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 le snobisme littéraire

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papotea
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MessageSujet: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 12:03

Suite à deux ou trois réflexions entendues ici ou là, je voulais discuter de ce sujet avec vous.

L’autre jour, une copine à moi poste sur FB qu’elle vient de passer un excellent moment au bord de la piscine en compagnie d’un livre. Je lui demande ce qu’elle a lu, et sa réponse a été «pas de la grande littérature, c’était la fille de Brooklyn de Guillaume Musso ». Suspect

Puis, à la bibliothèque où je suis bénévole, une dame assez classe me demande le dernier Bussi. Elle le trouve, puis me dis avec un air d’excuse « Oui je sais, ce n’est pas de la grande littérature, mais pour les vacances, c’est parfait. »
Une autre copine à moi m’explique qu’elle adore Agnès Martin Lugand, et rajoute « Oui, je sais que ce n’est pas de la grande littérature, mais je n’arrive à lire que ça ». Suspect Suspect

Enfin, dernière en date, ma sœur, qui est une non lectrice, m’a envoyé hier un message pour me dire que lors d’une nuit d’insomnie, elle avait pris un livre, et qu’elle avait découvert le plaisir de la lecture. Enchantée, je lui demande quel roman a accompli ce petit miracle, sa réponse « oh, tu vas te moquer, ce n’est pas de la grande littérature, c’est « et si c’était vrai » de Marc Levy » ». Suspect Suspect Suspect

Et là…je craque No ! C’est quoi ces gens qui lisent, qui apprécient ce qu’ils lisent, mais qui s’excusent au non d’un concept de « Grande Littérature » No ? Et puis d’abord, c’est quoi la grande littérature ? C’est qui ? On fait comment pour être reconnu Grand Littérateur ? Ou Grand Lecteur ? Ou Grand Romancier ?

Moi-même je n’ai jamais lu de Marc Levy, mais si ce type a réussi à faire aller ma sœur au bout d’un roman, au point qu’elle m’a même écrit qu’elle ne pensait pas qu’un livre pouvait lui faire ressentir des émotions aussi forte que dans un film, mais je vais lui vouer un culte à Marc Levy !

Et en fait je me rends compte que, en France, il y a une sorte de snobisme littéraire, il y a la bonne lecture et la mauvaise lecture, que des gens comme Levy, Musso, Martin Lugand, Bussi, et j’en passe, vendent des millions de livres mais sont laminés pas les critiques, et snobés par une certaine élite, et même par les libraires et les bibliothécaires eux-mêmes (qui pourtant peuvent leur dire merci).

Mais du coup, par contre effet pervers, des tas de gens estiment que la lecture, c’est un truc de gens cultivés, intelligents, et que rentrer dans une librairie ou une bibliothèque ce n’est pas pour eux. No

Pour moi, lire n’est pas un acte anodin, ça demande un « effort » de se lever, de chercher un livre, de l’ouvrir, de plonger dedans. C’est plus « impliquant » que d’allumer la radio ou la télé. Et du coup, que des gens aient cette démarche, et en particulier des personnes qui lisent pas ou peu, je trouve ça très bien, et peu importe le livre qu’ils ont dans les mains ! study

Est-ce que vous aussi vous avez ce sentiment qu’en France, c’est « chic » de lire certaines choses et « naze » d’en lire d’autres ? Avez-vous honte de certaines de vos lectures ? Est-ce que ça vous gonfle cette distinction ou est-ce que vous la partagez ?
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Rosalind
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 13:28

Il y a peut-être un certain snobisme à mépriser ce qu'on appelait autrefois "la littérature de gare" ! avant c'était Guy des Cars, aujourd'hui Marc Lévy.

Et j'ai remarqué que dans les "Relay" des gares et aéroports, on trouve des rangées entières de romans de Marc Lévy et Guillaume Musso. Ce qui soulève une autre question : cela correspond-il vraiment à une demande ?

J'ai lu Si c'était vrai il y a une dizaine d'années, le roman m'avait été recommandé avec enthousiasme par ma belle-soeur prof de français latin et grec. J'avais bien aimé, mais par la suite j'ai essayé d'en lire un autre, prêté par une amie, et il m'est tombé des mains.

Mais je pense que chacun doit trouver son bonheur de lire ce qui lui plaît, et au moment où ça lui plaît. (voir le topic ouvert par Tatiana après la question de Marganne)
http://the-inn-at-lambton.cultureforum.net/t8216-lisez-vous-seulement-des-romans

Si ta soeur a trouvé le goût de lire, c'est tant mieux ! et j'espère qu'elle en lira beaucoup d'autres  Very Happy
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clinchamps
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 13:57

Je souscris entièrement à ton post, Papotea ! L'essentiel étant de trouver du plaisir à lire ! Au demeurant "Si c'était vrai" est le moins mauvais des Lévy lol!  parce que oui, j'en ai lu d'autres durant un séjour à l'hôpital où j'étais bien contente que quelqu'un les ai oubliés ! Laughing même si c'est vrai que ce n'est pas du Maupassant... je me souviens d'une amie qui s'étonnait  : Comment, toi ! Tu lis un roman Harlequin !" Ben oui ! Il se passait en Corée, m'a bien plu, je l'ai perdu et je l'ai même racheté ! Comme on me voyait tout le temps avec un bouquin on m'a attribué l'étiquette "intello" ce que je ne suis pas du tout, ce que j'assume parfaitement !
Tout le monde s'est extasié devant "l'affaire harry Québert" que personnellement, je trouve très mauvais avec des dialogues bien pires que ceux de Lévy ou Musso !! Laughing

Non, non, un seul mot : liberté, un seul critère de choix : plaisir !! Et au diable ceux qui nous regardent de haut
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serendipity
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 14:58

clinchamps a écrit:
un seul mot : liberté, un seul critère de choix : plaisir !!

Tout à fait d'accord avec vous Very Happy

Rosalind a écrit:
Et j'ai remarqué que dans les "Relay" des gares et aéroports, on trouve des rangées entières de romans de Marc Lévy et Guillaume Musso. Ce qui soulève une autre question : cela correspond-il vraiment à une demande ?

Ce qui me gêne un peu c'est qu'ils laissent peu de place aux autres auteurs. Là aussi on a des effets de mode et personnellement, j'aime la diversité. C'est triste de voir tout le monde lire le même bouquin au même moment No
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papotea
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 15:05

clinchamps a écrit:
Comme on me voyait tout le temps avec un bouquin on m'a attribué l'étiquette "intello" ce que je ne suis pas du tout, ce que j'assume parfaitement !

Je me reconnais tout à fait là dedans. Comme je lis souvent (et vite), je parle souvent de bouquins et que je suis bénévole dans une bibliothèque, on me colle une étiquette d'intello, ce que je ne suis pas du tout non plus ! Du coup je suis parfois obligée de faire un coming out littéraire, en expliquant que dans les bouquins que je lis, il n'y a que de la lecture plaisir, et je me suis bien plus éclatée sur la lecture d'un Kristan Higgins que d'un Milan Kundera. Je suis une vraie fan de ce que l'on appelle la feel good litt, aussi. Quand tu fréquentes des forums ou des blogs littéraires, de toutes façons, tu ne peux que être modeste face à des très bons lecteurs très brillants

clinchamps a écrit:
Tout le monde s'est extasié devant "l'affaire harry Québert" que personnellement, je trouve très mauvais avec des dialogues bien pires que ceux de Lévy ou Musso .

Idem...je l'ai lu pour ne pas mourir idiote, et si j'ai trouvé l'intrigue sympa et la descritption de la maison d'Harry Quebert agréable, les dialogues sont parmi les plus tartes que j'ai pu lire.

C'est pour ça que je ne juge JAMAIS les lectures des gens. La lecture doit être un plaisir, et on se fait plaisir avec ce que l'on veut ! Bien que bonne lectrice, j'ai souffert des lectures imposées au collège et au lycée (Molière...rhalàlàlà Sleep ). J'imagine à quel point l'étude de Balzac et de Zola a pu - et dû - dégouter bien des jeunes de la lecture;

Donc je suis ravie pour ma soeur, et merci Marc Levy.
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clinchamps
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 15:09

serendipity a écrit:


Ce qui me gêne un peu c'est qu'ils laissent peu de place aux autres auteurs. Là aussi on a des effets de mode et personnellement, j'aime la diversité. C'est triste de voir tout le monde lire le même bouquin au même moment  No

Là, c'est la faute du marketing des grandes surfaces et des Relay pour qui essayer d'ouvrir plus d'univers au lecteur n'est pas vraiment une priorité !! Laughing
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papotea
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 15:12

serendipity a écrit:
Ce qui me gêne un peu c'est qu'ils laissent peu de place aux autres auteurs. Là aussi on a des effets de mode et personnellement, j'aime la diversité. C'est triste de voir tout le monde lire le même bouquin au même moment No

Tout à fait d'accord avec toi. C'est vrai que tu as des auteurs à la mode, tout le monde le veut et puis pffft...ça se tasse (je vois ça avec Camilla LAckberg par exemple. Avant ça sortait sans arrêt, j'ai acheté le dernier pour la bibliothèque: aucun succès. Et je trouve ça effectivement triste de voir toujours les mêmes couvertures partout, les mêmes auteurs.

J'ai acheté pour la bib un livre d'un auteur qu'on m'a fait découvrir: Hervé Commère. Inconnu du grand public, mais tout à fait dans le genre thriller à tiroirs de Michel  Bussi, avec en plus le même cadre géographique, les deux étant Rouennais. Je l'ai mis en avant, il est sorti...et maintenant on m'en réclame d'autres. Comme quoi !

Donc vive la diversité aussi cheers
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ekaterin64
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 15:31

Je suis bien placée pour dire que oui il y a bien du "snobisme" intellectuel en France. Je lis depuis toujours des lectures de "mauvais genre", des "romans de gare" de la Romance. Pendant longtemps je m'en suis cachée, depuis quelques années je m'en contrefiche, mais j'ai plus d'une fois eu à faire à des remarques ou commentaires de gens "bien pensant" qui me faisaient bien souvent me sentir intellectuellement inférieure.

Je pense que c'est typiquement français, il y a moins de clivage de cette sorte aux États Unis par exemple. Non pas qu'ils n'existent pas ou qu'ils n'ont jamais existé, mais ils ont évolué depuis plusieurs années. Comme c'est en train de changer doucement chez nous aussi.
La plupart du temps je laisse courir mais je dois avouer que c'est fatiguant d'avoir à justifier ou à défendre ce que l'on lit. Surtout devant des personnes qui n'y connaissent le plus souvent rien et qui parlent alors qu'ils n'en ont jamais lu. Et de temps en temps je me rends compte que la plaie est restée un peu ouverte parce qu'il m'arrive de m'énerver plus qu'il ne faudrait.

J'avais une prof de français en 1ère qui était au top. Une ouverture d'esprit, une culture incroyable. Il nous est arrivé de parler de l'élitisme culturel et elle nous disait toujours qu'il n'y avait pas de bonne ou de mauvaise lecture, que l'essentiel était de lire et de prendre du plaisir, sur n'importe quel support.


Concernant les ouvrages présentés dans les gares et points relay. Posons la question à l'envers, dans beaucoup de librairie plus "sérieuses" ou des bibliothèques par exemple il n'y ont pas de place est-ce normal cela aussi ? C'est une ségrégation d'un côté comme de l'autre. Ce genre de point de vente ne va pas s'embarrasser de détail, il choisit faute de place, il vont à l'essentiel, c'est à dire les livres dit populaire et de loisirs qu'ils vont le plus vendre et qui sont suffisamment ludiques pour la majorité des voyageurs.
Les effets de mode ce n'est pas nouveau, ils concernent tous les livres dit "sérieux" ou pas. Je pense que c'est un autre problème, rien à voir avec le snobisme intellectuel.

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Quand la tempête t'encercle, hisse la voile et suis les traces du Dieu Dragon. En avant, en avant ! Car qui
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misshoneychurch
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 16:00

Ton post me parle beaucoup Papotea.  

C'est formidable de voir les gens qui lisent peu se passionner pour un livre. On ne recherche pas tous la même chose, on ne s'évade pas tous avec les mêmes moyens. Vos remarques sur le fait que d'un côté, on méprise les lecteurs et de l'autre, on se plaigne que la lecture soit vue comme quelque chose réservé à un petit nombre, sont très justes.

C'est quelque chose que j'essaie de garder en tête pour lutter contre mes propres préjugés. J'ai souvent du mal à considérer les youtubeuses qui présentent les mêmes livres YA, devant les mêmes étagères de livres, comme de vraies lectrices (qu'est-ce qu'une vraie lectrice ? c'est là que je me rends compte de ma bêtise/de mon snobisme). Le pire étant que je lis moi-même de nombreux succès commerciaux...

Mais je pense que les vrais snobs sont peu nombreux. Pour les autres, le mépris s'adresse surtout aux auteurs. Et je pense qu'il y a aussi des craintes respectables derrière certains comportements. Que le monde entier lise Marc Lévy (monsieur que j'ai au demeurant trouvé sympathique les rares fois où je l'ai vu s'exprimer), ça n'est pas mon problème. Mais ce serait un cauchemar de vivre dans un monde où seuls ses livres (et ceux des auteurs de son genre) seraient disponibles. Dans cette optique, je comprends les crises d'angoisse provoquées par les piles Musso/Lévy dans les Relay ou dans les Fnac.
S'il y a une qualité que j'apprécie, c'est la curiosité intellectuelle (même s'il y a de nombreux genres que je n'ai jamais pris le temps d'explorer). Ne plus pouvoir l'exercer (et donc lire aussi bien Hunger Games que Proust si l'envie me prend) serait dramatique pour moi (Serendipity ).

Cette discussion me fait aussi penser à un autre phénomène qui m'agace, les lectures "pour filles" ou "pour garçons". Quand je présente un shojo, je ne dis jamais que c'est pour les filles, j'insiste sur les thématiques traitées, point. Et je suis un bon exemple que les shonen peuvent être appréciés par les filles.

Clinchamps, je n'ai pas lu Harry Québert, mais je pense que les étiquettes collent aussi bien sur les livres que sur les gens. Si tu es étiqueté "auteur de romans de gare", on te tombera beaucoup plus facilement dessus que si tu as eu un prix littéraire. Je me rappelle d'une émission du Masque et la Plume (émission que j'aime beaucoup, même si je suis parfois en complet désaccord avec eux) où Jérôme Garcin attendait un démontage en règle d'Anna Gavalda (je crois), démontage qui n'a finalement pas du tout eu lieu puisque son livre avait été très apprécié. Very Happy

Ekaterin, tu connais beaucoup de librairies et surtout de bibliothèques qui ne proposent pas ces livres ? Ça me surprend. Ce sont des livres qui attirent les lecteurs, donc ne pas les avoir me paraît être un jeu risqué (sauf si tu as une clientèle bien ancrée et nombreuse). Je me rappelle un office dans une très grosse bibliothèque avec de nombreuses antennes où un livre de Tatiana de Rosnay avait été présenté. Les bibliothécaires étaient unanimes sur le livre, qu'elles trouvaient mauvais, mais l'ont toutes acheté. Tous les professionnels du livre que je connais sont contents que les gens lisent, même si dans leur tête ou en privé ils sous-entendent que c'est bien que les gens lisent, même si ce n'est "que" ça.
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ekaterin64
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 16:28

misshoneychurch a écrit:
Ekaterin, tu connais beaucoup de librairies et surtout de bibliothèques qui ne proposent pas ces livres ?
Oui ma bibliothèque et la fnac de ma ville par exemple Razz c'est bien pour cela que je me suis permise de rebondir. Pas les Musso ou les Levy qui sont de forts succès commerciaux. La sf est plus ou moins bien achalandé mais ce n'est pas top non plus.
Mais la romance par exemple niet. Ma bibliothèque municipale avait un petit rayon intéressant il y a quelques années mais à disparu depuis les années 90. Il faut avouer que je ne trouve pas non plus mon bonheur non plus dans les point relais, quand je prends le train je me fais souvent la réflexion qu'ils ne proposent vraiment pas grand chose quelque soit les genres.

Cette même fnac qui classe les livres de Laurell Kaye Hamilton (livre de bit lit qui n'a rien à envier à Fifty shades) aux rayon de young adult Suspect et qui systématiquement classe la jeunesse en deux catégories : les livres dit de filles et les livres dit de garçons. C'est aussi une chose qui comme toi m'agace prodigieusement.

En fait si je veux lire ou acheter une romance qui sort dans le mois, à part mon carrefour du coin ou internet je n'ai pas trop le choix, parce que je ne le trouve pas ailleurs. Alors est-ce l'effet du petite ville ? Je ne saurai le dire mais en tout les cas les faits sont là. Mais c'est peut-être aussi une volonté éditoriale, allez savoir


Depuis quelques temps, c'est très récent, c'est implanté chez moi un Cultura qui est monstrueux. On trouve tout et quand je dis tout c'est vraiment tout et pour les les goûts et pour tous les âges. Ce qui est une bénédiction. Et il semblerait qu'eux ne stigmatisent aucun genre.


Edit : j'ai aussi connu les regards condescendants lors d'encaissements d'ouvrages dit de "genre" ou même de réflexions dédaigneuses et mal placées dans des librairies à la recherches de titres qui je cite : "nous n'avons pas de ça chez nous". Certes ce n'est pas une généralité, ni systématique, mais ils existent et ce n'est jamais agréable de tomber dessus Rolling Eyes

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papotea
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 16:42

Pour rebondir sur ton post MissHoneuChurch, je dois moi aussi battre ma coulpe, je me suis aussi surprise à faire du snobisme.

Pas plus tard que l'autre jour par exemple, j'étais avec ma fille dans une librairie, elle avait des sous à dépenser. Et je lui ai dit "Bon et attention, je ne veux pas que tu prennes de BD ou de trucs genre les Winx, je veux que tu choississes un vrai livre". Et je m'en suis voulu aussitôt No . En quoi une BD n'est pas un "vrai" livre  Suspect ? (en réalité ce que je voulais, c'est que ma fille, qui est plutôt une bonne lectrice, apprenne à devenir plus ambitieuse dans sa lecture et choissise des choses plus compliquées et plus approfondies, histoire de progresser dans sa concentration, son immersion, son analyse, son sens critique,  son vocabulaire).

Il n'y a pas si longtemps, mon insulte littéraire favorite était "c'est écrit comme du Harlequin". Et puis j'ai lu Kristan Higgins, qui est éditée chez Harlequin, et j'ai adoré sa plume drunken  ! (alors depuis je ne dis plus rien silent ).

Et si je n'ai jamais lu de Musso ou de Levy, c'est que, inconsciemment, je snobe. Et c'est nul.

Je comprends ton ressenti Ekat, et je trouve ça terrible d'être obligée de cacher ses goûts ou de les défendre No . J'ai parfois fait comme toi, et maintenant je m'en fiche. Je sais ce que j'aime, je sais ce que je déteste. Et tant pis si je ne passe pas pour une intello, m'en fiche !

ekaterin64 a écrit:
Edit : j'ai aussi connu les regards condescendants lors d'encaissements d'ouvrages dit de "genre" ou même de réflexions dédaigneuses et mal placées dans des librairies à la recherches de titres qui je cite : "nous n'avons pas de ça chez nous". Certes ce n'est pas une généralité, ni systématique, mais ils existent et ce n'est jamais agréable de tomber dessus

Je vois tout à fait...je suis abonnée à la page FB des perles des libraires. Si c'est souvent très drôles parfois la condescendance des dits libraires envers ceux qui les font vivre (les lecteurs) est gênante !

La liseuse pour ça est parfaite, comme on ne voit pas la couverture, on peut lire ce qu'on veut (un jour une copine qui lisait 50 nuances de Grey avait recouvert son livre avec du papier kraft parce qu'elle avait honte de le lire dans les transports en commun !) Laughing
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clinchamps
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 21:32

Moi, ce qui m'a ouvert l'esprit et a tué tout snobisme en moi, c'est ma passion pour les dramas, parce que là aussi on me regarde souvent de haut et avec condescendance, et depuis que j'aime ce genre très méprisé je suis devenue bien plus ouverte au goût des autres et quand j'ai envie de dire "tu lis ça !" (parce que oui, j'en ai envie, je ne suis pas parfaite ! Laughing ) je me rappelle que j'adore les dramas et même certains vraiment tartes, donc ça me rend plus tolérante !! Laughing

En tous cas, jamais jamais n'avoir honte de ce qu'on aime !!! cheers
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Marganne
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 22:38

Très intéressant topic Papotea  Very Happy

Personnellement, je lis de tout, et pas seulement de la grande littérature  lol!  J'ai eu de longues périodes romances (Lisa Kleypas et consorts), d'ailleurs, j'en ai toute une collection chez moi  Very Happy . Je les achète sur Internet. Quand j'étais ado, je dévorais les Harlequins. Il y avait une libraire ultra sympa qui me donnait ses invendus du mois : elle déchirait la page de couverture (je suppose qu'elle les renvoyait à l'éditeur) et me donnait les livres drunken .

De toute façon, qu'est-ce que la grande littérature ? Au XIXème siècle, Dumas (et ses collègues feuilletonnistes) n'était pas considéré comme de la grande littérature, maintenant c'est un classique  Very Happy

Cela me m'a pas empêché de m'ouvrir à la littérature classique, de l'aimer, de la lire encore et encore. Je ne suis pas d'accord avec toi par contre quand tu dis que des auteurs comme Zola dégoûtent les jeunes de lire. Je ne remercierai jamais assez ma prof de français de m'avoir fait découvrir Zola   Que proposes-tu alors de mettre au programme des collèges ?

Je ne pense pas être snob en disant que je n'aime pas Marc Lévy, Guillaume Musso ou de 50 nuances de Grey, mais j'ai tenté les trois et je n'ai pas trop aimé (50 nuances de Grey, j'ai parfaitement détesté, d'ailleurs je n'ai lu que le premier tome). Mais si ça plait à d'autres, tant mieux !

Par contre, ma médiathèque regorge de livres comme les Musso et les Levy, au détriment de classiques ou de livres un peu polémiques que je suis obligée d'acheter en ligne et ça, ça m'énerve par contre    Je ne suis pas pour ou contre telle ou telle littérature, je suis pour que tout le monde ai le CHOIX et d'être obligée d'acheter des livres alors que je paye un abonnement, c'est un peu énervant  Rolling Eyes

Je me souviens une fois, dans une librairie, j'avais entendu une discussion entre deux dames devant le rayon des J'ai lu qui disaient, en parlant d'un livre : "non, on ne va pas le trouver là, J'ai lu ne fait que de la mer*e"  Shocked  Shocked

Être obligé de cacher la couverture de son livre  Shocked  Je croyais qu'on ne faisait ça que pour cacher qu'on lisait du porno  lol!  Pour ma part, je ne me suis jamais occupée de savoir ce que les autres pouvaient penser de mes lectures, et je conseille à tout le monde d'en faire autant.

Vous m'intriguez avec votre Harry Québert, je ne connais absolument pas.
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Panda
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Jeu 27 Juil 2017 - 22:52

Clinchamps, je pense qu'on a tous un regard un peu "hum, drama, hum, oui oui bien sûr..." avant d'en regarder un et de fondre, de se liquéfier et de ne s'exprimer qu'en "hiiiiiii" "aaaaw" "HIIIIII'. Laughing Laughing  

Que ce soit dans les films, les séries, la musique et les livres, il faut regarder ce qui nous fait plaisir. Par moment, ce peut être quelque chose de très poussé intellectuellement parlant, parfois quelque chose d'historique, parfois quelque chose qui nous fait rêver, parfois quelque chose qui nous détende. A partir du moment où cela est bon pour nous et qu'on ne blesse personne, je ne vois pas pourquoi on devrait avoir honte ou se cacher.

Je fais partie des personnes qui ont déjà dit "bon, alors, tu vas te moquer mais j'aime..." ou "oui, je sais que ce n'est pas de la grande / du grand quelque chose, mais j'aime". Cela m'a pris un certain temps de ne pas avoir honte de ce qui n'est pas communément admis comme "bonne littérature", "bonne musique", "bon cinéma" et d'avoir ce même regard bienveillant pour d'autres personnes avec qui je ne partage pas forcément les goûts. J'ai encore parfois ce réflexe d'auto-défense, avouer que je sais que "je ne devrais pas aimer, mais..." avant de me rappeler que le genre, les noms et  les critiques ne sont pas important. Ce qui est important, c'est d'accepter nos goûts et de faire ce qui nous fait plaisir. Si quelqu'un trouve son plaisir dans une lecture qui ne me correspond pas ou qui ne correspond pas à la majorité, ce n'est pas un problème ! Tant mieux s'il en est arrivé à la même conclusion et qu'il le lit en public ou en parle ! Very Happy Il n'est pas question de ne pas accepter les avis et goûts contraires mais simplement de les respecter.

Ekat, je suis triste que tu aies eu ce genre de réaction. A quoi cela sers de vouloir rabaisser l'autre, ses goûts et/ou ses connaissances ? No Ne pas aimer un genre, un auteur ou un livre est normal, on peut le dire sans juger les autres (et sans les juger lors de moments inappropriés. Un achat n'est pas une demande d'avis hautain)
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 9:16

Clinchamps a écrit:
Moi, ce qui m'a ouvert l'esprit et a tué tout snobisme en moi, c'est ma passion pour les dramas

Ah bah moi, c'est la même chose, mais concernant la musique. J'ai sur ma playlist des titres que j'appelle les "trolahonte", et que je n'avoue à personne (et pourtant j'adore les écouter à fond quand je suis seule Laughing ).

Marganne a écrit:
Je ne suis pas d'accord avec toi par contre quand tu dis que des auteurs comme Zola dégoûtent les jeunes de lire. Je ne remercierai jamais assez ma prof de français de m'avoir fait découvrir Zola   Que proposes-tu alors de mettre au programme des collèges ?

Non, je me suis mal - ou pas assez - exprimée. Moi aussi je ne remercierai jamais assez mes profs de français qui m'ont fait découvrir Victor Hugo; Jacques Prévert, Hervé Bazin, Zola (Balzac j'accroche moins), Charles Baudelaire, Georges Simenon, Maupassant (incontournable quand on vit en Normandie Laughing ) et j'en passe des plus illustres. Comme j'ai toujours été une mordue de lecture,  ça passait bien. Mais j'étais loin d'être la majorité, et je vois aussi l'exemple de ma soeur, elle qui n'aimait déjà pas beaucoup lire, et qui n'a tout au long de sa scolarité, bouffée que des "classiques", qui ont achevé de la dégoûter de la lecture. Et même moi, de la 6ème à la 3ème, j'ai eu le droit à Molière, chaque année (bon d'accord: je n'aime pas Molière, pardon !), j'ai detesté. Ce que je veux dire, c'est que certes il faut faire connaître les "classiques" mais c'est bien aussi que  les profs de Français proposent d'autres choix (ce qui est plus le cas maintenant, j'ai des copines profs de  français, et les cours sont quand même différents des miens) .  

Marganne a écrit:
Par contre, ma médiathèque regorge de livres comme les Musso et les Levy, au détriment de classiques ou de livres un peu polémiques que je suis obligée d'acheter en ligne et ça, ça m'énerve par contre    Je ne suis pas pour ou contre telle ou telle littérature, je suis pour que tout le monde ai le CHOIX et d'être obligée d'acheter des livres alors que je paye un abonnement, c'est un peu énervant  Rolling Eyes

Oui, ça c'est la plaie. Que ce soit dans la bibliothèque de la ville où je bosse, ou dans la mienne, qui est associative, je dois reconnaitre que le choix est vraiment varié, parce que chaque bibliothécaire y apporte sa patte, sa touche, tout en faisant en fonction des demandes et des attentes des lecteurs. Mais je connais une bibliothèque ou la conservatrice est très vieille école, et du coup le fonds s'en ressent...Beaucoup !

Pour l'affaire Harry Quebert...Ce bouquin est tellement schizophrènique que je ne sais pas si je dois te le conseiller...ou pas lol! Il a des aspect vraiment brillants, et d'autres complétement nuls !
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angé
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 9:43

J'aime beaucoup ce topic et notamment le titre !

Je n'ai pas la prétention d'être une très grande lectrice ces derniers temps (pour ne pas dire depuis plus d'un an). Je lis très peu et j'ai besoin de bien me sentir en lisant... donc si ça tombe sur des romans de gare, ma foi tant pis ! Le principal c'est que je lise !

Je me trouve à lire des romances légères et je vois ma collègue qui lit des biographies ou des livres très sérieux... Parfois, je me dis que je devrais faire un effort et avoir des lectures plus sérieuses. Cependant, avec le temps, j'ai compris que le principal est de lire pour le plaisir et non pas pour faire plaisir aux gens... Chaque lecteur a sa propre personnalité, il me semble donc normal que la liste de ses lectures lui correspondent.
J'ai parfois des lectures plus sérieuses ou qui entrent plus dans le moule des gens qui jugent les lectures des autres. Mais c'est parce qu'on m'a vraiment conseillé la lecture ou tout bonnement parce que moi-même je décide que le sujet m'intéresse.

Je me souviendrai toujours de ce que mon prof de français avait dit en 5e. A l'époque le tome 4 d'Harry Potter venait de sortir. Je ne les lisais pas encore. Deux camarades de classe le lisaient. Le prof s'est moqué d'eux en disant qu'il ne s'agissait pas de littérature, que dans quelques années le phénomène se serait tassé, etc... Quand on voit aujourd'hui que les gens lisent et relisent les Harry Potter, ce souvenir me fait sourire.

Qu'on aime ou qu'on aime pas, qu'un livre devienne populaire un temps ou pour des siècles, je crois que cela importe vraiment peu du moment que le lecteur se diverti.

Plus jeune, j'assumais moins mes lectures (jeunesses, romances, vampires, Harlequin) mais en vieillissant, je me dis que chacun a ses propres loisirs et qu'il est beaucoup plus sain de les vivre comme on le souhaite plutôt que de les cacher à ceux qui ne nous comprennent pas.
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clinchamps
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 10:10

papotea a écrit:
Et même moi, de la 6ème à la 3ème, j'ai eu le droit à Molière, chaque année (bon d'accord: je n'aime pas Molière, pardon !), j'ai detesté. Ce que je veux dire, c'est que certes il faut faire connaître les "classiques" mais c'est bien aussi que  les profs de Français proposent d'autres choix (ce qui est plus le cas maintenant, j'ai des copines profs de  français, et les cours sont quand même différents des miens) .  


C'est exactement ça : les classiques, il faut les connaître, l'école est là pour ça, pour constituer un terreau intellectuel dans lequel planter ensuite les découvertes, donc ça peut être barbant parfois, et en même temps source de belles découvertes mais toujours formateur, même si on déteste (pour Molière, en plus c'est du théâtre, ce qui le rend encore plus difficile à la lecture, il est écrit pour être joué et non lu ! Laughing ) Mais il arrive que les professeurs ne fassent que le programme de littérature et oublie de donner aux élèves l'envie d'aller voir ailleurs, enfin, je ne connais plus depuis longtemps les programmes scolaires actuels, il y a peut-être beaucoup plus de variétés d'auteurs que de mon temps (très lointain !! )
Very Happy
Personnellement je ne lis jamais d'essais, ça me rebute, et pourtant je viens d'en acheter un sur le Japon, un vrai pavé, parce que j'ai une passion pour ce pays et parce que j'ai entendu l'auteur à Fce Inter et qu'il m'a enthousiasmée !! Bien sûr j'aurais préféré qu'il vienne dans mon salon ma raconter tout ça en direct, Laughing mais faute de mieux, je vais essayer de lire son bouquin !! En attendant je fais une cure de romans policiers historiques pour "prendre de l'élan" avant de m'y plonger !! lol! lol!
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 10:48

Pour Molière, je sais que tu as raison Clinchamps, mais je crois que d'une façon générale j'ai du mal avec la littérature XVIIe/XVIIIe (j'ai laissé tomber "les liaisons dangereuses" parce que je n'arrivai pas à me faire au style, moi qui pourtant ai lu - et lit encore - beaucoup de litté XIXe).

Je suis admirative pour ton essai Clinchamps ! J'avoue que ce n'est pas du tout mon genre de lecture, mais c'est vrai que la passion pour un pays ou une époque peuvent être de puissant stimulateurs !

Angé a écrit:
je me souviendrai toujours de ce que mon prof de français avait dit en 5e. A l'époque le tome 4 d'Harry Potter venait de sortir. Je ne les lisais pas encore. Deux camarades de classe le lisaient. Le prof s'est moqué d'eux en disant qu'il ne s'agissait pas de littérature, que dans quelques années le phénomène se serait tassé, etc... Quand on voit aujourd'hui que les gens lisent et relisent les Harry Potter, ce souvenir me fait sourire
.

Voilà, tu mets pile le doigt dessus Angé: le snobisme littéraire de ce prof, alors que pour plein de gens, d'âge différents, Harry Potter est devenu un classique ! Les Harry Potter sont, pour les derniers, de sacrés pavés, et ont amené à la lecture, et dans les bibliothèques et les libraires, énormément d'enfants, d'ado, d'adultes !

Je te rejoins parfaitement: la lecture est un plaisir, et- en dehors des études - il est important de lire ce que l'on aime pour soi, et par pour les autres. Encore une fois, quand j'évoque le nombre de livres que je lis dans l'année, on me regarde comme si je venais de courir le marathon de New York. Mais je relativise tout de suite: d'une part je lis très vite, d'autre part beaucoup de livres que je lis sont très simples à lire, pas d'essai, de traités philosophiques ou politiques, pas énormément de pavés non plus. En revanche pas mal de Maigret, qui se lisent très vite (en deux heures pour moi), donc forcément ça "gonfle" le nombre. Mais quantité n'équivaut pas qualité, comme je me tue à le dire à ma fille.

Ma soeur ne sera jamais une grande lectrice - elle lit lentement, a un esprit analytique et a du mal à se souvenir des personnages, donc elle passe son temps à revenir en arrière pour se rappeler tel détail ou tel personnage. Du coup je comprends que la lecture soit pénible pour elle. Mais si ce roman, qui a provoqué tant d'émotions en elle, la pousse à ouvrir plus souvent un livre, et quelque soit l'auteur, franchement je trouve ça génial (et même inespéré) !
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 11:05

Je rebondis sur vos échanges concernant Molière : Je suis assez perplexe sur les programmes de littérature à l'école depuis que j'ai su que mon frère n'a jamais lu Molière !
Molière est un classique, étudié par tous les élèves, a priori. Mais mon frère n'a jamais eu cet auteur au programme ! D'après ce qu'il m'a dit il a d'ailleurs lu très peu durant toute sa scolarité !

Pour comparer, je suis entrée au collège en 1999 et mon frère en 2004. Je me souviens avoir souffert durant certaines lectures imposées (Le Parfum ou La Peau de chagrin... pale ) et pris du plaisir (Notre-Dame de Paris, Thérèse Raquin...). Quel qu'en ait été le ressenti et ayant toujours aimé lire (je tiens ça de ma mère), j'ai toujours trouvé très important d'avoir une scolarité riche en lectures classiques pour avoir une ouverture d'esprit. Bien sûr, je lisais en dehors de l'école mais les sujets n'avaient rien à voir avec ceux étudiés...
Quand je vois donc que mon frère a très peu lu en classe, et donc ses camarades avec, je juge un peu les programmes de lecture scolaire... Avons-nous un(e) professeur à l'auberge ? Je serais curieuse de connaître son point de vue.

Bien sûr, je ne dis pas qu'il faut imposer une fréquence mais je pense que les grands perdants sont les élèves. Je me rappelle certains copains/copines traîner des pieds pour lire les ouvrages mais qui, au final, revenait après les vacances ravis de leur découverte et qui s'empressaient de participer aux échanges avec le prof ! Et pourtant... j'en ai eu des copains qui n'aimaient pas lire !

La lecture permet l'ouverture d'esprit, peu importe le sujet, le genre, l'auteur et la popularité. Papotea, je te rejoins sur l'importance de la qualité et non de la quantité !
J'ai eu des années très riches en lecture (plus de 100 par exemple) mais je me demande si aujourd'hui je ne le paie pas ! Ayant tellement lu, est-ce que je ne sature pas ? Aujourd'hui, je n'en suis qu'à 5/6 livres de terminés et hormis un ou deux, je n'ai pas eu de coup de cœur. Est-ce moi qui devient difficile avec le temps ? Est-ce que je me fie trop à l'attrait de la 4e de couverture ? Est-ce que j'évolue vers un autre type de lecture ? J'ai par exemple abandonné La bibliothèque des cœurs cabossés alors qu'il y a quelques années je l'aurais dévoré en moins de deux.

La lecture d'essai est un vrai défi (personnellement). Bon courage clinchamps ! J'ai personnellement abandonné un essai sur l'indépendance américaine l'an passé... non pas qu'il n'ait pas été intéressant mais parce qu'il représentait un vrai pavé, surchargé par des chiffres et des dates que je n'arrivais pas à mémoriser.

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Marganne
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 11:56

Pour les programmes de collèges : perso, je suis pour la lecture des classiques, mais vous savez sur quoi je suis tombée à l'oral du Bac de français : Astérix en Corse et j'ai eu 15/20 je crois lol! lol! Car j'ai eu une une prof en première qui était ouverte à tout et qui avait décidé d'inclure une BD à la liste de lecture Wink

J'adore la littérature française et anglaise du Moyen-Age au XIXème siècle drunken drunken Mais je n'ai pas aimé Molière et Racine tels qu'enseignés à l'école. C'était ennuyeux Sleep Alors que, relus de nombreuses années après, j'ai beaucoup aimé sunny

Je voudrais pousser un coup de gueule sur l'enseignement de la littérature, tant pis s'il y a des profs de français ici, d'avance pardon, je voulais le faire lors du mois Baudelaire, mais j'en ai l'occasion maintenant. La poésie, telle qu'elle est enseignée au collège et lycée est ennuyeuse, elle est découpée, décortiquée et perd .... toute poésie, un comble, non ? Baudelaire était mortel pour moi : rimes croisées, embrassées etc... Sleep Sleep J'ai redécouvert Baudelaire par l'intermédiaire d'un prof de droit, à la Fac, dingue non Wink ? Si les profs s'impliquaient davantage, à la manière de Robin Williams dans le Cercle des poètes disparus, peut-être que les élèves s'intéresseraient davantage aux classiques sunny

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misshoneychurch
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 12:21

Contrairement à toi Marganne, j'adorais décortiquer les poésies, trouves les figures de style etc.I love you Je pense que c'est important pour apprendre à saisir tout ce qu'il peut y avoir de sous-entendu. J'ai l'impression qu'il m'a fallu beaucoup plus de temps que les autres pour saisir le second Après, je suis une pure littéraire.

Sinon, Ekat, je n'avais pas pensé au mépris pour ces genres. Autant pour la SF/fantasy, j'ai souvent constaté que c'est plus de la méconnaissance que du mépris (même si ça a plus une image de lecture "loisirs"), autant la romance inspire tellement de mépris que la langue française en est imprégnée (roman à l'eau de rose, Harlequin...). Je suis ça de très loin, mais j'ai l'impression que les éditeurs ont pris en partie leurs responsabilités puisque j'ai vu des couvertures Harlequin avec un visuel très sympa, loin du rose barbie et des illustrations immondes qu'il y a pu y avoir (je pense à Barbara Cartland).
Je m'insurge régulièrement quand on me dit qu'un enfant ne lit que des mangas, donc pas vraiment des livres. Pour avoir étudié ce support, les codes du mangas sont loin d'être simples. Comprendre le sens de lecture, le fait qu'on est dans le passé, qu'il y a du mouvement, nécessite de réelles capacités en matière de lecture d'image.

Papotea, je crois que si snober peut être ridicule (surtout quand ça s'adresse aux lecteurs), on peut quand même avoir certains avis tranchés. ce n'est pas nul de ne pas vouloir lire Lévy ou Musso. Je les ai lus donc je ne peux pas les prendre comme exemple, mais par exemple je ne lirai jamais Laurent Gounelle. Je sais par avance que ça risque très fortement de m'énerver, donc je préfère lire un auteur qui risque davantage de me plaire plutôt que me dire qu'il y a 1% de chances que je sois agréablement surprise. J'ai lu il y a quelques temps Le liseur du 6h27. C'était un livre offert par ma mère, j'ai passé un bon moment, mais plus dans le genre "je pensais que ce serait bien plus nul" que dans le genre "whaou, il faut que tout le monde lise ce livre, c'est une merveille".
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 12:56

misshoneychurch a écrit:
mais par exemple je ne lirai jamais Laurent Gounelle. Je sais par avance que ça risque très fortement de m'énerver, donc je préfère lire un auteur qui risque davantage de me plaire plutôt que me dire qu'il y a 1% de chances que je sois agréablement surprise. J'ai lu il y a quelques temps Le liseur du 6h27. C'était un livre offert par ma mère, j'ai passé un bon moment, mais plus dans le genre "je pensais que ce serait bien plus nul" que dans le genre "whaou, il faut que tout le monde lise ce livre, c'est une merveille".

Moi, je ne dis jamais, même si je pense qu'il n'y a que 1% de chances que j'aime, j'essaye de tout, pour me faire ma propre idée. Et comme je suis très éclectique, à la limite de la schizophrénie lol! , j'ai parfois de bonnes surprises.

Pour la poésie, désolée, mais la décortiquer pendant des heures, je pense que ça dégoûte pas mal de collégiens. Cela me fait penser à un film : L'Education de Rita, avec Mickael Caine. Rita, une coiffeuse sans éducation, s'inscrit à la Fac. Au début, elle est toute passion, elle aime ou n'aime pas, elle s'enflamme, elle s'exprime sur son ressenti. Puis au fur et à mesure qu'elle se fond dans le moule des autres étudiants, qu'elle étudie la littérature de manière académique, elle perd toute sa fraicheur. J'ai fait le chemin inverse sunny
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 13:04

Misshoneychurch   je me retrouve dans tes ressentis !

En classe j'ai aimé aussi étudier une poésie, même si je pense qu'il faut une première approche intuitive avant de décortiquer.

J'ai adoré d'emblée Heureux qui comme Ulysse de Joachim du Bellay, et l'étude de ce magnifique sonnet me l'a fait aimer
Citation :
et beaucoup davantage  

Merci à ma prof de français de l'époque   sunny

J'espère que Selenh passera par ici pour ajouter son grain de sel, elle m'a parlé avec passion de ses projets pour la prochaine année scolaire.

Contrairement à toi j'ai lu un livre de Laurent Gounelle, L'homme qui voulait être heureux
prêté par ma kiné il y a plusieurs années, car bien sûr on avait discuté lectures. Mais je n'ai pas accroché du tout, et je n'ai pas eu envie d'en lire d'autres.

Ce n'est pas du snobisme, juste une question de goût. Une autre amie, professeur de français, aime ses romans. On échange souvent sur nos lectures, elle a lu le dernier Gounelle,  je n'essaie même pas.
Elle m'a conseillé La petite boulangerie du bout du monde  , je ne sais pas dans quelle genre ça se classe, mais j'ai adoré et Mr Rosalind aussi Very Happy

Tout comme toi aussi pour Le liseur du 6h27 j'ai passé un bon moment mais je n'ai pas été enthousiasmée.

Cela me fait penser qu'on pourrait créer un autre sujet sur le snobisme cinématographique ! j'ai été très déçue par La La Land que tout le monde encensait. J'ai aimé sans plus, c'est un bon film mais pourquoi crier au chef d'oeuvre Suspect
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clinchamps
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 13:54

Rosalind a écrit:



Cela me fait penser qu'on pourrait créer un autre sujet sur le snobisme cinématographique ! j'ai été très déçue par La La Land que tout le monde encensait. J'ai aimé sans plus, c'est un bon film mais pourquoi crier au chef d'oeuvre Suspect

Copine de moi !! Very Happy
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serendipity
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MessageSujet: Re: le snobisme littéraire   Ven 28 Juil 2017 - 13:54

C'est vraiment très intéressant de vous lire  Very Happy .

Finalement, j'en retiens un problème d'absence de respect du "goût des autres" et les vexations que cela génère (quelqu'un a parlé d'un besoin de bienveillance -je crois que c'est Panda- et je suis tout à fait d'accord  Very Happy ).

Je ne sais pas ce qui peut être reproché à Laurent Gounelle car je n'ai jamais lu ses livres, mais j'avoue que cela me met mal à l'aise de lire certaines remarques tranchées sur Harry Québert par exemple (roman que je n'ai pas lu mais plusieurs personnes dans mon entourage ont pris tellement de plaisir à lire ce livre que je suis peinée de le voir attaqué de la sorte).

Je suppose qu'on doit me considérer comme une snob littéraire car je n'ai jamais lu Musso ou Lévy et que je n'ai pas la curiosité de le faire. Mais je manque déjà de temps pour les lectures qui m'intéressent alors pourquoi devrais-je me forcer ?

Je rebondis sur Rosalind pour souhaiter que Selenh vienne nous donner son point de vue sur les questions évoquées (ou toute autre membre que nous n'aurions pas identifiée comme enseignante).
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