce discret topic et me réjouis que tu sois intéressée par la perspective de suivre notre futur discussion. Ta participation active serait bien évidemment accueillie avec joie. sunny

Citation :
L'abord de la philo date pour moi de plusieurs siècles, mais je vous lirai avec le plus grand plaisir, j'en suis sûre!

Je pense que le souvenir de la philosophie comme discipline scolaire ou académique peut rebuter ou décourager nombre de personnes, malheureusement.

Je repasse, avec un peu de retard, pour dire que je suis toujours en train de réfléchir à cette petite liste de sujets potentiels que j'évoquais lors de mon dernier passage. Je n'oublie pas et compte revenir très vite pour vous soumettre quelques propositions de thèmes divers et variés.

*Celui-là n'est pas dans le calendrier: c'est un Saint très, très apocryphe. Mais très, très efficace, à ses heures.

@ TimesNewRoman:

Tu as proposé un thème fort intéressant, inspiré par ta lecture du Diable à Westease (1947), de Vita Sackville-West. Tu avais résumé la question posée par ce roman comme suit: "En substance, l'art peut-il excuser l'immoralité et l'illégalité?" (Je te cite.)

Je me demandais si, sans nécessairement dévoiler les arcanes de l'oeuvre concernée, tu pourrais expliquer ce que tu entends par cette question et, éventuellement, l'illustrer par un ou deux exemples? Il me semble que cette interrogation peut-être comprise de différentes manières et il me paraitrait judicieux que nous nous mettions d'accord sur la signification de ce possible sujet de débat avant que de choisir en toute connaissance de cause. D'autant plus que nous sommes pléthores sur ce fil, alors tu comprends... Wink

Par exemple: "L'artiste a-t-il le droit de créer à partir de n'importe quel sujet ou de n'importe quelle situation réelle, quelle que soit leur immoralité ou illégalité intrinsèque?" Ou alors: "L'artiste a-t-il le droit de commettre n'importe quel acte, aussi immoral ou illégal soit-il, pour autant que celui-ci lui permette de produire une grande oeuvre?" Ou encore: "L'oeuvre artistique ne peut jamais se juger par le truchement des catégories classiques de la moralité ou de la légalité mais uniquement selon une grille de lecture esthétique?" Ou même: "Une oeuvre peut-elle, par son contenu, inspirer à des individus des actes immoraux ou illégaux sans pour autant être censuré par l'Etat?"


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Ven 19 Sep 2014 - 20:07

@ Tous les passants:

Je reviens ce soir avec les potentiels sujets de discussion promis il y a quelques jours. Comme annoncé, j'ai cherché à définir des thèmes relevant essentiellement de l'éthique ou de la politique, c'est-à-dire des actions ou des réflexions qui régissent nos vies quotidiennes et trouvent racine dans des situations que nous vivons tous un jour ou l'autre. Je pense qu'une discussion aura d'autant plus de portée qu'elle émanera d'évènements vécus au quotidien. Laissons les nuées et la haute métaphysique aux professionnels de la pensée.

Voici quelques propositions, la présente liste n'ayant bien évidemment aucune prétention à l'exhaustivité.


Je commence par rappeler l'excellente proposition avancée par TimesNewRoman, laquelle devrait être objet d'une petite clarification dans les jours à venir:

    "L'art peut-il excuser l'immoralité et l'illégalité?"

    "Quelle est la notion-clef qui, selon vous, doit fonder la morale ou l'éthique?"

Par "notion-clef", je pense à des sentiments ou à des vertus tels que l'empathie, la justice, la bienveillance, le consentement, le plaisir et cetera.

    "Comment devrait selon vous se définir la liberté d'expression au sein de la cité et quelles sont les limites que vous lui imposeriez idéalement?"

    "Quelles sont les valeurs morales qui, selon vous, peuvent fonder la cité idéale?"

    "Existe-t-il des valeurs morales qui, selon vous, transcendent les époques ou les cultures ou sont-elles toutes inféodées aux particularités de temps et à de lieux bien déterminés?"

Par "valeurs morales", je pense à des notions telles que la justice, l'injustice, l'empathie, l'égoïsme, le plaisir moral ou physique, la souffrance morale ou physique, la solidarité, l'individualisme et cetera. Autrement dit, existe-t-il des valeurs morales dont les fondements sont tout à fait objectifs et qui ne dépendent nullement de sociétés bien particulières?

    "La loi a-t-elle raison, dans son analyse des crimes et délits, de tenir compte de l'intention ou devrait-elle se focaliser uniquement sur les conséquences des actes accomplis par les êtres humains?"

Autrement dit, la loi a-t-elle raison de retenir des circonstances dites aggravantes ou atténuantes dans l'accomplissement de la Justice?

    "Quels sont, à votre sens, les critères qui définissent spécifiquement le genre humain en opposition aux autres formes du vivant ou de l'inanimé existant sur terre?"

    "Pensez-vous que l'humain soit constitué de matière uniquement ou qu'il possède également une partie immatérielle? Si oui, quels sont les indices qui vous amènent à postuler l'existence de cette partie immatérielle et comment la concevez-vous?"

    "Quelles sont, selon vous, les entraves que l'Etat peut ou doit infliger à l'exercice des libertés individuelles?"


Il s'agit là de quelques propositions qui, parce qu'elles prennent ancrage dans la vie quotidienne et dans des interrogations relativement courantes, me semblent pouvoir engendrer des discussions intéressantes. Mais il va sans dire que, pour ma part, je suis disposée à ajouter à cette modeste liste tout sujet qui pourrait vous interpeller et susciter le débat.

TimesNewRoman, Elianor, Winter et autres éventuels intéressés, qu'en pensez-vous? L'une de ces questions vous touche-t-elle plus particulièrement et, si oui, laquelle? Souhaiteriez-vous aborder d'autres thèmes de discussion dans le cadre de ce topic?

Lorsqu'un sujet se dégagera, je proposerais alors une accroche de débat illustrée par quelques exemples concrets afin d'offrir un premier tremplin à la discussion.

À vous lire! sunny


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:25, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Selenh
Méchante Femme Savante


Nombre de messages : 5073
Age : 57
Localisation : Aquitaine.
Date d'inscription : 24/02/2010

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Sam 20 Sep 2014 - 15:28

Il y a ces deux là qui m'intéressent, enfin au sens où je n'ai pas encore eu l'occasion au cours de ma vie de me lasser de la discussion dessus, ce qui est peu ou prou le cas pour les autres:

Citation :
• "La loi a-t-elle raison, dans son analyse des crimes et délits, de tenir compte de l'intention ou devrait-elle se focaliser uniquement sur les conséquences des actes accomplis par les êtres humains?"

Autrement dit, la loi a-t-elle raison de retenir des circonstances dites aggravantes ou atténuantes dans l'accomplissement de la Justice?

• "Quelles sont, selon vous, les entraves que l'Etat peut ou doit infliger à l'exercice des libertés individuelles?"
Revenir en haut Aller en bas
Winter
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1322
Date d'inscription : 19/12/2009

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Sam 20 Sep 2014 - 18:27

Comme Selenh mais pour
Citation :
"Quels sont, à votre sens, les critères qui définissent spécifiquement le genre humain en opposition aux autres formes du vivant ou de l'inanimé existant sur terre?"


Citation :
"Quelle est la notion-clef qui, selon vous, doit fonder la morale ou l'éthique?"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 21 Sep 2014 - 10:33

Dérinoé a écrit:
Je me demandais si, sans nécessairement dévoiler les arcanes de l'oeuvre concernée, tu pourrais expliquer ce que tu entends par cette question et, éventuellement, l'illustrer par un ou deux exemples? (...)
"Une oeuvre peut-elle, par son contenu, inspirer à des individus des actes immoraux ou illégaux sans pour autant être censuré par l'Etat?"

Je ne peux pas en dire plus sur l'ouvrage, sauf à livrer la clé de l'énigme. Ta dernière proposition me paraît cela dit la plus proche (tu brûles). Wink
Digression dominicale mais le dernier roman de l'excellente Donna Tartt (Le Chardonneret, 2013) propose à son tour de fulgurantes réflexions sur la place de l'art dans nos vies, et s'interroge sur les frontières légales et morales que tout un chacun est prêt à franchir en la matière, quand plus rien ne fait sens.
Tartt s'appuie du reste sur cette observation de Nietzsche, que je trouve d'une beauté et d'une justesse enthousiasmantes: "L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité".

Dérinoé a écrit:
1. "L'art peut-il excuser l'immoralité et l'illégalité?"

2. "Quelle est la notion-clef qui, selon vous, doit fonder la morale ou l'éthique?"
Par "notion-clef", je pense à des sentiments ou à des vertus tels que l'empathie, la justice, la bienveillance, le consentement, le plaisir et cetera.

3. "Comment devrait selon vous se définir la liberté d'expression au sein de la cité et quelles sont les limites que vous lui imposeriez idéalement?"

4. "Quelles sont les valeurs morales qui, selon vous, peuvent fonder la cité idéale?"

5. "Existe-t-il des valeurs morales qui, selon vous, transcendent les époques ou les cultures ou sont-elles toutes inféodées aux particularités de temps et à de lieux bien déterminés?"
Par "valeurs morales", je pense à des notions telles que la justice, l'injustice, l'empathie, l'égoïsme, le plaisir moral ou physique, la souffrance morale ou physique, la solidarité, l'individualisme et cetera. Autrement dit, existe-t-il des valeurs morales dont les fondements sont tout à fait objectifs et qui ne dépendent nullement de sociétés bien particulières?

6. "La loi a-t-elle raison, dans son analyse des crimes et délits, de tenir compte de l'intention ou devrait-elle se focaliser uniquement sur les conséquences des actes accomplis par les êtres humains?"
Autrement dit, la loi a-t-elle raison de retenir des circonstances dites aggravantes ou atténuantes dans l'accomplissement de la Justice?

7. "Quels sont, à votre sens, les critères qui définissent spécifiquement le genre humain en opposition aux autres formes du vivant ou de l'inanimé existant sur terre?"

8. "Pensez-vous que l'humain soit constitué de matière uniquement ou qu'il possède également une partie immatérielle? Si oui, quels sont les indices qui vous amènent à postuler l'existence de cette partie immatérielle et comment la concevez-vous?"

9. "Quelles sont, selon vous, les entraves que l'Etat peut ou doit infliger à l'exercice des libertés individuelles?"

Tous ces thèmes m'intéressent au plus haut point, oui.
Je crois de fait qu'il faut oublier (tout peut s'oublier) l'ouvrage que j'avais cité en préambule, dans l'idée d'une lecture commune suivie d'un débat.
D'abord parce que ce roman policier ne présente pas la réflexion aussi poussée que je lui prête (disons que c'était un point de départ distrayant, à même de séduire un plus grand nombre de participants), ensuite parce que la mise en place de ladite lecture sera vraisemblablement d'une complexité déprimante, enfin parce qu'il est plus simple (donc) de lancer un sujet et de discuter de suite, sans support artistique précis.
Revenir en haut Aller en bas
Dérinoé
Ready for a strike!


Nombre de messages : 1084
Date d'inscription : 15/10/2011

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Dim 21 Sep 2014 - 22:56

@ Selenh, @ Winter et @ TimesNewRoman:

Merci infiniment pour vos retours rapides et pour vos avis sur le petit panel proposé supra.

TimesNewRoman, dans la mesure où tu te dis ouverte à tous les sujets de débat, je te garde pour la fin. Wink

Selenh et Winter, c'est très intéressant parce que, cohérence hasardeuse ou non, vos choix respectifs divergent de manière tout à fait symétrique, et ce par les disciplines dont ils relèvent respectivement: philosophie politique et légale pour Selenh, éthique et bioéthique* pour Winter!

Partant, je crois que deux possibilités s'offrent à nous. Soit j'essaie de concocter un sujet ayant un pied dans chacun de ces domaines philosophiques qui vous intéresse, soit nous votons démocratiquement et que le demos écrase l'exception.

Z'en pensez quoi?

Elianor, si tu passes par là, as-tu une préférence pour l'un ou l'autre des sujets énumérés dans mon dernier post en date? Je me rappelle que tu avais bien précisé que ta participation serait conditionnée par le sujet finalement arrêté: si tu as une inclination propre, sens-toi libre de t'exprimer franchement.

*La bioéthique est une sous-catégorie de l'éthique - laquelle est le domaine de la philosophie qui s'intéresse essentiellement aux actions et au comportement humains - portant sur les questions engendrées par l'apparition des nouvelles technologies ou par les évolutions de la médecine. La bioéthique se penche, entre autres, sur les problèmes posés par l'euthanasie, l'avortement, l'eugénisme, le statut de l'embryon, le clonage ou le rapport de l'homme à la machine. Bien que certaines de ces questions soient traités par les penseurs depuis l'Antiquité, cette discipline de l'éthique connaît, aux Etats-Unis et en Europe, un essor tout particulier depuis l'Après-Guerre. L'un des philosophes actuels les plus représentatifs de ce domaine et, accessoirement, les plus attaqués pour ses positions controversées est l'Australien Peter Singer, titulaire d'une Chaire de Philosophie à l'Université de Princeton.

@ TimesNewRoman:


Citation :
Je ne peux pas en dire plus sur l'ouvrage, sauf à livrer la clé de l'énigme. Ta dernière proposition me paraît cela dit la plus proche (tu brûles).

(On me le dit souvent. Wink)

Aha! D'accord d'accord. Pour le cas où je me mettrais en quête d'un sujet hybride, je conserve cette question bien en tête également: elle pourrait tout à fait s'agréger à la problématique de la liberté d'expression retenue par Selenh.


Citation :
Digression dominicale mais le dernier roman de l'excellente Donna Tartt (Le Chardonneret, 2013) propose à son tour de fulgurantes réflexions sur la place de l'art dans nos vies, et s'interroge sur les frontières légales et morales que tout un chacun est prêt à franchir en la matière, quand plus rien ne fait sens.

J'attends une illustration par l'opus avec grande impatience.

Citation :
Tartt s'appuie du reste sur cette observation de Nietzsche, que je trouve d'une beauté et d'une justesse enthousiasmantes: "L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité".

Donna Tartt opposerait donc l'art à la vérité? Mais en quel sens? L'art vu comme une discipline du factice et de l'illusion?

Citation :
Tous ces thèmes m'intéressent au plus haut point, oui.

Et je m'en réjouis.

Citation :
Je crois de fait qu'il faut oublier (tout peut s'oublier) l'ouvrage que j'avais cité en préambule, dans l'idée d'une lecture commune suivie d'un débat.
D'abord parce que ce roman policier ne présente pas la réflexion aussi poussée que je lui prête (disons que c'était un point de départ distrayant, à même de séduire un plus grand nombre de participants), ensuite parce que la mise en place de ladite lecture sera vraisemblablement d'une complexité déprimante, enfin parce qu'il est plus simple (donc) de lancer un sujet et de discuter de suite, sans support artistique précis.

Oui, tout à fait d'accord. La philosophie n'est-elle pas un art du bel échange et de la noble dispute, après tout? Ou avant tout, selon où l'on se place.


Dernière édition par Dérinoé le Sam 22 Nov 2014 - 23:16, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Lun 22 Sep 2014 - 1:09

Dérinoé a écrit:
Soit j'essaie de concocter un sujet ayant un pied dans chacun de ces domaines philosophiques qui vous intéresse, soit nous votons démocratiquement et que le demos écrase l'exception.
Z'en pensez quoi?

Je me range à l'avis des autres participants, que je suivrai avec plaisir. Si tu veux concocter, c'est très bien aussi.
Passé minuit, je ne suis que bonne humeur et conciliation.  Wink

Dérinoé a écrit:
Donna Tartt opposerait donc l'art à la vérité? Mais en quel sens? L'art vu comme une discipline du factice et de l'illusion?

L'art comme consolation du réel...
Revenir en haut Aller en bas
Selenh
Méchante Femme Savante


Nombre de messages : 5073
Age : 57
Localisation : Aquitaine.
Date d'inscription : 24/02/2010

MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Lun 22 Sep 2014 - 9:14

Citation :
La philosophie n'est-elle pas un art du bel échange et de la noble dispute, après tout? Ou avant tout, selon où l'on se place.

Tiens, c'est vrai, historiquement.

Je comprends mieux du coup ce qui me gêne à l'idée de participer. Je suis philosophe, mais plutôt que dans la «disputatio», dans la pratique individuelle. Bouddhiste-stoïcienne-hédoniste-épicurienne  Smile, c'est selon -du côté de Marc Aurèle et Montaigne: un art de vivre, des règles de conduites selon l'éthique, un chemin moral et spirituel tout personnel.

C'est sans doute pourquoi je fuis le débat, auquel je reproche de m'échauffer, de me rendre corrosive.
Hélas oui, ce n'est pas une «noble dispute» en ce qui me concerne, je mords sans même m'en rendre compte alors qu'en principe la bienveillance est le vecteur de mon rapport aux autres. C'est pourquoi actuellement je ne vais au combat que si une personne, la vérité, la raison ou la morale me semblent bafouées. Et j'essaie de m'empêcher d'y aller quand la cause est trop futile pour prendre le risque de blesser les autres.

Voilà je pense pourquoi seuls la loi et son éthique retiennent mon attention dans tes propositions. J'y vois un domaine que je connais insuffisamment et dans lequel j'ai des raisons de participer parce que la confrontation avec la pensée des autres me ferait progresser. Il s'agit d'un intérêt personnel et non de la pure intention de pratiquer l'«art du bel échange».
Mon option ne doit donc en aucun cas être valorisée et je m'inclinerai avec empressement si la majorité des voix se porte sur d'autres thèmes.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un peu de philo ?   Aujourd'hui à 15:13

Revenir en haut Aller en bas
 
Un peu de philo ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 13Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4 ... 11, 12, 13  Suivant
 Sujets similaires
-
» Un peu de philo ?
» Sujet de philo
» Le problème de la représentation (Philo)
» Sujet de Philo :
» Présentation de Philo

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Inn at Lambton :: And what do you do when you are not reading? :: Autres passions-
Sauter vers: