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 Jane vue par un Hussard

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HussarBlue
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MessageSujet: Jane vue par un Hussard   Lun 3 Déc 2012 - 13:02


J'avais envoyé le texte infra, voici une dizaine d'années, à un ami prof de français, pour le convaincre de céder aux charmes surannés mais si actuels pourtant de la chère Jane :

Jane Austen : Ah….

Un lecteur frivole pourrait peut-être voir de la mièvrerie dans ses romans, et certainement dans les films qu’on en a tirés (Raison et Sentiment, récemment). Car tout l’art de Jane est dans les petites notations ironiques et vachardes de vieille fille qui observait le microcosme dans lequel elle vivait (la petite noblesse rurale du sud de l’Angleterre), analysant au scalpel les relations humaines, voyant les petitesses, les mesquineries, les moquant sans pitié.

Très peu d’attendrissement chez elle, les personnages totalement sympathiques sont rares et d’autant attachants. Aucun pathos, même dans les situations difficiles, pas d’enflure romantique à comparer avec la littérature contemporaine en France (1790-1815) absolument illisible de nos jours, au moins à mes yeux. Beaucoup d’humour discret de surcroît…et une vie personnelle absolument exemplaire dans son stoïcisme, jusqu’au bout de sa courte existence.


Dans mon admiration pour elle, je rejoins Churchill, Nabokov, V. Woolf ou même mon cher PG Wodehouse : une bonne compagnie ! J’ai ses romans en français, dans une excellent traduction, même si, naturellement, tout le suc est dans le texte original, curieusement facile pour un français de bon niveau, car l’anglais de Jane est classique, avec, par conséquent, beaucoup de mots rares en anglais actuel, mais courants pour nous…A ta disposition, bien sûr.

A quoi l'ami me répondit :

Sur Jane Austen : ce que tu me dis d’elle (une anti Madame de Staël en quelque sorte*) me donne envie de la découvrir.

*Je verserai tout de même une pièce à décharge au dossier accablant de la fille Necker : au milieu de ce pensum sirupeux que constitue Corinne ou l’Italie figure un chapitre (Histoire de Corinne) dans lequel l’héroïne, ramenée par son père d’Italie en Angleterre, évoque la vie dans une petite ville de Northumberland. Il pourrait être intéressant de le comparer à ce qu’écrivait JA. Je t’en livre quelques passages :

« On dirait, à les entendre, que le devoir consiste dans le sacrifice des facultés distinguées que l’on possède, et que l’esprit est un tort qu’il faut expier, en menant précisément la même vie que ceux qui en manquent.(…)

La naissance, le mariage et la mort composaient toute l’histoire de notre société, et ces trois événements différaient là moins qu’ailleurs. Représentez-vous ce que c’était pour une Italienne comme moi, que d’être assise autour d’une table à thé plusieurs heures par jour après dîner, avec la société de ma belle-mère.

Elle était composée de sept femmes les plus graves de la province ; deux d’entre elles étaient des demoiselles de cinquante ans, timides comme à quinze, mais beaucoup moins gaies qu’à cet âge. Une femme disait à l’autre : Ma chère, croyez-vous que l’eau soit assez bouillante pour la jeter sur le thé. –Ma chère, répondait l’autre, je crois que ce serait trop tôt ; car ces messieurs ne sont pas encore prêts à venir. –Resteront-ils longtemps à table aujourd’hui, disait la troisième, qu’en croyez-vous ma chère ? –Je ne sais pas, répondait la quatrième, il me semble que l’élection du parlement doit avoir lieu la semaine prochaine, et il se pourrait qu’ils restassent pour s’en entretenir. –Non, reprenait la cinquième, je crois plutôt qu’ils parlent de cette chasse au renard qui les a tant occupés la semaine passée, et qui doit recommencer lundi prochain ; je crois cependant que le dîner sera bientôt fini. –Ah ? Je ne l’espère guère, disait la sixième en soupirant, et le silence recommençait. –J’avais été dans les couvents d’Italie ; ils me paraissaient pleins de vie à côté de ce cercle, et je ne savais qu’y devenir. »

A la réflexion, en recopiant ce passage, je me demande si je ne serais pas finalement enclin, mon féminisme aidant, à partager en partie ton attirance pour l’english way of life.


Dans le cours de nos échanges à la suite, après qu'il eût lu Persuasion, nous évoquâmes le film de Rohmer "l'Anglaise et le Duc", d'où mes remarques suivantes :

"le nouveau film de Rohmer « l’Anglaise et le Duc » (vieille affaire, sur laquelle j’ai quelques lueurs), Grace Elliot était la représentante de l’Intelligence Service auprès du futur Philippe-Egalité, manipulé par l’Angleterre pour fomenter des troubles en France, avec un succès évident, d’ailleurs, appuyé sur un certain Choderlos de Laclos….
On voit encore à Paris (31, rue de Miromesnil) la porte de son hôtel, avec ses initiales GE entrelacées. Curieusement, elle appartenait aux Dalrymple, tout comme les Elliot du Persuasion de Jane Austen, ce qui ne peut être une coïncidence).

L’Intelligence Service sévit en France depuis des siècles : voir dans Saint-Simon l’aventure du Chevalier de St Georges (le Prétendant Stuart), qui faillit être assassiné à l’aide d’un fusil démontable (Q de James Bond, avant la lettre). Et, ailleurs, pendant la guerre de 30 ans, l’assassinat de Wallenstein…

On parlait en France de la « cavalerie de St Georges », pour l’argent anglais corrupteur.


Jane était-elle "honorable correspondante" de l'IS, de près ou de loin (par ses frères amiraux) ? il semble que je ne sois pas le seul à avoir eu des soupçons, puisqu' un auteur de romans policiers en a fait une série intéressante...

Et j'ai trouvé quelques autres indices.... (à suivre, si cela vous intéresse...).
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Petit Faucon
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MessageSujet: Re: Jane vue par un Hussard   Mar 4 Déc 2012 - 17:33

Très intéressantes considérations sur Mme Austen ... je ne me sens pas l'érudition suffisante pour apporter ma contribution à ce débat.

J'ai adoré également la peinture de la société anglaise par Mme de Staël Smile

Et je dirais que l'Anglaise et le Duc est un film trop rare que j'apprécie beaucoup !
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Darcy
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MessageSujet: Re: Jane vue par un Hussard   Mar 4 Déc 2012 - 22:26

Tu as bien parlé de Jane Austen à ton ami et comme elle devrait être lue.Je rejoins Petit Faucon malheureusement, mais j'apprécie d'autant plus les extraits de "Corinne ou l'italie", roman à lire que je note dans un coin de ma tête et aussi à l'occasion voir "l'Anglaise et le Duc".
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HussarBlue
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MessageSujet: Re: Jane vue par un Hussard   Mer 5 Déc 2012 - 7:52


Mme de Stael était une personne intéressante à divers points de vue, y compris psychiatrique, mais sa prose est de nos jours quasi illisible, pour moi en tous cas. C'était un insupportable bas-bleu, très romantique en apparence, mais fort intéressée (ses échanges avec Bonaparte pour récupérer les fonds Necker en France sont fort instructifs...).

La littérature française de cette période est sans grand intérêt, hormis la poésie. Les Mémoires sont beaucoup plus passionnants, et je te conseillerais ceux de Madame de Boigne (Mercure de France, "le temps retrouvé"), écrits dans une langue admirable, et très vachards (Proust en avait fait Mme de Villeparisis). Au surplus, elle avait passé une partie de l'émigration en Angleterre, et en parle avec une intelligence acérée.
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HussarBlue
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MessageSujet: Varia... à propos de Jane et des Elliot.... et quelques autres...   Sam 8 Déc 2012 - 13:54

mon Journal de 2005 :

Cécile m’a prêté hier soir le Jane Austen Book Club de KJ Fowler. Lu la moitié entre hier soir et ce matin. Intelligent, intéressant et amusant. Une autre de ces tranches de vie américaine, avec des personnages des classes plus ou moins intellectuelles, égarés au milieu de la complexité de la vie contemporaine et ses innombrables frustrations : je crois finalement que l’essentielle différence entre l’époque actuelle et les précédentes réside dans la multiplicité des sources de frustration. Une période plus simple restreignait les ouvertures sur d’autres vies ou d’autres potentialités.

Lundi soir : fini le JABC. L’intrigue repose naturellement sur une interaction entre les personnages et ceux des six romans austeniens. J’ai été intéressé par certaines critiques modernes rapportées dans le roman, notamment celle de Martin Amis à propos de Edmund et Fanny de Mansfield Park.

Il y a naturellement une part de provocation chez celui qui affirme qu’il ne les inviterait pas pour un dîner à la maison, mais, outre le fait que la réciproque serait sans doute vraie, il fait ainsi totalement l’impasse sur le contexte historique et social de la période (1815 environ) et un contresens d’ordre moralisateur au sens le plus hypocrite du terme. Petit bourgeois, va !...

Il est vrai, au reste, que Jane rend difficile une critique plus large que celle se limitant au texte, en ce sens que son ironie permanente laisse le lecteur dans l’expectative sur la position approbative ou improbative de l’auteur quant aux personnages, hors les plus caricaturaux.
A mon sens, mais je ne prétends nullement imposer ma lecture, seul Persuasion, et le personnage d’Anne Elliot, peut donner une idée des véritables sentiments de Miss Austen. Et, petit point de détail, je n’ai jamais trouvé pourquoi les patronymes Elliot et Dalrymple étaient ceux de la véritable Grace Elliot des Mémoires...

autre entrée :

J’ai terminé l’Histoire de Corse, et je nage dans tous ces patronymes (Abbatucci, Buttafuoco, Tulli, Terami) ou toponymes (Erbalunga, Urbino, Siglione, Lavasina, Nebbio) qui ne m’étaient jusque là que peu familiers, voire parfaitement inconnus.
Cette histoire est passionnante et j’éprouve une sympathie sincère pour le caractère corse tel qu’il est conté, mais il est regrettable que VF aille jusqu’à l’outrance parfois, son propos serait certainement plus définitif sans certains propos partisans.

Sur le fond, certaines affirmations laissent perplexes, telles celles sur l’absence de féodalité en Corse : j’ai, pour ma part, le sentiment qu’au contraire, l’île reste prise dans les liens du « foedus = pacte », et que les « clans » ne sont pas autre chose que cette survivance (p.374).

Le marquis de Roux (Rossi, p.323) serait-il l’ascendant du Dominique de Roux, écrivain météorique des années 60-70, dont je pensais qu’il était charentais ?

Mention approbative (p.327) est faite de l’Essai de Critique sur le « Prince » de Frédéric II (Hohenzollern) : VF devrait lire la biographie du Vieux Fritz (celle de Gaxotte est excellente) et on peut penser à un autre censeur du vieux Nicolas, savoir Henry VIII, également grand démocrate comme on sait... quant à Rousseau (p.337), son épigone Robespierre n’a pas laissé (hors Mathiez) le souvenir d’un humaniste débordant du lait de la tendresse humaine ...

Sur l’influence anglaise, je lis avec plaisir l’ironique understatement de la page 340, qui constitue pratiquement un annuaire de l’IS de ce temps, avec la question de Pitt sur les ports (p.342).

Mais le plus intéressant est ce vice-roy du royaume anglo-corse de Paoli (p.450) sir Elliot (sic), ami de Mirabeau ( !).
Si l’on se rappelle cette Grace Elliot (aristocrate écossaise, comme Boswell), amie de Philippe Egalité, et son « officier traitant », on voit que le MI6 de l’époque était une grande famille...

Lu avec amusement :

 1/ – faisant ainsi la nique à Patrick, assonance peu valérienne - que Paul Valéry se sentait autant sinon plus italien que français (je l’affirmais bien, à PS, qu’il était génois – de mère uniquement, certes, Grassi - comme je l’avais lu chez Léautaud).

 2/ que Boswell vantait la chasteté des femmes corses, ce qui avait dû, en fait, parfaitement désoler le paillard quasi-priapique qu’il était...

autre entrée :

Commencé An Irish Peer on the Continent, histoire d’un Grand Tour, pendant la paix d’Amiens (1801-1803), contée sous forme de Journal par une jeune Anglo-Irlandaise de la gentry. On voit que Flanagan avait su magnifiquement reproduire le style de l’époque (dans le journal du pasteur, comme dans le mémoire d’Elliot).
J’y rencontre deux soldats français de l’expédition irlandaise, et même Lord Cornwallis qui venait de signer la paix, après avoir anéanti la Rebellion de 1798, qui occupe encore la pensée de l’auteur, 3 ans plus tard : la répression fut à la hauteur de la peur provoquée...

Catherine Wilmot, qui écrit ce Journal, souffrant d’asthme, vécut 4 ans à Moulins (Allier) avant d’aller mourir à Paris en 1824. Elle avait aimé la ville qu’elle visitait dans l’hiver de 1801-1802 à l’âge de 28 ans (sa sœur Martha, qui vécut plusieurs années en Russie, devait mourir centenaire en 1873).
Elle décrit les Chevaux de Saint Marc (plundered from Venice...) à la porte des Tuileries (magnificent...), parle de la mode indécente (les robes transparentes à l’antique...), s’émerveille du luxe des intérieurs parisiens.

autre entrée encore :

Je lis en parallèle les Mémoires de Madame Du Noyer et le Journal de Gouverneur Morris : beaucoup de tartufferie parpaillote là-dedans, à un siècle d’écart, mais bien édifiant d’une part sur les huguenots français en Hollande et en Angleterre, et d’autre part, les débuts de la Révolution vus par un froid cynique (20 ans plus tard, Ségur dans ses Mémoires, justifiait toutes les remarques de Morris quant à la sottise démagogique et larmoyante de la noblesse et des classes dirigeantes : silly fools...

Morris se montre sans pitié pour son ami Lafayette, Gilles César en effet... curieux pour un républicain qui aurait dû se réjouir de voir la démocratie renverser la monarchie, mais il aimait sans doute trop les petites marquises peu farouches, dont une morvandelle, Mme de Chastellux, de l’une des plus vieilles familles de France, le château appartient à la famille depuis 1000 ans...) et toujours l’Intelligence Service, avec le Général Dalrymple installé à Paris, et y « contrôlant », sans aucun doute, Grace Elliott...

entrée de 2009 :

Dans le Fumaroli de Quand l’Europe parlait français, que je reprends après une très longue coupure, je retrouve le récit de la visite quasi-protocolaire que fit Benjamin Franklin à Mme du Deffand « l’aveugle des Lumières »….

Il s’agissait pour le faux Quaker (mais vrai paillard et scientifique empirique, très près de ses intérêts) de se faire adouber, dans l’intérêt de sa mission diplomatique, par la principale prêtresse de la « Philosophie ».
Rappelons-nous que la France s’apprêtait à officiellement soutenir les Insurgents, au su de l’Europe, mais que la Marquise était éprise d’Horace Walpole (qui n’en pouvait mais, étant très « gay ») et que Lord Stormont, ambassadeur d’Angleterre, était un habitué de son salon.

Le bonhomme fut présenté le 29 décembre 1776 à la marquise, entourée de quelques habitués parmi lesquels l’abbé Barthélémy, le comte de Guines, Choiseul, Boutteville, et « un jeune anglais, Elliott »…
Encore un de ces Elliott, et en une occasion où l’Intelligence Service se devait d’être présente….

entrée de 2010 :

Dans le Times du 11 janvier, ramené par un ami, je découvre que la formule en a bien changé, depuis 30 ans que je ne l’avais plus lu : couleur, articles frivoles etc. mais encore de la substance et des articles de fond intéressants.

A propos des traductions, justement (dans un article où l’on regrette que les Anglais ne disposent pas des livres traduits de Stefan Zweig)) : « Translation is not a matter of words only, it is a matter of making intelligible a whole culture » Anthony Burgess – et du bon Dr Johnson, une de ces remarques lapidaires où il faisait merveille : “A translator is to be like his author, it is not his business to excel him”….

Les Conservateurs ne veulent pas, très officiellement, d’une Angleterre à plus de 70 millions d’habitants, dans un raz de marée d’immigration : pas effrayés d’être traités de racistes, eux… ce qui me rappelle cette citation (de qui ?) « L’Angleterre est un pays où les honnêtes gens sont aussi hardis que les coquins »….

Un article « Britain should be a workshop, not a casino » déplorant la ruine de l’industrie britannique au profit de la City, et stigmatisant la culture des bonus, qui démoralise la nation. Avec cette phrase que j’aimerais trouver dans la bouche de Mme Lagarde (Ministre des Finances) : « if you make things, you need to understand ideas, materials, markets, skills. If you make money, you just need the morals of a whore and the manners of a dancing master”.

La dernière phrase est une habile réutilisation – non attribuée, mais tout Anglais cultivé l’identifie – de la remarque du Dr Johnson, toujours lui, à propos du livre de Lord Chesterfield « Letters to his son ».
L’article recommande le petit opuscule de Julian King « The unwritten laws of engineering », 1944 mais récemment réédité. Et la conclusion est d’un humour très British : « Yes, I know, Keynes said that in the long run we are all dead, but I don’t want to end up in a Chinese coffin »….

Le Times n’est plus le Times, a bit gaudy nowadays, like an old lady using too much rouge… et Rome n’est plus dans Rome…

Une lettre d’Axel de Fersen à Lady Foster, annonçant la mort de la Reine « Je reçois dans l’instant votre paquet par le Cdt Elliot… qui est arrivé hier soir et parti ce matin ». Encore un de ces Elliot….



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