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 L'Histoire

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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Sam 5 Juil 2014 - 21:47

Tout récemment, deux lectures ayant trait respectivement au génocide des Juifs durant la Deuxième Guerre Mondiale et aux attentats du 11 Septembre 2001 commis sur les Tours du World Trade Center de New-York:  

1) Stefan Maechler, Der Fall Wilkomirski, Pendo Verlag, Zürich, 2000:



Ce livre est le résultat d'une passionnante enquête menée par l'historien suisse Stefan Maechler sur ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler "l'affaire Wilkomirski".

Binjamin Wilkomirski est un clarinettiste et luthier suisse-allemand. Son extrait de naissance officiel mentionne qu'il est né en 1941 dans le canton de Bienne. Adopté par une famille germanophone bourgeoise aisée, il endosse le patronyme de Bruno Dössekker à son arrivée dans sa famille d'accueil où il est éduqué dans le tabou le plus absolu de ses origines.

Dans la force de l'âge, l'homme, musicien, professeur de clarinette et luthier autodidacte, commence à se souvenir par bribes d'un passé fragmenté dont lui parviennent flashs nocturnes et réminiscences cauchemardesques. À l'aide d'une thérapeute spécialisée dans les souvenirs d'enfance tronqués, d'un proche ami israélien psychologue de formation et de sa compagne de l'époque, il entreprend de reconstruire, pas à pas, les pans manquants de ses premières années. Binjamin Wilkomirski recouvre alors de manière chaotique les souvenirs de sa prime enfance et parvient à retracer un parcours on ne peut plus dramatique: Juif Lituanien issu d'une famille nombreuse observante, il assiste très jeune au meurtre de ses parents par les Nazis et se voit déporté successivement dans les camps de Majdanek et d'Auschwitz. À la libération, après un bref passage dans un orphelinat polonais, il est rapatrié en Suisse par la Croix-Rouge, alors chargée de trouver aux orphelins de guerre des familles d'adoption. C'est ainsi qu'il atterrit chez le couple catholique Dössekker dont le père, médecin et sans descendance jusqu'alors, souhaite pouvoir remettre un jour son cabinet à un fils.

Encouragé par ses proches, Binjamin Wilkomirski couche par écrit son histoire sous le titre évocateur suivant: Bruchstücke. Aus einer Kindheit 1939-1948, Judischer Verlag, 1995. (Littéralement, Fragments. D'une enfance 1939-1948.) Il y raconte son histoire en conservant la perspective du petit enfant d'alors, révélant dans une sorte de crescendo d'anecdotes monstrueuses ses premières années faites de déportation et de lutte pour la survie. Le livre recueille louanges et prix littéraires en cascade et, malgré quelques doutes émis ci et là sur l'authenticité de certains épisodes, obtient une renommé internationale qui lui vaut l'intérêt d'une presse enthousiaste.



Mais après quelques années de gloire littéraire et de reconnaissance horrifiée, le livre est violemment attaqué par un journaliste helvético-israélien, Daniel Ganzfried, lui-même enfant de déportés d'origine hongroise et auteur d'un ouvrage inspiré par la vie de son père, survivant d'Auschwitz. Celui-ci publie un article très documenté dans lequel il démontre que le livre n'est qu'un compendium de mensonges, révélant au passage ce qu'il prétend être la véritable biographie de Binjamin Wilkomirski.

C'est alors que l'historien Stefan Maechler est engagé par l'agence littéraire zurichoise Liepman AG pour mener une enquête sur le passé de l'écrivain et démêler, autant que faire se peut, le complexe écheveau historique, littéraire, social et humain balloté dans une tourmente médiatique où se déchirent les convaincus, criant au génie, et les sceptiques, hurlant à l'imposture. Le livre dont je parle ici constitue le résultat, très lisible, de son enquête.

Un ouvrage intelligent, fin et - ce qui ne gâte rien - éminemment lisible qui, bien que fondé sur une enquête historique factuelle, ne fait pas l'économie des hypothèses psychologiques qui lui octroient toute sa valeur.

2) Robin Gaby Fischer et Angelo J. Guglielmo Jr., The Woman who wasn'there, Simon & Schuster, New-York, 2012:



Après la catastrophe du 11 Septembre, certains rescapés, isolés dans leur détresse, se réunissent en associations diverses, tentant de faire entendre leur voix au sein des milieux politiques et de se soutenir par le biais de rencontres et d'échanges épistolaires. Parmi eux, une jeune Américaine d'origine espagnole, Tania Head, dont l'histoire surpasse en horreur celle de tous ses compagnons de malheurs: cadre dans une grande entreprise sise dans l'une des deux Tours, elle parvient, le Jour J, à échapper à l'enfer de l'attaque aérienne un bras gravement brûlé, tandis que son fiancé, lequel travaille dans l'autre Tour, perd la vie sous les décombres à quelques mètres de là.

Issue d'une famille de diplomates aisés, billante - elle est diplômée en Economie de deux prestigieuses Universités américaines -, et très charismatique, elle accède bientôt à un statut privilégié au sein de l'association World Trade Center Survivors' Network. Là où les autres survivants appartiennent soit à la catégorie des blessés, soit à la catégorie des témoins, soit à la catégories de ceux qui ont perdu un proche, l'infortunée Tania Head peut se prévaloir des trois malheurs et, accessoirement, d'un courage à la hauteur du triple drame qui la frappe de plein fouet. Active et fortunée, elle consacre temps et argent sans compter pour promouvoir l'association dont elle est bientôt élue Présidente, au détriment de son fondateur historique, Gerry Bogacz.

En 2007, un journaliste du New York Times, David Dunlap, est chargé de publier un portrait emblématique à l'occasion de la commémoration des attentats. Spontanément dirigé par les membres de l'association vers la très médiatique Tania Head, il entame une petite enquête de routine visant à présenter de manière rigoureuse le parcours de la jeune femme, avant et après les attentats.

C'est l'histoire de la rescapée Tania Head, de l'enquête menée par David Dunlap et de ses conséquences au sein du petit monde complexe des survivants que racontent ici les journalistes Fischer et Gugliemo, initialement mandatés pour tourner un film documentaire sur l'association. À noter, d'ailleurs, que ledit film a bien été achevé - quoique loin de sa ligne narrative première - et qu'il constitue le complément du livre sorti en 2012, sous le titre éponyme de The Woman who wasn't there.



Pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire vu par la loupe des petites histoires, deux livres haletants à leur manière et sous-tendue par une réflexion, tacite mais profonde, sur la nature de la vérité.


Dernière édition par Dérinoé le Dim 9 Nov 2014 - 17:08, édité 1 fois
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 9 Nov 2014 - 17:00

Cela fait aujourd'hui 25 ans que le Rideau de Fer s'est levé.

À l'occasion de cette commémoration, le journal Le Monde publie un article fort intéressant intitulé Berlin 1989, le jeune Homme et le Mur et consacré à l'artiste lyonnais Thierry Noir. Vous pourrez le lire en ligne en cliquant ici.

En 1982, le jeune homme de 24 ans quitte la France et s'installe dans un squat à Berlin-Ouest, lieu d'émulation intense pour de nombreux artistes européens et américains, anonymes ou déjà célèbres. Thierry Noir s'adonne particulièrement au dessin; avec son ami Christophe Bouchet, il commence à peindre sur toute la hauteur du Mur de Berlin, chose que personne n'avait réalisée avant eux. Grâce à ses nombreux dessins sur le Mur, le jeune artiste acquiert rapidement une certaine notoriété.


Photographie tirée des archives personnelles de Thierry Noir, publiée dans le Monde, le 9 Novembre 2014.

Le 9 Novembre 1989, Thierry Noir apprend que le Mur est en train de tomber et se rend au Checkpoint Charlie, l'un des postes-frontières entre Berlin-Est et Berlin-Ouest les plus connus de la ville.

Il tombe sur le grand violoncelliste Mstislav Rostropovitch - déchu de sa nationalité russe par les Soviétiques après son départ pour les Etats-Unis -, installé devant un pan du Mur bientôt en ruine avec une chaise et son instrument pour y interpréter les Suites de Jean-Sébastien Bach. Thierry Noir rapporte que des Berlinois qui ne l'avaient pas reconnu lui jetaient des pièces de monnaie. La foule grandit autour de lui. La séquence fera le tour du monde.


Mstislav Rostropovitch interprétant les Suites de Bach devant le Mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, extrait d'Euronews.

Les pans du Mur peints par le jeune homme sont aujourd'hui disséminés dans des musées et des expositions aux quatre coins du monde, y compris en Allemagne bien sûr. Thierry Noir est peintre. Il vit et travaille aujourd'hui à Berlin, avec sa famille.
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cléopatre
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 9 Nov 2014 - 18:49

Merci pour le rappel Derinoé Very Happy La chute du mur est un des événements que j'aurais aimé vivre en direct Razz Et la vidéo est un très beau moment I love you
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 9 Nov 2014 - 20:11

@ Cléopatre:

Avec plaisir. sunny


Citation :
Et la vidéo est un très beau moment I love you

Oui, tout à fait: pour moi aussi.

Citation :
La chute du mur est un des événements que j'aurais aimé vivre en direct.

Le premier évènement historique dont j'ai souvenance remonte à Décembre 1989: il s'agit de l'exécution des époux Ceaușescu dont je me rappelle très nettement avoir vu les dépouilles filmées au téléjournal, sans comprendre ni qui ils étaient, ni de quoi il retournait. J'avais été extrêmement impressionnée par la violence qui se dégageait des images.

En revanche, je n'ai absolument aucun souvenir de la résonance de la chute du Mur, deux mois plus tôt. Je suis entrée dans l'Histoire, si je puis dire, avec la chute du régime communiste en Roumanie.
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Léti
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 16 Nov 2014 - 14:43

Tatiana a écrit:

Mannick a écrit:
Mon fils a fait des études d'histoire et est archiviste paléographe à Paris

[Petit HS] ah un heureux Chartiste ! Je suis moi-même archiviste (c'est d'ailleurs l'histoire qui m'a menée à ce métier) et je connais bien cette école puisque j'ai passé le concours pour y entrer, sans succès malheureusement. C'est l'ENA des archivistes  Wink [Fin du HS]

Je viens faire un petit clin d’œil à Tatiana parce que je suis moi-même archiviste Smile ça fait plaisir de croiser une autre représentante de la profession dans cette auberge, même si, à vrai dire, cela ne m'étonne pas tant que cela ! Razz

Et donc, bien sûr, je suis arrivée à cette profession par goût de l’histoire moi aussi, sans que je sache bien d'où celui-ci me vient. Le goût de la lecture d'une part et la chance d'avoir deux bons professeurs au lycée sans doute...

Bref bref et pour en revenir au sujet de la chute du mur, comme toi, Derinoe, c'est un de mes premiers souvenirs historiques " de mon vivant" (avec la guerre du Golfe, ce qui, tout de suite, est moins drôle:()
Je trouve passionnant toute cette histoire des "deux Allemagne", puis la réunification et tout ce que ça implique.
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Jeu 20 Nov 2014 - 19:04

Le livre dont je viens vous parler n'est pas à proprement dit un ouvrage d'Histoire mais, par de nombreux aspects, soit de son contenu, soit de la méthode d'écriture adoptée par son auteur, mérite largement sa place dans cette section du Forum. Du moins, il me semble.

J'ai reçu en cadeau, il y a quelques semaines, le dernier livre d'Emmanuel Carrère, intitulé Le Royaume et paru cette année aux éditions P. O. L.: ce replet pavé de plus de 600 pages est généralement vendu par les médias comme un récit mi-historique, mi-romancé du développement et des fortunes diverses connus par les premières sectes chrétiennes quelques années après la mort de Jésus, à Jérusalem comme dans tout l'Empire romain. Ce résumé-là ne manque pas de rappeler, mutatis mutandis, l'alliage subtil de faits avérés et d'invention dont Françoise Chandernagor a fait son beau livre intitulé l'Allée du Roi (1981). Toutefois, ce résumé, s'il n'est pas inexact, n'en est pas moins très incomplet et je veux tenter ici, autant que faire se peut, d'offrir un petit éclairage - modeste - sur les différents aspects de ce texte riche et varié.


Le Royaume, d'Emmanuel Carrère, a obtenu en 2014 le Prix littéraire Le Monde.

D'Emmanuel Carrère, j'avais déjà lu - Que dis-je? Lu, lu et relu des dizaines de fois - L'Adversaire (2000), que je tiens pour un petit chef-d'oeuvre dans son genre, et La Classe de Neige (1995), un roman très réussi mais dont le caractère oppressant m'empêche d'y revenir trop souvent. Ce que je ne savais pas, et que Le Royaume nous apprend en passant, c'est que l'auteur n'écrit plus de fiction depuis la parution de L'Adversaire et que tous ses livres sont désormais soit des essais, soit des enquêtes, soit des biographies plus ou moins romancées, soit un mélange de tout cela. Le Royaume n'est donc pas une fiction à proprement parler. Ou, peut-être, si, un peu, comme écrit plus haut, à l'instar de L'Allée du Roi, une biographie que l'imagination de l'écrivain érudit est venu liée, reliée, comblée et emballée à bon escient là où l'historien ne pouvait, en tout état de fait, poser la main.

Depuis la lecture de l'Adversaire - récit de la tristement célèbre "affaire Jean-Claude Romand" -, je tiens Emmanuel Carrère pour un maître de ce que l'on pourrait appeler "la perspective" ou "le point du vue" et qui est, pour tout auteur se faisant fort de rapporter une histoire bien réelle, une difficulté sans doute très sous-estimée par qui ne s'y jamais frotté. Emmanuel Carrère démontre pour moi encore une fois, avec le Royaume, à quel point il maîtrise le placement des perspectives, des points de vue, des nids d'aigle et des personnages pris dans la foule. Et voici comment.

Le Royaume est une oeuvre qui me semble être composée par quatre grands volets ou quatre grandes trames, selon l'expression que l'on préfèrera, lesquelles sont cousues, pourrait-on dire, par paires de deux.

La première paire est constituée par deux récits d'ordre biographique: d'une part, le rapport d'Emmanuel Carrère à la religion catholique et aux spiritualités en général, d'autre part le récit des recherches historiques, des lectures savantes et des rencontres humaines qui lui ont permis de façonner le Royaume. Ceci pour la première paire, essentiellement centrée sur les pensées, la vie et le travail de l'auteur lui même.

La seconde paire, elle, s'articule d'une part autour du récit et des évolutions de la secte chrétienne après la mort de Jésus, dans la dernière partie du 1er siècle ap. J.-C. et, d'autre part, sur le travail d'auteur même accompli par certains grands noms de la secte en question.

Ce dernier volet, bien qu'il s'intéresse à différents personnages importants du Christianisme primitif, se concentre essentiellement sur deux hommes. D'abord, Paul de Tarse, Juif impétueux, voyageur infatigable, persécutant les Chrétiens pour le compte des branches les plus dures du clergé de Jérusalem et recevant un jour, sur le chemin de Damas où s'il en allait gaillardement massacrer quelques disciples, une visite du Christ qui le convertira dans la seconde et le laissera aveugle pour quelques heures, bouleversé par la puissance de la révélation divine. Ensuite, l'Evangéliste Luc, médecin macédonien de langue grecque et citoyen romain ayant adopté, de loin en loin, la religion juive, devenu, après une rencontre mémorable, le compagnon de route et le scribe du fougueux Paul de Tarse.

En terme de corpus biblique, nous devons vraisemblablement à Paul un certains nombres de lettres - assez magistrales, du reste - envoyées aux différentes communautés de l'Empire romain qu'il avait converties durant ses voyages. Ses lettres, comme le dit Emmanuel Carrère, on les nomme aujourd'hui "pompeusement" Epîtres. Il semble qu'elles aient toutes été dictées par Paul à des compagnons hellénophones, lui-même étant incapable d'écrire en grec.* Luc, quant à lui, nous a laissé les Actes des Apôtres, qui constitue une biographie de son ami Paul de Tarse, ainsi que l'un des quatre Evangiles retenus par le canon, sans doute rédigé sur la foi des récits rapportés par Paul, des rencontre avec des proches du Christ et d'une enquête menée à Jérusalem lors d'un voyage où il accompagnait une délégation chrétienne en visite chez les disciples survivants de Jésus.

Et là où le Royaume devient passionnant, c'est que ces deux paires de trames - vie et rédaction d'Emmanuel Carrère et vie et rédaction de Paul et de Luc - se répondent l'une l'autres à travers le texte, parfois à des chapitres de distance. Et quand j'écris qu'elles se répondent, je veux dire par là que les actions et les pensées de l'un font parfois écho aux actions et aux pensées des autres et que les doutes existentiels ou littéraires des autres renvoient également aux doutes existentiels et littéraires de l'un. L'architecture du Royaume à elle seule constitue un royaume littéraire d'une intelligence assez stupéfiante. Et c'est en ce sens que j'écrivais plus haut qu'une fois la matière de son livre déterminée et rassemblée, Emmanuel Carrère possède le don de l'agencer avec grâce et pertinence, faisant de la structure de son texte un élément de réflexion à part entière.

Maintenant que faut-il encore ajouter pour donner une vue plus juste de ce texte hybride passionnant?

D'abord que, dans toutes les parties qui le concernent au premier chef - qu'il s'agisse du mal-être de sa jeunesse, de son approche du Christianisme, des fortunes diverses de sa vie de couple, de ses préférences sexuelles, des personnes que le hasard met sur son chemin ou de son travail d'auteur, porté comme une croix à la fois douloureuse et bénie -, Emmanuel Carrère fait preuve de deux qualités, d'ordre totalement différent, qui font tout l'intérêt de son texte: d'abord, un talent de portraitiste absolument remarquable, ensuite une honnêteté intellectuelle et morale extraordinaire, sans laquelle, du reste, la relation de l'introspection ne vaudrait pas grand chose.

Ensuite, je dois ajouter que la paire de trames portant sur la vie et les oeuvres de Paul et de Luc est aussi intelligemment construite que L'Allée du Roi, à ceci près que, contrairement à Françoise Chandernagor, Emmanuel Carrère donne à voir, au sein du livre même, son travail de recherche et ses tâtonnements historico-littéraires. Si je dis que le livre rappelle celui de Françoise Chandernagor, c'est parce qu'il synthétise les historiens et les chercheurs consultés lors de la préparation du texte pour nous livrer, de manière aussi précise que passionnante, les parcours des deux Chrétiens, et ce tout en se permettant de combler, sur la base à la fois du bon sens et de la licence poétique, les trous laissés vacants par la science. A noter que l'auteur indique toujours au lecteur où et pourquoi il se permet d'avancer une hypothèse incertaine ou de broder autour de faits avérés. Partant, sans tomber dans la parodie délurée ou l'invention délirante, Emmanuel Carrère parvient à nous offrir des portraits - souvent hauts en couleurs - de personnages que la pesante atmosphère des églises nous livre souvent pieds et poings liés, la mine grise, le verbe emphatique et l'auréole bien cirée et qui nous sont ici rendus dans toute leur anormale normalité: névrosés, colériques, craintifs, doux, hésitants, souffrant, jouissant, géniaux et misérables, vivant dans la trouille, la passion, l'honnêteté et le mensonge, toujours prêts à se débiner et faisant preuve, parfois, d'un courage aussi céleste qu'inattendu. Humains, quoi.

Tour de force.

Enfin, je dois encore mentionner que ces quatre trames, qui se croisent et s'entre-croisent tout au long du texte dans une sorte de ballet harmonieux, sont serties de réflexions philosophiques à la fois profondes et très digestes, prenant souvent appui sur des épisodes simples issus de la vie de l'auteur ou de celles des individus dont il se fait le biographe.  

Voilà. Pour résumer, si vous vous entrez dans le Royaume - Oh! Oh! Oh! -, attendez-vous à lire, comme dans la Bible aussi, quatre ou cinq livres en un, chacun possédant son intelligence et son attrait propres, chacun évoluant, par un chemin différent, vers ce même but, indistinct, qui repose dans la compréhension du message d'un homme mort il y a plus de 2000 ans. Et derrière ce message, dans la compréhension des humains qui, toujours, cherchent du sens à tout, du sens à leur vie.

A tout et à leur vie qui, à la fin, revient au même. Wink


***


*Car il faut préciser que dans tout l'Empire, y compris à Rome, on barjaque en grec, avec plus ou moins de pureté et de correction eu égard à la pratique des Hellènes eux-mêmes. Emmanuel Carrère fait du reste remarquer avec à propos que la Grèce constituant une petite province conquise par une Rome impériale immense et toute-puissante, ce phénomène linguistique est à peu près aussi étonnant que si les Etats-Unis ayant envahi une bonne partie du monde, ils se mettaient à pratiquer, et les colonie à leur suite, une langue minoritaire sur le territoire impérial: par exemple, le lituanien ou le portugais. Graecia capta ferum victorem cepit, et artes intulit agresti Latio...


Dernière édition par Dérinoé le Mer 26 Nov 2014 - 1:09, édité 1 fois
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Selenh
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Sam 22 Nov 2014 - 3:56

Un grand merci Derinoé. Déjà le sujet me passionne.
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 23 Nov 2014 - 0:03

@ Selenh:

Citation :
Un grand merci Derinoé.

Merci à toi pour ton message. Si jamais tu te lances un jour prochain, ton avis m'intéresse beaucoup et j'espère que tu nous feras part de tes impressions sur ce fil. sunny

Citation :
Déjà le sujet me passionne.

Oui, passionnant, il l'est vraiment.

Un des aspects les plus captivants de ce livre réside dans la manière dont Emmanuel Carrère a cherché "des portes d'entrée", littéraires et psychologiques, pour pénétrer dans les Actes des Apôtres - ce texte vraisemblablement écrit par l'Evangéliste Luc et portant essentiellement sur la vie de Paul de Tarse. Ainsi, du hall d'entrée, il est parvenu à reconstruire de manière très convaincante, à partir de quelques mots, à partir de quelques intonations supposées, le parcours des deux hommes et le cours de leur relation. Personnellement, j'adore quand les écrivains nous font partager leur méthode d'approche d'un thème ou d'un projet, surtout lorsque celui-ci repose dans l'interprétation de textes anciens. C'est du roman dans l'Histoire, du roman dans les romans.


Spoiler:
 


D'ailleurs, à ce sujet, Emmanuel Carrère évoque l'écriture des Mémoires d'Hadrien (1951) par Marguerite Yourcenar et cite une page issue de ses Carnets*, ceux-là même qu'elle tenait en marge de la rédaction de son chef-d'oeuvre.

*Ces Carnets de note sont aujourd'hui publiés par Gallimard avec les Mémoires d'Hadrien, en fin de volume.
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Miss Raisa
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 13 Sep 2015 - 19:49

Je viens vous parler de la biographique de François Mitterrand que j'ai finie il y a peu, de Michel Winock.



Elle a reçu le Prix du sénat du livre d'histoire 2015.
Alors j'ai beaucoup aimé cette biographie, à l'exception peut-être de la fin (parce qu'à la fin c'est trop triste il meurt). Je l'ai trouvée bien écrite, claire et intéressante. Michel Winock reste tout du long assez neutre et impartial pour nous permettre de nous faire notre propre idée sur ce personnage ambigu, que je connaissais mal.
La fin m'a par contre déroutée, car l'auteur, qui avait suivi jusque-là un ordre chronologique de circonstance, se met à nous dresser une sorte de bilan du "règne" de Mitterrand, sous divers aspects, comme la politique intérieure, extérieur, les liens avec le PS et ses membres... Si cela restait tout à fait intéressant, j'aurais aimé être prévenue de ce passage au thématique qui m'a un peu embrouillée dans la chronologie.
Globalement, si ce n'est pas ma biographie préférée, celles de Victor Hugo et de Richard III restant au sommet, et que la fin aurait pu être plus claire et pédagogue à mon avis, dans la lignée du reste du livre, c'était une lecture intéressante, qui permet de confronter différents points de vue sur Mitterrand, personnage plus controversé et complexe que ce que je pensais.
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 13 Sep 2015 - 23:39

@ Miss Raisa:

Merci beaucoup pour ton compte-rendu détaillé, Miss Raisa.

Après avoir vu quelques documentaires dédiés à la vie de l'énigmatique François Mitterrand, j'aimerais lire, maintenant, l'une des biographies qui fleurissent dans les librairies depuis quelques années. Celle de Michel Winock semble très réussie.
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Miss Raisa
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Dim 22 Nov 2015 - 12:03

Je n'avais pas vu ton commentaire, Dérinoé, je t'en prie ! Et tu as de quoi faire en ce moment, avec tous les livres qui sortent cette année sur Mitterrand...

J'ai fini il y a quelques jours la biographie de Gertrude Bell et j'ai beaucoup aimé !


Voici un résumé :
Citation :
"Elle était une femme de tête et de coeur, vertigineuse." Lawrence d'Arabie. Il faudrait dire "Bell de Bagdad" comme on dit "Lawrence d'Arabie". L'aventure de Gertrude Bell auprès des chefs bédouins de Mésopotamie est le reflet au féminin de celle du colonel Lawrence en Arabie. Fille d'un grand industriel du Yorkshire, titulaire d'un premier prix à Oxford, celle qu'on surnommait la "khatun", la "dame" ou "la reine du désert", accomplit entre 1900 et 1914 six expéditions archéologiques et diplomatiques entre le Levant et l'Euphrate. Agent secret et ambassadrice occulte au service de Sa Gracieuse Majesté durant la Grande Guerre, elle est la seule femme à participer au titre de conseiller aux conférences internationales de 1919 et 1921. Autre point commun avec T.E. Lawrence, elle allie un courage physique extrême à une grande fragilité sentimentale et comme lui, elle connaît une fin tragique : douloureusement frappée par la mort de son amant au front en 1915, elle ne s'en remettra jamais, et sa disparition à Bagdad, en 1926, au sommet de sa carrière, laisse planer des doutes. Inspiré par sa correspondance magnifique (dont les lettres échangées avec son amant), en grande partie conservée et jamais traduite en français, le livre dresse un portrait émouvant d'une grande dame de l'aventure.

Il s'agit d'une biographie très facile à lire, et fort intéressante. Le personnage de Gertrude Bell est fascinant, et j'ai beaucoup aimé la découvrir. C'est quelqu'un de méconnu aujourd'hui et cette biographie lui fait honneur. Une fois la lecture finie, j'ai eu envie d'en apprendre encore plus sur elle. J'ai aimé son caractère particulier, son snobisme victorien, son appétit pour la mode et le confort y compris en plein désert, son intrépidité, et surtout son intelligence, avec ses analyses politiques pertinentes, sa fougue...
Une biographie que je conseille, et particulièrement à ceux qui n'en ont encore jamais lues et qui voudraient s'initier au genre, mais qui ont peur de quelque chose d’assommant et bourré de chiffres, sans vie. Ici, on en est loin... parfois un peu trop, d'ailleurs, j'aurais parfois aimé quelques repères temporels supplémentaires. Néanmoins, une très bonne lecture !
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Tatiana
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Lun 23 Nov 2015 - 13:20


Merci pour la présentation de cet ouvrage Miss Raisa. Je n'ai jamais entendu parler de cette Lawrence d'Arabie au féminin (ou alors j'ai oublié Razz ) et comme j'aime les grands destins cette biographie peut me plaire. Le nombre de biographies sur ma PAL étant déjà énorme je ne vais pas l'y ajouter dans l'immédiat, mais je vais essayer de la garder dans un coin de ma tête pour plus tard.

J'en profite pour dire un mot rapide de celle du cardinal de Retz de Simone Bertière. Je m'attendais à une vie d'aventure, digne d'un roman de cape et d'épée, et c'est tout à fait ça. Le bonhomme a eu une existence mouvementée, passant plusieurs années en prison en raison du conflit qui l'a opposé à Mazarin, avant de s'évader de manière rocambolesque et de s'enfuir à Rome. Le tout est raconté dans un style enlevé avec force détails par Simone Bertière. Le problème est que je n'ai à aucun moment réussi à m'attacher au personnage, d'une intelligence brillante mais aussi d'une ambition sans borne... Je crois que c'est la première fois que cela m'arrive dans une biographie. Par conséquent, le déroulement de sa vie m'a paru très long, même parfois ennuyeux (ses périodes à Rome...). Ce qui ne m'a pas empêché d'apprendre beaucoup de choses, par exemple le lien fort entre Retz et Mme de Sévigné, qui étaient parents. Cette biographie fait donc partie de mes déceptions  No , à cause de son sujet très peu attachant.

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MessageSujet: Re: L'Histoire   Sam 2 Jan 2016 - 16:41


Je viens tout juste de terminer le Fouché d'Emmanuel de Waresquiel, et comme toujours à la fin d'une grande biographie, je me sens un peu orpheline. Pourtant le personnage n'a à priori rien de sympathique. Auréolé d'une légende noire, il est en général associé aux traîtres et aux girouettes de la Révolution et de l'Empire. Et pour cause : après avoir été (entre autres) le représentant en mission très sanguinaire et tristement célèbre de Lyon, il s'est distingué en tant que ministre de la Police tout puissant, redoutable et redouté, de Napoléon. Cerise sur le gâteau, il a réussi la prouesse de devenir brièvement ministre de Louis XVIII alors qu'il avait voté la mort de son frère... Carrière unique dans l'Histoire de France, et des plus incroyables !

Je connaissais l'oiseau grâce au livre que lui a consacré Stephen Zweig. Sa vision est très sombre. Celle d'E. de Waresquiel, construite en partie grâce à un fonds d'archives privé et jusque là inexploité, est beaucoup plus nuancée. Il dresse le portrait d'un homme absolument fascinant et complexe  I love you , d'une rare habileté politique, qui a été certainement un très grand homme d'Etat et est toute sa vie resté fidèle aux principes de la Révolution, aussi féroce dans sa vie publique qu'attentionné et attaché à sa famille et à ses proches.

Après son brillant Talleyrand, j'ai eu grand plaisir à retrouver cet historien à la plume alerte, aux analyses toujours fines et pertinentes   , qui signe là une autre excellente biographie, qui se dévore tel un roman.

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Petit Faucon
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Lun 4 Jan 2016 - 9:52

Dans une autre vie, quand j'aurai plus de temps pour moi, je lirai sans doute ce livre car Fouché est un personnage intéressant comme tous les personnages ambigus.
Et tu as le don de donner envie avec tes compte-rendus, Tatiana  I love you
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Tatiana
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Lun 4 Jan 2016 - 12:19


Merci Petit Faucon, je suis ravie que mon lobbying fonctionne Smile . Cette biographie me paraît idéale pour découvrir le personnage dans toute sa complexité.

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MessageSujet: Re: L'Histoire   Lun 4 Jan 2016 - 19:34

Petit Faucon a écrit:

Et tu as le don de donner envie avec tes compte-rendus, Tatiana  I love you

Bien vrai !
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Mar 19 Jan 2016 - 20:32

Bon si Emmanuel a ton aval Tatiana cela confirme d'autant plus mon envie de le découvrir ! Talleyrand (je crois..) est à la BU donc je n'ai même pas à l'acheter.
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Mer 20 Jan 2016 - 12:18


Oh oui n'hésite pas à te précipiter sur cette biographie Miss Raisa, sachant que tu apprécies le genre elle devrait te plaire. Talleyrand est un personnage fascinant, et sa vie se dévore comme un roman sunny

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MessageSujet: Re: L'Histoire   Mar 29 Mar 2016 - 12:32


L’Histoire a perdu un grand monsieur ce week-end, Alain Decaux  No , académicien depuis 1979 et homme dont tous ont loué l’affabilité, la courtoisie. J’ai lu de lui son monumental (et phénoménal) Victor Hugo, son Dictionnaire amoureux d’Alexandre Dumas et ses très sympathiques Mémoires sorties il y a une dizaine d’années, sans oublier les quelques ouvrages de sa plume toujours sur ma PAL. C’était un grand amateur d’Alexandre Dumas, qu’il appelle "saint Dumas" (j'adore   ) dans son autobiographie et dont il a participé à sauver le château de Monte-Cristo. Si je n’ai jamais eu l’occasion de l’écouter dans "La tribune de l’histoire", j’ai eu l’occasion de voir l’un ou l’autre épisode de "La caméra explore le temps", excellente émission alliant fiction et réalité historique : grands souvenirs de celle sur la mort d’Henri IV, avec notamment François Chaumette dans le rôle du duc d’Épernon, et un Henri IV truculent   . L’Histoire radiophonique et télévisée lui doit énormément.

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MessageSujet: Re: L'Histoire   Mar 29 Mar 2016 - 14:07

Merci pour ce bel hommage, Tatiana.
Je n'ai rien lu de lui, mais je pense qu'il a beaucoup contribué à rendre l'histoire vivante pour beaucoup de gens qui n'y étaient pas forcément réceptifs, un excellent vulgarisateur.
Les émissions historiques actuelles de Ferrand, de Almeida et Bern lui doivent beaucoup, je pense.
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MessageSujet: Re: L'Histoire   Mar 29 Mar 2016 - 14:24

Tu m'apprends la nouvelle Tatiana No merci pour ce bel hommage.

Petit Faucon a écrit:
Je n'ai rien lu de lui, mais je pense qu'il a beaucoup contribué à rendre l'histoire vivante pour beaucoup de gens qui n'y étaient pas forcément réceptifs, un excellent vulgarisateur.

Je ne saurais mieux dire.

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MessageSujet: Re: L'Histoire   Aujourd'hui à 15:29

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