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 "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant

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Dérinoé
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MessageSujet: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 4 Déc 2011 - 0:59

Chers toutes et tous,

après une période d'absence due à une petite surcharge de travail, je me permets de faire mon retour avec l'ouverture d'un topic promis à certaines d'entre vous depuis longtemps. C'est donc avec grand plaisir et quelques excuses pour ce retard que j'aménage chambre aux Jeunes filles d'Henry de Montherlant, grand succès de librairie des années 30 qui affola nombre de lectrices, dans un sens comme dans l'autre.

Avec cette série ironique, parodique, misogyne, misanthrope, douce-amère, pleine de vivacité, de drôlerie, de bon sens et fignolée au style brillant d'un écrivain connu pour son sens de l'image ou de l'aphorisme, l'auteur de la Ville dont le prince est un enfant, du Songe et de la Rose de sable - pour ne citer que trois textes, emblématique d'une œuvre romanesque, théâtrale et poétique extrêmement riche - s'attira autant de passions féminines qu'il enflamma les féministes, dégoûtées par le machisme du personnage principal, Pierre Costals.

Je précise que je n'ai pas ici pour but de traiter de l’œuvre générale d'Henry de Montherlant mais uniquement des quatre tomes qui constituent la série des Jeunes Filles, riche de personnages hauts-en-couleurs, d'analyses psychologiques finement observées et de situations cocasses.




Place, donc, aux fameuses jeunes filles d'Henry et bienvenue à lui qui, je crois, ne possède pas encore de chambre à l'Auberge.


**************


I. Petite intro. Deux ou trois choses sur la série

Les Jeunes Filles est le titre que l'on donne à une série de quatre romans écrits par celui qui sera élu Académicien en 1960 et dont la publication s'échelonnera entre 1936 et 1939. Le premier volume porte le même titre que la saga toute entière, d'où de possibles confusions. Les quatre tomes reposent sur le thème des relations hommes/femmes, tant sur le plan de l'amitié que sur celui de l'amour, et ce au travers de la vie et de la correspondance d'un écrivain parisien appelé Pierre Costals.

Les quatre livres alternent les formes du récit, de la correspondance - lettres rédigées par Pierre Costals à des amis ou à des femmes avec qui il entretient des relations diverses et lettres, abondantes, envoyées par certaines de ses femmes à Pierre Costals - et de l'essai dans lequel sont analysées, autour du thème des rapports hommes/femmes, les questions sociologiques et philosophiques du mariage, du bonheur ou de la liberté individuelle.

La personnalité de Pierre Costals, homme brillant mais misogyne, jaloux de son indépendance et peu enclin à la vie maritale, provoqua l'ire d'un certain nombre d'intellectuelles et féministes, parmi lesquelles Simone de Beauvoir qui, dans son Deuxième sexe, consacrera quelques pages assassines à Henry de Montherlant.


II. Tome I: Les Jeunes Filles, 1936



Ce premier volume s'organise autour de deux axes dont l'un nous est amené par le récit d'une romance et l'autre par la correspondance entretenue par certains des personnages. Le récit, c'est celui de l'amour naissant entre l'auteur à succès Pierre Costals et la jeune et fraîche Solange Dandillot. Âgée d'une petite vingtaine d'années et de son propre aveu authentique "jeune fille", elle vit avec sa mère, qui l'aime tendrement, et son père, malade et indifférent, au moment où elle rencontre celui qui sera son premier grand amour. Jolie, simple et parfois sotte dans son manque de psychologie, elle attire Costals par sa beauté et sa passivité sans pose. Très éprise, elle espère le convaincre de se marier alors qu'il exprime dès le début les plus grandes réserves quant à une union conjugale.

La correspondance, c'est celle entretenue par ce même Pierre avec certaines de ses lectrices les plus passionnées dont l'intérêt confine presque à la névrose.

La première - qui, à mon sens, constitue l'un des trois personnages principaux avec Costals et Solange - se nomme Andrée Hacquebaut: jeune provinciale issue de la petite bourgeoisie, cultivée et intelligente mais très complexée, du point de vue social et physiologique, par sa condition de femme, elle est fascinée par les livres de Costals qu'elle connaît par cœur et entretient avec lui une relation délirante ponctuée de centaines de lettres dont le caractère presque obsessionnel se révèle au fur et à mesure de la correspondance.

Dans le premier tome, elle se montre avide de l'amitié du grand homme, flattée de pouvoir côtoyer, par lettres interposées, un être qu'elle considère comme un génie littéraire et qui lui fait l'honneur de répondre à certaines de ses (trop nombreuses) missives.

La seconde - personnage plus éphémère qu'Andrée pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici - se nomme Thérèse Pantevin. Adolescente issue de la paysannerie aisée, mystique, hésitant à entrer au couvent, elle envoie à Costals des missives où se mêlent, dans un imbroglio délirant, sa passion pour l'écrivain et son amour pour Jésus.


III. Tome II: Pitié pour les femmes, 1936



Dans ce deuxième opus, on suit les développement des relations entretenues par Pierre Costals avec les femmes de son entourage, et notamment Solange Dandillot et Andrée Hacquebaut. Le roman coule dans ses relations installées, l'une franche et charnelle, l'autre frustrée et purement épistolaire, et donne à Costals l'occasion de confirmer ses vues sur la nature féminine et l'incompatibilité profonde entre mariage et création artistique.

Tout le livre joue sur la demande perpétuelle des femmes qui entourent Costals: avides de temps, de relations sexuelles, de mariage, d'enfants, Solange et Andrée ne cessent, chacune à sa façon, de vouloir s'approprier un Costals en fuite perpétuelle.

La relation au départ purement amicale dont se contentait Andrée s'est transformée en un amour déclaré et obstiné auquel l'écrivain oppose d'éternels refus, aussi sarcastiques que définitifs.

C'est dans ce tome-là que commence à planer sérieusement le spectre de ce que Costals appelle l'"Hippogriffe", c'est-à-dire du mariage, sorte de métaphore aviaire et monstrueuse de l'union conjugale qu'il n'aura de cesse de renvoyer à l'écurie.


IV. Tome III: Le Démon du bien, 1937



Le "démon du bien", c'est celui qui pousse l'écrivain, de guerre lasse et désireux de ne plus voir souffrir Solange, à accepter des fiançailles que tout, dans sa conception des Hommes et du monde, l'enjoint à refuser.

Le livre se joue sur un chassé-croisé psychologique et géographique où, de ruptures bienfaisantes pour l'écrivain à des retrouvailles en demi-teintes, l'Hippogriffe enfourchée par Solange et sa mère ne laisse aucun répit à un Costals que l'amour des débuts a déjà commencé à déserter.

Si mes souvenirs sont bons, ce volume-là marque une pause dans le rythme épistolaire effréné suivi par Andrée Hacquebaut. Convaincue, par des sources en réalité peu fiables, que l'homme qu'elle révère est homosexuel, elle se détourne momentanément de lui après une lettre mémorable, aussi venimeuse que condescendante. (La réponse que lui donnera un Costals hilare ne sera pas mal non plus.)


V. Tome IV: Les Lépreuses, 1939



Je ne révèle par ici certains éléments clefs de l'intrigue pour ne pas gâcher la surprise de ceux qui n'auraient pas lu cet ultime opus et qui souhaiteraient le découvrir. Je peux en tous les cas vous que ce livre s'ouvre sur un voyage que Costals effectue au Maroc, où il retrouve l'une de ses amantes occasionnelles, Rhadidja, petite jeune fille sensuelle plus ou moins prostituée et à laquelle l'écrivain semble sincèrement attaché.

Andrée, que de nouvelles informations ont fini par détromper, est revenue à son amour pour Costals plus allumée que jamais et reprend sa correspondance d'antan, toujours plus opiniâtre dans son projet de concrétiser un amour que l'auteur est loin de partager.

Je dirais enfin, pour éveiller la curiosité des intéressés, que l'Hippogriffe que l'on croyait remisé ressurgit par le détour le plus inattendu qui soit, et ce à l'initiative de Costals himself.

La dernière partie du roman, et par conséquent du Cycle qu'il clôt, donne à voir un Costals d'une cruauté plus humiliante que jamais.

**************



Sur le thème très austenien de la psychologie des genres et de la recherche de l'amour, voici la variation montherlantienne dont la drôlerie souvent cruelle, la finesse psychologique et l'intelligence stylistique a séduit, depuis sa sortie, des millions de lecteurs déjà.

L'un des ressorts de la fascination qu'exerce Costals sur bon nombre de lecteurs repose sans doute sur un entremêlement étonnement crédible de machisme odieux et d'intelligence profonde, de froideur indifférente et de tendresse bouleversante, de prétention figée et d'auto-dérision délicieuse, soit sur une psychologie contradictoire qui, en déroutant constamment, pique la curiosité au plus vif.

Dans l'attente impatiente de vos commentaires et avis,  bounce
Bien amicalement,

Dérinoé


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Ysabelle
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 4 Déc 2011 - 17:36

Dérinoé, c'est une brillante présentation de l’œuvre et de l'écrivain. J'étais parmi ceux qui t'ont proposé d'ouvrir un topic consacré aux "Jeunes filles" de Montherlant. Je te remercie donc doublement. Comme je l'ai signalé la fois précédente, cela fait longtemps que j'ai lu cette œuvre. Je me souviens que mon avis avait été mitigé. J'ai été excédée par le machisme qui s'y dégageait mais en même temps, j'avais beaucoup apprécié. Je pense qu'il est loin d'être hors circuit, même aujourd'hui. Il est même d'actualité d'après le peu dont je me souviens. Semi épistolaire, cet ouvrage est une sorte de dissection du comportement féminin, vu par un misogyne, Pierre Costals. Passé la première révolte ou révulsion, on se laisse emporter dans ce monde intime entre plusieurs jeunes fille et le personnage de cet homme blasé, qui des idées arrêtée sur l'amour et le mariage. Il nie l'existence du premier et trouve tous les maux au deuxième. La finesse et la beauté du style de Montherlant, permettent de calmer la fureur et d'apprécier l'humour qui caractérise les remarques et réflexions parfois, cinglantes, du personnage de Pierre Costals, qui es loin d'être un Darcy ou même un Rochester!
Je le relirais avec plaisir, en dépit de mon côté de féministe chevronnée! Pourquoi pas une lecture de groupe? Ça permettra une belle discussion et bien animée, je le sens! lol!
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Dérinoé
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MessageSujet: Costals aux deux visages?   Dim 4 Déc 2011 - 18:59

Chère Ysabelle,

Citation :
Dérinoé, c'est une brillante présentation de l’œuvre et de l'écrivain. J'étais parmi ceux qui t'ont proposé d'ouvrir un topic consacré aux "Jeunes filles" de Montherlant. Je te remercie donc doublement.

C'est moi qui te remercie doublement: pour tes compliments qui me touchent beaucoup et pour avoir baptisé ce topic que je craignais destiné à l'oubli le plus rapide. Je suis donc ravie de constater que Montherlant et son style sublime ont des admirateurs à l'Auberge et que ses Jeunes Filles ont encore de beaux jours devant elles.

Citation :
Passé la première révolte ou révulsion, on se laisse emporter dans ce monde intime entre plusieurs jeunes fille et le personnage de cet homme blasé, qui des idées arrêtée sur l'amour et le mariage. Il nie l'existence du premier et trouve tous les maux au deuxième.

Misogyne, sans aucun doute, refusant l'étroitesse d'une relation suivie et, plus encore, la perspective d'une officialisation, mais, dans un même temps, ne vivant que pour l'écriture et l'amour, et pas forcément dans cet ordre-là d'ailleurs. Malgré le mépris ou la condescendance qu'il témoigne aux femmes - mères, amantes, épouses -, on peut dire qu'il partage l'essentiel de son temps entre son œuvre et les multiples relations amoureuses ou sexuelles qui occupent grandement son esprit. C'est là l'un des nombreux paradoxes du personnage.

Citation :
La finesse et la beauté du style de Montherlant, permettent de calmer la fureur et d'apprécier l'humour qui caractérise les remarques et réflexions parfois, cinglantes, du personnage de Pierre Costals, qui es loin d'être un Darcy ou même un Rochester!

Tu as raison, Costals est l'antithèse d'un Darcy et, même temps, je suis convaincue que ce personnage sûr de lui et phallocrate attire autant de femmes que le premier. Étonemment. Et puis, comme tu le dis, quelle intelligence, quel humour, quelle fine ironie dans son appréciation des situations, qu'elles soient amoureuses ou non. (Me vient spontanément à l'esprit les scènes où il rencontre et analyse la famille de Solange, à commencer par le père sur son lit de mort. À mourir de rire.)

Citation :
Je le relirais avec plaisir, en dépit de mon côté de féministe chevronnée! Pourquoi pas une lecture de groupe? Ça permettra une belle discussion et bien animée, je le sens!

Je suis 100% pour!  bounce J'adorerais traverser tout le Cycle en compagnie d'autres Lambtoniens et débattre avec vous de la psychologie des personnages qui réussit le tour de force quasi miraculeux d'être aussi fine que caricaturale. S'il y a d'autres motivés, qu'ils n'hésitent pas à s'annoncer ici!

Au plaisir de te relire!
Amitiés,

Dérinoé


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Dérinoé
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MessageSujet: Les vraies jeunes filles!   Mar 6 Déc 2011 - 22:19

Bonsoir à tous,

je me permets de poster ici le lien d'un merveilleux site consacré par M. Henri de Meeûs à Henry de Montherlant et où les intéressés trouveront un matériel aussi riche que passionnant sur l'auteur, ses rapports aux écrivains du 20ième s. ou ses oeuvres diverses :

http://www.montherlant.be/

Sous la rubrique "Articles" - qui recèle vraiment des trésors d'informations et d'analyses -, vous pourrez consulter deux passionnants textes consacrés à deux femmes dont on peut raisonnablement supposer qu'elles ont inspiré le personnage tragi-comique d'Andrée Hacquebaut (et, dans une moindre mesure, celui de l'oie blanche Solange Dandillot).

1) N° 34: Alice au pays de Montherlant, par Henri de Meeûs, l'auteur du site en question.




2) N° 28: Jeanne Sandelion (1899-1976), poétesse et amoureuse de Montherlant, par Henri de Meeûs toujours.



Les deux femmes dont il est question, correspondantes et "amies" de Montherlant, se nomment respectivement Alice Poirier et Jeanne Sandelion. Pour ceux qui connaissent le personnage lyrique, obsessionnel et ridicule d'Andrée ainsi que les lettres obstinées dont elle submerge Costals tout au long des quatre romans, la comparaison avec les deux femmes et leurs écrits - correspondance ou création littéraire - est tout à fait saisissante.

Je recommande également vivement la section "Audio" dans laquelle vous pourrez écouter de très intéressantes conférences données sur divers aspects de l'homme et de l'oeuvre, des extraits de ses textes lus ou joués par des comédiens et, cerise sur le gâteau, un somptueux poème récité par l'écrivain lui-même, Toi avec ta douceur confuse.

S'il y a des intéressés pour une lecture de groupe des Jeunes Filles, n'hésitez pas à laisser un mot ou à m'envoyer un message privé.

Au plaisir,

Dérinoé


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Dérinoé
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MessageSujet: Misogyne, vraiment?   Jeu 8 Déc 2011 - 22:05

Bonsoir à tous,

j'aimerais partir d'une hypothèse d'interprétation des Jeunes Filles inverse à celle que l'on admet généralement et tenter de montrer que, loin d'alimenter des clichés sexistes et rabaissant pour les femmes, elles illustrent de manière flagrante que les hommes ne méritent pas l'attention, les soins et l'amour que leur vouent épouses et amantes, envers et contre tout.

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est une petite phrase lue au début des Jeunes Filles (Tome 1) où le narrateur commente deux séries de petites annonces, respectivement consacrée à la recherche de maris par des femmes et d'épouses par des hommes. Analysant la différence qui divise les aspirations féminines et masculines et, dans la foulée, le miracle inespéré que représente un couple bien assorti, le narrateur s'exclame avec ironie:


Citation :
Nous avons lu ceci: "Monsieur désire connaître en vue mariage jeune et jolie personne ayant grande fortune." Un point c'est tout. Vous, jeune, jolie et grosse fortune. Moi... eh bien, moi, "un monsieur": vous n'êtes pas contente? La plupart d'entre elles, malgré tout, précisent: un "monsieur avec situation" -, du pain et du lit. Le lit d'abord. Et quoi de plus naturel, quoi de plus respectable que cette demande? "Sous la couverture, on ne sent plus la misère", nous disait magnifiquement une traînée de Marseille. (On y sent parfois une autre misère. Mais là n'est pas la question.) (Éd. Gallimard, 2008, p. 19.)

Je n'ai pas résisté à vous citer un peu plus que nécessaire pour la démonstration car la parenthèse finale m'a toujours fait mourir de rire. Enfin bref! Ce commentaire édifiant, comme je le disais plus haut, fait suite à la reproduction d'une double série d'annonces - fictives ou non, je ne sais pas - parue, selon le narrateur, dans la revue matrimoniale Le plus beau jour. Et il me semble, quoique le livre en donne au service de tout le monde, que ce constat jette les bases de la théorie suivante: les hommes, avec leur prétention nombriliste et leurs ambitions sans gêne, ne sont pas à la hauteur des espoirs et des attentes que les femmes placent en eux et, si bêtise féminine il y a, c'est principalement dans la cécité volontaire face à cette médiocrité pourtant patente qu'elle réside.

L'échange épistolaire qui constitue la plus grande partie du Tome 1 me semble illustrer cette hypothèse au carré: plus les correspondantes de Costals montrent leur abnégation, leur amour et des trésors de tendresse inépuisable, plus l'écrivain réagit par l’humiliation et la condescendance.

Exemple par le texte. Thérèse Pantevin, l'une de ses lectrices mystiques enflammée par l'amour de Jésus, lui envoie "d'extravagants billets" (dixit Costals, op. cit., p. 25) où se superposent l'homme et Dieu en un seul et même être transcendant. Dans la toute première réponse qu'il lui fera, l'auteur parisien lui écrit avec paternalisme:


Citation :
Ne m'écrivez pas des lettres de huit pages tous les trois jours, comme sans doute vous allez vous y croire autorisée par celle-ci. L'attention que je vous porte va au point que je puisse lire une lettre de vous toutes les trois semaines environ; non pas au point que je puisse vous lire tous les trois jours: je vous le dis franchement, je ne vous lirai pas. Ne cédez à la démangeaison de m'écrire qu'après avoir fait une défense dont vous vous tirerez honneur. N'attendez pas, d'ailleurs, que je vous réponde. Je ne vous répondrai que si je m'en sens pressé, c'est vous dire que mes réponses seront rares.](Op. cit., p. 26.)

Je ne sais pas vous mais, moi, après pareille missive, j'aurais sans doute un très vif sursaut d'orgueil et je ne me précipiterais pas sur la plume pour répondre, si je n'abandonnais pas tout simplement l'idée d'une correspondance avec un type si arrogant - quoique direct, on peut lui reconnaître cette qualité.

Eh! Bien figurez-vous que la petite Thérèse Pantevin, respectant scrupuleusement les injonction de calendrier de son illustre épistolier, lui envoie un message dont je vous livre ici quelques extraits plutôt édifiants:


Citation :
Vous m'avez répondu! Vous m'avez écrit que vous vouliez bien lire une lettre de moi toutes les trois semaines! J'ai lu cela et j'ai baisé ces mots. Ne me faites pas languir. [...] Vite, écrivez-moi encore des mots que je puisse baiser. [...]

Citation :
J'ai pressé votre lettre sur mon sein, sur mes médailles, jusqu'à ce qu'elles me meurtrissent, et plus elles me faisaient du mal, plus cela me faisait du bien. [...](Op. cit., p. 46.)

Il me semble que ce chassé-croisé épistolaire donne le la - et encore s'agit-il ici d'un la étouffé par rapport aux relations qui se développeront dans la suite de l'histoire entre Costals et ses conquêtes - de ce qui sera toute la petite mélodie grinçante de la saga: l'homme n'en fait qu'à sa tête, ne pense qu'à lui, n'éprouve aucune honte à le signifier et, de son côté, la femme a le mauvais goût d'y répondre par un amour acharné que rien, pas même la force de l'expérience, ne semble pouvoir désillusionner.

Et si on peut encore penser que l'exemple que je donne ici, par le caractère illuminée de Thérèse, ne démontre encore pas la validité de mon hypothèse de lecture, il faut bien voir que toutes les relations sentimentales ou amicales de Costals - à l'exception de celles qu'il entretient avec des prostituées - tournent sur ce mode là. Quand l'homme ne se frappe pas de dissimuler son indifférence et la primauté de son bien-être, la femme - Thérèse, donc, mais aussi Andrée et Solange - continue de témoigner loyalement d'un amour indéfectible et d'une attention de tous les instants.

Le fait même qu'Andrée, par exemple, s'obstine à lui envoyer régulièrement de monstrueux pavés alors même que Costals ne répond que très rarement et, le cas échéant, par quelques mots ironiques uniquement, semble confirmer qu'aucune humiliation n'a de prise sur l'amour ou l'espoir féminin.

Je cite à ce propos l'extrait d'une lettre qu'Andrée adresse à Costals après une rencontre avortée où l'écrivain l'a bien baladée, au propre comme au figurée. et jusqu'à lui refuser de lui ouvrir sa porte un jour où elle lui rend visite à Paris:


Citation :
Oh! pas le moindre reproche, pas la moindre bouderie. (Je sais ce qu'il m'en coûte de bouder.) Il m'est impossible d'imaginer de moi à vous l'ombre seule d'un reproche. Quoi que vous fassiez, quoi qu'il advienne, rien n’altérera jamais l'admiration que j'ai pour vous, ni mon dévouement, ni ma gratitude. (Op. cit., p. 112.)

Voici donc mon hypothèse: peut-on imaginer que l'une des clefs de cette œuvre consiste dans la démystification brutale du mâle comme âme noble et chevalier servant et que le principal trait négatif que Montherlant attribue aux femmes en général - caractères particuliers mis à part - repose dans les débordements d'un dévouement qui dépasse de beaucoup la mesure de son objet.

Voilà : en espérant ne pas vous avoir assommés par ce pavé digne d'Andrée Hacquebaut,  Laughing
Au plaisir!

Dérinoé


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Dérinoé
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MessageSujet: Lire ensemble?   Dim 25 Déc 2011 - 17:20

Chers Lambtoniens,

le moins que l'on puisse dire, c'est que ce topic dédié aux Jeunes Filles ne suscite pas un grand intérêt parmi les passants.

Partant du principe que l’appétit vient en mangeant, je propose donc à ceux qui seraient éventuellement motivés d'organiser une lecture de groupe de cette saga, à une période et selon un calendrier qui conviendront à tous.

Ma première question sera donc la suivante:

Y a-t-il des amateurs parmi vous, toute question d'organisation pratique mise à part?

Bien amicalement,  Wink

Déri'


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Ysabelle
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 25 Déc 2011 - 17:34

Dérinoé, Je te réitère ma motivation pour ce projet. Je serais heureuse de faire cette lecture de groupe et j'espère que d'autres personnes se joindront à nous pour découvrir Montherlant ou le relire!

Étant donné les lectures de groupe en cours : Little woman, Jane Eiyre, je serai partante à partir de février
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serendipity
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 25 Déc 2011 - 18:29

Tout comme Ysabelle, très intéressée mais pas forcément disponible immédiatement
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Darcy
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 25 Déc 2011 - 22:05

Je suis partante aussi. Je ne participe à aucun groupe de lecture du moment.
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Dérinoé
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MessageSujet: Weiter?   Ven 20 Jan 2012 - 17:32

Salut à tous,

@ Ysabelle, Serendipity et Darcy:

Je vous remercie pour vos réponses positives et me réjouis de voir que nous sommes plusieurs à souhaiter entamer une lecture de groupe des Jeunes Filles de Montherlant.

Avant de rentrer dans des considérations d'organisation plus précises, je me permets de faire remonter ce topic afin de glaner d'éventuelles autres participations: n'hésitez pas à laisser un mot si le projet vous tente.

J'organiserai ensuite un petit sondage quant à la période de lecture la plus propice et au découpage des parties.

Au plaisir de (vous) lire,

Déri'

P.S. Darcy, j'adore ton avatar et ta bannière. Délicieux!


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Darcy
Romancière anglaise


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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Ven 20 Jan 2012 - 23:23

Merci Very Happy , il faut que j'aille voir quand même si le livre est disponible en bibli.
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esperluette
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Sam 21 Jan 2012 - 12:54

J'avais lu ta présentation très intéressante, Dérinoé, mais j'avais oublié de poster pour dire que je suis moi aussi partante pour une lecture de groupe des Jeunes filles. Very Happy Mais comme Serendipity je ne serais pas disponible tout de suite, en ce moment il faut d'abord que je lise mes bouquins pour la fac. Wink

Dérinoé, peut-être pourrais-tu ouvrir un sujet dans le sous-forum Lambton bouge ! pour rendre le projet plus visible et éventuellement trouver de nouveaux amateurs. Smile

(Par contre est-ce que ce topic ne devrait pas être déplacé dans le sous-sous-forum "auteurs francophones" ? Razz )
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Dérinoé
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MessageSujet: Ach!   Sam 21 Jan 2012 - 15:07

Hello tous,

@ Darcy: J'espère qu'il le sera. Very Happy  

Sinon, il est édité chez Gallimard dans la collection dont j'ai reproduit les exemplaires dans mon premier post: pour autant que je sache, le prix de chaque volume devrait tourner autour de 5 euros. (Je ne suis pas certaine de mon calcul car je transpose à partir du prix en francs suisses qui, peut-être, diffère beaucoup de celui pratiqué en France.)

@ Esperluette:


Citation :
J'avais lu ta présentation très intéressante, Dérinoé

Merci! Ça me fait plaisir: je me demandais, après coup, si mon petit exposé n'était pas un poil trop figé et, par conséquent, complètement assommant. Tant mieux si ce n'est pas trop le cas!

Citation :
Dérinoé, peut-être pourrais-tu ouvrir un sujet dans le sous-forum Lambton bouge ! pour rendre le projet plus visible et éventuellement trouver de nouveaux amateurs.

Excellente idée, merci. Je m'en occupe!

Citation :
(Par contre est-ce que ce topic ne devrait pas être déplacé dans le sous-sous-forum "auteurs francophones" ?  )

C'est bien possible. Je ne sais pas ce qu'en pensent les modératrices que je prie de m'excuser si j'ai atterri dans le mauvais coin de l'Auberge, avec mon topic. Un petit déménagement s'impose-t-il ?

Bien amicalement,

Déri'


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esperluette
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Sam 21 Jan 2012 - 15:41

Ne t'inquiète pas, tu es dans le bon sous-forum, mais l'auberge est un vrai labyrinthe et à l'intérieur des sous-forums il y a parfois des sous-sous-forums. Wink Laughing

Si une modératrice passe par là elle déplacera peut-être le topic mais je pense que ce n'est pas très important. sunny
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Darcy
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Dim 22 Jan 2012 - 11:06

Dérinoé a écrit:

[color=darkblue]Hello tous,

@ Darcy: J'espère qu'il le sera. Very Happy

Il est en rayon, il ne me reste plus qu'à aller le chercher. Wink
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MessageSujet: Sondage!   Mer 25 Jan 2012 - 19:05

Chères amies montherlantiennes,

ce petit mot pour vous dire que j'ai posté un sondage sur le moment le plus propice à une lecture de groupe des Jeunes Filles dans un nouveau topic ouvert dans la section Lambton bouge.

Voici le lien qui vous y mènera directement: vos votes sont les bienvenus. Very Happy

http://the-inn-at-lambton.cultureforum.net/t5641-groupe-de-lecture-les-jeunes-filles-d-henry-de-montherlant#528785

@ Darcy: Chouette!

Dérinoé


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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Mer 1 Fév 2012 - 21:07

J'ai le livre entre les mains, il fait 200 pages, je le pensais plus épais.
Quand commencerait-on la lecture?
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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Jeu 2 Fév 2012 - 5:17

@ Darcy... et à tous les intéressés, d'ailleurs:

Je vais de ce pas écrire un message sur le topic ouvert dans Lambton bouge.

Déri'


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MessageSujet: Lien Céline-Montherlant!   Mar 1 Mai 2012 - 21:55

À quelques jours du début de notre lecture commune du premier tome des Jeunes Filles, je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre en lien une page qui propose une sorte de pastiche de ce qu'aurait pu être une correspondance entre le coprophage Céline et Montherlant l'inflexible.

Vous l'aurez compris, les lettres que vous trouverez sur ce site sont pure fiction mais le style est bon et les en-têtes valent à elles seules le détour.

C'est à voir ici. Bonne lecture! Very Happy


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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Mar 1 Mai 2012 - 22:42

Dérinoé a écrit:
le style est bon
L'abominable "P.S. Soyez bref" de Montherlant est exquis, oui.
(Merci pour le lien).
Wink
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MessageSujet: Lecture de groupe n° 14: "Les jeunes filles" d'Henry de Montherlant (Tome I)!   Jeu 10 Mai 2012 - 21:30

Chers Montherlantiens,

par la présente, je déclare officiellement ouverte la cession du lecture des Jeunes Filles (Tome I) d'Henry de Montherlant.

Ci-joint *le calendrier des olympiques, déjà soumis à approbation des participants.

I. Période de lecture II:

Du 7 mai au 28 mai.

II. Découpage proposé II:

1) Semaine du 7 mai:

P. 7 à 69. (De la lettre du 26 septembre 1926 à "[...] une visite à des amis.")

2) Semaine du 14 mai:

P. 70 à 132. ("D'Andrée, à cinq heures [...]" à "[...] ici plutôt que là.")

3) Semaine du 21 mai:

P. 133 à 198. (De la lettre du 27 avril 1927 à "[...] musique à la page.")

4) Semaine du 28 mai:

P. 199 à 220 (De "À peine Costals [...]" à la lettre de dimanche inclue.)

**Participants annoncés:

1) Serendipity, 2) Ysabelle, 3) Esperluette, 4) Majeanne, 5) Alade, 6) Darcy, 7) TimesNewRoman et 8) votre serviteur. De loin en loin, comptons également avec 9) Clinchamps et 10) Athéna! (Dix? Que l'esprit de Pythagore soit avec nous.)

***Pour mémoire:

1) Le topic principal dédié aux quatre tomes des Jeunes Filles se trouve Arrow .

2) Le topic d'organisation du groupe de lecture se trouve Arrow.

À vos marques, prêts... À vos claviers!
Bonne lecture à tous!

Dérinoé


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MessageSujet: Semaine du 7 mai!   Jeu 10 Mai 2012 - 21:32

PREMIÈRE SEMAINE DE LECTURE

1) Semaine du 7 mai:

P. 7 à 69. (De la lettre du 26 septembre 1926 à "[...] une visite à des amis.")

À vous lire...


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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Jeu 10 Mai 2012 - 23:35

Audience vespérale pour Monsieur Henry de Montherlant, cité à comparaître à Lambton... Wink
Il avait été suggéré, je crois, que nous présentions brièvement (il va sans dire) les voies détournées par lesquelles nous avions découvert ce pestiféré des lettres, à la langue acérée et à la plume céleste.
J'ai pour ma part croisé Montherlant grâce à Simone de Beauvoir. Auteur de cette banderille-ci en particulier, lue dans Le deuxième sexe (1949) — et qui m'avait soufflée à l'époque: "De même le plus médiocre des mâles se croit en face des femmes un demi-dieu. Il était beaucoup plus facile à M. de Montherlant de se penser un héros quand il se confrontait à des femmes (d'ailleurs choisies à dessein) que lorsqu'il a eu à tenir parmi des hommes son rôle d'homme: rôle dont beaucoup de femmes se sont acquittées mieux que lui".
Montherlant collabo, homosexuel, pervers et misogyne?... Un parfait sujet d'étude, donc. Et d'introspection, à l'aune de ses Jeunes filles et de leurs attentes pulvérisées.


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MessageSujet: Ach(tung)?   Ven 11 Mai 2012 - 0:02

@ TimesNewRoman:

Citation :
Audience vespérale pour Monsieur Henry de Montherlant, cité à comparaître à Lambton...

M'est avis que les dés sont un poil pipés mais la nature du verdict m'intéresse quoi qu'il en soit.

Citation :
J'ai pour ma part croisé Montherlant grâce à Simone de Beauvoir. [...]  "De même le plus médiocre des mâles se croit en face des femmes un demi-dieu.

En effet. C'est tout à fait, absolument, irrémédiablement ça. Dire que rien n'a bougé depuis la fin de la Guerre! J'ai souvent pensé que certains - au masculin exclusivement - pensant avec leur appendice génital, sans doute en déduisent-ils que les êtres dépourvus dudit appendice sont incapables de réflexion. On ne pourra leur reprocher un défaut de logique.

Citation :
Il était beaucoup plus facile à M. de Montherlant de se penser un héros quand il se confrontait à des femmes (d'ailleurs choisies à dessein) que lorsqu'il a eu à tenir parmi des hommes son rôle d'homme:

Cela dit, ces féministes de pointe arriveront toujours à m'estomaquer: "son rôle d'homme"? Eh! Bien voilà qui remet les genres à leurs places, comme il se doit.

Citation :
Montherlant collabo, homosexuel, pervers et misogyne?...

Et encore: connais-tu la correspondance Henry de Montherlant-Roger Peyrefitte préfacée par ce dernier et éditée par l'un des biographes du premier, le très décrié Pierre Sipriot?

Pour ceux qui seraient en mal d'épouvante: Henry de Montherlant - Roger Peyrefitte. Correspondance (1938-1941), Présentation et notes de R. Peyrefitte et P. Sipriot, Robert Laffont, Paris, 1983.

Un monument dans son genre.


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MessageSujet: Re: "Les Jeunes Filles" d'Henry de Montherlant   Ven 11 Mai 2012 - 7:57

Dérinoé a écrit:
voilà qui remet les genres à leurs places, comme il se doit

La banderille n'est pas sans faiblesse, c'est le drame...

Dérinoé a écrit:
Pour ceux qui seraient en mal d'épouvante: Henry de Montherlant - Roger Peyrefitte. Correspondance (1938-1941), Présentation et notes de R. Peyrefitte et Pierre Sipriot, Robert Laffont, Paris, 1983
Noté, merci pour l'info.
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