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 Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?

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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Dim 13 Déc 2015 - 12:10

lol!  Effectivement, Pride and Prejudice n'est pas une romance, mais un cas bien précis dans la littérature du XIXe siècle ... avec d'autres livres qui ont fleuri à cette époque, la "domestic novel" lol!

Qu'entend-on par "domestic novel",  un livre qui traite de moeurs dans les classes populaires, pour Jane Auten c'est uniquement entre High et middle classes.
Elle se sert d'histoires d'amours pour étayer son étude et y réussi magistralement, mais elle n'écrit pas un roman d'amour, bien que nous nous attachions, à tort juste à Elizabeth/Darcy et Jane/Bingley.

Grâce à tous les personnages qui gravitent  autour des héros, le livre a des charnières imprévues (le pasteur, Lay Catherine) et nous sommes introduits dans leur vie, finalement, très mouvementée de cette époque et les portraits au vitriol de certain sont absolument jubilatoires.

Nous apprenons ainsi, que lorsque l'on est assez riche pour se payer une "virginité", les gens oublient volontairement les frasques, les fautes, les comporterments "border line". Nous apprenons aussi comment vivent ces personnes, comment sont jugés du haut en bas de la pyramide tous les personnages du livre.

Lorsque nous lisons PP, l'histoire d'amour nous séduit d'abord   , mais je ne suis pas certaine que les Anglais du XIXe siècle mettait l'accent dessus. Jane Austen vivait dans un monde ou l'amour entre membre d'un couple n'existait pas toujours, et ayant vu les dégâts que  la mésentente provoquait, elle  écrit des histoires pour avertir ses nièce, que peut-être l'on peut imaginer d'autres rapports entres jeunes gens qui aspirent au mariage.

Elle est très peu romanesque, ni romantique ce n'est pas l'époque. Elle oppose les comportements, les expose à notre jugement. De nos jours, l'attitude de la société a bien changée : nous nous marions par amour, nous adorons connaître les sentiments, alors qu'au XIXe, aimer dans le mariage était révolutionnaire mais ne méritait pas une exposition, c'était plutôt discret jusqu'à ce que la Reine Victoria change les attitudes en faisant clairement savoir qu'elle était fort amoureuse du Prince Albert. lol!  Dirons-nous donc que grâce à la Reine Victoria les sentiments furent plus en vue, non pas du tout, mais à partir de cette époque, fleuriront des romans à l'eau de rose, et j'en ai lu dans mon grenier, j'étais dans le ravissement le plus complet et j'avais 14 ans.

Par contre, lire Jane Austen à 14 ans, revient aussi à assimiler cette novel domestic à à gentil roman, sauf qu'en vieillissant, la relecture se fait de plus en plus précise et sérieusement, je n'appelle pas les romans de Jane Austen des bluettes, il y a plus.

Si Joe Wright a basé son film sur la magnifique musique, les beaux paysages, les héroïnes joyeuses et sans soucis avec des problèmes assez actuels , c'est justement pour séduire des spectateurs jeunes et rajeunir le livre. Il nous montre avec un oeil de peintre  la beauté de la campagne Anglaise. Il cherche à créer une réalité des comportements locaux (bal, deffilé militaire), y a des familles à cette époque, qui malgré le cadre idyllique, vivent parfois des drames et des bonheurs identiques aux nôtres, mais pas que...  

Il y a comme dans le téléfilm avec Jennifer Ehle, l'exposition des moeurs et la vie de tous les jours, en complète opposition à la nôtre.
L'éducation des filles se fait par la mère (misère et parfois le père), à la maison. Dans PP05 aussi, mais il y a l'ajout de ce qui gène certaines, l'histoire du cochon....

Pourquoi, le cochon ?  

C'est un mâle, et les femmes parlent sans cesse des mâles des alentours. Trivial pensez-vous, certes, mais nous sommes à la campagne dans un domaine entouré d'une ferme, et personne ne s'étonne dans la famille de ce mélange : il faut manger, donc... l'on produit. Il faut se marier aussi, or, un mâle est voué à soit reproduire s'il gagne un concours grâce à ses magnifiques attributs virils     il aura une tripoté de petits, et si à la naissance il paraît moins beau qu'un autre, il est castré pour  être tué pour aller au saloir, c'est un morceau de vie campagnarde que l'on nous offre.  lol!  

Qui dit campagne  dit boue, vêtements simples, moins d'apprêts, mais aussi tout de même des divertissements sportifs (la chasse, le cheval, la danse,) ou intélectuels ( la bibliothèque de prêt, les chorales, les discussions) et les futilités pour les dames ( les magasins de mode etc...) les deux film et téléfilm le montrent à leur manière.

Nous pouvons donc dire que la "domestic novel" n'est pas une romance, car la romance institutionnalise le "mariage parfait", le décrit et le tient pour définitif (Barbara Cartland    est imbattable)... Sont-ce les propos de Jane Auten ? je n'en ai pas du tout l'impression, elle nous laisse espérer que... Elizabeth et Darcy seront les plus heureux du monde parce qu'ils démarrent bien après tant de disputes, mais il faut une vie pour juger d'un mariage réussi, et là nous n'en sommes qu'aux prémices, l'on imagine  jamais que ce mariage tournera mal, parce que nous ne le voulons pas, mais ce n'est pas si sûr scratch

Nous avons envie que tout aille bien, certes car nous raisonnons en midinettes, mais si tout tournait comme dans la vraie vie ou parfois, les différences du début n'arrivent pas à s'adapter et le divorce n'est plus que la seule solution ?

Nous n'en sauront jamais rien car Jane Austen s'arrête toujours au moment où tout peut arriver... et qu'à l'époque une femme ne divorçait pas elle supportait. affraid  Toute une vie le joug qu'elle avait choisi. pale
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sanglard34
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Dim 13 Déc 2015 - 15:18

Certes Fée Clochette, je rejoins ton analyse dans sa globalité (mais pas le cochon !), notamment sur le fait que nous avons trop un avis de midinette sur P&P, ce qui est relativement nouveau. D'ailleurs, jusqu'au début XXème siècle, ce sont souvent les hommes qui apprécient le plus JA (cf Walter Scott grand fan de JA versus Charlotte Brontë qui la trouvait trop fade, ne sachant montrer l'intensité des sentiments). Un des grands fans de Jane Austen a été R Kippling qui dans les Janeïtes  fait lire JA à un groupe de poilus de la Première Guerre Mondiale.
Pour ce qui est du cochon, ce qui m'agace dans l'histoire c'est justement de faire des raccourcis dans l'Histoire. On est bien dans un système économique où la gentry vit des revenus de la ferme mais justement, à la différence de gens comme les Martins dans Emma, ce ne sont pas des fermiers embourgeoisés. Donc, le cochon reste dans l'arrière-cour. Quant-à la vision du mâle plus ou moins castré, je suis dubitative non pas sur l'explication, mais sur la nécessité de le mettre dans le film alors que jamais JA n'y aurait fait allusion. C'est pour mettre un peu de sexe là où il n'y en a pas ?
Joe Wright a "vendu" une Angleterre de carte postale, dans une histoire à mon avis non pas vraiment rajeunie mais stéréotypée justement pour la transformer en romance et faire battre nos petits cœurs de midinettes. De même, les films sur le Moyen-Age m'agacent généralement car sur une période que je connais mieux que la Régence anglaise, je ne vois que les distorsions historiques (je n'ai pas pu par exemple regarder jusqu'au bout Robin des bois avec Richard Armitage car historiquement parlant c'est complètement délirant).
Encore une fois, je n'ai rien contre la version de 2005 mais à mon avis il faut la prendre pour ce qu'elle est : une version édulcorée, avec des décors et musiques superbes, destinée à toucher le public féminin, mais sans être très fidèle à JA. En cela, la version de 1995, avec ses défauts, est bien plus fidèle dans l'esprit que celle de 2005.
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Dim 13 Déc 2015 - 20:40

Sanglard a écrit:
jamais JA n'y aurait fait allusion

Certes Jane Austen n'est pas Joe Wright et il n'y a pas de sexe tel que nous l'entendons dans ses livres. Cependant, elle décrit fort bien par le biais des femmes qui parlent ce que sont de beaux hommes et lorsque Mme Bennet décrit Jane "pas si jolie pour rien", Jane connait très bien ce qui attire ces messieurs, une belle femme qui se tait en principe (et c'est ce qu'est Jane). A contrario, Elizabeth, fait mouton noir, elle est jolie mais hélas un tempérament de feu avec la langue alerte, pour sa mère elle est la future vieille fille de la famille, incasable.
Immédiatement, Darcy et Bingley attirent les demoiselles Bennet parce qu'ils sont beaux, ensuite l'histoire tourne autour d'eux. Personne n'est insensible et les lecteurs sont en haleine.  ça c'est ce que j'appellerai le "côté sexe" de  Jane Austen .  lol!  nous donner des images floues afin qu'elles nous troublent et que nous nous fassions notre interprétation du bel homme intelligent en plus qui sera attiré par une fille intelligente. Il brouille les certitudes de Mme Bennet. Jane Austen est sur ce point assez exceptionnelle.

Sanglard a écrit:
Joe Wright a "vendu" une Angleterre de carte postale,

J'avoue que je suis sensible à cette carte postale, et je trouve que la création est réussiE, mais c'est vrai que l'on ne peut pas plaire à tout le mond heureusement.
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Miss Hyde
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Lun 14 Déc 2015 - 12:33

Peut-être qu’en utilisant le mot « romance » je me suis mal exprimée. Visiblement. Peut-être ne suis-je pas non plus aussi versée dans le sujet que vous sanglard34, que mes termes peuvent être maladroits et que je ne me suis pas mise à faire une analyse fine et globale du roman ou de ses adaptations. Ce dont je voulais parler, en utilisant mal le mot « romance » était de l’histoire d’amour entre les deux personnages, qui s’établit au long du roman. Je n’ai absolument pas dit que le roman de Jane Austen ne se résumait qu’à cela non plus ou même que c’était ce qui dominait le tout du roman. Ce n’est pas parce que je ne parle pas du reste et notamment de la façon dont Jane Austen dépeint toute une société, un temps (étant donné que je ne suis pas experte désolée hein), que je n’ai vu là qu’une histoire d’amour. J’ai, par ailleurs, bien dit que la version la plus fidèle au roman était celle de 1995 et que c’était une des raisons pour lesquelles je l’avais appréciée. La version de 2005 se centre beaucoup sur plus les deux personnages et ne respecte pas forcément l’âme du roman dans sa globalité, je n’ai pas là non plus dit le contraire. Mais elle reste quand même ma version préférée des deux (et personnellement j’aime beaucoup le jeu de K.K.), je ne donnais là que mon avis PERSONNEL. Par ailleurs qui dit adaptation dit forcément que cela différera du roman, après à chacun d’apprécier le degré de différence en question et la façon dont l’œuvre a été appréhendée. Je ne dois probablement pas être une « puriste » de l’œuvre de Jane Austen, pour préférer la version de 2005 à celle de 1995. Mais je pense qu’il doit quand même y avoir quelques autres personnes qui comme moi préfèrent cette version-là, même si je me doute qu’il ne s’agisse pas d’une majorité. ^^
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marie21
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Lun 14 Déc 2015 - 20:09

Je viens te soutenir, Miss Hyde car moi aussi, je continue de préférer la version 2005 à la version 1995!

Miss Hyde a écrit:
Par ailleurs qui dit adaptation dit forcément que cela différera du roman, après à chacun d’apprécier le degré de différence en question et la façon dont l’œuvre a été appréhendée.
tout à fait! N'importe quel réalisateur qui adapte un roman donne sa propre vision du roman ou de l'époque dans laquelle l'histoire se situe. Chaque spectateur ensuite est libre d'adhérer ou pas à cette réécriture du roman. Wink
J'adhère pour ma part à celle proposée par Joe Wright


On a déjà eu une adaptation très fidèle au texte d'origine avec la version de 95, quel intérêt cela aurait été d'en refaire une qui soit à nouveau une copie conforme du roman! Rolling Eyes

Je continue de penser que Joe Wright a proposé une adaptation originale et audacieuse de l’œuvre, avec des personnages moins caricaturaux que dans la version 95.
- Il a choisi de se concentrer sur les femmes du roman -son adaptation fait clairement la part belle aux femmes et bien évidemment particulièrement à Elizabeth Bennet mais dans le roman aussi, les femmes sont très importantes et plus importantes que les hommes Razz
- Elizabeth Bennet est au cœur de son adaptation! c'est son point de vue à elle qui nous est livré, sa vision des choses et son histoire, et je ne parle pas seulement de son histoire d'amour mais aussi de sa condition de femmes, avec toutes les contraintes qui sont imposées aux femmes de cette époque!

Enfin, c'est comme ça que je vois le film qui reprend bien ce qui est montré dans le roman en filigrane.I love you
Et je continue de penser que ce rôle de Lizzie Bennet est le meilleur rôle de Keira Knightley!

Maintenant, je reviens à l'autre débat:
P&P n'est pas une "romance" mais il faut bien admettre que c'est bien l'histoire d'amour entre Elizabeth et Darcy qui nous transporte depuis 2 siècles et que le schéma de base de cette histoire d'amour intemporelle, c'est un schéma ultra classique qu'on retrouve dans bon nombre de comédies romantiques! Very Happy





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sanglard34
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice 1995 versus 2005 : une préférence?   Mer 16 Déc 2015 - 16:42

Désolée Miss Hyde, je ne voulais pas paraître condescendante... Chacun a le droit d'apprécier ou non une version du roman, et chacun a aussi le droit d'apprécier un aspect du roman plutôt qu'un autre ou sa globalité. Moi, ce que je trouve extraordinaire dans Jane Austen c'est que justement 200 plus tard aussi bien les amateurs de belles histoires que de littérature peuvent s'y retrouver. Et plus on lit JA, plus on en apprécie les subtilités. En revanche, je n'aime pas que l'on parle de romance -et mea cula si j'ai été quelque peu véhémente... - à propos de JA parce que la romance est un genre littéraire typé - et pour être honnête moins réputé - qui assimile JA à une auteur pour midinettes (ce que nous sommes sûrement toutes quelque peu... tongue ), à de la chit-litt version régence comme j'ai pu le lire quelque fois chez des critiques littéraires... ou chez quelques spécimens comme mon mari (pourtant éminent conservateur de bibliothèque !) qui parle de mes romans de bonnes femmes (et vous imaginez bien que ce type de raisonnement n'a pas suscité l'enthousiasme chez moi !).
Pour revenir à la version de 2005, je comprends tout à fait que l'on puisse la préférer, car c'est un beau film au sens esthétique du terme, avec une photographie superbe et une musique magnifique. Et là où vous voyez une modernisation et un rajeunissement de l'œuvre de JA, je ne peux, moi, mais c'est mon humble avis, m'empêcher de voir une simplification de l'œuvre de JA (on se focalise sur l'histoire d'amour) voire une déviation, en transformant son œuvre en une œuvre romantique qu'elle n'est pas. En cela, la version de 1995 - qui n'est pas parfaite, mais la perfection n'étant pas de ce monde...- est plus fidèle à l'œuvre de JA. Il y a des gens bien plus savants que moi qui ont écrit sur les adaptations films ou télé de Jane Austen, et qui sont aussi critiques d'ailleurs mais pas pour les mêmes raisons sur les autres versions.
 Cela m'a pas empêché d'acheter la version de 2005 et de la regarder - pour ce qu'elle est - de temps en temps avec plaisir. Wink
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