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 Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011

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cat47
Master of Thornfield
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Mer 1 Juin 2011 - 19:13

Merci pour la traduction de Jean Privat, Fred. Je suis comme toi, surprise mais conquise. Du coup je l'ai mise sur ma PAA (pille à acheter), je ne te remercie pas. No

Marie, ne t'en fais pas, je vais poster la traduction de Béatrice Vierne, je l'aime beaucoup moi aussi. Je tiens à préciser que je n'ai pas une édition française très ancienne. Ma version de Béatrice Vierne (Editions du Rocher) date de 1996.

Merci de t'être occupée de l'exhumation, MissAcacia, ce n'est pas nécessairement la tache la plus agréable.^^ D'accord avec toi sur le fait qu'il ne faut pas généraliser quant aux coupes, en attendant, comme on va le voir plus loin, la traduction donnée par 10/18 (ancienne, et je pense que là est le problème, on n'avait mois de respect pour le matériaux original il y a quelques dizaines d'années) ne permet pas, selon moi, d'avoir une idée précise du style de Jane Austen.

Comme promis, voici les diverses versions de la fin du chapitre six. Nous sommes chez les Lucas, nos deux héros vont avoir à gérer la galanterie de Sir William.

Désolée si j'ai fait quelques erreurs, la dactylo n'est pas mon fort. Au cas où, sachez que j'ai d'abord saisi le texte de l'édition de la Pléiade, puis j'ai copié et modifié (pas mal de modifications à faire, ce qui nous laisse présager que les nouvelles traduction apportent toujours quelque chose rabbit sunny ), je serais donc très reconnaissante si vous me signaliez les erreurs, car il n'est pas évident d'être attentif à tous les détails. Je précise que j'ai essayé de respecter la ponctuation, la casse et tout ce qui concerne l'aspect strictement formel, car je pense que cela compte aussi lorsqu'on veut vraiment apprécier et critiquer un style. Si je me suis trompée sur ces détails, n'hésitez pas à me le signaler, je ne m'indignerai pas car je pense que ces éléments ont aussi leur importance (valable également pour les espaces séparant les signes de ponctuation, l'édition du Rocher étant la seule à avoir les mêmes principes que moi, et encore).


Citation :
1) Jean-Paul Pichardie, La Pléiade (2000)

Mary n'avait ni génie, ni goût; si la vanité la voulait appliquée, elle lui avait aussi donné un air pédant et des manières prétentieuses qui auraient gâté un mérite beaucoup plus grand que le sien. Elizabeth, avec son naturel et son absence d'affectation, avait été écoutée avec beaucoup de plaisir tout en jouant deux fois moins bien; et Mary, après un concerto interminable, fut bien heureuse de s'attirer louanges et gratitude en interprétant des airs écossais et irlandais, à la demande de ses soeurs cadettes qui, avec quelques membres de la famille Lucas et deux ou trois officiers, se mirent à danser avec enthousiasme à une extrémité de la pièce.
Darcy, debout près d'eux, s'indignait en silence d'une telle manière de passer la soirée, qui bannissait toute conversation ; trop absorbé par ses propres pensées, il ne se rendit pas compte que Sir William Lucas était à ses côtés, jusqu'au moment où ce dernier l'aborda ainsi :
« Ah ! monsieur Darcy, quelle charmante distraction pour les jeunes gens ! - Rien ne vaut la danse, en fin de compte. - Selon moi, c'est un des grands raffinements des sociétés civilisées.
- Absolument, monsieur - la danse a aussi l'avantage d'être en vogue parmi les sociétés les moins civilisées au monde. - Tous les sauvages savent danser. »
Sir William se contenta de sourire. « Votre ami s'y prend à merveille », poursuivit-il après un silence, en voyant Bingley se joindre au groupe des danseurs; - « et je n'en doute pas, vous êtes vous-même un adepte de cette science, monsieur Darcy.
- Vous m'avez vu danser à Meryton, je crois, monsieur.
- Certes, et ce spectacle n'a pas été sans me donner quelque plaisir. Allez-vous souvent aux bals de la cour?
- Jamais, monsieur.
- Ne serait-ce pas le meilleur compliment qui pût se faire au palais de St James ?
- C'est un compliment que je ne fais jamais quand je peux l'éviter.
- J'en conclus que vous avez un hôtel à Londres ?
M. Darcy s'inclina.
« J'ai jadis songé à m'y installer – j'aime les compagnies les plus relevées, voyez-vous ; cependant, je n'étais pas tout à fait sûr que l'air convînt à Lady Lucas. »
Il s'interrompit dans l'espoir d'une réponse ; mais son interlocuteur n'y était pas disposé ; comme Elizabeth, à cet instant, venait vers eux, Sir William eut soudain cette idée de faire quelque chose de très galant et lui cria :
« Chère Eliza, pourquoi ne dansez-vous pas ? - Monsieur Darcy, voulez-vous me permettre de vous présenter cette jeune fille, elle est tout ce que l'on peut désirer comme cavalière. - Voyons, vous ne pouvez refuser, quand tant de beauté s'offre à vos yeux. » Et, prenant la main d'Elizabeth, il voulait la donner à M. Darcy qui, bien qu'extrêmement surpris, ne songeait pas à la repousser, quand Elizabeth recula aussitôt et, non sans émoi, dit à Sir William :
« Mais, monsieur, je n'ai pas la moindre intention de danser. - Je vous en prie, n'imaginez pas que je venais ici pour mendier un danseur. »
Darcy, du ton le plus sérieux et le plus convenable, lui demanda de lui faire l'honneur de lui donner le bras ; mais en vain, Elizabeth resta inébranlable ; et Sir William ne parvint nullement à entamer sa détermination par les efforts qu'il fit pour la persuader.
« Vous dansez de manière si parfaite, mademoiselle Eliza, qu'il est cruel de me refuser le bonheur de vous regarder ; bien que monsieur déteste cet amusement dans l'absolu, je suis certain qu'il ne peut refuser de nous obliger durant une demi-heure.
- M. Darcy est la politesse même, dit Elizabeth avec un sourire.
- En effet, - mais considérant l'objet de la tentation, ma chère Eliza, nous ne pouvons nous étonner de sa complaisance ; qui pourrait en effet refuser une telle partenaire? »
Elizabeth prit un air malicieux et leur tourna le dos. La résistance qu'elle leur avait opposé ne l'avait en rien desservie auprès de M. Darcy, et il songeait à elle avec un certain plaisir, quand Mlle Bingley l'aborda ainsi :
« Vous rêvez, et je devine à quoi.
- Cela m'étonnerait.
- Vous vous dites qu'il serait insupportable de passer plusieurs soirées de cette manière – et en telle compagnie ; et ma foi, je suis bien de votre avis. De ma vie je n'ai éprouvé un sentiment aussi mortel ! Ces gens sont tous d'un insipide et pourtant d'un bruyant ; quel néant et pourtant quelle suffisance ! - Que ne donnerais-je pas pour vous entendre les censurer !
- Vous conjecturez mal, je vous assure. Mon esprit était occupé plus agréablement. Je méditais sur l'extrême plaisir que de beaux yeux peuvent procurer, sur le visage d'une jolie femme.  »
Mlle Bingley posa aussitôt les siens sur lui et le pria de bien vouloir lui dire qui était la dame capable d'inspirer pareilles réflexions. M. Darcy répondit avec une grande intrépidité :
« Mlle Elizabeth Bennet.
- Mlle Elizabeth Bennet ! répéta Mlle Bingley. Je suis sidérée. Depuis quand jouit-elle d'une telle faveur? - Et, de grâce, quand faudra-t-il vous souhaiter beaucoup de bonheur ?
- Voilà bien la question que j'attendais de vous. L'imagination des femmes va très vite ; en un instant, elle court de l'admiration à l'amour, et de l'amour au mariage. Je savais que vous me souhaiteriez beaucoup de bonheur.
- J'irai même plus loin, si vous prenez la chose avec tant de sérieux, je vais devoir la considérer comme définitivement réglée. Ah! La charmante belle-mère que vous allez avoir et, bien sûr, elle ne bougera pas de Pemberley. »
Il l'écouta avec une parfaite indifférence, tant qu'elle voulut bien se divertir de la sorte et, comme son impassibilité démontrait que rien n'était à craindre, le flot de ses traits d'esprit ne se tarit pas de longtemps.

"House in town" est traduit par "hôtel à Londres" : seule traduction qui utilise le mot "hôtel". Je n'ai rien contre, mais il y a un aspect explicatif qui n'est pas nécessaire.
"lui cria" : seule traduction qui traduit "cried" par "cria". Je préfère nettement "s'écria" ou les autres traductions.
"elle est tout ce que l'on peut désirer comme cavalière" : pas très élégant.
"les censurer" : bof, bof.
"vous conjecturez mal" : pas très inspiré non plus. Qui utiliserait ces termes? scratch Et les comprendrait? lol!
"sur l'extrême plaisir que de beaux yeux peuvent procurer, sur le visage d'une jolie femme." : une virgule qui peut faire penser que Darcy médite séparément sur les yeux et le visage, mais je suis très puriste, là. lol!

Je pense que c'est la traduction qui respecte le mieux la ponctuation d'origine, pour autant que celle-ci soit correcte dans mes VO et dans les versions que l'on trouve sur le net.



Citation :
2) Leconte et Ch. Pressoir, 10/18 (traduction datant de 1932 pour la librairie Plon)


Mary, la seule de demoiselles Bennet qui ne fût pas jolie (1) se donnait beaucoup de peine pour perfectionner son éducation. Malheureusement, la vanité qui animait son ardeur au travail lui donnait en même temps un air pédant et satisfait qui aurait gâté un talent plus grand que le sien. Elizabeth jouait beaucoup moins bien que Mary, mais, simple et naturelle, on l'avait écoutée avec plus de plaisir que sa soeur. A la fin d'un interminable concerto, Mary fut heureuse d'obtenir quelques bravos en jouant des airs écossais (2) réclamés par de ses plus jeunes soeurs qui se mirent à danser à l'autre (3) bout du salon avec deux ou trois officiers et quelques membres de la famille Lucas.
Non loin de là, Mr. Darcy regardait les danseurs avec désapprobation, ne comprenant pas qu'on pût ainsi passer toute une soirée sans réserver un moment pour la conversation ; il fut soudain tiré de ses réflexions par la voix de sir William Lucas (4) :
Quel joli divertissement pour la jeunesse que la danse, Mr Darcy ! A mon avis c'est le plaisir le plus raffiné des sociétés civilisées.
- Certainement, monsieur, et il a l'avantage d'être également en faveur parmi les sociétés les moins civilisées : tous les sauvages dansent. (5)
Sir William se contenta de sourire.
- Votre ami danse à la perfection, continua-t-il au bout d'un instant en voyant Bingley se joindre au groupe des danseurs. Je ne doute pas que vous-même, Mr Darcy, vous n'excelliez dans cet art. (15)Dansez-vous souvent à la cour ? (6)
- Jamais, monsieur.
- Ce noble lieu mériterait pourtant cet hommage de votre part.
- C'est un hommage que je me dispense toujours de rendre lorsque je peux m'en dispenser. (7)
- Vous avez un hôtel à Londres, m'a-t-on dit? (8)
M. Darcy s'inclina mais ne répondit rien. (9)
- J'ai eu jadis des velléités de m'y fixer moi-même car j'aurais aimé vivre dans un monde cultivé, mais j'ai crains que l'air de la ville ne fût contraire à la santé de Lady Lucas.
Ces confidences restèrent encore sans réponse. Voyant alors Elizabeth,qui venait de leur côté, sir William eut une idée qui lui sembla des plus galantes.
- Comment, ma chère miss Eliza, vous ne dansez pas ? s'exclama-t-il. Mr. Darcy, laissez-moi vous présenter cette jeune fille comme une danseuse remarquable. Devant tant de beauté et de charme, je suis certain que vous ne vous déroberez pas.
Et, saisissant la main d'Elizabeth, il allait la placer dans celle de Mr. Darcy qui, tout étonné, l'aurait cependant prise volontiers, lorsque la jeune fille la retira brusquement en disant d'un ton vif :
- En vérité, monsieur, je n'ai pas la moindre envie de danser et je vous prie de croire que je ne venais point de ce côté quêter un cavalier.
Avec courtoisie, Mr. Darcy insista pour qu'elle consentît à lui donner la main, mais ce fût en vain. La décision d'Elizabeth était irrévocable et Sir William lui-même ne put l'en faire revenir.
- Vous dansez si bien, miss Eliza, qu'il est cruel de me priver du plaisir de vous regarder, et Mr. Darcy, bien qu'il apprécie peu ce passe-temps, était certainement tout prêt à me donner satisfaction pendant une demi-heure. (10)

ET LA, DEUX PHRASES ENTIERES PASSENT A LA TRAPPE.
(11)

Elizabeth sourit d'un air moqueur et s'éloigna. (12) Son refus ne lui avait point fait tort auprès de Mr. Darcy, et il pensait à elle avec une certaine complaisance lorsqu'il se vit interpeler par miss Bingley.
- Je devine le sujet de vos méditation, dit elle. (13)
- En êtes-vous sûre?
- Vous songez certainement qu'il vous serait bien désagréable de passer beaucoup de soirées dans le genre de celle-ci. C'est aussi mon avis. Dieu que ces gens sont insignifiants, vulgaires et prétentieux! (14) Je donnerais beaucoup pour vous entendre dire ce que vous pensez d'eux.
- Vous vous trompez tout à fait ; mes réflexions étaient d'une nature beaucoup plus agréable ; je songeais seulement au grand plaisir que peuvent donner deux beaux yeux dans le visage d'une jolie femme.
Miss Bingley le regarda fixement en lui demandant quelle personne pouvait lui inspirer ce genre de réflexion.
- Miss Elizabeth Bennet, répondit Mr. Darcy sans sourciller.
- Miss Elizabeth Bennet ! répéta Miss Bingley. Je n'en reviens pas. Depuis combien de temps occupe-t-elle ainsi vos pensées, et quand faudra-t-il que je présente mes voeux de bonheur?
- Voilà bien la question que j'attendais. L'imagination des femmes court vite et saute en clin d'oeil de l'admiration à l'amour et de l'amour au mariage. J'étais sûr que vous alliez m'offrir vos félicitations.
- Oh ! si vous le prenez ainsi, je considère la chose comme faite. Vous aurez en vérité une délicieuse belle-mère et qui vous tiendra sans doute souvent compagnie à Pembereley.
Mr. Darcy écouta ces plaisanteries avec la plus parfaite indifférence et, rassurée par son air impassible, miss Bingley donna libre court à sa verve moqueuse.

(1) Les traducteurs incorporent ici un élément du paragraphe précédent et démontrent, comme dans l'incipit, qu'ils considèrent la structure du texte originel comme faible. Ils réorganisent, adaptent et montrent peu de respect pour le style de l'auteur. La répartition entre paragraphes, c'est bien un élément important du style, non?
(2) Seule traduction qui supprime "irlandais" : raison politiques??? scratch
(3) Seule traduction qui dit que c'est à l'autre bout : on veut guider le lecteur?
(4) Seule traduction qui fait un raccourci en ne précisant par que c'est parce que Darcy est plongé dans ses pensées qu'il ne se rend pas compte que Sir William est à côté de lui.
(5) Seule traduction qui supprime le "savent" ("can"), dans la version originale. Encore une fois, je suis puriste mais c'est à lier au fait que Sir William utilise le mot "science", et du coup, "dansent" et "savent danser" n'ont pas la même saveur.
(6) Seule traduction qui ne mentionne pas Saint James : on s'adresse à un public qui ne sait pas où réside la cour anglaise à cette époque. Pas grave mais assez représentatif de la façon ancienne de traduire, qui explique en même temps.
(7) "je me dispense toujours de rendre lorsque je peux m'en dispenser" : répétition que l'on ne retrouve dans aucune autre traduction. Normal, JA s'en dispense!
(8) Ajout des traducteurs : en fait on n'a rien dit à Sir Lucas, Darcy est assez grand pour tirer ses conclusion de ce qui précède.
(9) Seule traduction qui précise que Darcy garde le silence à ce moment. Le lecteur n'est-il pas assez grand pour s'en rendre compte?
(10) Seule traduction qui laisse entendre que cela donnerait satisfaction à Sir William seulement, alors que JA utilise "us". La confusion de Lizziy est moins bien montrée.
(11) C'est là que je m'insurge. Pourquoi supprimer ces deux phrases? Surtout que la première est très importante et nous apprend beaucoup sur Lizzie, son humour et ses sentiments. La traduction supprime une de ses piques fameuses, qui nous apprend qu'elle n'a pas oublié que Darcy ne s'était pas montré très poli lors de leur première rencontre et qu'elle n'hésite pas à faire un trait d'humour en le lui rappelant. Razz Twisted Evil Cool lol!
(12) Elle s'éloigna? Elle lui a tourné le dos, non mais. C'est quoi cet euphémisme? Twisted Evil Razz Mais bien sûr, jamais une jeune fille de bonne famille ne tournerait le dos dans ces circonstances, non? Et pourtant JA a écrit "turned away". Lizzie est parfois malicieuse mais, parfois un peu plus... Ce que Joe Wright et KK ont très bien capté dans une scène du bal de Meryton, qui me rappelle beaucoup ce passage du livre, même si la version 2005 zappe la réunion chez les Lucas. bounce bounce bounce
(13) Le "dit-elle" est ajouté par les traducteurs. Pourquoi? scratch
(14) Seule traduction qui diminue le nombre d'adjectifs et n'essaie pas de rendre les deux oppositions que JA a soigneusement insérées dans son texte. Suspect Neutral
(15) Deux phrases sont escamotées ici aussi, on nous prive de la riposte sarcastique de Darcy. Rolling Eyes


Ma conclusion : si on s'en tient à ce passage, il est difficile de se faire une idée précise du style de JA, me semble-t-il. rendeer Beaucoup trop de modifications et de phrases qui manquent.


Citation :
3) Laurent Bury, Flammarion (2009)

Mary n'avait ni génie, ni goût. Sa vanité lui donnait de l'application, mais lui conférait aussi un air pédant et des façons prétentieuses qui auraient nui même à une pianiste bien supérieure. Simple et dépourvue de toute affectation, Elizabeth avait été écoutée avec bien plus de plaisir alors qu'elle jouait beaucoup moins bien. A la fin d'un long concerto, Mary fut bien aise de s'attirer des éloges et des remerciements en interprétant des airs écossais et irlandais, à la demande de ses soeurs cadettes qui s'étaient mises à danser avec ardeur à un bout de la pièce, avec quelques-uns des jeunes Lucas et deux ou trois officiers.
Mr Darcy se tenait à côté, en proie à une indignation silencieuses face à cette manière de passer la soirée, qui excluait toute conversation. Il était trop absorbé par ses pensées pour remarquer que Sir William Lucas était son voisin, jusqu'au moment où celui-ci s'exclama :
- Quel charmant amusement pour les jeunes gens, Mr Darcy ! Rien ne vaut la danse, après tout. J'y vois l'un des premiers raffinements des sociétés civilisées.
- Certainement, monsieur, et elle a aussi l'avantage d'être en vogue parmi les sociétés les moins civilisées au monde. Tous les sauvages savent danser. »
Sir William se contenta de sourire.
- Votre ami danse à merveille, reprit-il après une pause, en voyant Bingley se joindre au groupe. Et je suis certain que vous êtes vous-même un adepte de cette science, Mr Darcy.
- Vous m'avez vu danser à Meryton, je crois.
- En effet, et j'ai pris un plaisir non négligeable à vous voir. Dansez-vous souvent à Saint-James ?
- Jamais.
- Ne croyez-vous pas que le lieu mérite ce sacrifice de votre part ?
- C'est un sacrifice que je ne fais nulle part quand je peux l'éviter.
- J'en conclus que vous avez une maison à Londres?
Mr Darcy s'inclina.
- J'ai envisagé de m'y établir moi-même car je goûte la compagnies de la haute société, je n'étais pas sûr que Lady Lucas tolérât l'air de Londres.
Il se tut dans l'espoir de susciter une réponse, mais son compagnon n'était pas disposé à lui en donner une. Comme Elizabeth se dirigeait alors vers eux, Sir William eut l'idée de se montrer très galant et la héla :
- Ma chère Miss Eliza, pourquoi ne dansez-vous pas ? Mr Darcy, permettez-moi de vous présenter cette demoiselle qui serait pour vous une cavalière parfaite. Vous ne pouvez refuser de danser, quand tant de beauté s'offre à vos yeux.
Il prit la main de la jeune fille pour la remettre à M. Darcy qui, bien qu'extrêmement surpris, n'avait rien contre l'idée de la prendre, mais Elizabeth recula bien vite et dit à Sir William, non sans agitation :
- Je vous assure, monsieur, que je n'ai nullement l'intention de danser. N'allez pas croire, je vous en prie, que je venais ici vous supplier de me trouver un cavalier.
L'air grave, Mr Darcy sollicita solennellement l'honneur de danser avec elle mais en vain. Elizabeth était déterminée et Sir William ne put ébranler sa résolution malgré tous ses efforts pour la convaincre.
- Vous dansez si bien, mademoiselle Eliza, qu'il est cruel de me refuser la joie de vous regarder évoluer et, bien que ce monsieur n'aime guère cet amusement en général, je suis sûr qu'il ne voit aucune objection à nous faire plaisir pendant une demi-heure.
- M. Darcy est la politesse même, dit Elizabeth en souriant.
- C'est vrai, mais vu l'appât (1) , ma chère Miss Eliza, on ne saurait s'étonner de sa complaisance. Qui trouverait à redire à une telle cavalière?
Elizabeth prit une mine espiègle et leur tourna le dos. Sa résistance ne l'avait pas desservie aux yeux de Darcy, qui pensait à elle avec une certaine satisfaction, lorsqu'il fut accosté par Miss Bingley :
- Je devine le sujet de votre rêverie.
- Je ne crois pas, non.
- Vous songez combien il serait intolérable de passer plusieurs soirées de cette façon, en pareille compagnie. Et je suis bien de votre avis. Jamais je ne me suis plus ennuyée ! Tous ces gens sont insipides et pourtant si bruyants ! Ils sont si peu de choses et pourtant ils se croient si importants ! Je donnerais cher pour vous entendre les dénigrer.
- Votre hypothèse est entièrement fausse, je vous assure. Mon esprit s'occupait plus agréablement. Je méditais sur l'intense plaisir que procurent deux yeux magnifiques dans le visage d'une jolie femme.
Miss Bingley fixa aussitôt les yeux sur lui et voulut savoir quelle dame avait le mérite d'inspirer de telles réflexions. Mr Darcy répondit, intrépide :
- Miss Elizabeth Bennet.
- Miss Elizabeth Bennet ! répéta Miss Bingley. Je n'en reviens pas. Depuis combien de temps jouit-elle de votre faveur? Quand devrai-je vous féliciter pour cette union ?
- Je m'attendais exactement à cette question de votre part. Les dames ont l'imagination très rapide; elles passent en un instant de l'admiration à l'amour, et de l'amour au mariage. Je savais que vous me féliciteriez.
- Ah! Si vous êtes si sérieux, je considérerai la chose comme absolument réglée. Vous aurez une belle-mère charmante , en vérité, et elle sera toujours à Pemberley avec vous, bien sûr.
Il l'écouta dans la plus totale indifférence, pendant tout le temps qu'il lui plut de se divertir ainsi. A le voir si calme, elle se crut en terrain sûr et donna libre cours à son esprit.

(1) Je n'aime pas trop cette métaphore cynégétique. scratch Suspect Rolling Eyes

Je m'arrête un instant, là. Parce que mon message a déjà atteint une certaine longueur, et que je dois nourrir ma famille. Je reviens avec les deux autres traductions.

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There are things so beautiful that they let you not mind that you will grow old and die.

Good angel of Prime Bright Loulou, lycanophila ma non seriosa


Dernière édition par cat47 le Jeu 2 Juin 2011 - 0:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Mer 1 Juin 2011 - 23:59

Je continue avec la quatrième traduction. sunny

Citation :
4) Pierre Goubert, Folio

Mary n'avait en partage (1) ni bon goût, ni dispositions naturelles, et si la vanité l'avait rendue studieuse, elle lui avait aussi donné un air affecté et prétentieux qui auraient nui à des capacités plus éminentes que celles auxquelles elle avait atteint (2) . Simple et dépourvue de toute affectation, Elizabeth, qui ne faisait pas d'embarras, avait été écoutée avec beaucoup plus de plaisir, bien que moins bonne pianiste. Au terme d'un long concerto, Mary fut heureuse de s'attirer éloges et gratitude en jouant de petites (3) mélodies écossaises et irlandaises, à la requête de ses jeunes soeurs qui, avec quelques-uns des Lucas et deux ou trois officiers, firent vite à se mettre en danse (4) à une extrémité de la pièce.
Près d'eux se tenait M. Darcy qui sans rien dire s'indignait d'une pareille manière de passer la soirée ne permettant aucune conversation. Trop occupé par ses pensées, il s'aperçut que Sir William Lucas s'était approché de lui seulement en l'entendant lui adresser la parole.
« Quel merveilleux divertissement pour des jeunes gens, n'est-ce pas, M. Darcy ? Rien ne vaut la danse, en fin de compte. Je la tiens pour l'un des plus grands raffinements des sociétés civilisées.
- Vous avez raison, monsieur, et elle a de surcroit l'avantage d'être en vogue également parmi les plus barbares. Tous les sauvages savent danser. »
Sir William se contenta de sourire.
« Votre ami est un merveilleux danseur, reprit-il après une pause, en voyant Bingley se joindre aux autres. Et je ne doute pas que vous-même ne soyez passé maître en cet art.
- Vous m'avez vu à l'oeuvre à Meryton, je crois, monsieur.
- Oui, c'est vrai, et le spectacle n'a pas été sans me procurer un grand plaisir. Dansez-vous souvent à St. James's (5) ?
- Jamais, Monsieur.
- Ne croyez-vous pas que ce serait un juste hommage à rendre à la grandeur de ce lieu ?
- C'est un hommage que je ne rends à aucun lieu – lorsque je puis m'en dispenser.
- Dois-je en conclure que vous avez à Londres un hôtel particulier? » (6)
M. Darcy s'inclina.
« J'ai songé autrefois moi-même m'installer à Londres, car j'aime fréquenter les personnes du meilleur monde. Mais je n'étais pas absolument sûr que l'air de la capitale convînt à Lady Lucas. »
Il se tut, dans l'espoir d'une réponse, mais son compagnon n'était pas disposé à lui en donner une. Comme Elizabeth à cet instant passait par là, Sir William eut alors envie de faire quelque chose de très galant et l'interpella. (7)
« Ma chère mademoiselle Eliza, pourquoi ne dansez-vous pas ? Monsieur Darcy, permettez-moi de vous présenter avec cette jeune demoiselle une partenaire des plus désirables. (8) Il vous sera impossible de vous dérober, j'en suis certain, en présence de tant de beauté. »
Il lui prit la main et s'apprêtait à la mettre dans celle de M. Darcy qui, bien qu'extrêmement surpris, n'était pas opposé à la prendre, quand la jeune fille eut un mouvement de recul et dit à Sir William, non sans manifester de l'émotion :
« Je vous assure, monsieur, je n'ai pas la moindre intention de danser. Surtout n'allez pas croire que je venais de ce côté pour mendier un cavalier. »
Avec une politesse étudiée, M. Darcy sollicita l'honneur d'être ce cavalier-là, mais en vain. Elizabeth était déterminée et Sir William n'ébranla nullement cette détermination en tentant de la persuader.
« Vous dansez si bien, mademoiselle Eliza, qu'il est cruel de me refuser la joie de vous regarder évoluer et, bien que ce monsieur n'ait, de manière générale, pas de goût pour cet amusement, il ne verrait pas d'objection, j'en suis sûr, à nous obliger pour une demi-heure.
- M. Darcy est très aimable, repartit Elizabeth en souriant.
- Il l'est à n'en pas douter mais, chère mademoiselle Eliza, considérant l'incitation qui lui est offerte, nous ne pouvons nous étonner de sa complaisance. Qui pourrait dire non à une telle partenaire? »
Elizabeth se détourna avec un regard malicieux. Sa résistance ne lui avait fait aucun tort auprès du jeune homme, et il songeait à elle, non sans y trouver du charme, quand Mlle Bingley l'accosta.
« Je puis deviner le sujet de votre rêverie.
- Cela me surprendrait.
- Vous vous dites qu'il serait insupportable de passer beaucoup de soirées de manière-là, dans une société pareille, et je suis tout à fait de votre avis. Jamais je n'ai été aussi dégoûtée ! Tous ces gens insipides et cependant bruyants, qui ne sont rien et s'imaginent compter pour quelque chose. Que ne donnerais-je pas pour vous entendre les égratigner.
- Vous vous trompez du tout au tout dans vos suppositions je vous assure. Mon esprit se livrait à des réflexions plus agréables. Je méditais sur le très grand plaisir que peuvent procurer deux beaux yeux dans la physionomie (9) d'une jolie fille.  »
Aussitôt Mlle Bingley scruta son visage et voulut savoir le nom de la personne qui avait le pouvoir d'inspirer de telles pensées. Mr Darcy répondit hardiment :
« Mademoiselle Elizabeth Bennet.
- Mademoiselle Elizabeth Bennet ! répéta Mlle Bingley. Vous me stupéfiez. Depuis combien de temps est-elle votre favorite? Et quand, s'il-vous plaît, devrai-je vous adresser des félicitations ?
- C'est exactement la question que j'attendais de votre part. L'imagination d'une femme est très prompte. Elle vole de l'admiration à l'amour et de l'amour au mariage en quelques secondes. Je savais que vous me féliciteriez.
- J'irai même plus loin. Si vous prenez la chose aussi sérieusement, je vais devoir considérer l'affaire comme absolument réglée. Vous aurez une charmante belle-mère, à n'en pas douter, et naturellement, elle sera toujours près de vous à Pemberley.
Il l'écouta dans une indifférence totale tant qu'elle choisit de s'amuser de cette façon et, comme cette sérénité l'assurait que rien n'était à craindre, elle donna longtemps libre cours à sa verve.

(1) Veut bien faire. lol! Disons que si on veut utiliser un langage surrané, on n'est pas obligé d'ajouter des mots. Razz
(2) Voilà qui confirme la remarque précédente. rabbit
(3) Seule traduction qui précise que les airs populaires sont de plus bas étages que les concertos, merci, mais on avait compris.
(4) Se mettre en danse? Mais où donc P. Goubert est-il allé chercher cette expression? scratch
(5) Assez étonnamment, cette version garde la syntaxe anglaise. Shocked
(6) Ah, j'ai médis, encore une fois le traducteur utilise "hôtel".
(7) "A cet instant" + "alors" dans la même phrase, n'est-ce pas un peu trop? scratch
(8) "avec cette demoiselle", bon, eh bien on a vu plus élégant, hein? rabbit
(9) Goubert est le seule à utiliser "physionomie", je ne trouve pas que cela rende très bien le style de JA. Neutral

Et voici la dernière :

Citation :
5) Béatrice Vierne, Editions du Rocher, 1996, j'imagine que c'est la même que celle du Serpent à Plume citée par wiki.

Mary n'avait pas plus de génie que de goût, et sa vanité, si elle l'avait rendue appliquée, lui avait aussi donné un air prétentieux et des façons pédantes qui eussent nui à un talent bien supérieur au sien. On avait écouté Elizabeth, simple et sans affectation, avec beaucoup plus de plaisir alors qu'elle jouait nettement moins bien ; et Mary, lorsqu'elle eut terminé un long morceau, s'estima heureuse de pouvoir glaner des éloges et susciter un peu de gratitude en jouant des airs écossais et irlandais, à la demande de ses deux soeurs cadettes qui, en compagnie de quelques jeunes Lucas et deux ou trois officiers, avaient formé un embryon de bal, à un bout du salon.
Mr Darcy, se tenait tout près d'eux, rempli d'une muette réprobation (1) à les voir passer la soirée ainsi, au détriment toute de toute conversation; pris tout entier par ses pensées (2) , il ne s'aperçut point que Sir William Lucas était à ses côtés avant de lui entendre lui adresser ces mots :
« Voici une distraction des plus plaisantes pour les jeunes gens, Mr Darcy! Tout compte fait, rien ne vaut la danse, et je la tiens, quant à moi, pour un des plus exquis raffinements des sociétés civilisées.
- Certes, monsieur, et qui possède en outre l'avantage d'être en vogue parmi les sociétés moins civilisées au monde. Tous les sauvages savent danser. »
Sir William se contenta de sourire.
« Votre ami est un danseur émérite, observa-t-il au bout de quelques instants en voyant Bingley se joindre au groupe. D'ailleurs je ne doute pas vous soyez vous-même passé maître en cet art. (3)
- Vous m'avez vu, je crois, danser à Meryton, monsieur.
- En effet, et ce ne fut pas pour moi un mince plaisir. Allez-vous souvent fréquemment danser au palais de Saint-James?
- Jamais, monsieur.
- Vous estimez peut-être que l'endroit ne se prête guère à ce genre de distraction?
- A mon avis aucun endroit public ne n'y prête.
- J'en conclus que vous avez une demeure à Londres ?
Mr. Darcy s'inclina.
« J'ai parfois songé moi aussi à m'établir dans la capitale – car j'apprécie fort le grand monde. (4) Mais je n'étais point sûr que l'air de Londres conviendrait à Lady Lucas. »
Il se tut, en espérant une réponse, mais son compagnon n'était pas disposé à la faire; apercevant, au même instant, Elizabeth qui se dirigeait vers eux, Sir William fut frappé par une idée qui lui parut du dernier galant, et l'interpella :
« Ma chère Miss Eliza, pourquoi ne dansez-vous point? - Mr Darcy, permettez-moi de vous présenter en la personne de cette jeune demoiselle une cavalière éminemment attrayante. Vous ne pourrez, j'en suis sûr, refuser de danser devant tant de beauté. » (5)
Et saisissant la main d'Elizabeth, il s'apprêtait à la mettre dans celle de Mr Darcy qui, malgré sa surprise, semblait tout disposé à la prendre lorsqu'elle la retira vivement , en déclarant à Sir William d'une voix altérée (6):
« Je vous assure, monsieur, que je n'ai aucune envie de danser. Et je prie de croire que ce n'est pas dans le but de quémander un partenaire que je suis venue par ici. »
Mr Darcy la pria aussitôt, et avec une courtoise pleine de gravité (7), de bien vouloir lui faire l'honneur de danser avec lui, mais ce fut en vain, Elizabeth était bien résolue et les supplications de Sir William en personne ne parvinrent pas à l'ébranler.
« Vous êtes si excellente danseuse, Miss Eliza, qu'il est cruel à vous de me refuser le plaisir de vous contempler. Et ce monsieur a beau être, d'une manière générale, hostile à ce passe-temps, je suis sûr qu'il ne peut voir aucune objection à nous obliger pendant une demi-heure.
« Mr Darcy est la politesse même, remarqua Elizabeth en souriant.
- Certes, mais si l'on songe à ce qui l'y incite (8), ma chère Eliza, on ne saurait s'étonner de sa complaisance : car qui refuserait une telle partenaire? »
Elizabeth se détourna avec un regard malicieux. Sa résistance avait été loin de lui nuire dans l'esprit du jeune homme, et il songeait à elle avec un certain plaisir, lorsque Miss Bingley l'aborda en ces termes :
« Je gage que je puis deviner ce à quoi vous rêvez.
- Voilà qui m'étonnerait.
- Vous êtes en train de vous dire qu'il serait tout à fait insupportable de passer plusieurs soirées ainsi – en pareille compagnie. Et je dois dire que je partage pleinement votre avis. Je suis à bout de nerfs, Tous ces gens sont aussi insipides que bruyants, aussi creux que gonflés d'eux-mêmes. Je serais bien aise d'entendre vos critiques à ce sujet.
- Votre supposition est totalement erronée, je vous assure. Mon esprit était en proie à des réflexions beaucoup plus agréables. Je méditais sur l'immense plaisir que peuvent procurer deux beaux yeux, quand ils brillent (9)dans le visage d'une jolie femme. »
Miss Bingley leva aussitôt les siens sur vers ceux de Mr Darcy et voulut savoir à quel dame revenait le mérite de lui inspirer de telles pensées. Il répondit, avec une belle intrépidité (10):
« A Miss Elizabeth Bennet.
- Miss Elizabeth Bennet ! répéta Mlle Bingley. Je suis au comble de la stupeur. Depuis quand est-elle devenue votre égérie? Et dites-moi, je vous prie, si je dois vous présenter tous vous présenter tous mes voeux de bonheur?
- Voilà justement la question que j'attendais. L'imagination des dames va bon train ; elle passe de l'admiration à l'amour, et de l'amour au mariage en un clin d'oeil. Je savais que vous alliez me présenter tous vos voeux de bonheur.
- Mon Dieu, si vous le prenez sur ce ton, je vais finir par croire que l'affaire est déjà conclue. Vous aurez en vérité une belle-mère délicieuses, qui sera, bien sûr, toujours fourrée chez vous, à Pemberley. »
Il l'écouta se divertir ainsi avec la plus parfaite indifférence, et le flegme du jeune homme l'ayant convaincue qu'il n'y avait en fait aucun danger, elle laissa libre cours à sa verve.


(1), (2), (3),(4),(6),(8),(9), (10)

(5) "refuser de danser devant tant de beauté" peut avoir deux sens, dommage

Dans l'ensemble, je trouve que Béatrice Vierne trouve le ton juste. Son style clair, concis et élégant est celui qui me semble le plus proche de prose de JA et comme elle, elle a le sens de la formule.


EDIT : et ce serait pas si mal d'avoir également l'original. sunny

Citation :
Mary had neither genius nor taste; and though vanity had given her application, it had given her likewise a pedantic air and conceited manner, which would have injured a higher degree of excellence than she had reached. Elizabeth, easy and unaffected, had been listened to with much more pleasure, though not playing half so well; and Mary, at the end of a long concerto, was glad to purchase praise and gratitude by Scotch and Irish airs, at the request of her younger sisters, who, with some of the Lucases and two or three officers, joined eagerly in dancing at one end of the room.
Mr. Darcy stood near them in silent indignation at such a mode of passing the evening, to the exclusion of all conversation, and was too much engrossed by his own thoughts to perceive that Sir William Lucas was his neighbour, till Sir William thus began.
"What a charming amusement for young people this is, Mr. Darcy! -- There is nothing like dancing after all. -- I consider it as one of the first refinements of polished societies."
"Certainly, Sir; -- and it has the advantage also of being in vogue amongst the less polished societies of the world. -- Every savage can dance."
Sir William only smiled. "Your friend performs delightfully;" he continued after a pause, on seeing Bingley join the group; -- "and I doubt not that you are an adept in the science yourself, Mr. Darcy."
"You saw me dance at Meryton, I believe, Sir."
"Yes, indeed, and received no inconsiderable pleasure from the sight. Do you often dance at St. James's?"
"Never, sir."
"Do you not think it would be a proper compliment to the place?"
"It is a compliment which I never pay to any place, if I can avoid it."
"You have a house in town, I conclude?"
Mr. Darcy bowed.
"I had once some thoughts of fixing in town myself -- for I am fond of superior society; but I did not feel quite certain that the air of London would agree with Lady Lucas."
He paused in hopes of an answer; but his companion was not disposed to make any; and Elizabeth at that instant moving towards them, he was struck with the notion of doing a very gallant thing, and called out to her,
"My dear Miss Eliza, why are not you dancing? -- Mr. Darcy, you must allow me to present this young lady to you as a very desirable partner. -- You cannot refuse to dance, I am sure, when so much beauty is before you." And taking her hand, he would have given it to Mr. Darcy, who, though extremely surprised, was not unwilling to receive it, when she instantly drew back, and said with some discomposure to Sir William,
"Indeed, Sir, I have not the least intention of dancing. -- I entreat you not to suppose that I moved this way in order to beg for a partner."
Mr. Darcy with grave propriety requested to be allowed the honour of her hand; but in vain. Elizabeth was determined; nor did Sir William at all shake her purpose by his attempt at persuasion.
"You excel so much in the dance, Miss Eliza, that it is cruel to deny me the happiness of seeing you; and though this gentleman dislikes the amusement in general, he can have no objection, I am sure, to oblige us for one half hour."
"Mr. Darcy is all politeness," said Elizabeth, smiling.
"He is indeed -- but considering the inducement, my dear Miss Eliza, we cannot wonder at his complaisance; for who would object to such a partner?"
Elizabeth looked archly, and turned away. Her resistance had not injured her with the gentleman, and he was thinking of her with some complacency, when thus accosted by Miss Bingley.
"I can guess the subject of your reverie."
"I should imagine not."
"You are considering how insupportable it would be to pass many evenings in this manner -- in such society; and indeed I am quite of your opinion. I was never more annoyed! The insipidity and yet the noise; the nothingness and yet the self-importance of all these people! -- What would I give to hear your strictures on them!"
"Your conjecture is totally wrong, I assure you. My mind was more agreeably engaged. I have been meditating on the very great pleasure which a pair of fine eyes in the face of a pretty woman can bestow."
Miss Bingley immediately fixed her eyes on his face, and desired he would tell her what lady had the credit of inspiring such reflections. Mr. Darcy replied with great intrepidity,
"Miss Elizabeth Bennet."
"Miss Elizabeth Bennet!" repeated Miss Bingley. "I am all astonishment. How long has she been such a favourite? -- and pray when am I to wish you joy?"
"That is exactly the question which I expected you to ask. A lady's imagination is very rapid; it jumps from admiration to love, from love to matrimony, in a moment. I knew you would be wishing me joy."
"Nay, if you are so serious about it, I shall consider the matter as absolutely settled. You will have a charming mother-in-law, indeed, and of course she will be always at Pemberley with you."
He listened to her with perfect indifference while she chose to entertain herself in this manner, and as his composure convinced her that all was safe, her wit flowed long.

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Jeu 2 Juin 2011 - 11:10

Wow merci Cat! ça a dû te prendre un temps fou à poster toutes ces traductions.
Maintenant, on a l'embarras du choix. J'aime beaucoup ce passage et c'est vrai que comme toi, j'aurais tendance à choisir la traduction de Béatrice Vierne, parce qu'effectivement, elle a le sens de la formule avec une pointe d'ironie qui rappelle le style de Jane Austen, même si la traduction n'est pas non plus exacte...je préfère aussi la formule: "elle se détourna avec un regard malicieux", que l'on trouve dans l'édition Folio ou dans la dernière traduction. même chose pour "tous les sauvages savent danser" et j'aime bien la formule avec les yeux "qui brillent dans le visage d'une jolie femme"
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Fred
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Jeu 2 Juin 2011 - 12:12

A mon tour de ne pas te remercier, Cat! lol! J'espère qu'il n'y a pas de fôtes de frappe ou d'orthographe, j'ai recopié sous la dictée...

Jean Privat, Archipoche

Citation :
Mary n'avait ni dispositions ni goût, et, quoique sa volonté lui eût donné l'application, elle y avait gagné une sorte de pédantisme et d'affection qui aurait déparé un degré d'excellence bien supérieur à celui qu'elle avait atteint. Elizabeth, aisée et sans prétention, avait été écoutée avec beaucoup plus de plaisir, quoique jouant beaucoup moins bien; et Mary, après avoir terminé un long concerto, fut heureuse de recueillir éloge et gratitude pour quelques airs écossais et irlandais que lui avaient demandés ces jeunes soeurs, lesquelles, avec les Lucas et deux ou trois jeunes officiers, s'étaient empressés de gagner un coin de la pièce pour danser.
Mr Darcy se tenait non loin d'elles, silencieusement indigné d'une telle façon de passer la soirée qui excluait toute conversation, et il était trop profondément absorbé par ses propres pensées pour s'apercevoir que Sir William Lucas se trouva à ses côtés, lorsque ce dernier commença:
- Quel charmant divertissement pour les jeunes gens, Mr Darcy! Il n'y a rien comme la danse, après tout. Je trouve que c'est un des plus beaux raffinements de la société civilisée.
- Certainement, monsieur. Et il présente aussi cet avantage d'être également en vogue chez les moins civilisées. Tous les sauvages pratiquent la danse.
Sir William se borna à sourire.
- Votre ami pratique cet art d'une façon délicieuse, ajouta-t-il après une pause en voyant Bingley rejoindre le groupe, et je ne doute pas que vous en soyez un adepte, Mr Darcy?
- Vous m'avez vu danser à Meryton, je suppose, monsieur.
- Oui c'est juste et mon plaisir a été grand. Dansez-vous souvent à Saint-James?
- Jamais.
- Ne pourriez-vous pas accorder cette faveur à notre réunion de ce soir?
- C'est une faveur que je n'accorde jamais à une réunion lorsque je peux l'éviter.
- Vous avez une maison en ville, je crois?
Mr Darcy s'inclina en signe d'assentiment.
- J'ai eu quelque idée de m'y fixer moi-même car je recherche la fréquentation de la bonne société, mais je ne suis pas tout à fait sûr que l'air de Londres convienne à Lady Lucas.
Il s'arrêta dans l'attente d'une réponse, mais son interlocuteur ne parut pas disposé à en faire. Et comme Elizabeth, à ce moment, avançait vers eux, l'idée lui vint de faire une chose très galante, et il l'interpella:
- Ma chère miss Eliza, pourquoi ne dansez-vous pas? Mr Darcy, permettez-moi de vous présenter cette jeune personne comme une partenaire très enviable. Vous ne pouvez pas refuser de danser, j'en suis sûr, en présence de tant de grâce!
Et, lui prenant la main, il allait la mettre dans celle de Mr Darcy, lequel, bien qu'extrêmement surpris, était prêt à la prendre, mais elle dessina à l'instant un mouvement de recul et dit, non sans quelque trouble, à Sir William:
- Vraiment non, je n'ai pas la moindre intention de danser. Je vous conjure de ne pas vous figurer que je venais chercher un cavalier.
Mr Darcy, avec gravité et convenance, la pria de lui accorder l'honneur d'une danse, mais vainement. Elle était déterminée à refuser, et Sir William ne put en aucune façon entamer sa résolution malgré tous ses efforts de persuasion.
- Vous êtes une danseuse si accomplie, miss Eliza, qu'il est cruel de me refuser le plaisir de vous contempler. Et quoique ce gentleman n'aime pas cet amusement en général, il n'aura pas d'objection, je suis sûr, à nous obliger pour une demi-heure.
- Mr Darcy est toute politesse, dit Elizabeth en souriant.
- Certainement, mais si l'on regarde au motif, ma chère miss Eliza, vous ne pouvez le louer de sa complaisance dans ce cas présent, car qui pourrait dédaigner une telle partenaire?
Elizabeth lui lança un coup d'oeil malicieux et se retira. Son refus n'avait pas fâché l'intéressé et il pensait à elle avec une certaine complaisance lorsqu'il fut interpellé en ces termes par miss Bingley:
- Je crois deviner le sujet de votre rêverie.
- Je pense que non.
- Vous réfléchissez combien il serait insupportable de passer beaucoup de soirées de cette façon, dans une telle société, et, vraiment, je suis entièrement de votre avis. Je ne me suis jamais tant ennuyée. L'insipidité et, par là-dessus, le bavardage, la nullité et, par là-dessus la vanité de tous ces gens! Que ne donnerais-je pour entendre ce que vous pensez!
- Votre conjecture est totalement fausse, je vous assure. Mon esprit était plus agréablement occupé. je réfléchissais au très grand agrément que peuvent apporter deux beaux yeux noirs dans un joli visage.
Miss Bingley, aussitôt, le regarda en face et lui exprima son désir de connaître la personne qui lui avait inspiré de telles réflexion. Mr Darcy répliqua avec une grande intrépidité:
- Miss Elizabeth Bennett.
- Miss Elizabeth Bennett... répéta miss Bingley. Je suis toute étonnée. Depuis quand est-elle en telle faveur? Et, dites-moi, quand verrais-je couronner vos voeux?
- Voilà exactement la question que j'attendais de vous. L'imagination d'une femme va très promptement. Elle saute de l'aventure à l'amour, de l'amour au mariage, en un instant. Je savais que vous souhaiteriez voir couronner mes voeux.
- Raison de plus, si vous êtes sérieux là-dessus, je dois considérer la chose comme définitivement arrêtée. Vous aurez une charmante belle-mère, certes, et elle résidera toujours avec vous à Pemberley.
Il l'écouta avec une parfaite indifférence tant qu'elle eut envie de plaisanter de cette façon et, son attitude l'ayant convaincu qu'il n'y avait rien à craindre, elle mit bientôt fin à ses sarcasmes.

Et je plussoie Marie21 pour le temps passé! Merci de l'avoir pris!
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Jeu 2 Juin 2011 - 13:21

Un grand grand merci à vous tous et surtout à toi Cat47 pour ce travail impressionnant. Je trouve la traduction de la Pléiade intéressante parce que correspondant bien au niveau de langue que j'imagine être celui de M. Darcy par exemple, mais effectivement, elle « coule" moins librement me semble-t-il, elle « accroche » un peu plus.
Par contre, celle de Béatrice Vierne est plus douce moins heurtée dans le choix de son vocabulaire, peut-être plus simple aussi ? Encore que...

« Il l'écouta se divertir ainsi avec la plus parfaite indifférence, et le flegme du jeune homme l'ayant convaincue qu'il n'y avait en fait aucun danger, elle laissa libre cours à sa verve. »

Me semble plus « juste » que

« Il l'écouta avec une parfaite indifférence, tant qu'elle voulut bien se divertir de la sorte et, comme son impassibilité démontrait que rien n'était à craindre, le flot de ses traits d'esprit ne se tarit pas de longtemps. »

Vous l'avez compris, pour moi il semble bien que Béatrice Vierne nous propose une traduction plaisante.


Je termine en vous remerciant encore pour cette passionnante conversation.
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marie21
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Jeu 2 Juin 2011 - 14:51

Fred a écrit:

Citation :
Et, lui prenant la main, il allait la mettre dans celle de Mr Darcy, lequel, bien qu'extrêmement surpris, était prêt à la prendre, mais elle dessina à l'instant un mouvement de recul et dit, non sans quelque trouble, à Sir William:
(1)
Elizabeth lui lança un coup d'oeil malicieux et se retira. (2)Son refus n'avait pas fâché l'intéressé et il pensait à elle avec une certaine complaisance lorsqu'il fut interpellé en ces termes par miss Bingley:
- Je crois deviner le sujet de votre rêverie.
- Je pense que non.
- Vous réfléchissez combien il serait insupportable de passer beaucoup de soirées de cette façon, dans une telle société, et, vraiment, je suis entièrement de votre avis. Je ne me suis jamais tant ennuyée. L'insipidité et, par là-dessus, le bavardage, la nullité et, par là-dessus la vanité de tous ces gens! Que ne donnerais-je pour entendre ce que vous pensez!
- Votre conjecture est totalement fausse, je vous assure. Mon esprit était plus agréablement occupé. je réfléchissais au très grand agrément que peuvent apporter deux beaux yeux noirs dans un joli visage. (3)
Miss Bingley, aussitôt, le regarda en face et lui exprima son désir de connaître la personne qui lui avait inspiré de telles réflexion. Mr Darcy répliqua avec une grande intrépidité:


J'aime aussi vraiment beaucoup la traduction postée par Fred, bien qu'il y ait beaucoup de termes très modernes ou peut-être justement parce qu'elle emploie des termes mais ne trahit pas vraiment l'esprit du roman d'origine. Wink c'est assez original. J'aime beaucoup en particulier la (1), (3) -je constate que le traducteur a pris le parti de dire qu' Elizabeth avait les yeux noirs. Le texte d'origine ne nous dit pas quelle est la couleur de ses yeux donc sans doute le traducteur a été influencé par les deux adaptations récentes. -
Par contre, je n'aime pas trop le terme "se retira" parce qu'il y a plusieurs sens, mais c'est plus une question de goût. Et je préfère la tournure "tous les sauvages savent danser" plutôt que "les sauvages pratiquent aussi la danse" . Wink

Merci Fred d'avoir posté cette traduction. C'est très intéressant de pouvoir comparer toutes ces traductions.
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Jeu 2 Juin 2011 - 16:23

Je prends cinq minutes avant la fin de la cuisson de mes scones aux raisins (3615 mylife Razz ) pour vous remercier Cat et Fred d'avoir pris la peine de recopier tous ces extraits, c'est vraiment intéressant de se livrer à cet exercice de comparaison.

Switcher60, si tu veux démarrer par Béatrice Vierne, je ne peux que t'encourager, cette traduction est vraiment agréable.

Cat, je sais bien que tu n'aimes pas la Plon (euphémisme ? Wink ) et je comprends bien tes raisons mais tu vas être obligée de reconnaître qu'elle emploie aussi le mot "hôtel" pour désigner la demeure de Darcy à Londres lol!

Je ne vois pas trop pourquoi opposer "tous les sauvages savent danser" et "tous les sauvages dansent". Je ne suis pas une spécialiste de l'anglais mais il me semble que l'expression "every savage can dance" (qui est l'une de mes répliques favorite dans P&P) peut admettre les deux traductions sans qu'on y trouve à redire du point de vue du sens. "Can" ne veut pas dire "savoir" c'est plus dans le sens de "sont en mesure de" ou "sont capables de", non ? Personnellement, je trouve la deuxième formulation plus percutante et donc plus darcyienne.

Sans revenir sur les nombreux défauts (dont certains inacceptables) de la traduction Plon, je trouve un peu dur de dire qu'elle trahit l'esprit et le style de Jane Austen. Après tout, c'est à travers elle que nombre (pour ne pas dire la majorité) des francophones ont découvert ce roman et je pense pouvoir dire sans me tromper de beaucoup qu'ils suffisamment perçu le style original pour apprécier et avoir envie d'en savoir plus, voire découvrir la VO. Je ne suis pas sûre que la folio puisse avoir le même effet sur un primo-lecteur. Enfin, je dis ça, je dis rien... Very Happy

Enfin, je ne trouve pas que la fidélité absolue (au vocabulaire, à la ponctuation...) fasse la qualité d'une traduction. S'il faut rester le plus près possible du texte, il est toutefois souvent impossible d'y coller si l'on veut obtenir un texte fluide dans la langue d'arrivée. Chaque langue a sa logique et ses codes. C'est du moins la difficulté à laquelle je me suis heurtée quand je faisais des traductions (à mon modeste niveau technique) depuis l'espagnol. Bon, c'est juste pour alimenter le débat...
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cat47
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 0:40

Merci pour la version de Privat, Fred. cheers Je la trouve pas mal du tout. Je suis juste surprise par le fait que la dernière phrase est traduite totalement à l'opposé de ce qu'on fait tous les autres traducteurs. scratch

Tu as raison, MissAcacia, je suis un peu dure avec les sieurs Leconte et Pressoir. Mais c'est qu'en fait je ne parviens pas à digérer cette façon cavalière de transformer les paragraphes et d'ajouter et retrancher des mots. J'avais déjà une dent contre cette version lorsque j'ai appris grâce à vous qu'il manquait un dialogue entier (qui figure dans le film de Joe Wright, j'aime à le rappeler Very Happy ) mais cela s'est aggravé maintenant que j'ai compris, en me livrant à l'exercice de comparaison ci-dessus, que le reste du texte n'était pas mieux respecté. Lorsque sur trois pages on a deux fois deux phrases qui manquent (et pas des moindres), plus pas mal de mots qui manquent çà et là et d'autres mots qui sont ajoutés, je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est bien la même histoire, la même scène, mais pas exactement le même texte, je suis désolée. Et là ce n'est pas une question de choisir le bon mot pour rendre fidèlement le texte, mais bien de changer la composition de la phrase, comme si la structure choisie pas JA n'était pas satisfaisante. Shocked

Citation :
mais tu vas être obligée de reconnaître qu'elle emploie aussi le mot "hôtel" pour désigner la demeure de Darcy à Londres
Je le reconnais volontiers, d'autant plus que je critiquais l'utilisation du mot. Razz Mais je dois mettre un peu d'eau dans mon vin, le mot anglais "hotel" n'étant pas utilisé pour une demeure d'un certain standing en ville, je ne peux pas dire non plus que les traducteurs qui l'ont utilisé ont trahi l'auteur. rabbit

Pour la question des sauvages : oui, c'est une traduction tout à fait correcte du point de vue formel. Mais on perd une partie de l'ironie, car le « savent » renforce le fait que la danse, considérée comme un art très perfectionné par Sir William, est pourtant « maîtrisée » dans des sociétés moins raffinées. Le « dansent » peut laisser penser que leurs danses ne demande aucune maîtrise, aucun apprentissage, dans le « savent danser », on a cette notion supplémentaire d'apprentissage mais qui ne demande pas des capacités extraordinaires. Et c'est pour cela que j'aime aussi beaucoup le « tous les sauvages pratiquent la danse » de la traduction de Privat (malgré la répétition du verbe à la phrase suivante Sad ).

Citation :
Sans revenir sur les nombreux défauts (dont certains inacceptables) de la traduction Plon, je trouve un peu dur de dire qu'elle trahit l'esprit et le style de Jane Austen.
Tu as un peu reformulé, là. lol! J'ai dit qu'il me semblait qu'elle ne permettait pas de se faire une idée précise. Et je suis obligée de persister si je m'attarde sur les détails. J'y reviens toujours mais quatre phrases qui manquent sur un passage aussi court (en fait plus, comme je m'en suis aperçue après, mais j'en reparlerai plus loin) et certaines figures de style totalement escamotées (j'y reviendrai aussi), non, décidément, ça me reste en travers de la gorge. Je sais que c'était une autre époque (en 1932, j'entends, on avait d'autres rapports aux textes originaux), mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi 10/18 a repris ensuite cette traduction, je continue à être scandalisée.

Franchement, quand on traduit purchase praise and gratitude by Scotch and Irish airs : par obtenir quelques bravos en jouant des airs écossais , on est loin de restituer la langue d'Austen, non?

A part cela, chaque traduction a ses points forts et ses faiblesses, je trouve. Et puis pour le choix de certaines expressions, ça reste ensuite très personnel. Nous avons chacun nos préférences en ce qui concerne certains mots, certaines expressions, j'en suis convaincue.

Je me suis amusée à donner des bons et des mauvais points à certains passages en gardant le même ordre que ci-dessus. Ce qui veut dire que la première version est de Pichardie, la deuxième de Leconte et Pressoir, la troisième de Bury, la quatrième de Goubert, la cinquième de Vierne et la sixième de Privat.

which would have injured a higher degree of excellence than she had reached
qui auraient gâté un mérite beaucoup plus grand que le sien
qui aurait gâté un talent plus grand que le sien sunny
qui auraient nui même à une pianiste bien supérieure
qui auraient nui à des capacités plus éminentes que celles auxquelles elle avait atteint Neutral
qui eussent nui à un talent bien supérieur au sien sunny
qui aurait déparé un degré d'excellence bien supérieur à celui qu'elle avait atteint Neutral


Your friend performs delightfully
Votre ami s'y prend à merveille sunny sunny
Votre ami danse à la perfection
Votre ami danse à merveille
Votre ami est un merveilleux danseur
Votre ami est un danseur émérite
Votre ami pratique cet art d'une façon délicieuse sunny

I am fond of superior society
j'aime les compagnies les plus relevées, voyez-vous
j'aurais aimé vivre dans un monde cultivé Suspect
je goûte la compagnies de la haute société
j'aime fréquenter les personnes du meilleur monde
j'apprécie fort le grand monde sunny sunny sunny
je recherche la fréquentation de la bonne société

Pichardie ajoute "voyez-vous", mais cela retranscrit bien le snobisme de Sir William. Alors qu'avec "j'aurais aimé vivre dans un monde cultivé", on perd toute l'ironie de la chose. Suspect

he was struck with the notion of doing a very gallant thing, and called out to her
Sir William eut soudain cette idée de faire quelque chose de très galant et lui cria
Sir William eut une idée qui lui sembla des plus galantes (bout de phrase supprimé Sad )
Sir William eut l'idée de se montrer très galant et la héla
Sir William eut alors envie de faire quelque chose de très galant et l'interpella
Sir William fut frappé par une idée qui lui parut du dernier galant, et l'interpella bounce bounce
l'idée lui vint de faire une chose très galante, et il l'interpella

You cannot refuse to dance, I am sure, when so much beauty is before you.
Voyons, vous ne pouvez refuser, quand tant de beauté s'offre à vos yeux
Devant tant de beauté et de charme, je suis certain que vous ne vous déroberez pas. Pourquoi avoir ajouté charme? La phrase de Jane ne convenait-elle pas? Mad Mais j'aime bien l'usage de "dérober", par contre. sunny
Vous ne pouvez refuser de danser, quand tant de beauté s'offre à vos yeux
Il vous sera impossible de vous dérober, j'en suis certain, en présence de tant de beauté. sunny
Vous ne pourrez, j'en suis sûr, refuser de danser devant tant de beauté.
Vous ne pouvez pas refuser de danser, j'en suis sûr, en présence de tant de grâce sunny

she instantly drew back, and said with some discomposure to Sir William
Elizabeth recula aussitôt et, non sans émoi, dit à Sir William sunny
la jeune fille la retira brusquement en disant d'un ton vif Sad (ton vif ne traduit pas le bon sentiment, dommage... et important)
Elizabeth recula bien vite et dit à Sir William, non sans agitation
la jeune fille eut un mouvement de recul et dit à Sir William, non sans manifester de l'émotion
elle la retira vivement , en déclarant à Sir William d'une voix altérée
elle dessina à l'instant un mouvement de recul et dit, non sans quelque trouble, à Sir William

He is indeed -- but considering the inducement, my dear Miss Eliza, we cannot wonder at his complaisance; for who would object to such a partner?
En effet, - mais considérant l'objet de la tentation, ma chère Eliza, nous ne pouvons nous étonner de sa complaisance ; qui pourrait en effet refuser une telle partenaire
La phrase n'est pas présente chez Plon - 10/18 Suspect Rolling Eyes Sad
C'est vrai, mais vu l'appât, ma chère Miss Eliza, on ne saurait s'étonner de sa complaisance. Qui trouverait à redire à une telle cavalière?
Il l'est à n'en pas douter mais, chère mademoiselle Eliza, considérant l'incitation qui lui est offerte, nous ne pouvons nous étonner de sa complaisance.
Certes, mais si l'on songe à ce qui l'y incite, ma chère Eliza, on ne saurait s'étonner de sa complaisance : car qui refuserait une telle partenaire?
Certainement, mais si l'on regarde au motif, ma chère miss Eliza, vous ne pouvez le louer de sa complaisance dans ce cas présent, car qui pourrait dédaigner une telle partenaire

Question impertinente : Leconte et P. ont-ils choisi d'escamoter ce passage parce qu'il n'était pas évident à traduire? ^^ Je dirais que c'est Béatrice Vierne qui se tire le mieux de ce délicat exercice de style.


I was never more annoyed! The insipidity and yet the noise; the nothingness and yet the self-importance of all these people! -- What would I give to hear your strictures on them!

De ma vie je n'ai éprouvé un sentiment aussi mortel ! Ces gens sont tous d'un insipide et pourtant d'un bruyant ; quel néant et pourtant quelle suffisance ! Que ne donnerais-je pas pour vous entendre les censurer !

Dieu que ces gens sont insignifiants, vulgaires et prétentieux! Je donnerais beaucoup pour vous entendre dire ce que vous pensez d'eux. Mad Mad Mad Première phrase escamotée! Et le délicat équilibre entre les termes insipidity<=>noise et nothingness <=> self-importance est totalement occulté.

Jamais je ne me suis plus ennuyée ! Tous ces gens sont insipides et pourtant si bruyants ! Ils sont si peu de choses et pourtant ils se croient si importants ! Je donnerais cher pour vous entendre les dénigrer. sunny

Jamais je n'ai été aussi dégoûtée ! Tous ces gens insipides et cependant bruyants, qui ne sont rien et s'imaginent compter pour quelque chose. Que ne donnerais-je pas pour vous entendre les égratigner.

Je suis à bout de nerfs. Tous ces gens sont aussi insipides que bruyants, aussi creux que gonflés d'eux-mêmes. Je serais bien aise d'entendre vos critiques à ce sujet.

Je ne me suis jamais tant ennuyée. L'insipidité et, par là-dessus, le bavardage, la nullité et, par là-dessus la vanité de tous ces gens! Que ne donnerais-je pour entendre ce que vous pensez!

Avec "je suis à bout de nerf", B. Vierne va un peu trop loin! Mais sa deuxième phrase est parfaite. J'aime beaucoup le "égratigner" de Goubert. Le "ce que vous pensez" est trop neutre, et le "censurer" trop fort.

I have been meditating on the very great pleasure which a pair of fine eyes in the face of a pretty woman can bestow.
Je méditais sur l'extrême plaisir que de beaux yeux peuvent procurer, sur le visage d'une jolie femme.  
je songeais seulement au grand plaisir que peuvent donner deux beaux yeux dans le visage d'une jolie femme
Je méditais sur l'intense plaisir que procurent deux yeux magnifiques dans le visage d'une jolie femme
Je méditais sur le très grand plaisir que peuvent procurer deux beaux yeux dans la physionomie d'une jolie fille
Je méditais sur l'immense plaisir que peuvent procurer deux beaux yeux, quand ils brillent dans le visage d'une jolie femme
je réfléchissais au très grand agrément que peuvent apporter deux beaux yeux noirs dans un joli visage


I am all astonishment. How long has she been such a favourite
Je suis sidérée. Depuis quand jouit-elle d'une telle faveur sunny
Je n'en reviens pas. Depuis combien de temps occupe-t-elle ainsi vos pensées
Je n'en reviens pas. Depuis combien de temps jouit-elle de votre faveur
Vous me stupéfiez. Depuis combien de temps est-elle votre favorite
Je suis au comble de la stupeur. Depuis quand est-elle devenue votre égérie
Je suis toute étonnée. Depuis quand est-elle en telle faveur

Je trouve "je n'en reviens pas" un peu commun et "au comble de la stupeur"très bien trouvé et donnant une excellente idée de l'expression originale. Je ne suis pas du tout convaincue par l'"égérie". No

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Fred
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 0:52

cat47 a écrit:
Je suis juste surprise par le fait que la dernière phrase est traduite totalement à l'opposé de ce qu'on fait tous les autres traducteurs.

C'est peut-être juste une coquille. Convaincu ne peut-être autrement qu'au féminin, c'est évident dans le texte original. Signale-le à Archipoche, ils te feront peut-être cadeau d'un exemplaire Wink
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serendipity
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 0:56

Cet exercice de comparaisons ciblées est passionnant, Cat, une fois de plus merci pour ce travail cheers
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Selenh
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 9:01

C'est passionnant, vraiment! Merci Cat et Fred.

Ce qui me choque c'est l'histoire des yeux SUR un visage. Cela ne vous paraît pas étrange?
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marie21
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 10:36

Je n'ai pas eu le temps de réagir au post de Miss Acacia hier soir, mais même si d'ordinaire le "can" ne se traduit pas vraiment (exemple: I can see you: on dirait simplement, je te vois), ici, il me semble qu'il serait plus judicieux de le traduire.

cat47 a écrit:


Pour la question des sauvages : oui, c'est une traduction tout à fait correcte du point de vue formel. Mais on perd une partie de l'ironie, car le « savent » renforce le fait que la danse, considérée comme un art très perfectionné par Sir William, est pourtant « maîtrisée » dans des sociétés moins raffinées. Le « dansent » peut laisser penser que leurs danses ne demande aucune maîtrise, aucun apprentissage, dans le « savent danser », on a cette notion supplémentaire d'apprentissage mais qui ne demande pas des capacités extraordinaires.

Je suis tout à fait d'accord sur ce point et je rajouterai aussi qu'on sent tout le jugement désapprobateur implicite de Darcy dans cette phrase. En parlant des sauvages et de leur façon de danser qui ,comme le souligne Cat, ne demande pas de grandes capacités et surtout pas de capacités des plus raffinées, pour moi;, il pense indirectement au comportement des jeunes sœurs Bennet et de leurs amis qui ne respectent pas du tout les codes de bonnes conduites. Je suis peut-être sévère à propos de Darcy mais c'est comme ça que je le vois à ce moment -là dans le livre. Avec "tous les sauvages dansent", je trouve contrairement à toi, Miss Acacia, que justement on perd l'ironie et le jugement désapprobateur de Darcy dans cette phrase.
Alors que "tous les sauvages savent danser" est justement plus darcyienne, à mes yeux! Wink
Mais je reconnais que c'est une question de feeling... Wink
C'est aussi une citation que j'adore, c'est peut-être pour ça que je suis aussi pointilleuse quant à sa traduction. Wink
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 12:16

Oh, mais il n'y a pas de problème quant au feeling Very Happy . En fait, je suis plus sensible au rythme de la phrase qu'à l'ironie qui se cache derrière dans ce cas précis. Quand je lit "Every savage can dance", j'ai l'impression que cette phrase claque comme un coup de fouet, cinglant ce pauvre Sir William. C'est ce que je comprends dans le choix de l'auteur d'utiliser ce "can" et non un "know how to" ou un "can learn to" qui auraient amolli le rythme. C'est essentiellement pour cette question de rythme que je préfère le "tous les sauvages dansent" qui me paraît plus cinglant. J'y retrouve le Darcy du "she is tolerable; but not handsome enough to tempt me", pas d'ironie, juste abrupt et désagréable... tout à fait ce qu'il est à cette époque du roman vis-à-vis des gens de Meryton.

J'aime bien ton exercice Cat, ce serait sympa que quelques personnes le refassent (à tête reposée et en ayant oublié tes smileys) pour voir si on note des différences de perception.
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cat47
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 3 Juin 2011 - 17:58

Selenh a écrit:
Ce qui me choque c'est l'histoire des yeux SUR un visage. Cela ne vous paraît pas étrange?
Je suis comme toi, Selenh, je n'aime pas du tout le "sur". No

Citation :
J'aime bien ton exercice Cat, ce serait sympa que quelques personnes le refassent (à tête reposée et en ayant oublié tes smileys) pour voir si on note des différences de perception.
Je n'osais pas le proposer. Embarassed sunny Je trouve moi aussi que ce serait très sympa. cheers

Ravie en tout cas que cette discussion intéresse autant de monde. Je crois que je vais essayer d'appliquer l'approche à d'autres passages que j'aime bien. Very Happy

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Sam 4 Juin 2011 - 10:34

Voilà, je viens de commander ma première version de P&P.
Il s'agit de celle traduite par Béatrice Vierne. Elle arrive d'ici une dizaine de jours et j'avoue que j'ai hâte.
Il semble que beaucoup de traductions aient plus ou moins de qualités et donc de défauts, mais je crois à la lueur de ce topique vraiment passionnant qu'à vouloir rester trop proche du texte, le traducteur perd de l'aisance à manier la langue française avec subtilité.
Un fragile équilibre est donc à trouver entre une fidélité nécessaire et une expression française juste précise et inspirée.

Je viendrais bien sûr partager avec vous les sentiments que cette première lecture du roman fera naître en moi.

Tout en continuant à me passionner pour les échanges d'ici afin de choisir la prochaine version à essayer.

À bientôt
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 16 Sep 2011 - 19:37

J'ai trouvé l'autre jour une édition "lire délivre" pour 3 fois rien chez Auchan et il semblerait que c'est la même traduction que l'édition 10/18. (le traducteur n'est pas mentionné). Le coté amusant, c'est qu'il est écrit "texte intégral" Rolling Eyes Je vérifierai à l'occasion si il y a les parties "tronquées" ou si il y a tromperie sur la marchandise!
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Ven 16 Sep 2011 - 19:40

Intéressant. J'attends avec impatience le résultat de ton travail de détective. Cool

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Dim 2 Oct 2011 - 18:47

Je viens de découvrir ce topic et je me suis aperçue que jamais je ne m'étais encore posée la question "ai-je une bonne traduction ?". C'est alors avec plaisir et soulagement que j'apprends posséder la traduction de Béatrice Vierne. Cat je te remercie pour les différentes traductions que tu as posté Smile
En revanche, d'après ce que j'ai vu de l'édition 10/18 je vais surement m’enquérir de nouvelles traductions ou éditions de Northanger Abbey et Persuasion... Neutral
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Dim 2 Oct 2011 - 19:06

De rien, Athéna, ça a été un plaisir, qu'il faudrait que je réitère avec d'autres passages, d'ailleurs. Very Happy

Pour Northanger Abbey, je ne savais pas s'il existait beaucoup de traductions et j'ai donc regardé sur amazon, ce qui m'a permis de découvrir qu'Archipoche a sorti une version le 1er juin. Très jolie couverture.



Autant avouer tout de suite que j'ai craqué. Embarassed

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Dim 2 Oct 2011 - 19:15

Elle est magnifique !! cheers drunken Merci beaucoup ! Surprised

J'ai d'ailleurs la version Archipoche de Mansfield Park, dont la couverture est, je trouve, plutôt jolie également.

(malheureusement je ne peux encore poster de lien)
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Dim 2 Oct 2011 - 20:13

Merci Cat, je découvre également cette nouvelle édition, splendide !! drunken
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Lun 3 Oct 2011 - 11:14

oh la la! Je les ai tous achetés en poche il y a 2 ans, à l'époque, il n'y avait que 10/18 qui les proposait tous. Et là, je trouve que les couvertures Archipoche sont tellement plus jolies
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Lun 3 Oct 2011 - 14:26

Very Happy Vile tentatrice.... Cat lol! cette Auberge me perdra cheers et en plus dans la joie lol!
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cat47
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Lun 3 Oct 2011 - 20:15

C'est auprès d'Archipoche qu'il faut déposer plainte. lol!

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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   Lun 3 Oct 2011 - 23:18

Très intéressant le topic, mais pas les conséquences! lol! J'ai les versions poche 10/18 et une version Omnibus regroupant tout Jane Austen en deux volumes, que je n'ai d'ailleurs pas lue encore! Voila que vous nous en sortez une panoplie d'autres! Rooolalala! Je suis perdue. No Faut que je trouve quelques heures de travail le samedi pour payer toussa!
En tous cas chapeau pour les différents passages postés!
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MessageSujet: Re: Orgueil et préjugés Meilleure traduction en juin 2011   

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