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 Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !

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serendipity
Aurora Borealis Chaser


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MessageSujet: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mar 18 Jan 2011 - 13:39

Je profite d'une récente discussion initiée par Majeanne dans le topic "Que lisez-vous en ce moment ?" pour ouvrir un topic qui nous permettra de parler, pêle-mêle, de nos lectures autour des thèmes psy (essais de psychologie au sens large, y compris le développement personnel et la psychanalyse).

Attention, ici on ne parlera que de nos lectures (donc pas de rubrique "moi et mon psy (ou 36 15 My Life)" lol! ).

Alors tout d'abord, pourquoi un tel titre vous direz-vous ? Tout le mérite en revient à notre copine Les Yeux Noirs :

Les yeux noirs a écrit:



Freud à la fin de sa vie lisait beaucoup de romans policiers notamment ceux d'Agatha Christie.

Paula Fichtl, sa fidèle gouvernante, se souvient :
« En matière de romans policiers, Freud choisit surtout des auteurs anglais, comme G.K. Chesterton, Agatha Christie et Dorothy Sayers. Monsieur le professeur savait presque toujours qui était le meurtrier, mais s'il s'agissait tout de même de quelqu'un d'autre, cela l'irritait ».

Dans "La Psychanalyse en matière judiciaire", Freud évoque les similitudes entre le travail du psychanalyste et celui du détective.
À la lumière de la biographie d'Agatha Christie, Sophie de Mijolla-Mellor part à la recherche de cette vérité cachée dans ses romans et, parce qu'un meurtre, chez Agatha Christie, est toujours familier, voire familial, elle nous entraîne dans son univers fantasmatique. Comme dans les romans dont elle parle, Sophie de Mijolla-Mellor éveille chez le lecteur cette pulsion d'investigation qui fonde en chacun de nous le plaisir de lecture grâce au processus sublimatoire. L'auteur met ainsi en regard les fantasmes infantiles de la jeune Agatha Miller et les histoires que lui racontait sa mère avec les séquences de ses romans. Le meurtre pour Agatha Christie est donc ordinaire, les meurtriers sont "banals" et parfois sympathiques. Tout le monde peut être un assassin puisqu'elle met en scène des criminels qui nous sont familiers.

Une lecture passionnante de l'oeuvre d'Agatha Christie sur le divan de la
psychanalyste.


J'ouvre avec le petite commentaire de Majeanne :

majeanne dans un autre topic a écrit:
"Imparfaits libres et heureux" de Christophe André.

ça fait du bien de lire ou relire certaines choses. sunny


toxicangel dans ce même topic a écrit:

Ah ben je le lis aussi en parallèle entre deux Wink
Et pis on est pas les seules, Frédéric Lopez en a également parlé la dernière fois dans Rendez vous en Terre inconnue. Et si Fredo "tellement choupi qu'avec lui, je serais capable de partir en Mongolie" le recommande, c'est le meilleur alibi possible Laughing


Alors venez vous allonger sur notre divan lambtonien et parlons ensemble de nos lectures autour de la psychologie Very Happy
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misshoneychurch
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mar 18 Jan 2011 - 14:21

J'ai fait quelques lectures de Freud, mais il faut que je ressorte mes fiches pour pouvoir en dire un peu plus. Je suis contente que les topics essais soient enfin lancés en tout cas Very Happy
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majeanne
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mer 19 Jan 2011 - 14:50

Merci pour l'ouverture de ce topic qui ne manquera pas d'être intéressant j'en suis sûre.

J'ai terminé "Imparfaits libres et heureux" de Christophe André et c'est tellement touffu que
je ne sais pas comment en parler.
Ce n'était pas nouveau pour moi puisque je suis une thérapie comportementale et que Christophe
André propose ce genre de thérapie.
Ce que je trouve intéressant c'est qu'il ne s'adresse pas uniquement aux gens qui ont une pathologie
mais qu'il est intéressant pour tout un chacun pour mieux vivre sa vie.
Beaucoup de livres aujourd'hui sont des livres de développement personnel et si on voulait tout
suivre on serait en exercice toute la journée. Pourtant, il n'est pas inutile de relire certains de ses
conseils qui peuvent vraiment nous aider à voir la vie autrement et à la vivre de manière plus sereine.

Dans ce livre en particulier il s'intéresse à l'estime de soi qui est parfois trop basse et parfois trop forte mais de manière artificielle et agressive par peur et par protection.

Porter un regard amical sur nous mêmes est essentiel. Non pas nous critiquer comme nous le faisons
trop souvent mais nous regarder comme nous regarderions un ami dans la peine.
Prendre soin de soi est paradoxalement la meilleure façon de prendre soin d'autrui.

Faire la différence entre les faits et nos interprétations distordues par nos émotions et ne pas confondre le monde et notre lecture du monde.
Souvent nous croyons nous connaître et nous ne connaissons que nos faiblesses. Comme nous surestimons souvent la sévérité du regard des autres sur nous.
Notre raisonnement est trop souvent émotionnel.

J'aime beaucoup son idée aussi que le rejet, même s'il est douloureux sur le moment, est préférable
au regret sur le long terme.
N'ayons pas peur d'agir donc et n'oublions pas que les autres sont eux aussi centrés sur eux mêmes
plutôt que sur nous.
Aller vers les autres, cultiver un réseau social est bon pour nous. Il est important de prendre sa place
sans prendre toute la place. Ecoutons mais sachons aussi rentrer dans l'échange, nous exprimer.
Et ce que j'ai pu expérimenter souvent : la peur d'être ridicule est bien plus pénible que le fait de l'être réellement. Et si nous avons vécu une situation difficile ne pas se replier sur nous même mais
aller vers une oreille compatissante et un regard chaleureux.

Il nous parle aussi du bon usage d'une confiance éclairée. Il ne s'agit pas de faire confiance aveuglément mais de favoriser un a priori de confiance.
Apprendre à accepter le monde et les autres, et donc nous mêmes, comme imparfaits et ne pas globaliser les êtres et les situations. Balancer toujours son jugement.

J'adhère totalement à l'une de ses formules : "Je fais mon boulot d'être humain". Je la trouve vraie, humble et libératoire.

Il prône le pardon, la gentillesse, la gratitude (je crois qu'il est Bouddhiste).

Il faut agir et tirer les leçons de l'action.
Ses commandements :
- le droit de se tromper
- le droit de s'arrêter
- le droit de changer d'avis
- le droit de décevoir
- le droit d'arriver à un résultat imparfait.

Il propose aussi des exercices très concrets mais pour les découvrir je vous propose de lire le livre Wink

Et il termine en suggérant que nous pensions chaque jour à notre mort prochaine pour ne plus avoir
peur de la vie.

Bonne lecture et pardon pour ce post un peu long Embarassed
Quand on aime....
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serendipity
Aurora Borealis Chaser


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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Jeu 20 Jan 2011 - 17:42

Majeanne, au contraire, un grand merci d'avoir pris le temps de donner des détails sur cette lecture Very Happy (la simple lecture de cette synthèse est, je trouve, très apaisante sunny )
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Les yeux noirs
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 23 Jan 2011 - 19:54

Merci Majeanne pour cette présentation très intéressante qui aura aussi été à l'origine de ce topic.

De mon côté, je voudrais vous présenter un petit livre que j'ai lu il y a quelques années maintenant, qui est rédigé comme une fable naîve. J'y ai retrouvé un peu du Candide de Voltaire... Ils s'agit de Le Voyage d'Hector.
C' est un roman de François Lelord.
Il raconte l'histoire d'un psychiatre, Hector, qui fait un voyage autour du monde pour découvrir ce qu'est le « bonheur ».
Le thème principal du roman est donc le bonheur, et comment on le trouve.

Citation :
« Il était une fois un jeune psychiatre qui s’appelait Hector et qui n’était pas très content de lui. » - avec ces mots le roman commence. Hector se demande pourquoi il n’arrive pas à rendre les gens heureux et c’est la raison pour laquelle il fait le tour du monde pour chercher le bonheur. Il note toutes ses leçons dans un petit carnet. Tout d’abord, Hector part pour la Chine pendant que sa petite copine Clara reste à la maison.

Hector se rendra dans une "grande ville chinoise au bord de la mer", où il retrouvera un ami d'enfance devenu un "trader" surmené, puis dans un pays africain en plein chaos ( en fait les initiés reconnaîtront Haïti) puis dans "le pays du plus" ( le plus de psychiatres, le plus de piscines, le plus de bombardiers stratégiques, le plus de tartes au pommes, le plus de prix Nobel...) où il rencontrera un grand spécialiste du bonheur à qui il montrera son petit carnet. Car au cours de son voyage Hector ne cessera de faire des rencontres, une jeune chinoise, un vieux moine, un homme d'affaire, des enfants des rues, un boss de la drogue, un médecin humanitaire, une jeune femme afghane... qui lui donneront chacun un aperçu du bonheur, et lui inspireront une nouvelle "leçon de bonheur" qu'il notera sur son petit carnet. "

Les leçons d'Hector
1- un bon moyen de gâcher son bonheur, c'est de faire des comparaisons
2- Le bonheur arrive souvent par surprise
3- Beaucoup de gens voient leur bonheur seulement dans le futur
4- Beaucoup de gens pensent que le bonheur c'est de devenir plus riche ou plus important
5- Le bonheur, parfois, c'est de ne pas comprendre
6- le bonheur c'est une bonne marche au milieu d'une montagne inconnue
7- L'erreur c'est de croire que le bonheur est le but
8- Le bonheur c'est d'être avec les gens qu'on aime
8- Bis - Le malheur c'est d'être séparé de ceux qu'on aime
9- Le bonheur c'est que sa famille ne manque de rien
10- Le bonheur c'est d'avoir une occupation qu'on aime
11- Le bonheur c'est d'avoir une maison et un jardin
12- Le bonheur c'est plus difficile dans un pays dirigé par de mauvaises personnes
13- Le bonheur c'est de ses sentir utile aux autres
14- le bonheur c'est d'être aimé pour ce que l'on est
15- le bonheur c'est de se sentir complètement vivant
16- Le bonheur c'est de faire la fête
17- Le bonheur c'est de penser au bonheur de ceux qu'on aime
18- Le bonheur c'est de ne pas attacher trop d'importance aux opinions des autres
19- Le soleil et la mer c'est le bonheur pour tout le monde
20- le bonheur c'est une façon de voir les choses
21- Un grand poison du bonheur c'est la rivalité

Un bien long voyage pour des découvertes toutes simples, presque des évidences, mais auxquelles on ne prend pas toujours le temps de réfléchir...

Psychiatre et psychothérapeute, François Lelord a écrit de nombreux livres (dont un en collaboration avec Christophe André).
Il a depuis continué à raconter l'histoire d'Hector dans Hector et les secrets de l'amour, ainsi que Le nouveau voyage d'Hector à la poursuite du temps qui passe.



Dernière édition par Les yeux noirs le Dim 23 Jan 2011 - 21:45, édité 1 fois
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emmara
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 23 Jan 2011 - 20:31

C'est vrai c'est trés apaisant de lire vos synthéses et ca m'a donné envie de lire ces livres ! ma PAL s'agrandit. Smile Moi j'ai un peu lu Freud et j'aime bien "cinq leçons sur la psychanalise ". Assez facile à comprendre pour les non-specialistes comme moi;
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Les yeux noirs
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 23 Jan 2011 - 21:44

Heureuse de ton intéret Emmara.
n'hésite surtout as à venir nous parler de tes impressions sur Freud.
Je te rejoins sur la simplicité de lire ses écrits. C'est ce qui m'a marqué la première fois que je me suis plongée dans l'un de ses ouvrages.
De plus il est vrai que les concepts qu'il a développé sont devenus tellement communs (dans le sens d'une culture commune j'entends) que cela facilite encore l'accès à ses écrits.
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Chantilly
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 24 Jan 2011 - 11:10

Le Voyage d'Hector François Lelord, ce livre me tente bien et je viens de voir qu'il était à la médiathèque avec d'autres ouvrages de cet auteur que je ne connaissait pas. Par contre j'aime beaucoup Christophe André.

Peut-être dans le même ordre d'idée, je ne sais pas, j'ai lu il y a quelques temps déjà, La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout de Jacques Schecroun et j'avais bien aimé.
Citation :
Résumé
Ce conte initiatique met en scène un prince d'un grand royaume, qui ne manque de rien. Il ressent pourtant une insatisfaction et parcourt le monde pour découvrir cette faiblesse. Il rencontre l'amour d'une princesse, auprès de qui il découvre la vraie valeur de la vie.

Quatrième de couverture
Lire un conte nous invite à retrouver notre âme d'enfant. Les contes offrent à notre esprit un bain de fraîcheur qui renouvelle notre foi dans le monde. Parce que le merveilleux allège nos vies, ouvre des perspectives et finalement nous guérit de la lourdeur du monde, nous avons besoin de rêver pour redonner du sens à nos vies : le récit de Jacques Schecroun nous offre un lumineux, petit coup de pouce. Guy Corneau (extrait de la préface)

Cette histoire merveilleuse, peuplée de personnages extraordinaires - un roi magnanime, un sage conseiller et un prince malheureux - nous rappelle que l'essence d'une vie accomplie et le secret du bonheur sont au creux de notre main. Il suffit parfois d'un simple coup de pouce... Face au vide existentiel que nous nous acharnons à combler avec des choses matérielles qui jamais ne le combleront, rien de tel que cette lecture, émouvante et profonde, drôle et féerique.

Jacques Schecroun : Que nous manque-t-il donc pour vivre sereinement? Comment se fait-il que nous soyons toujours à manquer de quelque chose? Et si nous trouvions ce qui nous manque, que serait notre vie? Autant de questions qui méritent peut-être "un petit coup de pouce".
Il s'agit d'un petit conte initiatique que je mettrais d'ailleurs davantage entre les mains d'un adulte que d'un enfant (tout comme "Le Petit Prince" d'ailleurs) car il faut un certain recul je pense pour se connaître soi-même et comprendre que le secret du bonheur est bien souvent plus proche qu'on le croit. Mais c'est aussi une façon toute simple d'aborder le sujet avec un enfant.

J'ai bien apprécié ce petit récit qui se lit en un rien de temps, je ne dirais pas que je l'ai trouvé drôle, mais sa profondeur (pourtant toute simple) pouvait parfois créer une réelle émotion....

Et puis il y a aussi les différents "Contes" de Jacques Salomé :
- Contes à guérir, contes à grandir
- Contes à aimer, contes à s'aimer
- Contes d'errances, contes d'espérance
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majeanne
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 24 Jan 2011 - 15:22

Je trouve ce topic très intéressant.

Merci à vous de le faire vivre sunny
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Les yeux noirs
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 24 Jan 2011 - 17:34

@ Majeanne
Espérons que nous aurons tous et toutes le maintenir dynamique le plus longtemps possible

@Chantilly
Je sens que je vais aller faire un tour du côté de tes petits contes...Merci
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Chantilly
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 24 Jan 2011 - 19:42

Je trouve aussi ce topic très intéressant et même s'il n'est pas aussi actif que certains je lui souhaite très longue vie ! Very Happy

J'ai lu Contes à guérir, contes à grandir (et les deux autres sont dans ma PAL)...

Citation :
Quatrième de couverture
" J'ai trouvé ces contes merveilleux de fraîcheur, d'émotion et de profondeur. Ils sont légers, stimulants et en les écoutant j'ai pensé à tel ou tel enfant en difficulté, et j'avais envie de raconter celui-ci ou cet autre qui semblait justement fait pour lui. C'est à leurs parents surtout que je souhaiterais offrir ces métaphores si claires qui leur ouvriraient le monde intérieur caché, intense et parfois douloureux de leur enfant. Je me suis reconnue dans plusieurs de ces histoires car chacune rejoint les possibles de chacun d'entre nous. "
L'auteur vu par l'éditeur
Françoise Dolto lui a dit : "Si un jour vous devenez célèbre, vous ne savez pas quelle ambivalence vous déclencherez autour de vous. Travailler dans les relations humaines n'est pas sans risques." Pourtant, Jacques Salomé a relevé ce défi. Diplômé en psychiatrie sociale de l'école des Hautes Études en Sciences Sociales, chargé de cours pendant quinze ans à l'Université de Lille-III, formateur en relations humaines depuis 25 ans, il a communiqué son savoir et sa passion à plus de 40 000 travailleurs sociaux, médecins, psychologues et consultants.
Avant tout praticien pragmatique, préoccupé de nous sensibiliser aux enjeux et aux arcanes de la vie relationnelle, ce natif de Toulouse, père de cinq enfants, propose des repères susceptibles de nous aider à nous construire ou à devenir auteur de notre vie, c'est-à-dire capables de positionnements et de responsabilisation.
Aujourd'hui Jacques Salomé est plus soucieux de transmettre que de théoriser. S'il cherche à formaliser sa méthode, c'est plus dans un désir d'inscrire une trace et de modéliser la complexité du réel qu'il tente d'approcher, que pour définir un modèle sur le bien communiquer. Il garde une défiance circonspecte vis-à-vis des idéologies et des prophètes de la communication "parfaite" et des tenants du "bien communiquer".
Auteur de nombreux best-seller (Contes à aimer, contes à s'aimer ; Contes à guérir, contes à grandir ; Oser travailler heureux (avec Christian Potié) ; Car nous venons tous du pays de notre enfance ; Lettres à l'intime de soi), Jacques Salomé est aussi un poète qui, dans une langue riche et dense, nous parle de tendresse et d'amour au-delà des malentendus et des souffrances.
"Jacques Salomé demande si notre chemin a un coeur. Le sien en a un, c'est pour cela qu'il nous parle." (Marc de Smedt)
On ne peut pas résumer ce livre parce que chaque conte tente de trouver un remède à un symptôme, ou comment parler de ses peurs, de ses angoisses, comment expliquer le divorce, la séparation, les maladies symptomatiques, comment trouver les mots pour dire ce que l'on ressent, la culpabilité, l'abandon, la vérité sur nos origines....
Comment mettre des mots sur nos maux...
Ces petits contes qui s'adressent aux enfants comme aux adultes qu'ils sont devenus, permettent de dire et d'entendre l'indicible. Je les ai trouvés adorables, profonds, émouvants.... de belles leçons de vie..... à lire et relire !
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 30 Jan 2011 - 17:07

Merci à tout le monde pour ce topic. Je n'ai pas encore eu le temps de m'y attarder beaucoup mais j'y ai déjà piqué quelques belles idées. Very Happy

Je repasserai quand j'aurai un peu plus de temps pour y parler de ma première lecture de Freud (à part les extraits lus en cours il y a quelques dizaines d'années) avec Le malaise dans la culture, lu l'année dernière et que j'ai beaucoup aimé.

Une première idée avec la présentation de l'éditeur :

Citation :
Dans cet ouvrage écrit durant l'été 1929, Freud aborde au fil de la plume des thèmes aussi variés que la religion, le bonheur, la morale, l'agressivité, la société... Mais derrière ce propos d'apparence légère et presque décousue, on découvre une ligne de pensée très nette : il ne peut pas exister de société heureuse ; toute culture humaine se fonde sur le renoncement et est traversée, à des degrés divers, par le malaise irréductible de la culpabilité. À une époque où, à l'Ouest comme à l'Est, les promesses de société heureuse font fortune, Freud fait preuve ici d'une singulière lucidité qui a pourtant longtemps été mal comprise.

Loin d'être l'expression théorique du pessimisme désabusé d'un vieil homme de soixante-treize ans, il s'agit d'une analyse vigoureuse et profonde. S'appuyant sur la nouvelle théorie des pulsions élaborée en 1920, elle renverse l'idée d'une nature humaine pacifique. Freud montre à quel point l'agressivité est une composante nécessaire de la vie psychique et par extension, du fait social.


Le Malaise dans la culture est le plus " philosophique " des écrits du fondateur de la psychanalyse. Ce petit livre, publié en 1930, est en effet le seul véritable exposé de la conception de la réalité sociale et de la philosophie politique de Freud. Son diagnostic en a troublé plus d'un - la culture s'efforce d'endiguer l'irréductible agressivité humaine sans jamais remporter de victoire décisive -, et l'on a voulu y voir la preuve du pessimisme d'un vieil homme rongé par la maladie et rattrapé par l'histoire. Bien au contraire, en leur montrant qu'ils n'ont rien à attendre d'un retour à la ,nature", d'une société sans classes ou encore d'un paradis régi par les lois du marché, Freud délivre les hommes de leur dernière chaîne : celle qui les liait à la croyance et à l'espoir. Contrairement à ce qu'a dit Dante, ce n'est pas en enfer que l'on entre quand on abandonne toute espérance, mais dans le royaume de la liberté où l'illusion n'a plus cours.


Je rassure tout de suite ceux qui pourraient avoir peur en voyant le mot "pessimisme" mentionné plusieurs fois : ce livre n'est pas du tout déprimant. Au contraire, je trouve qu'il donne plutôt une vision optimiste du monde, même si les côté négatifs de l'être humain y sont exposés avec lucidité. Le positif dans tout cela est que Freud croit l'humanité capable de gérer ses pulsions agressives par le biais de la civilisation, justement. Ce qui m'a frappée dans ce livre, c'est que même si Freud y a anticipé les horreurs du nazisme, il croit en une tendance positive sur le long terme.

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Chantilly
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 13 Fév 2011 - 23:43

Je viens de finir "Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur", et je me suis régalée !
Ses patients ont tout pour être heureux, et pourtant ils ne le sont pas. C'est pourquoi Hector, psychiatre, décide de parcourir le monde à la quête du bonheur et de ce qui peut en être la cause.
Oui, les leçons qu'il va retirer de son voyage ne sont que des évidences, mais on ne prend pas assez le temps de s'y arrêter. François Lelord nous rappelle, à travers ce joli conte initiatique, que le bonheur est très souvent à portée de main, mais aussi qu'il peut être différent pour chacun.
Un style simple, mais d'une grande profondeur, ou humour et sagesse cohabitent pour faire de ce petit conte une lecture très agréable, à lire et à relire.

Merci, Les yeux noirs, cette découverte fut un réel plaisir et je crois que je vais très vite me pencher sur "La poursuite du temps qui passe" et "les secrets de l'amour" ! Very Happy
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Les yeux noirs
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Dim 13 Fév 2011 - 23:52

Je suis ravie Chantilly cheers .
C'est toujours un plaisir de partager ses lectures et de constater qu'elles plaisent aux autres Very Happy
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Hercule Poirot
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 14 Fév 2011 - 1:28

Serendipity, citant Sophie de Mijolla-Mellor, a écrit:
Le meurtre pour Agatha Christie est donc ordinaire, les meurtriers sont "banals" et parfois sympathiques. Tout le monde peut être un assassin puisqu'elle met en scène des criminels qui nous sont familiers.
Je ne vois pas bien le lien entre Agatha Christie et Freud… Il ne me semble pas avoir constaté d'explication psychanalytique des meurtres dans les romans de Christie… Je peux me tromper, mais les motifs sont toujours clairs (amour, argent, vengeance sauf peut-être dans le cas de The A. B. C. Murders) et simples et toujours les mêmes, quoique les alibis soient parfois solides ! (Mais pas de taille à résister longtemps à Miss Marple ou à Poirot.) Et elle ne fait jamais appel à la psychanalyse pour expliquer les motifs des meurtriers ou meurtrières, dans ses Carnets de travail.
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Selenh
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 14 Fév 2011 - 8:36

Conférer le premier post du topic, cher Hercule, il y a quelqu'un qui a écrit un bouquin là-dessus. Comparaison des méthodes d'investigations de l'enquêteur et de l'analyse d'une part, décryptage freudien de petite Agatha par les romans de la grande d'autre part, plus que de l'oeuvre elle-même.

Dans ce genre j'ai déjà lu une Psychanalyse de Tintin par Serge Tisseron, que je recommande, et qui était en fait une superbe enquête sur Hergé à travers son oeuvre, prolongée de quelques intéressantes confirmations des hypothèses émises quand ce psychanalyste a pu accéder à des informations sur la famille.
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Hercule Poirot
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Lun 14 Fév 2011 - 9:23

Selenh a écrit:
[…] décryptage freudien de petite Agatha par les romans de la grande d'autre part, plus que de l'œuvre elle-même.
Je vois… Sans doute j'avais mal saisi la perspective de ce topique. Well… La grande Agatha parle de la petite Agathe dans son autobiographie et cela me suffit car je ne suis pas curieux des motivations des gens.
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Les yeux noirs
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mar 1 Mar 2011 - 22:14

Je ne savais pas vraiment ou poster cet avis :
- en psychologie ? (Freud est l'un des 2 héros de cette pièce, mais il ne s'agit pas vraiment de psychologie...cependant l'une des principales critiques qui aient été faites à Freud par ses successeurs c'est d'être trop près de la philosophie, alors il y a de quoi y perdre son latin, non? rendeer)
- en philosophie ? (car il s'agit bien d'une forme de réflexion philosophique autour de la religion et de bien d'autres thèmes comme la nature de la conscience et de l'inconscient, la place de l'homme dans le monde, la raison du Mal, le conflit entre raison et intuition, etc... à laquelle s'adonne l'auteur)
- ou ouvrir un topic sur Eric Emmanuel Schmitt ?(ça j'y pense depuis un moment...et ça se fera certainement)

Mais j'ai pensé que ce topic dans lequel "llittérature et psychologie font bon ménage" était tout à fait indiqué après tout...
(et si vous pensez qu'il vaut mieux le déplacer en philosophie, je vous suis aussi....)

Je viens donc (entrons dans le vif du sujet) de finir Le Visiteur d'Eric Emmanuel Schmitt

Présentation de l'oeuvre :
Citation :
Ce livre nous fait rencontrer Freud vers la fin de sa vie, alors qu'il vit encore en Autriche. Il se trouve dans son cabinet au début de la deuxième guerre mondiale, sa fille vient d'être emmenée par les Allemands. Il est perdu et désespéré.
Il vient d'achever " Moïse ou la religion monothéiste " dans lequel il prétend que Dieu n'existe pas mais qu'il est une manifestation de l'inconscient…
Soudain, un homme entre chez lui et lui parle très étrangement. Serait-ce Dieu ? Ou simplement un fou ? Ou une manifestation de son inconscient ?
A partir de là, le récit s'organise, autour du doute de Freud et de son envie de croire que cet inconnu est Dieu.

Éric-Emmanuel Schmitt dit l'avoir écrite un soir après avoir regardé le journal de 20 heures alors qu'il se désespérait de n'entendre que de la violence, des crimes, la guerre dans les nouvelles. Il s'est soudain interrogé sur Dieu : « Si Dieu a une dépression que peut-il faire ? Quel recours ? Qui peut-il aller voir ? » et c'est à ce moment qu'il a l'idée de mettre face à face Dieu et Freud qui n'ont strictement rien à se dire puisque censés n'être d'accord sur rien.

Citation :
En recréant le contexte de Vienne en 1938, Schmitt place le célèbre psychanalyste dans un débat intérieur : croit-il encore en Dieu ? Avec de tels événements, Dieu existe-t-il ? Comment protéger sa fille Anna d'un officier nazi bien entreprenant ? Et ce « visiteur », qui est-il ? Cette pièce est une théodicée, un essai de justifier l'existence du mal malgré l'existence de Dieu.

Après une première le 23 septembre 1993 (soit, par coïncidence, la journée du décès de Sigmund Freud; date qui est aussi mentionnée dans la pièce), la pièce mit du temps à obtenir du succès. Le texte est finalement la plus forte vente pour le théâtre contemporain avec plus de 40 000 exemplaires vendus. La pièce a reçu trois prix lors de la Nuit des Molières 1994 : meilleur auteur, révélation théâtrale et meilleur spectacle.

Elle a été adaptée en téléfilm pour la chaîne arte. En 2002, l'éditeur Magnard a publié une édition commentée à destination du public lycéen français (édité par Catherine Cassin-Pellegrini) ; cette édition signale par exemple les liens entre les répliques de la pièce et le contexte historique, et la psychanalyse de Freud.

Cette pièce est très courte et interpelle forcément.
Cependant, j'ai été un peu déçue car le sujet promettait et je l'ai trouvé traité de façon un peu inégale : des dialogues très forts et d'autres plus simplistes ou caricaturaux.
L'ensemble a cependant représenté une lecture très agréable.
Elle pourrait éventuellement compléter de façon originale la lecture de Malaise dans la civilisation.

Quelques citations que j'ai beaucoup aimées :
"Freud (au nazi) : Votre nez. Il rappelle trait pour trait, narine pour narine, celui de mon oncle Simon, qui était rabbin. Notez que je ne suis pas très fort au jeu des ressemblances, mais là, vraiment...c'est plus qu'un air de famille...c'est...Notez que moi, finalement, j'ai le nez beaucoup plus droit, moins busqué que vous...Mais c'est moi qui suis juif! Notez, par ailleurs, qu'on ne m'a jamais vu à la synagogue...Mais c'est moi qui suis juif! Notez aussi que je ne n'ai jamais rien fait pour de l'argent...Mais c'est moi qui suis juif!! Mais c'est étrange tout de même, on ne vous a jamais parlé de votre nez?"

Freud à l'inconnu : Alors si Dieu était en face de moi, ce soir, un soir ou le monde pleure et ma fille est prise dans les griffes de la gestapo, je préfèrerais lui dire: "Tu n'existes pas! si tu es tout puissant alors tu es mauvais ; mais si tu n'es pas mauvais, tu n'es pas bien puissant. Scélérat ou limité, tu n'es pas un Dieu à la hauteur de Dieu. Il n'est pas nécessaire que tu sois. Les atomes, le hasard, les chocs, cela suffit bien pour expliquer un univers aussi injuste. Tu n'es décidément qu'une hypothèse inutile!"

...et bien d'autres encore que je vous laisse découvrir par vous même Wink
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mar 1 Mar 2011 - 23:01

Je ne connaissais pas cette pièce et j'ai lu ton post avec intérêt LYN (je pense que tu as posté au bon endroit, mais ton interrogation se comprend tant le sujet est à la frontière entre ces disciplines ;-)).

Je réponds en flirtant avec le hors sujet, pour t'inciter vivement à ouvrir un topic sur EE Schmidt (j'ai comme un doute scratch à moins qu'il n'existe déjà ??).
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Mar 1 Mar 2011 - 23:12

Il me semble que non. J'ai cherché à plusieurs reprises...mais le moteur de recherche, parfois moi et parfois les deux sommes un peu défaillants Razz
Je m'y attellerai avec un peu plus de temps...promis!
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MessageSujet: Re: Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !   Aujourd'hui à 15:16

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Un divan pour Agatha : quand littérature et psychologie font bon ménage !
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