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 Margaret ATWOOD

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Susan
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MessageSujet: Margaret ATWOOD   Ven 5 Jan 2007 - 11:11

Je démarre un topic sur cet auteur dont je n'ai lu aucun commentaire jusqu'ici (dites-moi si je me trompe..)
Pour moi, elle est un des grands écrivains anglo-saxons contemporains. Elle est canadienne née en 1939 à Ottawa. Booker prize en 2000 pour "le tueur aveugle" (The Blind Assassin) que je viens de commencer à lire.
Je l'ai découverte (sur les conseils d'une copine anglaise) avec "la voleuse d'hommes" (The Robber Bride) qui m'avait beaucoup impressionné par une écriture virtuose, brillante et pleine d'humour, et je viens de terminer "La servante écarlate" (The Handmaid's Tale) et là je suis vraiment très très impressionnée par la force de ce roman et son côté "visionnaire" (elle l'a écrit en 1985 et il est d'une terrible actualité..). Il existe d'ailleurs un film de Volker Schlöndorff avec Faye Dunaway qui date de 1990 je crois.
Je peux faire un petit commentaire de The Robber Bride, mais je voulais d'abord savoir si quelques unes d'entre vous avaient déjà lu un de ses livres ?

Susan
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cat47
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Ven 5 Jan 2007 - 20:54

Excellent timing, Susan. Je suis en train de lire Le Tueur aveugle et j'avais bien l'intention d'en parler sous peu. On se rejoint donc bientôt sur ce topic. Very Happy

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 10 Jan 2007 - 14:59

Je viens de terminer Le Tueur aveugle et encore une fois, je laisse un bouquin avec regret, je me sens orpheline après l’avoir terminé. J’ai très vite été conquise par la construction soigneuse de cette histoire. Le livre comprend plusieurs niveaux de narration : la voix principale est celle d’Iris, une dame âgée qui raconte ses souvenirs mais tient également la chronique du peu de temps qu’il lui reste à vivre. En alternance (très irrégulière), le roman écrit par sa sœur Laura et qu’on pressent assez vite autobiographique. Enchâssé dans le roman de Laura, un récit de science-fiction raconté par l’un de ses deux protagonistes. Finalement des articles de journaux, relatant froidement les évènements principaux du premier récit. Le lecteur se retrouve donc face à quatre ou même cinq plans de lecture (et non pas trois comme mentionné sur la couverture de l’édition 10/18).

Nous sommes très vite informés des grandes lignes de l’intrigue : nous savons que nous aurons affaire à une sœur plus ou moins névrosée, qui se suicidera à l‘âge de 24 ans après avoir écrit un roman culte, à une belle-sœur tyrannique qui élèvera la fille de la narratrice, à un riche mari qui mourra peu de temps après le suicide de la jeune sœur, à une petite-fille que la narratrice ne semble pas avoir vraiment connue. Je peux dire tout cela sans souci de vous spoiler puisqu’on le sait après 30 des 650 pages que compte le roman. Une fois cette armature dessinée (pour nous permettre d’imagine l’intrigue avant qu’elle ne soit dévoilée?), Margaret Atwood prend le temps de tisser patiemment la toile qui nous permettra de relier ces divers éléments entre eux. Elle nous décrit la genèse de la fortune familiale des Chase, propriétaire d’un fabrique de boutons à Port Ticonderoga et famille la plus riche du lieu, situé non loin de Toronto. On passe ensuite à l’enfance des deux sœurs Chase, protégées par une gouvernante sévère mais affectueuse, qui leur apprend de nombreux principes mais pas vraiment à se défendre face à la réalité. La perte prématurée d’une mère idéalisée et la personnalité étrange d’un père marqué par la Grande Guerre et qui se réfugie dans un alcoolisme discret mais prononcé ne restent pas sans conséquence sur l‘évolution des deux jeunes filles. Au début on a l’impression que Laura, la fameuse romancière, sera l’héroïne principale du livre. Au fil des pages on découvre cependant qu’elle joue en fait le rôle d’une sorte de conscience, de miroir inversé de la sensibilité de sa sœur Iris. Certaines certitudes seront donc remises en question et même lorsqu’on pense avoir compris le principal, on a envie de savoir la fin car on sent bien que l’auteur s’est un peu jouée de nous.

Margaret Atwood a le sens de la formule et du détail qui tue, un style agréable, concis et élégant. J’aime la façon dont elle dévoile progressivement la personnalité de ses héros. A travers de nombreuses petites scènes et dialogues d’apparence anodine, on apprend peu à peu à les connaître, ce qui maintient constamment l’intérêt. Beaucoup de suggestion et peu de grandes descriptions, étonnant, quand on y pense, pour un tel pavé.

J’aime aussi la variété des styles utilisés pour les divers niveaux de narration. Dans le récit principal, les chapitres commencent toujours par une description du temps qu’il fait et de la saison qui avance, un reflet de l’humeur d’Iris au moment où elle raconte sa vie. L’écriture est fluide et classique, le temps s’écoule régulièrement, les sentiments des personnages ne sont pas vraiment décrits, plutôt suggérés par leurs actes ou leurs dialogues. Malgré le ton désenchanté de l’ensemble, on trouve ça et là une touche d’humour discret et caustique : j’adore le passage où elle écrit des réponses à toutes les demandes d’universitaires qui souhaitent trouver auprès d’elle des informations inédites sur Laura, réponses dans lesquelles elle démolit en deux coup de cuillère à pot leur approche du roman. Dans le roman de Laura, l’atmosphère change, les héros sont impersonnels, leurs dialogues insérés dans le récit sans ponctuation et leurs sentiments alternativement mis en évidence. On sent bien des secrets mais le mystère n’est dévoilé que très lentement, parallèlement à l’histoire principale, avec cependant un décalage dans le temps. Et finalement l’histoire que le héros du roman de Laura raconte à sa compagne est écrite sur un mode plus oral, interrompue par les commentaires des deux personnages sans nom. On se retrouve dans un univers complètement inventé, qui joue avec les mots et la réalité, conçu comme une entreprise de séduction destinée à la jeune femme qui écoute le conte, un peu Shéhérazade à l‘envers.

Bon, il faut que je m’arrête, là, mais je crois que je pourrais encore continuer un certain temps, surtout sur le style de Margaret Atwood, que j’ai vraiment adoré. Susan, j’espère que tu as bien avancé dans ta lecture car je suis impatiente de connaître ton avis sur ce livre.

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Susan
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 10 Jan 2007 - 17:39

My goodness ! Cat tu l'as déjà fini !! Shocked là là, moi j'ai eu trop de choses à faire depuis la semaine dernière et j'ai tout juste démarré...
Bon, ben attends moi j'arriiiive ! study

Susan
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 10 Jan 2007 - 18:04

Aïe! moi qui étais impatiente de pouvoir échanger des impressions. Tant pis, j'attendrai. J'ai vraiment été très contente de cette lecture et j'ai bien l'intention de lire d'autres bouquins de l'auteur. Ce matin j'ai acheté Surfacing, mais je dois dire que The Robber Bride me fait très envie aussi. Comme Margaret Atwood est un auteur assez prolifique, c'est très excitant de ce dire qu'on a encore quelques dizaines de centimètres de bonne lecture devant soi.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 10 Jan 2007 - 18:15

Promis je fais vite... par contre, je te conseillerais bien de lire "la servante écarlate" (The Handmaid's Tale) que j'ai terminé la semaine dernière (j'ai pu aussi voir le film..) et qui est à TOMBER : mais à tomber en cube congelé si tu vois ce que je veux dire.. genre : imaginez dans quel monde nous pourrions être contraintes de vivre.. terrifiant ! il m'a vraiment secoué ce bouquin.. par contre, je pense qu'il n'a rien a voir avec "le tueur aveugle" au niveau de la construction, donc, peut être que tu t'ennuierais à le lire de suite.. je sais pas ; par contre, je peux poster un petit commentaire (et résumé) de "la voleuse d'homme" (encore une traduction française Naze ! )
Bonne lecture en tout cas et à très vite !!

Susan
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 10 Jan 2007 - 18:34

Ce sera très volontiers que je lirai ton commentaire mais tu n'as pas besoin de te presser, je ne lirai pas tout de suite d'autres livres de M. Atwood, j'essaie encore tant bien que mal de gérer ma PAL! La Servante écarlate m'a l'air très bien aussi, je vais sûrement me laisser tenter, mais un peu plus tard.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Lun 5 Fév 2007 - 13:16

Alors, voilà Cat, et désolée pour le retard...j'avoue que (comme je vais l'expliquer) j'ai eu un peu de mal à "rentrer" dans le livre.. mais j'ai bien fait d'être tenace... (et pour info, je n'ai volontairement pas lu ton commentaire)

<< Quand on est jeune, on croit que tout ce qu’on fait est jetable. On va de maintenant en maintenant, en froissant le temps qu’on a en main, en s’en débarrassant. On est son propre bolide. On croit qu’on peut se défaire des choses et des gens aussi – les laisser. On ne sait pas encore qu’ils ont la manie de revenir. >>

Iris Chase, 82 ans, sentant ses derniers jours comptés (elle est cardiaque), décide d’écrire à sa petite fille, Sabrina, (que sa belle sœur lui a enlevé alors qu’elle était très jeune), pour lui raconter l’histoire de la famille Chase, son histoire, et ce qui a conduit sa sœur, Laura, à se suicider 50 ans plus tôt.
Mais l’histoire de ces deux sœurs n’est pas une saga familiale comme une autre, trop facile quand on connaît Margaret Atwood et ses talents de conteuse, sa soif inépuisable des mots …
Dans la trame principale, on suit la vie des 2 sœurs qui grandissent à l’abri du monde, dans un cocon doré (Avalon) et une famille bourgeoise qui a établi sa fortune sur le commerce des boutons à la fin du XIXème siècle ; elles sont élevées par la bonne de la famille, Reenie, personnage pittoresque et drôle qui les couve comme des œufs après la mort de leur mère.
Puis Iris, à 18 ans accepte d’épouser Richard Griffin, un riche industriel ; un mariage « arrangé » par le père de la jeune fille qui pense voir en cet homme de 35 ans, le sauveur de ses usines en banqueroute (nous sommes en pleine récession).

En parallèle, deux autres récits chevauchent le premier : celui d’un couple illégitime qui se donne des rendez-vous clandestins, dans des lieux à chaque fois différents, et le récit d’un livre, le best seller posthume de Laura, (intitulé « Le tueur aveugle » justement et qui est un roman de science fiction/anticipation du style années 30) que les 2 amants construisent à chacune de leurs rencontres et après (ou avant) chacun de leurs ébats amoureux…
Et puis il y a ces coupures de presse « d’époque » , qui s’égrainent au fil des pages, comme les cailloux du petit Poucet, et qui nous font suivre de « l’extérieur » les évènements divers qui jalonnent ces années.
Là si vous aimez ouvrir les armoires à tiroirs, vous allez être servi !!

Plusieurs époques s’entremêlent, se chevauchent, dans des allés et retours parfois déroutants ; plusieurs histoires, et même un roman dans l’histoire ! c’est compliqué .. dès les premières pages on se dit qu’il va falloir s’accrocher ! (surtout lorsqu’on est pas fan des romans d’anticipation des années 30/50..mais en tout cas : quelle imagination !)
J’ai eu donc du mal à rentrer dans le livre, il m’a fallu du temps parce que je me posais la question : mais où veut-elle en venir ? bien sûr que j’avais très vite attrapé au vol chaque mince passerelle qui me menait d’une vie à l’autre, et d’une période à une autre, mais jusqu’à la 150ème page environ (il y en a 656 !), j’avoue que j’ai un peu traîné les pieds… ce qui me poussait à continuer, c’est tout d’abord l’écriture d’Atwood, ciselée et précise, sans concession ni (trop) de sentimentalisme et en même temps pleine d’humour ; c’est l’art de raconter l’enfance des 2 sœurs, leur univers, leur relation, la relation avec Reenie, celle avec Alex, révolutionnaire et seul homme de leurs vies, et les personnages morts ou vivants, qui gravitent dans cet univers : le grand-père fondateur de la fortune, la grand-mère Adèla amatrice d’Art et érudite que les 2 fillettes idéalisent, le père qui ne s’est jamais remis de la Grande Guerre et qui le soir monte se saouler tout seul dans le donjon de la demeure…
Et c’est aussi, peut être SURTOUT, le fait de me sentir aussi proche de cette vieille dame, le talent d’Atwood à me faire rentrer dans sa tête, à vivre son quotidien, son corps qui lui échappe mais son âme espiègle et volontaire qui est toujours bien vivante ! quel talent ! je n’ai jamais lu portrait aussi vrai de la vieillesse.. Atwood a eu plusieurs vies, c’est sûr !
Bref, au bout de la 150eme, là j’ai plongé…


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Susan
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Lun 5 Fév 2007 - 13:30

..j’ai plongé dans ce temps qui passe, magnifiquement dépeint, ces périodes capitales du siècle qui défilent en toile de fond du destin de ces 2 femmes : la Grande Guerre lointaine puisque nous sommes au Canada, mais bien réelle puisque la mobilisation est mondiale.. le crash de 1929 et le début des difficultés financières des Chases dont finalement ils ne se remettront jamais.. la récession, la chasse aux communistes, la guerre d’Espagne puis la deuxième guerre etc…
…dans ces énigmes que j’avais hâte de résoudre, au travers de ces personnages, tous liés, on s’en doutait, par un secret ; j’avoue que je n’ai pas eu toutes les réponses en fermant le livre, mais plus tard, en le reprenant ou en y repensant.. c’est un jeu de poupées russes, un jeu de perspicacité et de concentration.. le dernier message de Laura à sa sœur, un appel au secours qu’elle n’entendit jamais est, en ce sens, caractéristique des messages codés de l’auteur..
Atwood n’est pas un auteur sentimental, et une fois de plus, j’ai ressenti cruellement ce manque d’amour chez les personnages ; même le couple clandestin ne se retrouve pas par amour mais par désir, chacun maintenant la garde haute, sans jamais se donner vraiment. Seule Laura est à part, personnage un peu lunaire, déconnecté de la réalité, mais terriblement touchant

Pour moi, et même si j’ai pu deviner certains secrets sans être très surprise par leurs contenus, « le tueur aveugle » est un Grand Atwood, à « essayer » absolument surtout si on ne connaît pas l’auteur… dans le genre « roman à tiroirs », c'est vraiment de la « haute voltige ».

Susan


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Susan
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Sam 10 Fév 2007 - 14:53

Je reviens un moment sur cette lecture, parce que nous n'avons pas vraiment "échangé" Cat, mais aussi pour dire qu'il me semble qu'on "sait" lorsqu'un livre est "fort" lorsqu'on se rend compte qu'il a laissé son empreinte, quelque part en nous, et qu'on y repense, de temps en temps, d'une manière involontaire..

cat47 a écrit:

Au début on a l’impression que Laura, la fameuse romancière, sera l’héroïne principale du livre. Au fil des pages on découvre cependant qu’elle joue en fait le rôle d’une sorte de conscience, de miroir inversé de la sensibilité de sa sœur Iris.

Pertinente remarque : je n'avais pas pensé au côté "miroir" mais je trouve qu'il est très juste, évident même. Par contre, et pour l'anecdote concernant l'héroïne, je me suis personnellement interrogée très vite sur : SPOILER le vrai auteur du livre en question.. parce que je trouvais que la "plume" d'Iris était particulièrment maitrisée, intelligente, et qu'elle possédait un don narratif très aigüe. Je me suis même dit qu'elle aurait pu écrire un livre elle-même...

cat47 a écrit:
J’aime aussi la variété des styles utilisés pour les divers niveaux de narration. Dans le récit principal, les chapitres commencent toujours par une description du temps qu’il fait et de la saison qui avance, un reflet de l’humeur d’Iris au moment où elle raconte sa vie.
Oui, j'ai trouvé que c'était une manière poétique de décrire le temps qui passe, comme s'il était compté pour Iris, et comme si elle voulait le ralentir. Cette conscience du temps qui passe et de son corps qui l'abandonne, c'est beau et cruel en même temps.


cat47 a écrit:
Malgré le ton désenchanté de l’ensemble, on trouve ça et là une touche d’humour discret et caustique : j’adore le passage où elle écrit des réponses à toutes les demandes d’universitaires qui souhaitent trouver auprès d’elle des informations inédites sur Laura, réponses dans lesquelles elle démolit en deux coup de cuillère à pot leur approche du roman.

Ah ! c'est ce que j'adooore chez Atwood : cet humour caustique ! c'est direct et sa touche sa cible à tous les coups.. dans "la voleuse d'hommes", elle s'en donne a coeur joie et c'est brillant ! mais comme je le dis dans mon commentaire : c'est implacable et sans sentiment..

cat47 a écrit:
Bon, il faut que je m’arrête, là, mais je crois que je pourrais encore continuer un certain temps, surtout sur le style de Margaret Atwood, que j’ai vraiment adoré.

Nous sommes absolument d'accord, et j'espère que tu auras l'occasion de lire d'autres romans de la Dame (j'en suis à 3 personnellement). A mon avis, un grand grand écrivain contemporain..

Susan study
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mar 13 Fév 2007 - 11:24

J'ai bien l'intention de lire d'autre romans de la Dame. J'ai déjà acheté Surfacinget je n'ai pas l'intention d'en rester là.

Au sujet du style de M. Atwood, ce que j'ai surtout apprécié c'est la fluidité. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer avec Atonement de McEwann, car en plus, les thèmes de ces deux livres sont assez proches (la Laura du Tueur aveugle et la Briony d'Atonement me semblent deux variation d'une même personnalité), de même qu'une partie du traitement (angles variés). Or le style est complètement différent. Les deux auteurs aiment les mots et s'en servent avec virtuosité mais chez Atwood, le rythme est plus vif, elle procède plutôt par petites touches qu'à l'aide de descriptions détaillées. Je dois dire cependant qu'elle a aussi ses petits travers. Par exemple, ses métaphores sur les odeurs passent bien au début mais deviennent lassantes car utilisées trop souvent.

Contrairement à toi, je n'ai eu aucun problème à rentrer dans l'histoire. J'ai été accrochée assez vite par le fait que les grandes lignes de l'histoire sont tracées dès le début. J'ai juste eu quelques problèmes avec le début du roman de science-fiction, mais cela s'est arrangé assez vite.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mar 13 Fév 2007 - 12:26

J'ai survolé le topic mais j'ai une excuse, je n'ai pas lu ce roman de Margaret Atwood et je ne voulais pas me gâcher la surprise par mégarde !
J'ai lu d'autres livres de cette romancière.

Captive (Alias Grace) est construit sur un fait divers qui a marqué le Canada. Une jeune servante Grace est accusée du meurtre de son maître et sa gouvernante. Grace n'a que 16 ans et face à ce crime atroce le Canada est divisé. Pour les uns c'est une représentante du peuple violent et cruel et pour les autres elle incarne l'innocence manipulée. Le roman se déroule au moment où Grace est en prison (depuis un moment) et qu'elle rencontre un jeune docteur qui veut faire quelques expériences sur elle pour tenter de savoir la vérité (il est psychanalyste je vous rassure). Grace très rétissante reviens sur son passé et petit à petit son récit se rapproche du soir des meurtres.
J'ai vraiment accroché à ce roman ! Les détails sont tellement précis qu'on a l'impression de voir le Canada du XIXe siècle revivre sous nos yeux. L'auteur a choisi d'utiliser des changements de point de vue (récits de Grace, récits du docteur, coupures de presse) pour présenter une vérité toujours insaisissable.

Lady Oracle. Joan Forster vient de quitter son mari et son pays pour vivre en Italie. Elle a quitté toute sa vie d'une manière bien surprenante puisqu'elle a mis en scène sa mort avec des amis. Pourquoi ? Son mari ne sait rien d'elle. Il ne sait pas qu'elle a été obèse, qu'elle écrit en cachette des romans à l'eau très connus et d'autres secrets.
J'ai beaucoup aimé ce roman parce qu'il met en scène une femme écrivain. Des passages de ses romans son intercalé au récit (des histoires d'amour dans un univers gothique). On voit son style sans cesse évoluer. La vie de cette femme nous permet de réfléchir au monde de la littérature et des éditeurs. L'amour est aussi un thème important : les femmes préfèrent-elles le ténébreux Heathcliff ou le rassurant Edgar ?

Et pour finir La Voleuse d'homme (The Robber Bride). Trois amies n'arrivent pas à oublier une quatrième femme qui a un moment dans leur vie leur a voler un homme (mari, petit ami). Il se trouve que la vénéneuse Zenia est morte mais les jeunes femmes ne cessent de penser au mal qu’elle a fait autour d’elle. Un jour où elles se réunissent au restaurant, Zenia apparaît plus belle que jamais et fait semblant de ne pas les voir. Les trois amies sont sous le choc. Zenia n’est pas morte ? Mais elles étaient à son enterrement. Les fantômes du passé ressurgissent alors une fois de plus.
Je fais exprès de parler de fantôme parce que Zenia, bien qu’humaine, est sous la plume de la romancière un mélange de tous les méchants gothiques. C’est une femme qui révèle les peurs des gens et les déstabilisent. Elle s’appuie sur les points faibles de ses victimes pour voler ce qu’elle veut. L’histoire est racontée par les trois amies. Nous revivons donc les mêmes scènes selon le personnage. Ce roman m’a beaucoup ému, il nous invite à nous battre contre nos faiblesses et nous met face à nos défauts en amour (trop possessif, trop tolérant, pas assez sûr de soi, trop naïf…).

J'espère que tu vas trouver ton bonheur Cat.

J'ai également lu Atonement mais je n'ai pas encore eu le temps de dire ce que j'en pensais. Il y a tellement de topics!
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Lun 2 Juil 2007 - 11:27

Je viens donner mon avis sur Captive (Alias Grace en VO...titre plus représentatif de l'oeuvre je trouve).
Enfin, je vais tenter de donner un avis...

En fait, j'ai du mal à parler de ce roman tellement il est disons...particulier et original.

Le style de l'auteur - du moins sa traduction Rolling Eyes - est assez spécial, avec des dialogues insérés dans le récit, sans topologie [ guillemets, tirets et cie]. Cela m'a vraiment surprise au début, j'ai eu un peu de mal, mais finalement c'est une technique très appréciable, on est vraiment dans la tête des personnages. De plus, l'auteur nous présente différents points de vue: celui de Grace, à la 1ère personne du singulier, celui d'un jeune docteur, cette fois à la 3ème personne, ainsi que des extraits de journaux ou de livres de l'époque. Cela permet d'avoir un aperçu plus global de l'histoire.

L'intrigue avance donc par tous petits bouts, grâce aux lettres du docteur, au récit que lui conte Grace, aux pensées de cette dernière. Par petites touches, on progresse dans le récit, on en apprend plus sur les personnages et sur l'horrible crime. Néanmoins le suspense reste toujours présent, le doute aussi: Grace est-elle coupable ou non? Qui est-elle vraiment? Une victime ou une coupable, une meurtrière? Innocente, manipulatrice ou folle?
Des questions qui ne trouvent leurs réponses que dans les dernières pages... Et encore... scratch

Bref, c'est un roman à part, étrange mais passionnant, avec en plus une superbe reconstituation historique.

Ouf, j'espère que ce n'est pas trop fouilli...
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MessageSujet: Margaret ATWOOD   Sam 8 Mar 2008 - 13:32

Déjà grande admiratrice des romans d’Atwood, j’ai particulièrement apprécié Le dernier homme.

Snowman est un homme perdu et malheureux : il est le dernier être humain, du moins dans son coin de planète. Il ignore s’il y en a d’autres ailleurs mais un cataclysme a apparemment eu lieu à l’échelle mondiale. Les seuls contacts qu’il a sont avec une nouvelle race d’hommes et de femmes, les Crakers, ainsi qu’avec des animaux mutants devenus sauvages. Ses journées sont toutes les mêmes, à ne rien faire qu’à se souvenir du passé ...

Une magnifique histoire d'amour et d'amitié dans un roman d'anticipation qui tient aussi du thriller et de la satire politique. Les alternances de passages présent-passé permet de découvrir ce qui s’est passé et maintient le lecteur en haleine. Les thèmes de la manipulation génétique, du réchauffement de la planète, des guerres, de l’eugénisme sont abordés ici avec intelligence et maturité mais sont présentés de façon facile à lire et à appréhender. Intelligent, haletant, émouvant.


Citation :
L’Express - Avec 'Le dernier homme', Margaret Atwood signe une fable féroce, en tendant un miroir terrifiant à une 'civilisation' qu'elle juge déboussolée. Piètre consolation : elle y ajoute les jouvences d'un humour à la Boris Vian, pour nous empêcher de sauter illico par la fenêtre !

Rencontre avec Margaret Atwood: http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/livres/2005/11/14/002-atwood-entrevue.asp
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Sam 8 Mar 2008 - 15:33

Comme Lorelai59, j'apprécie les oeuvres de Margaret Atwood que j'ai découvert grâce à ma mère!
Le dernier homme, publié récemment est un magnifique roman d'anticipation qui donne froid dans le dos!
Et je suis d'accord avec ce que dit Lorelai 59:
Citation :
Les thèmes de la manipulation génétique, du réchauffement de la planète, des guerres, de l’eugénisme sont abordés ici avec intelligence et maturité mais sont présentés de façon facile à lire et à appréhender. Intelligent, haletant, émouvant.

Je le conseille vivement à ceux qui ont aimé Mara et Dann de Doris Lessing (l'histoire de l'odyssée de Mara et Dann, deux enfants abandonnés puis pourchassés, qui vont connaître la faim, la soif, la violence, la trahison, mais aussi l'amour, l'initiation et la maturité!) mais aussi Brave New World de Aldous Huxley!


Dernière édition par Miss Scotland le Lun 10 Mar 2008 - 8:10, édité 1 fois
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Fofo
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Sam 22 Mar 2008 - 17:59

Récemment, j'ai lu "faire surface" et je n'ai pas du tout accroché....
L'histoire était intéressante mais le style d'écriture.... Mad
Plein de phrases courtes a la suite des autres.....

Spoiler:
 
Je ne sais pas si c'est la traduction mais en tout cas, je n'aime pas du tout!
Mais je n'ai pas envie de m'arréter sur un seul livre : Le dernier homme rejoint donc ma PAL!
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Sam 21 Fév 2009 - 23:08




J'ai terminé cette semaine La servante écarlate, qui m'a fait faire le grand plongeon dans un futur imaginaire et pas très lointain, une Amérique renommé Gilead qui aurait succombé aux sirènes d'un totalitarisme axé sur la séparation des genres et le retour aux valeurs traditionnelles. Et ça fait très peur, car après tout on se dit qu'il est très possible que certains souhaitent interdire la lecture aux femmes et placent la survie de l'espèce avant le respect des libertés individuelles. affraid

Dans cette histoire, l'héroïne nous dévoile peu à peu sa vie au sein d'une communauté qui essaie de compenser la baisse de la fertilité consécutive à l'évolution du monde moderne en instituant une séparation claire des tâches dans les "foyers" qui se composent dans les élites d'un commandant et des diverses figures féminines auxquelles sont attribuées des tâches bien précises. Je n'entre pas dans les détails car la narration est organisée de façon à nous faire découvrir ce monde de manière très progressive, je ne voudrais donc pas vendre la mèche puisque cette découverte à petit pas fait partie du plaisir de la lecture.

Je ne suis pas une grande adepte de romans d'anticipation et je suis donc parfois restée sur la réserve face à cette oeuvre de totale imagination, qui ne révolutionne pas le genre par rapport à ce que j'en sais, ce que j'en sais étant les deux grands classiques 1984 et Le meilleur des mondes . Le point de vue féminin apporté ici est toutefois intéressant, de même que la proximité avec le monde "normal", celui que nous connaissons. Ce qui fait que j'ai aimé cette lecture, sans toutefois l'apprécier autant que Le tueur aveugle. Une chose est sûre : le style de Margaret Atwood est très soigné, recherché mais sans trop de fioriture, et je pense continuer à explorer son oeuvre.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Dim 21 Juin 2009 - 17:23

Je me sens un peu seule sur ce sujet mais ça ne fait rien, je persiste. Razz

J'ai lu récemment Surfacing, mon deuxième Atwood de l'année.

Extrait de la présentation de l'éditeur :

Citation :
"Faire surface", se révéler à soi-même. Mais à quel prix? Aux confins du Canada, à la frontière des États-Unis, une jeune femme se rend avec son compagnon et un couple d'amis sur l'île où elle vécut enfant afin de retrouver son père qui a disparu. (...) Moitié enquête policière, moitié thriller psychologique, ce livre, que l'on peut aussi décrire comme un polar œdipien, est révélateur de l'attrait qu'a pu exercer sir la grande romancière canadienne, auteur de La Servante écarlate et de L'Assassin aveugle, le cinéma d'Alfred Hitchcock. Paru en 1978, Faire surface est un roman fondateur dans l'itinéraire de Margaret Atwood.

Je lu ce livre avec une grande facilité et n'ai eu aucun problème avec son style, contrairement à toi. Fofo (je précise que je l'ai lu en anglais, contrairement aux deux précédents, et que même si j'ai trouvé le style moins brillant que celui du Tueur aveugle, il ne m'a pas non plus semblé bizarre). Mais j'admets n'avoir pas été totalement conquise par le parcours de cette jeune femme dont nous découvrons le passé par bribes, avec un récit semé volontairement d'ambiguïtés, de manière à brouiller les pistes. Je n'ai rien contre les parcours initiatiques, mais suis tout de même un peu réfractaire aux explorations psychologico-émotionno-symboliques. Et j'avoue avoir été un peu décontenancée par les éléments nationalistes et les attaques contre les Américains.

Mais il faut avouer que Margaret Atwood manie la plume avec habileté, que sa façon de traiter des thèmes tels que la folie, la communication dans le couple ou le retour à la nature est plutôt efficace, et que la conclusion du livre, même un peu confuse, est très satisfaisante.

Je suppose que ces commentaires ne donnent pas vraiment envie de se précipiter sur le roman mais je tiens tout de même à préciser que je ne regrette pas cette lecture.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 5 Aoû 2009 - 23:28

J'ai lu mon premier roman de cette auteure : La servante écarlate.

J'ai bien aimé : l'univers présenté est assez terrifiant et pas si improbable que ça quand on voit certains fanatiques ... Rolling Eyes

J'ai bien aimé aussi cette narration à la première personne, cette découverte par petites touches de l'univers et de comment on en est arrivé là.

J'ai trouvé intéressant le fait que le personnage principal soit tout à fait ordinaire et très loin d'être une héroïne "classique" : elle ne se rebelle pas, elle regrette les choses en silence, elle est lâche parfois ...

Par contre, la fin m'a terrriblement frustrée : on a l'impression qu'il n'y en pas et que le récit s'arrête avant ! Evil or Very Mad
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Dim 24 Avr 2011 - 21:08

On peut dire que la lecture de La servante écarlate est marquante, glaçante, oppressante, il est difficile de trop en lire à la fois, sans se sentir étouffer par le poids de la vie de ces femmes, par cette république terrifiante, par le rôle qu'elles ont a joué dans ce monde là, par la facilité qu'on a à s'en débarrasser quand on en a plus besoin, par cette absence de liberté, par cet horreur quotidienne, vécu comme une résignation... Le ton du livre est froid, volontairement mais captive, le journal de cette femme fait mal. J'ai aimé voir se dérouler sous mes yeux de manière totalement aléatoire (mais de manière savamment construite) ce qui fut et ce qui est... Et dire que ces femmes ont perdu tout ce pour quoi tant d'autres femmes s'étaient battus avant, parfois au prix de leur vie. De voir que dans certains pays, AUJOURD'HUI, ça ressemble presque à ça pour les femmes. C'est douloureux, ça fait mal et on ne peut que prier pour que jamais, jamais cet hypothétique futur ne voit le jour.
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 27 Avr 2011 - 17:13

Séverine a écrit:
De voir que dans certains pays, AUJOURD'HUI, ça ressemble presque à ça pour les femmes. C'est douloureux, ça fait mal et on ne peut que prier pour que jamais, jamais cet hypothétique futur ne voit le jour.
Tu as très bien synthétisé les enjeux. Merci pour ce commentaire, Séverine.

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 27 Avr 2011 - 17:25

J'ai ce livre dans ma PAL depuis quelques mois, je suis presque sûre que je vais aimer mais je repousse toujours cette lecture, parce que ça a l'air vraiment horrible...
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 27 Avr 2011 - 17:31

Tu ne devrais pas trop repousser, Esperluette. Après tout, ce n'est pas pire qu'Orwell et Orwell est à la page en ce moment. lol!

J'ajoute que dans ce livre, il y a des gens qui se battent, qui résistent, ce qui donne toujours de l'espoir. sunny

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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Mer 27 Avr 2011 - 17:35

Bon, puisque j'ai survécu à 1984 il n'y a pas de raison... lol!
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MessageSujet: Re: Margaret ATWOOD   Jeu 28 Avr 2011 - 12:42

La servante écarlate est le premier livre de Margaret Atwood que j'ai lu, après avoir vu le film il y a quelques années.
J'avais été très impression par le film, quasi choqué, et la lecture du livre m'a achevée...
Vraiment je me susi sentie mal en tant que femme avec cette histoire, qui m'a conquise.
Ensuite, le style de Margaret Atwood m'ayant conquise, j'ai enchainé avec la Voleuse d'Homme puis le Journal de Grace et l'histoire des Chase.
Tous m'ont plu bien que j'ai trouvé l'histoire des Chase assez longue et parfois un peu "roborative" mais je me suis accroché.

Margaret Atwood mériterait vraiment à mon sens davantage de diffusion et de critiques car elle a un beau style d'écrivain.
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