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 Les leçons de tante Jane

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Aislynn
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 11 Juil 2010 - 21:02

Fée clochette a écrit:
Very Happy Very Happy sauf que Jane Austen, n'est pas du tout intéressée par la passion lol! lol! lol! c'est même très loin d'elle.


Ca du moins c'est clair, et justement, c'est e'n ce qui me concerne le dernier clou au cercueil.

J'en reviens à mon impression première : c'est plat. On ne se connait que par qq bals et qq rencontres et on se marie (d'où le nombre de mariages désastreux chez cet auteur, d'ailleurs, ça c'est le côté que j'ai apprécié)

Mais concernant ses héros : rien. Pas de passion, aucun sentiment exprimé.

Ben moi ça me gonfle, on a l'impression que le facteur ou le voisin demanderait leur main qu'elles répondraient pareil.

Jane Eyre au contraire apprend à connaître M. Rochester, elle vit avec lui pendant des mois, et si elle reste très pudique dans ses déclarations, elle dit son amour, cependant.

Quant à lui n'en parlons pas, il est plutôt passionné !

Moi je ne resens aucun amour chez Jane Austen, c'est tellement noyé et englué dans le carcan puritains des bonnes manières de cette classe sociale que n'a plus aucun attrait.

Opinion personnelle bien évidemment.

Et franchement, je n'arrive pas à croire qu'Austen ait inventé le roman d'amour ! Elle a un style bien à elle, ça oui, et une vision très acérée de son époque qui, encore une fois, sauve le tout et qui m'a permis de lire sans ennui ou presque, jusqu'à la fin.

Mais c'est quand même un genre très spécial.
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 11 Juil 2010 - 23:05

Je ne sais pas qui a inventé quoi et puis, je ne pense pas que ce soit très important. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a écrit au tout début d'un mouvement qui a été beaucoup plus ample qu'elle et qui s'est appliqué à rendre un grand réalisme dans les romans.

Alors certes, ses romans ne regorgent pas d'aventures, l'héroïne n'est pas enlevée, sa vertu n'est pas en danger une demi-milliseconde, aucun cheval blanc, personne n'est affamé ni battu, pas de folle au grenier, pas même un secret de famille bien honteux, pas de voix irréelles appelant au secours, pas un seul sortilège, rien de rien.
La vie ordinaire d'un certain milieu et, quand même, une fin heureuse ou à peu-près. C'est ça qui pour l'époque était révolutionnaire. Et c'est sa maîtrise de la langue, la justesse de ses portraits, son humour, qui ont lié la sauce.

Après c'est affaire de sensibilité. Personnellement, j'aime aussi les Brontë, les romans d'aventures, les histoires de pirates ou de chasseurs de phoques... mais je savoure les romans d'Austen. Je ne pense pas qu'il faille les opposer, ça n'a rien à voir.

Aislynn a écrit:
Mais concernant ses héros : rien. Pas de passion, aucun sentiment exprimé.

Là, chère Aislynn, je crains que tu ne fasses preuve d'un tantinet de mauvaise foi Very Happy .
Darcy, Wentworth, Marianne Dashwood et peut-être aussi Anne Elliot, au moins, ont des sentiments passionnés, même s'ils ne les expriment pas fougueusement. Bien sûr le vent ne bat pas la lande autour de leur galop désespéré sous la lune et ils ne se tapent pas la tête contre les murs en jetant les hauts cris, c'est bien plus feutré.
Mais partant d'où il part et quand on voit ce qu'il est amené à faire, on ne peut expliquer Darcy que par la passion.
Rochester lui-même n'aurait pas renié la lettre de Wentworth.
Marianne... est-il besoin d'argumenter, même si elle se brûle les ailes ? Evidemment, elle ne meurt pas de langueur et ne se jette d'aucune falaise dans la mer en furie... je ne peux pas le nier.

Il est tout à fait légitime que l'on puisse préférer l'expression exaltée, ou simplement clairement exprimée des sentiments passionnés. Et c'est sûr que ce n'est pas la tasse de thé de Tante Jane.
Mais la réduire aux sandwiches au concombre et aux mines compassées me semble être aussi erroné que de dire qu'elle écrit des romans à l'eau de rose.
Après, chacun son style... Wink


Dernière édition par MissAcacia le Dim 11 Juil 2010 - 23:29, édité 1 fois
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 11 Juil 2010 - 23:24

les 12, 13 et 16 décembre étaient différents Aislynn lol! sur Pride et Prejudice juste le livre lol! lol! lol!

Citation :
C'est un livre que je viens de commencer, que je découvre et auquel j'accroche si bien que je pense le finir d'ici demain soir.

Comme je ne connais pas l'histoire (eh non) je peux encore changer d'avis sur les personnages, bien sûr.

Mais pour le moment, je dois dire que si je rencontrais en réalité un type comme Darcy, je pense que je le détesterais cordialement.

Toutefois, la pire à mes yeux, c'est Madame Bennett (la mère)... mais qu'elle ménerve ! Mais elle est bête, mais bête ! En fait, elle est bornée, et aussi nulle comme mère que comme épouse.
Je ne dois pas être la seule à le penser, si j'en juge par les réflexions particulièrement sarcastiques de son mari à son égard.

C'est à la fois triste, amusant et révélateur de ces temps-là : quand on se mariait c'était pour la vie, même si on s'apercevait que finalement, ben.... il y a d'ailleurs des passages très tristes sur ce sujet dans Raison et sentiments.

Mais même bouchée, il serait étonnant que Mme Bennett ne se rende pas compte que son mari se moque d'elle et la remballe sans arrêt. C'est ça que je trouve triste, aucun d'eux n'est heureux.

Elisabeth en revanche me plaît beaucoup, pour le moment du moins.

Allez, je retourne à ma lecture et je reviendrai donner mes opinions quand j'aurais avancé, ou terminé

Voilà, je l'ai terminée ce matin... j'ai fait une looooongue grasse matinée pour le terminer

Alors : évidemment, Darcy change beaucoup entre le début et la fin. A vrai dire, c'est ce qui me "chagrine" un peu, je trouve que ça arrive trop vite. C'est presque un conte de fées (cela dit j'aime les contes, mais ce n'est pas le genre de ce livre) : tout à coup, la "Bête" se change en prince charmant.
Et idem pour Elisabeth, je trouve que ses sentiments changent du tout au tout beaucoup trop rapidement à mon goût.

C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre : Jane Austen a, on ne peut prétendre le contraire, une fort jolie plume, et elle croque une impressionnante galerie de portraits.

Tous ne sont pas sympathiques, misère ! Loin de là. Mais j'ai pris grand plaisir à les découvrir.


Je trouve qu'avant toute chose, avant même les personnages et leur histoire, cet auteur sait poser une ambiance. Voilà deux livres d'elle que je lis, et ma foi, j'ai rêvé tout du long et encore une fois ma lecture terminée de la campagne anglaise, de jolies maisons de maîtres et de gentlemens aux manières irréprochables


Ah oui, ça, ça fait rêver

Disons que je n'ai pas forcément analysé les choses de cette manière, c'est ce que j'ai éprouvé en lisant.

De même que tout au début du livre, comme Elisabeth, j'ai trouvé Darcy détestable par son attitude générale.

Et adorable par la suite


Il faut dire aussi que lorsque je lis un livre, surtout pour la première fois, je focalise sur l'histoire elle-même (pareil pour un film, d'ailleurs).

Il me faut généralement une deuxième lecture moins axée sur l'intrigue elle-même pour décortiquer la trame, les tenants et les aboutissements.


Il paraît que ça fait rêver, lol! lol! lol!

Les sentiments destructeurs et passionnés passionnent peut-être, mais ne font pas rêver lol!

Suis en phase avec Miss Acacia, on peut ou tout aimer, ou aimer plus l'un ou l'autre, l'essentiel c'est de vivre le livre, et Jane nous fait vivre dans son temps, dans une société qu'elle connait. Des tranches de vies aussi bien ciselées, il n'y a pas des tonnes.

Ce serait usant d'avoir toujours et encore des Rochester partout, vive la variété et parfois la délicatesse dans l'expression des sentiments. cheers drunken drunken
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Selenh
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 11 Juil 2010 - 23:40

MissAcacia a écrit:
Darcy, Wentworth, Marianne Dashwood et peut-être aussi Anne Elliot, au moins, ont des sentiments passionnés, même s'ils ne les expriment pas fougueusement. Bien sûr le vent ne bat pas la lande autour de leur galop désespéré sous la lune et ils ne se tapent pas la tête contre les murs en jetant les hauts cris, c'est bien plus feutré.
Miss Acacia, ta verve me ravit!
Mais je venais ajouter au feutré le carrément non-dit, l'implicite, le blanc à décoder: un des mes délices chez Jane Austen, d'autant que ce blanc est souvent bien malicieux.

Les auteurs qui disent tout sans laisser aucun travail au lecteur m'empêchent un peu de respirer, au contraire. C'est malheureusement trop souvent le cas de la romance: alors que je serais prête à m'y livrer allègrement, je suis souvent rebutée par des points sur les "i" trop lourdement appuyés dans les scènes sentimentales ou sensuelles.
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cat47
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 11 Juil 2010 - 23:46

Selen a écrit:
Mais je venais ajouter au feutré le carrément non-dit, l'implicite, le blanc à décoder: un des mes délices chez Jane Austen

Je plussoie totalement. cheers

J'ai l'impression de me répéter mais je crois que c'est la raison principale qui me fait chérir Jane Austen. Elle laisse à ses lecteurs de la marge pour faire fonctionner leur imagination. D'où l'absence de grandes déclarations, du moins formellement. On nous laisse simplement avec un Darcy qui s'exprime "as sensibly and as warmly as a man violently in love", à nous d'imaginer les mots, miam, miam. bounce

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Aislynn
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Lun 12 Juil 2010 - 20:09

Citation :
Aislynn a écrit:
Mais concernant ses héros : rien. Pas de passion, aucun sentiment exprimé.


Là, chère Aislynn, je crains que tu ne fasses preuve d'un tantinet de mauvaise foi .
Darcy, Wentworth, Marianne Dashwood et peut-être aussi Anne Elliot, au moins, ont des sentiments passionnés, même s'ils ne les expriment pas fougueusement. Bien sûr le vent ne bat pas la lande autour de leur galop désespéré sous la lune et ils ne se tapent pas la tête contre les murs en jetant les hauts cris, c'est bien plus feutré.
Mais partant d'où il part et quand on voit ce qu'il est amené à faire, on ne peut expliquer Darcy que par la passion.


Eh bien comment dire ? L'histoire dit que les personnages sont amoureux, certes.
Puisque l'histoire le dit, il faut bien le croire, mais c'est un acte de foi.

On ne le 'sent" pas. Quant à Darcy.... eh bien Fée Clochette a fort opportunément ressorti un de mes commentaires où je dis ce que j'en pense. En plus, je n'ai jamais avalé son total et bien trop rapide revirement.

Donc non, je ne pense pas faire preuve de mauvaise foi, je donne mon sentiment actuel tout en admettant bien volontiers que vous puissiez en avoir un totalement différent.




Fée clochette a écrit:
les 12, 13 et 16 décembre étaient différents Aislynn lol! sur Pride et Prejudice juste le livre lol! lol! lol!

Citation :
C'est un livre que je viens de commencer, que je découvre et auquel j'accroche si bien que je pense le finir d'ici demain soir.

Comme je ne connais pas l'histoire (eh non) je peux encore changer d'avis sur les personnages, bien sûr.

Mais pour le moment, je dois dire que si je rencontrais en réalité un type comme Darcy, je pense que je le détesterais cordialement.

Toutefois, la pire à mes yeux, c'est Madame Bennett (la mère)... mais qu'elle ménerve ! Mais elle est bête, mais bête ! En fait, elle est bornée, et aussi nulle comme mère que comme épouse.
Je ne dois pas être la seule à le penser, si j'en juge par les réflexions particulièrement sarcastiques de son mari à son égard.

C'est à la fois triste, amusant et révélateur de ces temps-là : quand on se mariait c'était pour la vie, même si on s'apercevait que finalement, ben.... il y a d'ailleurs des passages très tristes sur ce sujet dans Raison et sentiments.

Mais même bouchée, il serait étonnant que Mme Bennett ne se rende pas compte que son mari se moque d'elle et la remballe sans arrêt. C'est ça que je trouve triste, aucun d'eux n'est heureux.

Elisabeth en revanche me plaît beaucoup, pour le moment du moins.

Allez, je retourne à ma lecture et je reviendrai donner mes opinions quand j'aurais avancé, ou terminé

Voilà, je l'ai terminée ce matin... j'ai fait une looooongue grasse matinée pour le terminer

Alors : évidemment, Darcy change beaucoup entre le début et la fin. A vrai dire, c'est ce qui me "chagrine" un peu, je trouve que ça arrive trop vite. C'est presque un conte de fées (cela dit j'aime les contes, mais ce n'est pas le genre de ce livre) : tout à coup, la "Bête" se change en prince charmant.
Et idem pour Elisabeth, je trouve que ses sentiments changent du tout au tout beaucoup trop rapidement à mon goût.

C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre : Jane Austen a, on ne peut prétendre le contraire, une fort jolie plume, et elle croque une impressionnante galerie de portraits.

Tous ne sont pas sympathiques, misère ! Loin de là. Mais j'ai pris grand plaisir à les découvrir.


Je trouve qu'avant toute chose, avant même les personnages et leur histoire, cet auteur sait poser une ambiance. Voilà deux livres d'elle que je lis, et ma foi, j'ai rêvé tout du long et encore une fois ma lecture terminée de la campagne anglaise, de jolies maisons de maîtres et de gentlemens aux manières irréprochables


Ah oui, ça, ça fait rêver

Disons que je n'ai pas forcément analysé les choses de cette manière, c'est ce que j'ai éprouvé en lisant.

De même que tout au début du livre, comme Elisabeth, j'ai trouvé Darcy détestable par son attitude générale.

Et adorable par la suite


Il faut dire aussi que lorsque je lis un livre, surtout pour la première fois, je focalise sur l'histoire elle-même (pareil pour un film, d'ailleurs).

Il me faut généralement une deuxième lecture moins axée sur l'intrigue elle-même pour décortiquer la trame, les tenants et les aboutissements.


Il paraît que ça fait rêver, lol! lol! lol!

Les sentiments destructeurs et passionnés passionnent peut-être, mais ne font pas rêver lol!

Suis en phase avec Miss Acacia, on peut ou tout aimer, ou aimer plus l'un ou l'autre, l'essentiel c'est de vivre le livre, et Jane nous fait vivre dans son temps, dans une société qu'elle connait. Des tranches de vies aussi bien ciselées, il n'y a pas des tonnes.

Ce serait usant d'avoir toujours et encore des Rochester partout, vive la variété et parfois la délicatesse dans l'expression des sentiments. cheers drunken drunken


Je ne renie rien de ce que j'ai écrit en décembre, Fée Clochette. Sauf que j'en étais au tout début de ma découverte de Jane Austen.

Je l'ai redit au début de ce topic, j'ai lu sans ennui (sauf machin abayee, que le diable emporte ce titre non traduit).

j'ai dit que cela m'avait fait rêver de la campagne anglaise et de gentlemen irréprochables.

sauf qu'en fait, ils ne sont irréprochables qu'en apparence. Mais bon... on va dire que c'est le lot de l'humanité tout entière.

Pour le reste, je crois bien n'avoir pas varié dans mes opinions : la mère Bennett m'est sortie par les trous de nez et darcy... ben désolée mais... vraiment non.

De plus, j'en étais à mon second Austen, que j'ai lu dans la foulée du premier.

Depuis j'en ai lu deux autres et je maintiens que j'ai eu l'impression de relire sans fin la même chose.

Une fois l'intérêt de la découverte passé, la lassitude est survenue très vite.

Eh oui.

Et je dois avouer qu'il y a sans doute une part de déception qui vient se mêler suprebticement à la chose : je suis toujours déçue de ne pas me passionner pour un livre ou un film, du coup, j'en éprouve toujours une certaine rancoeur.

C'est sans doute très infantile, je ne dis pas le contraire, mais bon....

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Dulcie
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 10:54

J'ai déjà essayé de (m')expliquer pourquoi j'aime "juste bien" Jane Austen, donc je ne reviens pas là-dessus. rendeer

Mais je suis interpellée lorsque je lis vos posts, car je vois que vous opposez de façon très tranchée un "style Austen" à l'existence d'un autre qui serait plus fougueux et exalté. Et qu'en conséquence, si on préfère le second, ça expliquerait pourquoi les écrits de Jane nous plaisent moins.

Perso j'ai du mal à me reconnaître dans cette proposition. Wink Si j'aime modéremment Jane Austen, ce n'est pas parce que je privilégie tout ce qu'a bien décrit MissAcacia dans son message :

MissAcacia a écrit:

Alors certes, ses romans ne regorgent pas d'aventures, l'héroïne n'est pas enlevée, sa vertu n'est pas en danger une demi-milliseconde, aucun cheval blanc, personne n'est affamé ni battu, pas de folle au grenier, pas même un secret de famille bien honteux, pas de voix irréelles appelant au secours, pas un seul sortilège, rien de rien.

Bien sûr le vent ne bat pas la lande autour de leur galop désespéré sous la lune et ils ne se tapent pas la tête contre les murs en jetant les hauts cris, c'est bien plus feutré.

Au contraire, ce genre de choses me ferait plutôt fuir. affraid J'ai horreur de ce genre d'histoires ou de comportements, je trouve ça ridicule (il y peut toujours y avoir des exceptions bien sûr, même si là je n'en vois même pas).

A priori, je préfère largement ça. sunny

Citation :
La vie ordinaire d'un certain milieu et, quand même, une fin heureuse ou à peu-près. C'est ça qui pour l'époque était révolutionnaire. Et c'est sa maîtrise de la langue, la justesse de ses portraits, son humour, qui ont lié la sauce.

Et pourtant...
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marie21
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 11:08

Aislynn a écrit:
Citation :
Aislynn a écrit:
Mais concernant ses héros : rien. Pas de passion, aucun sentiment exprimé.


Là, chère Aislynn, je crains que tu ne fasses preuve d'un tantinet de mauvaise foi .
Darcy, Wentworth, Marianne Dashwood et peut-être aussi Anne Elliot, au moins, ont des sentiments passionnés, même s'ils ne les expriment pas fougueusement. Bien sûr le vent ne bat pas la lande autour de leur galop désespéré sous la lune et ils ne se tapent pas la tête contre les murs en jetant les hauts cris, c'est bien plus feutré.
Mais partant d'où il part et quand on voit ce qu'il est amené à faire, on ne peut expliquer Darcy que par la passion.


Eh bien comment dire ? L'histoire dit que les personnages sont amoureux, certes.
Puisque l'histoire le dit, il faut bien le croire, mais c'est un acte de foi.

On ne le 'sent" pas.

Peut-être que l'exaltation des sentiments est un peu réprimée dans les romans de Jane Austen, on est loin de l'univers "torturé" des sœurs Bronte mais la passion est quand même bien là, je trouve.
Pour moi, la scène de demande en mariage de Darcy dans le livre a quelque chose de très passionné et à mon sens, les deux adaptations (avec une préférence pour celle de 2005 où on sent vraiment la passion entre Darcy et Elizabeth à ce moment-là dans le film) rendent cette confrontation très passionnée. Elizabeth est très en colère et à juste titre, Darcy tout en lui déclarant sa flamme, la rabaisse sans même s'en rendre compte et d'une façon éhontée.
Elle a même du mal à se contenir. Quant à Darcy, il avoue de lui même qu'il ne peut plus réprimer ses sentiments envers elle. Je vois quelque chose de passionné dans cette demande en mariage.

Il y a aussi beaucoup de passion, refoulée certes, dans Persuasion, qui est mon 2ème roman. Si j'aime autant ces deux romans, ce n'est pas tant parce que les personnages me plaisent, mais parce qu'il y a une passion toute en retenue qui est exprimée. C'est le carcan social des personnages qui font qu'il essaient de réprimer leur passion. Et j'aime beaucoup ça.

(Jane Austen, étant fille de pasteur et étant dans un cercle social assez fermé, ne pouvait que décrire que le milieu social d'où elle venait.)
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 12:36

Very Happy Wink Oui, Marie, tout est passion chez Jane Austen et depuis son plus jeune âge. Sinon elle n'aurait pas si bien décrit ce qu'elle voyait autour d'elle, seulement elle le fait en observatrice distanciée. Un écrivain réaliste n'a pas à s'impliquer dans l'histoire, il doit être neutre.

Pourquoi tant aimer Jane Austen, pour moi, n’est-ce pas ? Tout simplement parce que chaque jour depuis mes 15 ans, je réalise que la vie est une petite scène de théâtre.

Les romans échevelés, gothiques, héroïques font naître en nous des aspirations fébriles, qui nous exaltent un temps, pour nous laisser choir dans la vie réelle que l’on trouve bien neutre. Ce qui faisait dire à ma sage mère, lorsque j'exprimais mon opinion sur mon état à la fin d'une telle lecture. "Mais la vie n'est pas un roman, va donc faire les courses".....

Le roman réaliste nous entraîne à collaborer. Une colère, une déclaration, un agacement et l’on se dit, « c’est tout à fait comme hier avec…… tel ou telle…) il nous réconforte, nous sommes heureux de notre humanité. Parfois, l’on se surprend à imiter Jane Austen, avec un intérêt bienveillant et n’ont plus maussade et critique, nous nous s’amusons gentiment.

Grâce à Jane Austen , nous pouvons très jeune acquérir la conviction que nous pouvons être observatrices et sages, développer notre sens critique et se défier de tout ce qui est faux et outré
.
Grâce à elle, nous amassons un peu de son expérience joyeuse… ce que j’appelle une attitude distanciée, et c’est énorme. Car la vie pour Jane, malgré toutes les vicissitudes subies vaut la peine (elle est morte jeune et a été malade longtemps et jamais nous ne nous en apercevons, c'est ça la classe), la vie se doit d’être aimable, gracieuse, policée pour aider les autres plus faibles ou moins armés à plus de détente dans les rapports.

Ce que je décrypte dans Persuasion avec l’histoire d’Anne c’est : ne jamais se laisser influencer par d’autre dans le choix de sa vie.

Tous les jours, nous rencontrons des naïves » Harriet » : qui ne veulent pas dire non et n’arrivent pas à exprimer un oui… souligner cette indécision totalement tentée d’ironie me plait.

Ensuite, nous voulons tous nos enfants heureux et surtout nos filles…. N’y aurait-il pas de Mrs Bennet en nous parfois…. Nous ne sommes pas si parfaites et sans se comparer, il y a des moments ou nous sommes peut-être aussi ridicules.

Avouez que vous avez rencontré souvent « Catherine de Bourg et sa fille » . Vous savez, celle qui ne laisse aucune chance à ses interlocuteurs, si bien que submergé par la faconde de la dame, vous la laissez parler, affirmer, ordonner, conseiller etc. Pénible, mais irrésistible à l'imitation entre amies.

C’est ça Jane.

C’est aussi la déclaration passionnée de Darcy, le fait même qu’il s s’accroche à son éducation à son respect pour ne pas violer sur le champ Elisabeth…. Oui c’est ça Darcy, un fauve discipliné, dompté.

Heureusement il a appris à respecter les femmes de sa société, les autres, qu'en est-il au juste ……………. Jane n’en parle qu’avec Wickham et Willougby …. les autres que font-il ? Rien n’est dit, tout est suggéré,c’est ça un bon roman réaliste, Jane n'a pas à entrer dans les détails. Parce que les détails, toutes les femmes les connaissent, à cette époque comme maintenant, tout ce sait.

C’est très différent de Dickens ou Zola, mais les fondations de leurs œuvres ne prennent pas racine dans le milieu posé de Jane. Heureusement ils parlent chacun de ce qu'ils connaissent sans interférer dans les domaines des autres. D'ailleurs, Dickens ou Zola ne le pourraient même pas lol! lol!
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pouchkinet
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 15:39

Je pense que ce n'est pas un hasard si la biographie écrite par Claire Tomalin s'intitule Jane Austen, passions discrètes.
Est-ce que les sentiments forts, quand on les tait, sont pour autant inexistants? Certes pas de déchaînements violents chez Jane, point de drames sordides, de femmes folles séquestrées au grenier (à la grande déception de Catherine Morland!), de baisers passionnés etc… mais cette discussion me fait penser à une séquence du film où Marianne reproche à Elinor son manque de passion : "où est ton cœur, Elinor?" Et sa sœur de rétorquer en gros : "que sais-tu de mon cœur, je n'exprime pas mes sentiments de la même manière que toi mais ça ne m'empêche pas d'en avoir."

Ce qui n'est pas écrit noir sur blanc nous est laissé à l'imagination, et on peut s'inventer à loisir la meurtrissure du Colonel Brandon, la joie de Harriet Smith chez les Martins, la tempête sous le crâne de Charlotte Lucas, la fureur de Lady de Burgh chevauchant vers Longbourn…(je prends volontairement des personnages secondaires, car pour nos héros, c'est plus évident)
Tout cela m'empêche de trouver les histoires plates, j'ai l'impression au contraire que dans ce paysage tranquille à la Constable, le feu couve sous la cendre, qu'un scandale va éclater, qu'un événement va survenir, et l'histoire me donne raison : Willoughby se marie avec une autre, Maria Bertram quitte Rushworth, Lydia s'enfuie avec Whickham, la cadette des Musgrove se casse la figure, Mr Tilney chasse ignomineusement Catherine de l'Abbaye.

*************************************************************

On dit généralement qu'elle ne décrivait que ce que pouvait lui montrer son cercle très restreint de fille de pasteur à la campagne. Je ne crois pas. Je pense d'abord que son cercle n'était pas si restreint que cela, considéré sous l'angle de l'étude de mœurs et les péripéties familiales auraient pu offrir matière à écrire. La vie de la cousine Eliza, ses origines et son histoire familiale, constituent un vrai roman, des Indes à l'Angleterre en passant par la France révolutionnaire. Jane Austen aurait pu se servir des éléments épiques offerts par ses connaissances, je crois juste que cela ne l'a pas intéressée de situer ses romans dans le cadre exotique des Antilles (où meurt le fiancé de Cassandra), ou ancillaire (qu'aurait pu lui inspirer son amie Mme Bigeon) ou autre.

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Aislynn
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 18:44

Citation :
Peut-être que l'exaltation des sentiments est un peu réprimée dans les romans de Jane Austen, on est loin de l'univers "torturé" des sœurs Bronte mais la passion est quand même bien là, je trouve.
Pour moi, la scène de demande en mariage de Darcy dans le livre a quelque chose de très passionné et à mon sens, les deux adaptations (avec une préférence pour celle de 2005 où on sent vraiment la passion entre Darcy et Elizabeth à ce moment-là dans le film) rendent cette confrontation très passionnée. Elizabeth est très en colère et à juste titre, Darcy tout en lui déclarant sa flamme, la rabaisse sans même s'en rendre compte et d'une façon éhontée.
Elle a même du mal à se contenir. Quant à Darcy, il avoue de lui même qu'il ne peut plus réprimer ses sentiments envers elle. Je vois quelque chose de passionné dans cette demande en mariage.

Il y a aussi beaucoup de passion, refoulée certes, dans Persuasion, qui est mon 2ème roman. Si j'aime autant ces deux romans, ce n'est pas tant parce que les personnages me plaisent, mais parce qu'il y a une passion toute en retenue qui est exprimée. C'est le carcan social des personnages qui font qu'il essaient de réprimer leur passion. Et j'aime beaucoup ça.

(Jane Austen, étant fille de pasteur et étant dans un cercle social assez fermé, ne pouvait que décrire que le milieu social d'où elle venait.)


Oui, je pense en effet que c'est là l'explication. Dans la postface de l'édition de Persuasion que j'ai lu, il y a une phrase claire et nette à ce sujet : "Jane Austen détestait les effusions". Ca fait très Angleterre bourgeoise et puritaine de son époque, il n'y a pas à tortiller.

Sauf erreur de ma part, il n'y a d'ailleurs jamais un baiser dans ses romans.


Fée Clochette : ton explication est tout à fait juste, très bien pensé et exprimé. Et sans doute touchons-nous là le fond de la question : ce que l'on recherche dans un roman.

Pour ma part, je ne veux EN AUCUN CAS voir la vraie vie, même sous son jour le plus plaisant. Ca m'ennuie et surtout, je trouve que cela n'a strictement aucun intérêt.

C'est mon ressenti personnel, hein, attention ! Ca n'a aucun intérêt pour moi, je précise bien.
Je connais plusieurs personnes qui au contraire ne lisent jamais de romans, même les plus réalistes, car le simple mot "roman" les fait fuir. Ils veulent de l'histoire vécue ou rien.

Bon....

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 13 Juil 2010 - 20:59

Very Happy "Jane Austen détestait les effusions" dans certaines familles, cela existe encore... et nous sommes au XXIe siècle.

D'autre part, Jane Austen est quelqu'un de tout à fait équilibré, ceci est dû certainement à son histoire familiale : très calme et enjouée avec des drames dont on ne fait pas toute une histoire... chez les Brontë, c'est bien tout le contraire, ceci explique peut-être cela. lol! mais comme je suis loin d'être psy... je laisse tout en suspend et certainement des spécialistes se sont déjà penchés sur le sujet, mais je ne m'y suis pas intéressée. sunny
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 14 Juil 2010 - 13:02

Aislynn a écrit:
Et je dois avouer qu'il y a sans doute une part de déception qui vient se mêler suprebticement à la chose : je suis toujours déçue de ne pas me passionner pour un livre ou un film, du coup, j'en éprouve toujours une certaine rancoeur.

C'est sans doute très infantile, je ne dis pas le contraire, mais bon....

Je suis sûre que tu trouveras de nombreuses personnes sur ce forum qui comprendront très bien ce sentiments et ne le trouveront pas infantile. sunny

A part cela, ne pas porter Jane Asuten n'est pas non plus un crime, cela permet de partager le mêm ressenti que Charlotte Brontë ou Mark Twain, ce n'est déjà pas si mal. Razz

Pouchkinet, merci d'avoir parlé d'Elinor, je trouve que c'est un très bon exemple. L'amour qu'Elinor éprouve pour Edward n'est pas moins fort que celui que Marianne éprouve pour Willoughby, elle n'est fait simplement pas étalage comme sa soeur.

Ton dernier post exprime très bien ce que je ressens pour les livre de notre chère Jane, sans voir su l'exprimer. C'est aussi pour cela que j'adore ce forum : il m'arrive souvent de ressentir certaines choses et de ne pas trouver les mots pour les exprimer, et il se trouve la plupart de temps quelqu'un pour le faire bien mieux que moi, et cela me réjouit. sunny

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 14 Juil 2010 - 19:39

Hum hum… comment dire ? Alors là pour moi il faudrait que je puisse passer en live parce que vos posts m’inspirent une tonne de choses qui se bousculent. Mes deux doigts sur le clavier ne vont pas savoir gérer la file d’attente, les pauvres…

Déjà, Aislynn , je trouve que tu n’as pas froid aux yeux d’avoir ouvert un sujet pareil sur un site où les fans viennent se pâmer et où tu viens te promener en disant, "oh ben non, oh ben pas moi, c’est trop plat, patati, patata … ". cheers Il faut dire que j’ai une grande frustration dans la vie : j’ai une sœur qui est prof de littérature anglaise, et non seulement elle ne m’a pas fait découvert JA (alors qu’elle m’a fait lire des trucs, ppffff, quand j’y pense ….) mais en plus elle trouve ses romans tellement fades qu’elle considère que cela ne vaut même pas la peine d’en parler… Alors avoir la chance de croiser des gens qui sont prêts à parler de ce qu’ils n’aiment pas, je trouve cela génial. Donc merci Aislynn d’avoir ouvert ce topic et merci à celles et ceux qui viennent en découdre!
cheers

En ce qui me concerne je n’arrive même pas à concevoir qu’on ne puisse pas aimer, que dis-je adorer, vénérer, Jane Austen. Cela ne rentre pas dans mon petit cerveau. Pourtant autour de moi, elle laisse plein de gens indifférents, je le vois bien, avec les années je devrais m’y être habituée. Mais non, même pas… donc je suis très très d’accord avec ce qu’on pu dire Fée Clochette, MissAcacia, Cat, Marian, Pouchkinet et quelques autres…
Je vais aller repasser au peigne fin ce qui s’est dit, en attendant en ce qui me concerne, JA me fait le même effet que ce que décrit Selen : c’est une lecture qui dépasse tout esprit critique, toute faculté d’analyse. Je me laisse emporter comme une feuille sur le ruisseau, tout est débranché. JA me promène où elle veut, et c’est une source de douceur infinie. Selen parle de sorcellerie, je préfère parler de magie, mais voilà peu importe dans les deux cas c’est un enchantement. Et ça, franchement, c’est très très fort. Pour moi, JA c’est précisément cela, c’est le seul écrivain qui me fait cet effet. Quand j'ai envie de me détendre et de déconnecter, hop, un petit coup de JA et c'est parfait!

Après, à la question du départ : "ce que vous aviez appris ou retenu de la lecture de l’œuvre de JA" ? Je réponds sans hésiter c’est une bible de conduite dans la vie et dans la vie amoureuse en particulier.


Si je reprends le premier exemple cité par Fée Clochette: Anne dans Persuasion: "ne pas se laisser influencer par d’autres dans le choix de sa vie" = leçon n° 1.
Je continue : Anne est courtisée par Mr Elliott qui semble avoir tout pour lui (on ne découvrira que bien plus tard ce qu’il en est) :
Citation :
"Mr Elliott is an exceedingly agreeable man and in many respects I think high of him ", said Anne, "but we should not suit ".
JA prend soin de dire que c’est sur les qualités personnelles de Mr Elliott qu’Anne fait cette appréciation, et non par ce qu’elle aime encore Wentworth. J'en déduis: leçon n°2 = suivre son instinct. Leçon n°3 = Ne pas se marier pour l’argent. Leçon n°4 = Ne pas se mettre avec quelqu’un parce qu’on est seul. Leçon n°5 = Se méfier de la flatterie.
Anne et Wentworth : Anne ne force à aucun moment le trait pour le séduire, elle n’essaie pas d’apparaitre sous un beau jour. Lecon n°6 = rester fidèle à soi-même (idem d'ailleurs dans son amitié avec Mrs Smith, où elle fait fi de la pression de son père) Et n'y a-t-il pas de belle leçon dans la constance? (leçons 7+ 8+ 9... Very Happy ).
Et on peut passer à un ancien amoureux, Charles Musgrove, qui a su faire le deuil de son premier choix (Anne; = savoir tourner la page) et qui semble presque s'accommoder de son mariage avec Mary? (=savoir être heureux malgré tout) ... etc etc...


Bref, JA est à mes yeux une mine de conseils. Non seulement avec les personnages principaux mais aussi avec les personnages secondaires.
C’est vrai pour les personnages célibataires et pour les personnages en couples.

Je puise souvent dans cette mine, sur ce plan je pense qu'elle a été importante pour moi à une période de ma vie. Et aujourd'hui, quand j’ai une amie, collègue, voisine etc.. qui tombe amoureuse de quelqu’un qui me parait du genre Darcy, si elle n’a pas vraiment un tempérament du type Lizzie, je lui dit de faire attention. Même si c’est un vrai Darcy !
(en fait c’est pour le garder pour moi ! Twisted Evil non, je plaisante c’est même pas vrai)
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 14 Juil 2010 - 20:07

Aislynn a écrit:
Sauf erreur de ma part, il n'y a d'ailleurs jamais un baiser dans ses romans.


Mais il est supposé : Darcy et Lyzzie sont seuls dans la campagne imaginons que cela se passe à ce moment là (Je suis Lizzie, je laisse Darcy me donner ce baiser, même au 19e, je profite de cet unique moment de solitude, et j'espère que nos héros en ont profité, je fais confiance à Darcy, diable, un homme de 28 ans !) après la déclaration et l'acceptation des parents pour le mariage, les tourtereaux ne seront plus jamais seuls jusqu'au jour du mariage, constamment chaperonnés ils se promènerons côte à côte, s'effleureront certainement, mais se donner un baiser ! ciel il y a le mariage pour ce genre d'effusion à cette époque, et encore, dans l'intimité, pas devant la famille, les amis.

N.. a écrit:
c’est une bible de conduite dans la vie et dans la vie amoureuse en particulier.
avec une petite note de modernisme j'espère, mais c'est bien cela pour moi aussi, surtout Persuasion (voyez comme j'ai progressé lol! ) car comme nous explique N.. ce livre révèle bien plus à travers les portraits parallèles à ceux des héros, et ils sont bien plus nombreux dans ce dernier livre.

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 14 Juil 2010 - 20:15

Eh bien ! Ca c'est un acte de foi, N..

Même si je ne partage pas tes goûts, je trouve ce tu dis très beau et très inspiré :

Citation :
c’est une lecture qui dépasse tout esprit critique, toute faculté d’analyse. Je me laisse emporter comme une feuille sur le ruisseau, tout est débranché. JA me promène où elle veut, et c’est une source de douceur infinie. Selen parle de sorcellerie, je préfère parler de magie, mais voilà peu importe dans les deux cas c’est un enchantement. Et ça, franchement, c’est très très fort. Pour moi, JA c’est précisément cela, c’est le seul écrivain qui me fait cet effet. Quand j'ai envie de me détendre et de déconnecter, hop, un petit coup de JA et c'est parfait!


Je souhaite à tout le monde d'avoir un auteur, un livre, un film qui lui fasse cet effet là.

C'est ce que j'appelle la magie d'une bonne lecture, quel que soit l'ouvrage concerné.
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 7:37

Fée clochette a écrit:
après la déclaration et l'acceptation des parents pour le mariage, les tourtereaux ne seront plus jamais seuls jusqu'au jour du mariage, constamment chaperonnés ils se promènerons côte à côte
Damned, j'aurais plutôt supposé cela avant les fiançailles! D'ailleurs suis toujours étonnée de la liberté avec laquelle se promènent les filles dans Jane Austen. Mais il est vrai que je me réfère inconsciemment à la France et dans tous les cas à une période plus tardive et bien plus puritaine, j'ai tendance à oublier que JA est plutôt de la fin du XVIIIe siècle.
Il me semble quand même que dans P&P ce n'est pas aussi rigide que tu le dis : Bingley et Jane sont fiancés depuis quelques jours à la fin du roman, et effectivement supposés se promener chaperonnés... par Kitty? dont on peut observer la motivation d'acier quand elle accompagne Darcy et Elizabeth... ou par ces deux là justement, qui trouvent moyen de se perdre dans la campagne assez longtemps pour qu'on commence à déjeuner sans eux, sans même se préoccuper de leur retard! Même s'ils ne sont pas encore fiancés, personne ne semble non plus s'émouvoir qu'ils aient largué Jane et Charles qui eux le sont, et on n'a visiblement pas grondé Kitty pour être allée voir sa copine Maria Lucas au lieu de chaperonner ses soeurs!
Je pense donc que les lois de la bienséance sur ce sujet sont bien plus souples alors, dans le monde de JA en tout cas, que dans notre représentation du XIXe, peut-être un peu trop globale.
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 8:51

Very Happy Bingley et Jane se promènent chaperonnés par Darcy, Elisabeth et Kitty.

Si personne ne se préoccupe de Lizzie et Darcy c'est parce que toute la famille est persuadée de l'inimitié qui existe entre eux lol! ils sont sensés se détester, sinon Mrs Bennet elle-même accompagnait tout ces jeunes gens.

D'ailleurs, Mrs Bennet s'excuse auprès de sa fille de lui infliger une sortie aussi peu agréable, mais il faut accompagner Jane.

Les promenades entre jeunes gens étaient toujours bien vues, tant qu'il y a le nombre, cela favorise une certaine intimité et des rapprochements. A part se promener, bavarder en cueillant des fleurs, que faire à la campagne ?

Promener à deux c'était toujours délicat et surtout compromettant, sauf si il y avait eu engagement d'où le chaperon.

Ensuite, Mrs Bennet parle d'un mariage rapide... possible en Angleterre, mais pas chez nous.
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 10:20

Je ne suis pas sûre que l'obligation du chaperon était aussi stricte qu'on le pense parfois.

Dans les nouvelles d'Henry James, on rencontre pas mal de promenades ou scènes entre deux amoureux non chaperonnés. Or James = Etats-Unis + habitudes anglaises victoriennes, c'est censé être plus strict que le début du XIXème siècle, non?

Mais là je deviens un peu HS, il faudrait peut-être développer ailleurs. scratch

En tout cas, je suis d'accord avec N..., grâce à toi, Aislynn, nous avons un sujet de discussion passionnant. cheers Et je suis d'accord avec Aislynn, tu sais très bien décrire le plaisir que l'on peut avoir à se plonger dans les romans de notre chère Jane, N.... sunny

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 10:31

Dans les romans Cat je suis entièrement d'accord avec toi, mais, les romans ne reflètent-ils pas l'envie d'être enfin libre d'aimer, et surtout, ne sont-ils pas eux qui font en quelque sorte avancer la société, en racontant des histoires qui va dans le sens des désirs féminins, c'est-à-dire, une accession à plus d'éducation, plus de liberté et enfin d'exprimer l'amour, alors que cette société est si "collet monté".... j'ajoute qu'en 1950 et 1960, il y avait encore des familles qui "roulaient" sur ce mode austère avec chaperon lol! mais chut, il y avait bien des moyens pour rouler dans la farine, la famille et l'entourage proche ou lointain. lol! lol! lol!
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 10:55

Fée clochette a écrit:
mais, les romans ne reflètent-ils pas l'envie d'être enfin libre d'aimer, et surtout, ne sont-ils pas eux qui font en quelque sorte avancer la société, en racontant des histoires qui va dans le sens des désirs féminins
Pas ceux de James! lol!

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 15 Juil 2010 - 11:23

Very Happy va falloir que je m'y mette Cat, j'ai plein de livres de lH.J. en bas de ma pile, pour cause trop de livre sur le haut lol! lol! lol! scratch plusieurs cerveaux seraient nécessaires. lol!
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 6 Mai 2012 - 13:15

Citation :
il y a une phrase claire et nette à ce sujet : "Jane Austen détestait les effusions".
Alors peut-être est-il question d'aimer ce qui transparaît de la personne de Jane Austen plutôt que d'aimer l'oeuvre de Jane Austen... ?

Et je pense qu'en dehors du contenu des histoires (que l'on peut en effet trouver plat !), ce que l'on peut retenir de tante Jane c'est sa façon de les narrer. C'est très bien écrit et toujours drôle ! Après on ne peut qu'accepter (si on apprécie) ou pardonner (si on aime pas) l'influence du XVIIIe/XIXe siècles sur son écriture.
On ne peut pas vraiment discuter du contenu car tous les goûts sont dans la nature ! Mais on peut parler de la forme qui est quand même très bonne.
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Sam 16 Fév 2013 - 15:44

Une fois n'est pas coutume, c'est dans une revue de philosophie que j'ai trouvé cet article. Arrow Et vu son titre (Reading Jane Austen as a Moral Philosopher), j'ai tout de suite pensé à faire remonter ce topic. sunny

L'auteur part de la constatation que contrairement aux romanciers modernes (il cite Ian McEwan), Jane Austen ne nous donne pas un accès direct aux pensées et sentiments de ses personnages (qui "dirigeraient" l'intrigue si c'était le cas) mais que c'est toujours elle qui est aux commandes, ce qui lui permet de faire passer un message moral.
Citation :
In a modern literary novel, the plot is driven by the characters, and this is how it should be, because it is their fictional inner lives with which the reader is concerned. The reader is provided with direct access to events in the minds of the characters and can understand the plot as unfolding naturally from them. Not so in Austen. Her focus is on how her characters react to events, not on their capacity to cause them.

Elle nous livre ainsi sa propre vision morale et se fait ainsi la championne d'une éthique qui parle à de nombreux lecteurs.
Citation :
In every novel we see Austen’s central characters working through moral problems of all kinds, weighing up and considering what propriety requires by talking it through either to themselves or to trusted friends. We see her characters navigating the unpleasant attentions and comments of boors, fools, and cads with decorum and dignity: “Indeed, brother, your anxiety for our welfare and prosperity carries you too far,” as Elinor chastises John Dashwood ever so politely (S&S). We see their moral development; for example in the way Elizabeth and Darcy both learn from their early mistakes about pride and prejudice. We even see them engaging in explicit, almost technical, philosophical analysis, such as debating to what extent Frank Churchill should be considered morally responsible for his failure to visit her father (Emma), to the evident boredom of the less morally developed characters stuck in the same room.

Austen carries out her mission of moral education with flair and brilliance, while charitably respecting the capacities of her readers. This is why she is so much more readable than most moral theorists, such as Kant, who seem often to write as if being comprehensible is not their problem. Yet there is one further striking feature that sets Austen’s novels apart: her moral gaze. The omniscient author of her books sees right through people to their moral character, and then exposes and dissects their follies, flaws, and self-deceptions. I cannot read one of her novels without thinking, with a shiver, about what that penetrating moral gaze would reveal if directed at me.

Rejoignant ainsi la cohorte des auteurs dont les romans, bien mieux que des ouvrages de philosophie bien plus arides, jouent un rôle crucial dans l'éducation morale des lecteurs, en les aidant à "développer et pratiquer la compétence éthique centrale d'empathie avec ce que vivent et pensent les autres" (ma traduction).

J'aime bien cette manière d'analyser JA en tant que grande dame de la comédie de moeurs.

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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 21 Fév 2013 - 9:44

Merci cat47 pour cet article Smile

Je pense que ce n'est pas qu'une analyse mais une réalité le fait que Jane Austen s'efforçait à dépeindre les moeurs de son temps afin de critiquer et guider... Il y a de la satire dans les oeuvres de JA et il n'est pas rare que l'héroïne si elle est un peu écervelée se retrouve rapidement confrontée à des difficultés. Je n'irai pas jusqu'à dire que les romans de JA sont des Bildungsromans mais il y a malgré tout un peu de cela je crois. Et c'est la finesse et l'exactitude avec lesquelles JA était capable de dépeindre la société de l'époque qui en fait une si grande auteure (en plus de nous faire rêver à de beaux partis I love you ).

Citation :
The author’s knowledge of the world, and the peculiar tact with which she presents characters that the reader cannot fail to recognize, reminds us something of the merits of the Flemish school of painting. The subjects are not often elegant, and certainly never grand; but they are finished up to nature, and with a precision which delights the reader.
Je me permets de citer la citation de Sir Walter Scott mais elle illustre parfaitement mes propos Cool

Tante Jane nous a donc appris une leçon très importante, une leçon que tous les penseurs, écrivains etc nous enseignent, si on prend la peine de les lire : regarde autour de toi et réfléchis !

Même si les valeurs morales changent de nos jours (en bien ? en mal ? Tout dépend du point de vue !), je pense que beaucoup d'auteurs tentent encore d'éduquer leurs lecteurs mais le problème est que plus personne ne les lit.
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