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 Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011

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Fred
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Mer 23 Nov 2011 - 14:29

Je rajoute la traduction de Michel Laporte pour l'édition Livre de Poche jeunesse 2011. Le texte est condensé.

Citation :
C'est une vérité universellement admise qu'un célibataire en possession d'une belle fortune a forcément besoin d'une épouse.
Si peu connu que soient les sentiments ou les intentions d'un tel homme qui s'installe quelque part, cette vérité est tellement ancrée dans les esprits des familles du voisinage qu'elles le considèrent comme la légitime propriété de l'une ou l'autre de leurs filles

Citation :
Ils furent interrompus par Mary qui, à la demande de ses soeurs cadettes, s'était mise au piano. Elle joua des airs écossais. Les jeunes demoiselles Bennet se mirent à danser dans un coin du salon avec les jeunes Lucas et quelques officiers. Mr Darcy demeura debout en silence, indigné par cette manière de passer la soirée au détriment de toute conversation. Il était tout absorbé dans ses pensées quand Sir William lui adressa la parole:
- Quel charmante récréation pour les jeunes gens, Mr Darcy! Pour ma part, je regarde la danse comme un des grands raffinements d'une société policée.
- Certes, monsieur. Et, elle a, de plus, l'avantage d'être en vogue chez les peuples moins civilisés: les sauvages dansent!
Sir William se contenta de sourire en guise de réponse.
A ce moment, Elizabeth s'étant rapprochée d'eux, il lui vint à l'idée une galanterie. Il l'appela:
- Ma chère Miss Eliza, lui dit-il, pourquoi ne dansez-vous pas? Mr Darcy, vous devez me permettre de vous présenter cette demoiselle comme une excellente cavalière. Vous ne pouvez refuser de danser quand tant de beauté est face à vous.
Prenant la main d'Elizabeth, il la donna à Mr Darcy, qui, bien que surpris, ne fut pas fâché de la recevoir. Mais elle la retira, fit un pas en arrière et dit à Sir William:
- En vérité, monsieur, je n'ai pas envie de danser. Croyez bien que je ne suis pas venue de ce côté pour mendier un cavalier.
Mr Darcy, avec gravité, la pria de l'honorer d'une danse, mais ce fut vain. Elizabeth était résolue et Sir William ne put la faire changer d'avis. Elle les regarda d'un air malicieux et s'éloigna.
Son refus ne lui fit pas de tort auprès de Mr Darcy. Au contraire, il pensait à elle avec plaisir lorsque Miss Bingley le rejoignit.
- Je devine le sujet de vos pensées, lui dit-elle.
- Je crois que non.
- Vous pensez combien il serait ennuyeux de passer beaucoup de soirées comme celle-ci, en pareille compagnie. Et je suis bien de votre avis, jamais je ne m'étais autant ennuyée. L'insipidité et le bruit, la petitesse et la prétention de ces gens-là... Que ne donnerais-je pas pour entendre votre avis là-dessus!
- Je vous l'ai dit: vous vous trompez. J'avais l'esprit beaucoup plus agréablement occupé. Je songeais à l'extrême plaisir que peuvent procurer les beaux yeux d'une jolie femme.
Miss Bingley le fixa et voulut savoir laquelle de ces dames il fallait créditer de cette remarque.
- Miss Elizabeth Bennet, répondit Mr Darcy avec assurance.
- Miss Elizabeth Bennet! répéta Miss Bingley. Je suis dans l'étonnement. Depuis quand a-t-elle droit à votre faveur? Et quand pourrai-je vous présenter mes félicitations?
- Voilà justement la question que j'attendais de vous! L'imagination d'une femme est si vive qu'elle passe de l'admiration à l'amour et de l'amour au mariage en un clin d'oeil. Je m'y attendais.
- Eh bien! Puisque vous voici tellement sérieux, je considère que c'en est fait. Vous aurez une belle-mère exquise, et qui, bien sûr, viendra vivre avec vous à Pemberley.
Il l'écouta avec une totale indifférence tout le temps qu'elle plaisanta sur le sujet, et comme sa placidité l'assurait qu'il n'y avait rien de grave, ses moqueries durèrent longtemps.
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Mer 23 Nov 2011 - 14:50

Merci pour ces extraits, Fred. C'est très intéressant de voir ce qui a été coupé. Les détails sur Sir Lucas passent à la trappe. Je dirais que c'est de bonne guerre, lorsqu'on condense, de s'attarder moins sur les personnages secondaires. Neutral

Le style de Michel Laporte est agréable. Very Happy

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 23 Déc 2011 - 0:39

Même si le Livre de Poche (trad. Sophie Chiari) est sorti en décembre 2011, je recopie ici les même extraits que plus haut pour compléter notre collection:

La première phrase:
Citation :
C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit être en quête d'une épouse.
Si secrets que puissent être les sentiments ou les visées d'un homme lorsqu'il s'installe quelque part, cette vérité est tellement ancrée dans l'esprit des familles des environs qu'elles voient en lui la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles.

La soirée chez les sauvages Lucas:
Citation :
Mary n’avait ni génie ni goût et, si la vanité lui avait donné de l’application à l’étude, elle lui avait également donné des manières pédantes et suffisantes, ce qui aurait suffi à gâter un plus grand talent que le sien. On avait eu beaucoup plus de plaisir à entendre Elisabeth, au jeu simple et sans affectation, quoiqu’elle ne jouât pas aussi bien. Mary, à la fin d’un long concerto, fut heureuse de glaner quelques louanges en jouant des airs écossais et irlandais à la demande de ses sœurs cadettes qui, avec quelques uns des Lucas ainsi que deux ou trois officiers, se mirent à danser gaiement dans un coin du salon.
Mr Darcy les regardait en silence, indigné que l’on pût ainsi passer la soirée, ce qui le privait de toute conversation ; il était trop absorbé dans ses pensées pour s’apercevoir que Sir William Lucas était à ses côtés, jusqu’à ce que ce dernier lui adressât enfin la parole :
― Voilà un divertissement bien charmant pour les jeunes gens, Mr Darcy ! Il n’y a rien de comparable à la danse après tout. Je trouve que c’est l’un des plus grands raffinements des sociétés civilisées.
― Sans doute, monsieur, et elle a l’avantage d’être également en vogue parmi les peuples les moins civilisés du monde. Tous les sauvages savent danser.
Sir William se contenta de sourire.
― Votre ami danse à merveille, poursuivit-il après un moment de silence, en voyant Mr Bingley rejoindre le groupe, et je ne doute pas que vous en soyez parfaitement capable vous-même, Mr Darcy.
― Vous m’avez vu danser à Meryton, il me semble, monsieur.
― En effet, avec un plaisir certain. Vous dansez souvent à Saint-James ?
― Jamais, monsieur.
― Ne croyez-vous pas, cependant, qu’un tel lieu le mériterait ?
― C’est là un hommage que je ne rends jamais à aucun endroit, si je peux l’éviter.
― J’en conclus que vous avez une maison à Londres ?
Mr Darcy hocha la tête.
― Moi-même, j’avais d’abord eu envie de m’y fixer, car j’aime la bonne société, mais je n’étais pas sûr que l’air de la ville aurait convenu à Lady Lucas.
Il se tut, espérant une réponse, mais son interlocuteur n’était pas disposé à en faire et, comme Elisabeth s’approchait d’eux à cet instant, il eut envie de se montrer galant et il l’apostropha :
― Ma chère Miss Elisa, pourquoi ne dansez-vous pas ? Mr Darcy, permettez-moi de vous présenter cette jeune femme qui fait une très bonne cavalière. Vous ne pouvez refuser de danser, j’en suis sûr, quand tant de beauté se tient là devant vous.
Et, prenant la main d’Elisabeth, il s’apprêtait à la donner à Mr Darcy qui, bien qu’extrêmement surpris, n’était pas fâché de la prendre, lorsqu’elle recula soudainement et dit avec embarras à Sir William :
― En vérité, monsieur, je n’ai pas la moindre intention de danser. N’allez surtout pas croire que je suis venue par ici pour quémander un cavalier.
Mr Darcy, l’air grave, la pria de lui accorder l’honneur d’une danse, mais en vain. Elisabeth était déterminée, et tous les efforts de Sir William ne purent la fléchir.
― Vous dansez si bien, Miss Elisa, qu’il est cruel de me priver du bonheur de vous regarder ; et même si ce monsieur ne montre en général que peu de goût pour ce type de divertissement, je suis certain qu’il ne voit pas d’objection à nous faire ce plaisir pendant une demi-heure.
― Mr Darcy est la politesse faite homme, dit Elisabeth en souriant.
― Oui, c’est vrai… mais vu vos charmes, mademoiselle, on ne saurait s’étonner de sa complaisance, car qui pourrait refuser une telle partenaire ?
Elisabeth prit un air malicieux et s’éloigna. Son refus ne lui avait pas nui aux yeux du jeune homme, et il pensait à elle avec plaisir lorsqu’il fut rejoint par Miss Bingley.
― Je crois deviner à quoi vous songez, lui dit-elle.
― Cela m’étonnerait fort.
― Vous vous dites à quel point il serait insupportable de passer beaucoup de soirées comme celle-ci en pareille compagnie, et je suis bien de votre avis. Jamais je ne me suis autant ennuyée ! Ces gens sont insipides et pourtant si bruyants ! Insignifiants mais imbus d’eux-mêmes ! Je donnerais cher pour vous entendre les critiquer !
― Vous vous trompez du tout au tout, je vous assure. Mon imagination était plus agréablement occupée. J’étais en train de méditer sur l’extrême plaisir que peuvent causer les beaux yeux d’une jolie femme.
A ces mots Miss Bingley se mit à le regarder fixement et voulut savoir quelle dame avait bien pu lui inspirer de telles réflexions. Mr Darcy répondit avec beaucoup de témérité :
― Miss Elisabeth Bennet.
― Miss Elisabeth Bennet ! répéta Miss Bingley. Je n’en reviens pas. Depuis quand a-t-elle votre faveur ? Quand pourrai-je vous adresser mes félicitations ?
― Voilà justement la question à laquelle je m’attendais. L’imagination des femmes est d’une grande célérité : elle passe en un instant de l’admiration à l’amour, et de l’amour au mariage. Je savais que vous me féliciteriez.
― Oh ! Si vous prenez cela tellement au sérieux, il va me falloir considérer la chose comme définitivement réglée. Vous aurez une charmante belle-mère, laquelle sera bien sûr toujours à vos côtés à Pemberley.
Il l’écouta avec une parfaite indifférence s’amuser de la sorte et, comme son impassibilité l’assurait qu’elle n’avait rien à craindre, elle ne se gêna pas pour multiplier les traits d’esprit.

J'ai trouvé cette traduction agréable, malgré quelques tournures un peu "modernes" (pas d'exemple en tête à c'tte heure) et la traduction de housekeeper par "gardienne" pour Mrs Reynolds et "gouvernante" pour Mrs Hill, qui m'a un peu surprise. Je préfère le "intendante de Pemberley" qui orne nos rangs, finalement (mais ça fait un peu trop pour Mrs Hill).
Comme j'ai relu il y a peu la traduction 10/18, j'ai pu rétrospectivement en apprécier toute l'insuffisance et les approximations. Archipoche n'a pas l'air d'un échapper non plus.
Bref, mon coeur balance entre Vierne et Chiari, pas que ça soit très intéressant d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 23 Déc 2011 - 22:52

Merci pour ces extraits, MissA. cheers Je trouve moi aussi cette traduction plutôt agréable. Je vais juste me permettre du pinailler sur deux points :

1)
Citation :
indigné que l’on pût ainsi passer la soirée, ce qui le privait de toute conversation
Rendre "to the exclusion of all conversation" par "le privait de toute conversation" me semble ne pas rendre correctement le caractère de Darcy. Je ne pense pas qu'il regrette la conversation parce qu'il en est privé, mais plutôt parce qu'il pense que cette une occupation plus raffinée que la danse. Bref, il est un peu coincé, le pauvre homme. lol!

2) Je ne suis pas fan de la traduction littérale de "complaisance". Il faut dire que le terme a de plus en plus souvent une nuance négative. Mais remis dans le contexte, et dans l'époque, on ne peut pourtant rien lui reprocher, je pense. scratch

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Lun 26 Déc 2011 - 10:04

oh comme il est intéressant ce sujet. J'ai la version Omnibus (il me semble que c'est les mêmes traductions que 10/18) et je ne m'étais jamais rendue compte de la manière dont une traduction pouvait influencer une lecture. (et qu'il y avait des passages coupés, quelle horreur !)
Je vais peut-être essayer de me procurer les VO, par défaut...
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