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 Les leçons de tante Jane

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Aislynn
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MessageSujet: Les leçons de tante Jane   Dim 4 Juil 2010 - 15:32

Hum... je ne sais pas trop comment aborder le sujet, et après un tour d'horizon de la section consacrée à l'auteur vedette du site, j'espère ne pas avoir raté un topic qui en parle déjà.

Si vous pensez que ce sujet n'a rien à faire sur un site de fans, tant pis, supprimez-le.
Je ne cherche pas à faire de la provocation, vraiment, seulement à donner un avis général qui sans être tout à fait négatif n'est assurément pas celui d'une fan.

Je me demandais en fait ce qu'au-delà du plaisir de la lecture, manifeste chez la plupart des membres de ce site, vous aviez appris ou retenu de la lecture de l'oeuvre de Jane Austen ?

Pour ma part je dois avouer qu'elle ne fera jamais partie de mes auteurs favoris, ni ses histoires ni encore moins ses personnages, et qu'ayant lu trois de ces romans que je ne relirai jamais, je compte m'arrêter là.

Je ne regrette toutefois pas mes lectures et si j'ai trouvé les histoires très plates et surtout identiques à chaque fois, de même que les personnages dans leur ensemble (surtout les héroïnes, toutes interchangeables), je reconnais très, très volontiers à la dame une fort jolie plume qui fait que j'ai lu jusqu'au bout sans ennui (sauf Emma que j'ai abandonné dès les premières pages, là oui, ça m'a assommée).

Mais surtout, et voilà le but de ce topic, ce que je retiendrai de ces romans, derrière des histoires d'amour que j'ai personnellement trouvé sans intérêt (et je m'excuse de ma franchise auprès des nombreuses fans), quelle critique de société !

Tout y passe et on a l'impression de voir cette époque et cette tranche de la société, mi-bourgeoise, mi-aristocratique, au travers d'un microscope, par les yeux d'une personne qui y est née et y a toujours vécu.

Des yeux auxquels rien n'échappe et qui font le procès de son époque et de son milieu avec verve, sans compassion mais sans sévérité excessive non plus : j'ai trouvé Jane Austen très journalistique, dans le meilleur sens du terme.

Elle ne porte aucun jugement mais raconte à quoi ressemblent les gens et les moeurs de son temps, ce qui les anime, leurs ressorts secrets.

Les bonnes volontés déçues et les mauvaises récompensées, comme c'est hélas souvent le cas en réalité.

Et surtout, surtout, dans chacun de ses personnages et de leurs histoires, voilà ce que je retiens : au fond, quelque que soit l'époque et les règles sociales, les êtres humains ne changent pas.

En cela j'ai vraiment fait une grande découverte et très positive. Notre siècle n'a rien inventé, même pas les enfants rois !

Je n'ai pas apprécié Jane Austen comme romancière, mais beaucoup comme chroniqueuse cheers

Qui a dit qu'aucune lecture n'était jamais, jamais inutile ?
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cat47
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 4 Juil 2010 - 15:58

Alors là, Aislynn, je dois dire que tu fais fort. lol!

J'adore ton post, teinté de provocation, car pour moi il n'y pas de discussion sans un soupçon de provocation. bounce lol! J'espère donc que tu me pardonneras de ne reprendre qu'un partie de tes affirmations, celles qui me font le plus réagir. sunny


Citation :
Je ne regrette toutefois pas mes lectures et si j'ai trouvé les histoires très plates et surtout identiques à chaque fois, de même que les personnages dans leur ensemble (surtout les héroïnes, toutes interchangeables), je reconnais très, très volontiers à la dame une fort jolie plume qui fait que j'ai lu jusqu'au bout sans ennui (sauf Emma que j'ai abandonné dès les premières pages, là oui, ça m'a assommée).

Des histoires plates... ou des histoires universelles? Pour moi si JA est si populaire c'est parce que ses analyses sont justes et ses histoires font mouche. Elle a inventé la trame de la romance, et on n'a pas fini de l'exploiter. Si ça fonctionne, c'est que ce n'est pas anodin. Donc moi je dis et je ne boude pas mon plaisir.

Des héroïnes interchangeables? Désolée mais là je crois que tu risques le cageot! C'est justement parce que ses héroïnes sont si différentes qu'elle m'a démontré être une grande connaisseuse de l'âme humaine. Non décidément, je suis persuadée que quelques familles de la campagne anglaise au XIXème suffisent à étudier et rendre compte d'une bonne partie de l'humanité. Emma, Anne, Lizzie, Catherine, Marianne, Elinor, et Fanny semblables? affraid Tu avais vraiment envie de provoquer une discussion, non? lol!

Citation :
Mais surtout, et voilà le but de ce topic, ce que je retiendrai de ces romans, derrière des histoires d'amour que j'ai personnellement trouvé sans intérêt (et je m'excuse de ma franchise auprès des nombreuses fans), quelle critique de société !
Eh bien tout est là, justement. Si les histoires d'amour décrites par JA ne sont pas sans intérêt à mes yeux, c'est que d'une part je pense que l'amour est un des moteurs de notre civilisation, ce qui fait que je n'ai aucun scrupule à admette que les histoires d'amour m'intéressent, et que d'autre part, Jane Austen a su démontrer que la fiction pouvait se hisser au niveau de n'importe quel ouvrage de philosophie, de sociologie ou de n'importe quelle science humaine, tout en nous divertissant un peu plus, admettons le.Razz rabbit Après elle, le roman n'a plus été ravalé au rang d'oeuvre mineure pour jeune fille sans éducation, je pense que ce n'est pas sans raison. bounce

Citation :
Elle ne porte aucun jugement mais raconte à quoi ressemblent les gens et les moeurs de son temps, ce qui les anime, leurs ressorts secrets.

Les bonnes volontés déçues et les mauvaises récompensées, comme c'est hélas souvent le cas en réalité.

Et surtout, surtout, dans chacun de ses personnages et de leurs histoires, voilà ce que je retiens : au fond, quelque que soit l'époque et les règles sociales, les êtres humains ne changent pas.

Je crois qu'en quelques phrases, tu as déterminé les raisons qui font que l'oeuvre de Jane figure, et pour longtemps encore, dans les classiques qui ne sont pas près d'être oubliés.

Si j'ai apprécié et continue à apprécier Jane Austen comme romancière, c'est parce qu'elle m'apporte justement ce que je recherche dans un roman : l'évasion mais aussi la réflexion et l'apprentissage, sans lesquels je ne pourrais pas continuer à avancer. sunny

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pouchkinet
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 4 Juil 2010 - 16:15

Si le thème et le milieu décrit par JA sont souvent les mêmes, je n'ai pas trouvé que les héroïnes étaient interchangeables, elles sont différentes par leur position sociale, leur fortune, leur caractère. Quant aux autres personnages, ils offrent une galerie de portraits piquants et attachants.

Les histoires ne m'ont pas paru "plates", je trouve mon lot d'aventures chez d'autres romanciers, et les dialogues sont savoureux.
Ce qui m'a étonné le plus chez JA, c'est l'humour dont elle fait preuve, cette forme d'irrévérence dont je n'aurais pas cru son époque capable, ni une fille de pasteur!

Ce que j'en retiens? Ce qu'un "bit of ivory" a autant de valeur que la tapisserie de Bayeux.
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Dim 4 Juil 2010 - 16:38

Les leçons de Tante Jane, que ses neveux et nièces ont dû écouter (j'espère attentivement) bien avant nous. Wink

Si tu aimes son côté journalistique, tu devrais lire sa correspondance, ou du moins des morceaux choisis.

Je rejoins Cat et Pouchkinet.
J'apprécie ses personnages et leurs histoires. Son humour et son sens de la formule entrent pour une bonne part dans mes nombreuses relectures. Au-delà de ça, j'aime beaucoup ses analyses de caractères et ses peintures sociales. Un concentré d'humanité finement observé, sans complaisance mais sans acrimonie non plus. J'en retiens une leçon de vie et de psychologie (avant même l'invention du concept ou du mot) très formatrice et toujours valable (après tout, si on ne rencontre pas tous les jours un pasteur anglais, on peut croiser un certain nombre de sots, fats ou veules ou cumulant ces trois avantages).
Pour moi elle participe, avec d'autres "observateurs de l'humain" parmi lesquels je mets Balzac, Maupassant, Gaskell, Kipling et quelques autres, d'un enrichissement de mon quotidien et d'une meilleure compréhension des personnes que je côtoie.

Pour ce qui est de ses héroïnes, elles sont du même type (jeunes, célibataires et en passe de ne plus l'être car elles trouvent toutes leur âme soeur, plus ou moins affiliées à la gentry et avec une mère décédée, absente ou déficiente) mais elles ne sont pas semblables, je pense qu'on peut l'affirmer. Du point de vue du caractère, Elizabeth Bennet et Fanny Price n'ont vraiment pas grand chose en commun, c'est bien l'une des raisons pour lesquelles les histoires ne sont jamais les mêmes.

Mais bon après, les goûts et les couleurs... Rolling Eyes
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margause
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 10:23

Je trouve contradictoire de déclarer que les héroïnes sont interchangeables et que JA peint admirablement bien les caractères. c'est un paradoxe, Aislynn, que je serais assez de voir éclairci.

TU dis avoir lu 3 romans, lesquels? Parce que les héroïnes présentent aussi de sacrés différences, entre une Catherine, une Fanny, et une Lizzie, ce qui me frappe, ce sont surtout leurs différences.

certes, toutes les héroïnes de JA ont des points communs: un bon coeur, un sens du devoir, et c'est à peu prêt tout.

JA n'est pas ta tasse de thé, tant pis. Mais, ne dis pas que tu ne la liras plus. d'içi quelques années, tu pourras redécouvrir son oeuvre sous un autre angle.

study
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Mani911
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 11:41

Ce topic est une excellente idée!

Ce forum est, il faut le reconnaître, composé essentiellement de fans inconditionnels de Jane Austen, moi y compris, et nous sommes bien en peine de trouver des défauts à notre auteur favori. lol! Avoir le point de vue de quelqu'un qui est un peu moins "mordu" est donc extrêmement intéressant.

Si personnellement ses histoires me passionnent, je crois que je comprends ce que tu veux dire quand tu parles "d'histoires plates". Il est vrai que l'intrigue tourne toujours autour de l'histoire d'amour des héroïnes et leur chemin jusqu'au mariage. Les scènes écrites sont toutes des scènes de la vie quotidienne, pas de grandes aventures ou d'évènements bouleversants, et je comprends que cela puisse "ennuyer" certaines personnes. Néanmoins, à mes yeux, et aux yeux de grands nombres de fans, c'est justement ce qui suscite notre intérêt, car finalement, peu d'auteur ont ainsi dépeint la société dans laquelle ils évoluaient, non à travers de grands évènements ou de grands personnages, mais à travers des gens ordinaires ayant une vie "standard" pour leur milieu. Jane Austen invente un genre tout à fait nouveau pour l'époque, avec un style et un talent qui lui sont propres. Elle parvient, grâce à sa plume extraordinaire, à nous passionner pour ses histoires et ses héroïnes. Je trouve qu'elle a un talent de romancière certain dans le sens où elle sait créer les situations qui amènent les héroïnes à évoluer jusqu'au dénouement final: un heureux mariage. Mais comme je l'ai déjà écrit, je conçois tout à fait qu'on accroche pas avec ses histoires, c'est probablement une question de personnalité.

Par ailleurs, le propre des héroïnes de Jane Austen est justement d'avoir une personnalité bien à elles, et des défauts qui leur sont propres. Jane Austen nous montre leur parcours et leur évolution pour surmonter ces défauts qui les empêchent de trouver le bonheur. L'histoire de Lizzie ne pourrait pas être la même que celle d'Anne, car ses réactions seraient assurément très différentes.
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 12:01

lol! Si tu veux dire qu'il n'y a rien de romanesque, dans les romans de Jane Austen, j'abonde :nos héroïnes épousent des héros du même monde pas toujours de la même fortune certes. Mais il y a une réelle différence entres elles.

Leur aptitude à tomber amoureuse est déjà une différence. Mais il est vrai, qu'ils convolent tous à la fin, sans qu'aucun obstacle résolument sérieux se soit présenté.

Elles peuvent se tromper, commettre des impairs ou par une décision qu'elles regrettent (entre presque 8 mois à 8 ans) perdre ou avoir eu l'illusion de perdre le bonheur et s'en arrangent. La patience est très 19e siècle... est-ce le bon ton et la patience de Jane, son sens profond et de la famille ?


Souvent, elles se repentent à temps, s'aperçoivent ô miracle que l'amour c'était ce qu'elles ressentaient... et leur amoureux plein de fougue et de désirs car le désir est bien là ! ils couvent sous les paroles de Wentworth, de Knightley ou de Darcy... (les héroïnes ne l'oublions pas sont en général des jeunes filles pures^^) Tout contribue à nous mener vers une situation tragique, mais malgré l'espoir d'une catastrophe.... Lydia se marie bien que.... grâce à, mais vous connaissez l'histoire.

Celle qui a quitté un mari ennuyeux après avoir ameuté toute la famille, et horrifié tout Londres se retire benoîtement à la campagne avec sa tante qui est priée par le père que puisqu'elle la soutient, elle peut partir de chez lui... Tout ce petit monde va vivre avec une rente du père et ma fois pourra mener une vie indépendante et facile....

J'accorde que les événements les plus marquants sont les bals, les dîners les pique-nique.... et pendant tout les mois chauds, on se languis après ces brefs moments de joie, on se les raconte, on se les embellit encore 10 ans plus tard, et l'on est joyeux de les avoir vécus, et fiers d'avoir rencontré, un personnage important, ou amusé d'avoir connu un pasteur vaniteux, et l'on caricature à l'envie. Pendant que l'on se réunit autour d'un thé et une broderie...

Car l'oeuvre de Jane est originale : elle parle des hommes et ou apparemment elle ne les approche pas souvent, sauf pour échanger des propos frivoles, comme en demande certains Messieurs, la société est si séparées... leurs vies si différentes tant en actions qu'en esprit....

L'esprit n'est pas plus troublé que la vie, la grande affaire dès la naissance d'une fille est le mariage.... ou jamais ou si peu elles rencontrent l'amour.

L'on en vient à L'amour selon Jane Austen L'amour qu'elle nous montre, est plutôt un goût très sérieux, à peine avoué à soi-même et que l'on cache soigneusement à la famille et même à celui qui l'inspire.

Jane Bennet est l'archétype de ce penchant non avoué, elle en souffre et s'en ouvre à Lyzzie, mais la meilleure est sans conteste Anne Elliott : sa souffrance est si correcte, que personne ne se doute de quoi que ce soit, ses sentiments sont si bien dominés qu'ils s'affaiblissent et s'enterrent pendant 8 ans (là c'est le pompon de la souffrance anesthésiée.)

Ce qui me frappe chez Jane Austen, c'est que ses aveux de souffrance sont un éclair qui frappe : par exemple l'aveu de Lyzzie.... "Je serai vieille fille et j'enseignerai à tes enfants".... ou quelque chose d'approchant... fait sourire, ou envisager d'épouser un "autre M. Collins" mais là elle souffre. Tout passe avec l'ironie, et pourtant à ce moment elle sait qu'elle aurait dû répondre oui à Darcy.

Nous en revenons au caractère anglais : No complain, no explain !

Finalement, Molière ou Marivaux dans leurs ressorts amoureux ont fait moins bien


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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 14:50

La même quelques heures après, qui a réfléchi un peu plus sur Tante Jane. lol! lol! lol!

Citation :
Mais surtout, et voilà le but de ce topic, ce que je retiendrai de ces romans, derrière des histoires d'amour que j'ai personnellement trouvé sans intérêt (et je m'excuse de ma franchise auprès des nombreuses fans), quelle critique de société !

Ce qui m’amuse Aislynn, c’est que tu trouves de l’intérêt à une somme de petites histoires sans intérêt….

Alors, avant d’être très abrupte dans nos jugements, faisons comme Jane Austen, on prend du recul. Quelques deux fois cent années !

Nous le savons tous, elle est la fille ( 1775-1817) d’un pasteur dans le Hampshire. Le presbytère de Steventon. Un paysage tout en collines qui alterne avec bois et prés. Le vieux presbytère n’est pas élégant ni même confortable au sens moderne et je gage que l’humidité devait être assez pénétrante. Naturellement, ce presbytère est entouré d’un jardin avec potager et verger clos de haies.
Le pasteur n’a pas à aller très loin pour son ministère, l’église domine sur la colline en face avec l’inévitable cimetière.
Il faut y ajouter un manoir ou le propriétaire donc le châtelain est le cousin des Austen et ceux-ci sont donc par l’alliance des notables puisqu’il est souvent absent.
Ce châtelain qui possède l’église possède aussi presque tout le village.
Monsieur le pasteur Austen, est très instruit, il a préparé lui-même à l’Université ses deux fils qui y achèvent leurs études ; Mme Austen est pleine d’activité et d’entrain, c’est la fille d’un homme célèbre dans toute l’Angleterre par l’humour de ses reparties, le maître de Balliol l'un des collèges constitutifs de l’Université d’Oxford, esprit brillant , qui occupa pendant cinquante ans un poste auquel on l’avait élu provisoirement, en spéculant sur sa santé fragile ; l’ironie légère et profonde qui fleurit toute l’œuvre de Jane Austen vient sans doute de lui. Il y a dans cette maison une autre fille, Cassandra ; elle a été fiancée à un pasteur qui est mort au loin de la fièvre jaune ; elle s’est consolée, ou elle l’a cru, et elle l’a laissé croire à son entourage.

De plus, la révolution française alimente toutes les conversations. Chez eux vit la veuve d’un guillotiné, une cousine des Austen qui avait épousé un noble français qui apprend le Français à ses cousineS et organise des représentations théâtrales. On ne pleure pas dans cette famille, on s’adapte, la vie est courte, et l’on profite.

J’avoue que leur existence paraît, douillette pour l'époque (pour nous c'est une autre histoire) , Jane et sa famille reçoivent, ou travaillent à des ouvrages de dames. Que fait-on dans ce microcosme ? On reçoit des visites, on travaille à des ouvrages de couture, broderies ou peinture, pianote ou s’exerce au chant des bonnes vieilles chansons d’amour qui plaisent infiniment et font rêver les grandes et petites filles. On apprend à tenir une maison, à faire des confitures, à être économe et charitable.

Jane écrit… elle écrit sur ce qu’elle connaît et là Aislynn, elle ne connaît que son petit milieu favorisé, et si elle connaît des familles plus pauvres, cela ne la concerne en rien, tout comme la politique apparemment cela l’indiffère…

Nous n’avons qu’à lire Persuasion ou même Mansfield pour s’en rendre compte, les guerres navales si meurtrières sont pour elles seulement une occasion de se faire une situation. Ce qui m’interpelle c’est cette indifférence. Faire croire à la vie rêvée sur un bateau de la Royal Navy, sans se demander qui va en sortir vivant.
Hélas, j’ai changé de siècle, je suis née tellement après que j’ai lu la vie de Nelson, elle non… j’ai lu ce qui se passait de terrifiant sur les bateaux anglais (ne mégotons pas, chez les Français c'est pareil) , elle non… car disait-elle avec esprit, « l’on ne parle pas de mon frère ». Elle est bien une femme de son temps et de son milieu, elle est inébranlable. Envisage-t-elle l’éducation des filles….
« C’était une de ces bonnes institutions où l’on peut envoyer les jeunes filles de dix à seize ans pour qu’elles ne vous encombrent pas à la maison et où on leur assure, à un prix modéré, une bonne petite dose d’arts d’agrément, sans courir le risque qu’elles soient devenues des phénomènes quand elles reviennent chez leurs parents. »

Vraiment, c’est très conservateur ou philosophe. Peut-être juste le reflet des pensées familiales et bien 19e.
Bref, c’est une vie qui nous paraît terne, lente, au goût de bonbon anglais… qui surprend au départ et dont on ne peut plus se passer… le goût d’une fraîcheur d’esprit, acidulé et étrange…. Et l’on ne s’ennuie pas, avec seulement trois familles fréquentables (ce qui aurait entraîné le dédain de Darcy et les haussements d'épaules de Miss Bingley).

Elle se fait reporter dis-tu Aislynn…. Pas tout à fait… car elle a une plume spéciale. Dénuée de tout ennuie, alerte et ironique, alors qu’un journaliste traite les événements avec une rigueur souvent terne.
Oui elle observe, se tait, réfléchit et de plusieurs invités, en fait des personnages inoubliables, et c’est ce qui nous surprend. Dans la torpeur de toutes ces rencontres son imagination reste en éveil et Jane, s’amuse pour amuser sa famille lors des lectures qu’elle en fait. Car à cette époque, l’on lit en public, c’est pratique, les personnes affligées d’une vue basse ou moyenne y trouvent leur content.
Ce que j’aime chez Jane, c’est cette force qu’elle trouve dans la contemplation de sa vie, si peu rigolote qu’ elle soit.

Quelquefois, je me dis qu’elle a vraiment raison…. Observer est souvent très ludique. Avons-nous le temps aujourd’hui ? peut-être, si l’on le veut. Pour conclure, je ne saurais plus vivre sans Mr Bennet
L’ humour éternel de M. Bennet lorsque sa femme se lamente sur sa future pauvreté à sa mort, sa réponse est culte, rien que pour cela j’admire et j’aime Jane Austen notre divine Tante Jane.

« Ne voyons pas les choses en noir ; espérons jusqu’au bout que je pourrai vous survivre. »

Rien que pour cette phrase, Tante Jane est connue depuis deux siècles, et ma fois, pour bien d’autre encore… Alors, c’est qu’il faut lire et relire ses livres, car vois-tu Aislynn, malgré tout, chaque relecture et encore plus délectable.

Pourtant, c'est le même texte. Suis-je conservatrice, j'en arrive à le penser, mais quand c'est bon, ......
lol! lol! lol!


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pouchkinet
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 16:48

Fée Clochette, je ne sais pas si la vie à la campagne avec Mrs Norris sera si facile... Laughing

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Mani911
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 17:11

En voyant la longueur des réponses et les réflexions que suscitent ce topic, je me dis que décidément, Aislynn a eu bien raison de le créer. Il est bon de se rappeler parfois pourquoi on aime tant Jane austen (ou parfois pourquoi on l'aime moins...) Very Happy
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mar 6 Juil 2010 - 20:14

Very Happy pouchkinet lol! en l'écrivant, j'avais justement en tête cette réflexion.... quoique réputation tachée.... honneur envolé et par dessus les moulins, connaissant la demoiselle, elle ne va certainement pas se faire recluse. Suspect
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 7 Juil 2010 - 10:54

Clochette n'a qu'un idée en tête : llustration de ce proverbe !



Je n'ai pas apprécié Jane Austen comme romancière, mais beaucoup comme chroniqueuse

Jane Austen n’est pas une « romancière » ordinaire : elle n’a pas l’imagination flamboyante des Brontë. Elle est la pionnière, dirais-je, du roman « réaliste » elle puise ses histoires dans la vie de tous les jours. Des gens heureux dont bien souvent nous disons qu'ils n'ont pas d'histoire.... faux vraiment, la preuve Jane est brillante en écrivant la vie de gens sans histoire ou presque.

La vie campagnarde au XIXe est assez rétrécie, nous sommes tellement habitués à travailler à l’extérieur, à voyager aussi bien à l’étranger que chez nous, à entrer en contact constant avec une société multiforme et multicolore …. Un petit voyage à Bath !
Un seul ! Célèbre ville depuis les romains chez les Anglais et internationalement connu à cause de sa plume. Nombre d’entres vous y sont allées par curiosité pour cette ville si bien décrite car elles l’ont trouvée intacte. Sans elle, est-ce que nous en aurions rêvé autant ? C’est une ville d’eau, nous en avons chez nous, mais là-bas plane l’esprit de Jane avec Anne et Catherine.

Plane aussi son esprit à Lyme Régis, haut-lieu d’un accident minime sur le Cobb : une jeune fille fait la fofolle. Anne (encore elle) avec un sang froid détaché ordonne gentiment ce qu’il faut faire à la gent masculine désemparée, j’avoue que c’est tout de même savoureux, Jane se moque légèrement de tous les messieurs présents… et à venir peut-être ^^ Anne passe les sels (comme j’aime cette expression !)

La patte Jane Austen sont ces petits gestes de la petite vie de tout un
chacun qu’elle dessine finement. Innocemment elle nous éclaire sur les défaillances de ces jeunes hommes nés pour commander et qui se laissent séduire par des tendrons (pas si innocents les tendrons^^) et j’avoue que je jubile.

Quelques mots et voilà qu’une sombre silhouette nous hante, notre regard en devient aussi espiègle que celui de l’héroïne.
Quelques boucles, une paire de ciseaux, un atlas, une certaine fragilité et nous sanglotons de désespoir ou nous restons digne.

Ou bien encore une beauté sage de statue grecque, un homme rassit qui admoneste celle qu’il aime et qui ne le sait pas…. et cela passe car sa délicatesse d’écriture fait merveille… la lecture de ses œuvres rafraîchie car Jane n’est pas méchante, mais bienveillante. C’est réellement un trait chez elle… de la distance, de l’ironie bienveillante. Elle expose avec finesse et brio, toutes les platitudes de cette vie surannée et lointaine d’une société fermée qui l’a rendu très heureuse.

Heureuse Jane Austen ? Ses livres ne sont pas tourmentés, ni alambiqués. Ils racontent la vie. La vie de nos ancêtres à cette époque et c’est tellement attractif que nous nous y intéressons encore. Pourquoi ? Peut-être parce que nous sommes devenus des urbains, dans les bons et mauvais sens du terme.

Les bons : nous y avons gagné les contacts, la rapidité des voyages, les femmes ont accès sans être montré du doigt aux études, elles peuvent travailler, se démarier si elles ne s’entendent plus avec l’époux qu’elles avaient cru adorer (et vice versa^^ ne mettons pas tout sur le dos de ces messieurs^^ nous prenons notre part, égalité oblige… et encore égalité… je me demande si parfois elle existe réellement. L'égalité n'existe que si l'on s'en empare... et encore pas au détriment de l'autre, mais ceci est une autre histoire)

Les mauvais : nous avons beaucoup perdu à gagner des
contacts, à voyager si rapidement et à être éduquer et aussi pouvoir travailler.
NON : je plaisante… des mauvais choix… il y en a toujours mais souvent très personnels, donc je laisse à votre réflexion ce point très important.

Pourquoi nous axons-nous exagérément sur les histoires d’amours ?
Parce qu’elles font tourner le monde, sinon notre vie. Sans amour, nous sommes malheureux ou pas très heureux, et que nous aimons ça à la folie.

Orgueil et Préjugé : est-ce réellement et uniquement l’histoire
Darcy-Lizzie, qui ne tient que quelques pages dans le livre ou l’histoire de la Famille Bennet avec l’Amour entre Mr Bennet et sa fille Lizzie (qui allège sa déception amoureuse due à la personnalité médiocre de son épouse), l’amour entre Jane et Lizzie, l’amour prédateur de Lydia et de sa mère à l’encontre de Kitty ou l’indifférence familiale qui plombe la vie de Mary ? La famille Bennet occupe tout le livre et pourtant nous ne voyons que Darcy et Lizzie. C’est très très fort Tante Jane !

J’ai tendance à penser que Darcy n’est là que pour nous démontrer combien Mr Bennet a une fille étonnante, bien que moins belle que Jane
et sans dot, captive par son intelligence un homme important. Monsieur Bennet est mal marié et intelligent mais très indifférent à ce qui n'est pas lui …. L’incompréhension des rapports des époux domine le livre et Jane et
Lizzie ne veulent pas reproduire le modèle parentale… Y arriveront-elles ?

Ce n’est qu’une trame ténue, je vous l’accorde, mais suffisante pour nous tenir en haleine, à cause des non-dits et de la plume alerte de Jane. Il nous faut des jeunes gens… Bien sous tout rapport évidemment, ( Jane Austen n’envisage pas qu’un cocher puisse intéresser ses héroïnes), pas de problème, du sang frais avec portes-feuille bien garnis^^ arrive dans une propriété voisine et l’on se prend à gamberger avec l’auteur. Jusqu’au jour tant attendu de la dispute, que Lizzie cache à tous.

Que pensons-nous de cet amoureux ? Quel affreux jojo tout de même, il a tout pour déplaire malgré le fait qu’il soit un fort bel homme.

Aurait-il eu le désir d’épouser Jane, elle acceptait pour la famille… c’est qu’elle a le sens du devoir. Ainsi, ses sœurs se mariaient mieux. Les chemins du cœur sont imprévu, cet homme, ne la remarque que pour sa beauté, et est attirée par celle qui a la franchise de ses opinions, un certain raisonnement, une intelligence originale.
Un bon point pour lui. Sauf qu’avec une Lizzie, on peut être heureux ou
fort malheureux… et il est fort malheureux et blessé dans sa fierté. (alors fallait pas être trop gourmand mon vieux dis-je cavalièrement. Se marier à une oie blanche était plus reposant. Mais l'amour et le repos, le mariage prudent, raisonnable ce n'est pas ce qu'il cherche. Il préfère les feux de l'amour ! )

L’histoire se termine avec la deuxième déclaration acceptée….
Mais seront-ils heureux ? Pour moi, c’est là que Jane fort habilement nous
laisse en transe et avide d’en connaître plus. Alors nous imaginons depuis deux cent ans si oui ou non ils furent aussi heureux que les contes nous le disent.
Aislynn, furent-ils heureux follement ou malheureux à mourir ? Une relecture s'impose, je n'ai pas encore trouvé, malgré toutes mes questions personnelles et oiseuses... c'est tout Jane Austen ça. Ne même pas prendre la peine de nous rassurer.

Nous avons tendance à dire, heureux follement parce que nous voulons rêver, mais c'est sans compter le choc continu de leur caractère, de leur éducation fort différente... suis-je hors sujet ? je ne sais plus, je suis tellement bavarde et ta question a soulevé tellement de questions en moi je crois que je ne serai jamais guérie de Jane Austen, et tout cela par la faute d'un professeur d'anglais, qui nous a distillé tout au long de l'année de petites phrases de Jane Austen pour commencer ses cours.
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Dulcie
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 7 Juil 2010 - 19:44

Tes posts sont impressionnants, Fée clochette !

Je me joins plutôt à l'avis d'Aislynn, Austen ne fait pas parti de mes auteurs préférés.

Si je la lis, c'est pour le plaisir de la (re)découverte, parce qu'elle "écrit bien", que c'est agréable. Je ne trouve pas de platitude dans ses histoires, même si je me contente de peu, je ne suis pas très exigeante en matière de péripéties, d'actions.
Je trouve assez injuste le reproche fait à Austen sur la ressemblance de ses récits : j'ai tendance à penser que la plupart des auteurs écrivent toujours les mêmes choses ; que c'est plutôt le lecteur qui, s'il aime ou au contraire s'ennuie, ressentira ou non de la lassiture, sera content ou déçu que "ça soit toujours pareil".

Donc si elle me laisse assez indifférente, je ne m'explique pas trop pourquoi.
Je ne vibre pas avec ses histoires d'amour, même si j'apprécie de suivre leur déroulement.
Mais surtout, je n'ai pas la sensation "d'apprendre" quoi que ce soit en la lisant. Un minimum sur la société de son temps, mais à un niveau essentiellement "pratique", sur la hiérarchie et les manières sociales, le statut des femmes... Dire qu'elle "critique" la société, ça m'apparaît un bien grand mot, même si je lui reconnais volontiers son oeil aiguisé et son humour dans la description de ses personnages, de leurs caractères, de leurs façon d'interagir entre eux.
Elle est effectivement une bonne analyste, mais il me semble uniquement à la surface, à ce qui touche à la partie sociale de l'individu. Car pour mes goûts, elle ne va pas assez profond dans l'esprit, l'âme de ses personnages, ce qui ne les empêche pas de sonner juste. C'est probablement pour ça que je la lis volontiers, mais sans passion. Wink


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Selenh
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 7 Juil 2010 - 21:06

Vos développements sont fascinants! Je ne vais pas y ajouter grand chose, d'abord parce qu'en ce qui me concerne MissAcacia, Marian911, Cat et Fée Clochette ont tout dit. Sauf que je ne l'aurais pas trouvé toute seule. Je me rends compte que dans un roman de Jane je n'ai plus de facultés d'analyse ni d'esprit critique. En me tirant bien sur le cervelet j'en conclus que c'est ce qui fait de moi une des inconditionnelles. Quelles que soient les dimensions de ses romans, quand je suis dedans je suis dans ce monde-là, avec ces gens, ça existe à sa façon évidente.
Et ça a empiré depuis que je l'ai lue en anglais, sa langue me captive (au sens propre) complètement, je ne sais que suivre le fil des phrases, incapable de m'en écarter, de laisser même mon esprit vagabonder. Il y a sûrement une sorcellerie chez elle. Comme à toute sorcellerie certains y échappent, encore heureux sans doute.
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cat47
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Mer 7 Juil 2010 - 21:33

Dulcie a écrit:
Elle est effectivement une bonne analyste, mais il me semble uniquement à la surface, à ce qui touche à la partie sociale de l'individu. Car pour mes goûts, elle ne va pas assez profond dans l'esprit, l'âme de ses personnages, ce qui ne les empêche pas de sonner juste. C'est probablement pour ça que je la lis volontiers, mais sans passion. Wink
Je trouve ce point très intéressant, car je crois que c'est justement ce que j'apprécie le plus chez Austen, le fait qu'elle n'analyse pas en profondeur, dans le sens où elle n'analyse pas en détail ce que ressentent les personnages, elle nous le laisse imaginer. Elle décrit des situations, elle place ses personnages dans de petites scènes pas très spectaculaires, elle les laisse dialoguer devant nous un peu comme au théâtre, c'est finement observé mais relativement peu commenté. Je crois d'ailleurs que cela explique qu'il puisse y avoir des visions très variées de son oeuvres, chaque lecteur peut ainsi faire ses propres analyses ("tel personnage agit ainsi parce qu'il est motivé par ceci ou cela", "tel autre dit cela donc il a tel caractère", etc)

Ce que j'apprends donc principalement chez elle, c'est l'art de la fiction. A chaque relecture, je me rends un peu mieux compte de la manière dont elle construit ses personnages et son récit. Pas de longs monologues intérieurs, un narrateur omniscient mais qui n'oriente pas la perception que l'on peut avoir des personnages, ou alors seulement en maniant une douce ironie, un langage précis et efficace. J'apprends donc aussi à mettre moi-même des mots sur certains ressentis, et encore plus depuis que je peux partager mes impressions sur ce forum. sunny

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Tatiana
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 9:06

Dulcie a écrit:
Je me joins plutôt à l'avis d'Aislynn, Austen ne fait pas parti de mes auteurs préférés.

Si je la lis, c'est pour le plaisir de la (re)découverte, parce qu'elle "écrit bien", que c'est agréable.

Je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis, Dulcie. Comme toi, je lis Jane avec plaisir mais ses livres ne me transportent pas. J'admire beaucoup la beauté de son écriture et son humour mais en général je suis beaucoup plus captivée par les adaptations de ses œuvres à l'écran. Ceci dit, j'ai beaucoup d'affection pour ses personnages et pour l'intrigue, car il y a malgré tout de nombreux rebondissements !
Par contre, contrairement à toi j'ai l'impression d'avoir appris pas mal de choses sur la société de l'époque en la lisant. En particulier bien sûr sur le rôle des convenances et la "course au mariage" lol! . C'est en cela que je trouve qu'elle se rapproche un peu de Zola grâce au côté très réaliste de ses romans.
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 11:18

Tatiana a écrit:
en général je suis beaucoup plus captivée par les adaptations de ses œuvres à l'écran

Wink Je comprends tout à fait ton point de vue, l'image est le support idéal pour les histoires de Jane Austen. Comme nous vivons pressés par le temps, les comédiens avancent masqués et peu à peu dévoilent l'histoire et ce n'est pas sans rapport avec la stratégie pas à pas de Jane Austen... mais à la lecture c'est un peu plus long.

Avec nous, elle joue au chat et à la souris, c'est pourquoi vous la lisez avec plaisir...... avec un gros MAIS JE TROUVE QUE . Mais combien l'image cinématographique est plus flatteuse ! Elle campe les personnages, elle les décrypte et nous embarque dans un monde enfin révélé (prés, lecture, maison familiale et jeunes cavaliers, alors que nous en sommes bien loin maintenant.

D'autre part, nos lectures actuelles ont des styles totalement différents, plus directs et surtout le vocabulaire, les échanges ne sont plus aussi (comment dire) aussi "de bon ton" ? ) Grâce à Jane nous lisons un livre qui parle d'une certaine classe, qui possède une certaine aisance, un certain sens des valeurs, un certain sens de la vie de famille et dans un autre pays.

Actuellement, tout à éclaté.

La famille n'est plus cette image grégaire que Jane Austen montre. Nous sommes des membres indépendants, disséminés ça et là et les contacts, s'ils sont occasionnels n'engendrent plus (pour les femmes, des papotages réguliers autour d'un thé, qui décortiquent la vie de toutes les connaissances des personnes réunies.... le spectacle est ailleurs : cinéma, bar, concerts publics et non plus familiaux, mise en scène de théâtre comme à Mansfield, car il faut s'occuper à la campagne à cette époque ! etc... comme pour les jeunes mamans actuellement, il faut occuper les chères têtes blondes, pendant les vacances lol! )

Mais, je m'interroge, lors de réunions entre copines, que vous trouvez passionnantes, j'en suis certaine, si vous les écriviez.... qu'en sortirait-il ?

Quelque chose d'un peu similaire, lol! moins le thé, les scones, les chevaux, les tenues vestimentaires, mais avec Coca cola light, glaces light, café et thé peut-être mais sans sucre lol! . Images épurées et modernes des mêmes jeunes filles, joyeuses qui parlent, parlent, parlent de voyages, de cuisine parfois, d'ouvrages aussi (il y en a sur ce forum), de voitures, bien sûr de leur dernières vacances et sur la plage........... des jeunes gens, à la montagne une rencontre avec des beaux alpinistes. De jeunes filles qui sont maintenant indépendantes, alors qu'au XIXe ! les pauvres, toujours surveillées, accompagnées, jamais libres.

J'oubliais, vous confiez aussi vos rêves d'amour avec l'un d'eux, de vos espoirs déçus, et vous échafaudez des plans pour le revoir, parler avec lui et comme vous n'êtes pas meilleures dans ces cas là pour une rencontre fortuite comme Darcy et Lizzie.... la célèbre phrase "vos parents vont-ils bien" suffit à faire battre votre petit coeur à 100 à l'heure et vider l'esprit de toute imagination. lol! (en pensant avec un émoi digne de Kitty ou Lydia " gniiiiiiiii Il m'a parlé !!!! et dans ce cas précis vous êtes vidé, rien, aucun esprit..... le poisson )

Le film et le téléfilm rendent bien cette vision de Jane Austen, alors qu'il revient au lecteur de discerner cette évolution affective et émotionnelle. Dans le film pas besoin d'explication, vous recevez l'image en plein plexus. A la lecture Lizzie explique "it has been coming on so gradually, that I hardly know when it began" c'est plus délicat, moins direct.

J'aime énormément la lecture, mais j'avoue que moi aussi les adaptations sont waouuuuuuh et puis mettre le visage sur les héros que Jane évite de décrire trop
" et en conclusion, heureusement que Jane Austen a écrit pour inspirer des générations de scénaristes talentueux qui nous offrent aussi parfaitement nos rêves. Que dis-je ? les rêves de Tante Jane.... j'aurais bien aimé être une de ses nièces pour l'écouter encore et encore.
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darcy-lennon
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 17:47

C'est marrant car chaque roman de Jane Austen nous livre quelques morales et pourtant, c'est tout le contraire dans Miss Austen Regrets. Dans ce dernier, c'est un peu comme si Jane venait nous voir pour nous faire quelques leçons et morales. Les temps changent, trop vite parfois ! (Dois-je préciser que ce film m'a fait pleurer ?) J'espère que vous me comprenez ^^
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Aislynn
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 19:41

Ouf... eh oui, me voici enfin, pour répondre sur un topic que j'ai moi-même créé. Toutes mes excuses d'avoir tant tardé, mais je n'ai jamais supporté la chaleur et là... j'ai beaucoup, beaucoup de mal Sad

cat47 a écrit:

J'adore ton post, teinté de provocation, car pour moi il n'y pas de discussion sans un soupçon de provocation. bounce lol! J'espère donc que tu me pardonneras de ne reprendre qu'un partie de tes affirmations, celles qui me font le plus réagir. sunny

Oh, mais je t'en prie ! Je me suis permis de donner une appréciation plutôt négative sur un site de fans, donc je ne vais pas faire la fine bouche sur les réponses.


Citation :
Des histoires plates... ou des histoires universelles? Pour moi si JA est si populaire c'est parce que ses analyses sont justes et ses histoires font mouche. Elle a inventé la trame de la romance, et on n'a pas fini de l'exploiter. Si ça fonctionne, c'est que ce n'est pas anodin. Donc moi je dis et je ne boude pas mon plaisir.


Je ne peux pas te contredire sur ce point : il est manifeste que cet auteur plaît et continue à plaire, au point d'inspirer le cinéma.
Personnellement je n'ai pas adhéré (aux histoires et aux personnages, je précise bien), mais je n'ai pas tant de vanité pour m'imaginer qu'en dehors de moi le monde ne tourne pas (attitude qui en fait m'horripile profondément).




Citation :
Des héroïnes interchangeables? Désolée mais là je crois que tu risques le cageot! C'est justement parce que ses héroïnes sont si différentes qu'elle m'a démontré être une grande connaisseuse de l'âme humaine. Non décidément, je suis persuadée que quelques familles de la campagne anglaise au XIXème suffisent à étudier et rendre compte d'une bonne partie de l'humanité. Emma, Anne, Lizzie, Catherine, Marianne, Elinor, et Fanny semblables? affraid Tu avais vraiment envie de provoquer une discussion, non? lol!


Au secours ! Laughing *me planque vite fait derrière la première lambtonnienne qui passait par là pour éviter les tomates*

Pour la discussion, oui, bien entendu, c'est même le but d'un forum Very Happy

Mais bon... là j'avoue, j'ai lu quatre romans de Jane Austen, sans ennui, donc (enfin... si, j'avoue que Northenger Abey m'a ennuyée), mais sans plaisir non plus No et c'est l'impression que j'en ai retiré : j'avais l'impression de relire toujours la même histoire :
- l'héroïne a toujours des soeurs, jamais de frère
- les mères sont toujours.... de très mauvaises mères, hyper permissives, souvent très égoïstes, et revient constamment ce leitmotiv "sa préférée, qui lui ressemblait" (et qui honnêtement me choque) ; en même temps, comme je disais plus haut, en ce qui concerne les enfants-rois plus précisément, notre époque n'a rien inventé, et là je dois dire qu'en plus d'être étonnée, j'ai été, comment dire ? Détendue, contente, soulagée d'une certaine manière. Mais c'est difficile à expliquer.
- l'héroïne est toujours parée de toutes les vertus féminine de l'époque et honnêtement, j'ai eu l'impression que c'était du "send-in", que Jane se racontait elle-même à l'infini. Oui, celle de l'abaye est légèrement différente, malheureusement je n'ai pas aimé ce livre, sans doute parce que je m'étais imaginé autre chose en lisant que c'était une parodie d'une certaine littérature.
- il y a quelques petits, tout petits heurts dans la romance en court, mais si légers qu'on ne doute pas un instant du final néanmoins.




Citation :
Eh bien tout est là, justement. Si les histoires d'amour décrites par JA ne sont pas sans intérêt à mes yeux, c'est que d'une part je pense que l'amour est un des moteurs de notre civilisation, ce qui fait que je n'ai aucun scrupule à admette que les histoires d'amour m'intéressent, et que d'autre part, Jane Austen a su démontrer que la fiction pouvait se hisser au niveau de n'importe quel ouvrage de philosophie, de sociologie ou de n'importe quelle science humaine, tout en nous divertissant un peu plus, admettons le.Razz rabbit Après elle, le roman n'a plus été ravalé au rang d'oeuvre mineure pour jeune fille sans éducation, je pense que ce n'est pas sans raison. bounce


Oui, sur l'idée de la fiction à travers laquelle on peut aborder tous les sujets, je suis d'accord. Mais l'impression que j'ai eu était qu'en fait, la trame romanesque était toujours la même et très légère pour ne servir en fait que de fil rouge à sa critique de société.



Citation :
Si j'ai apprécié et continue à apprécier Jane Austen comme romancière, c'est parce qu'elle m'apporte justement ce que je recherche dans un roman : l'évasion mais aussi la réflexion et l'apprentissage, sans lesquels je ne pourrais pas continuer à avancer. sunny

Ah ! A cet argument là, je n'ai rien à objecter, bien au contraire.
Je veux dire que chacun fonctionne différemment et que tu décris fort bien ce que, finalement, chacun cherche dans une lecture
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 19:48

Very Happy
Aislyn a écrit:
l'héroïne a toujours des soeurs, jamais de frère
Wink faux pour Mansfield Park et Northanger Abbey tongue

Vrai pour P&P, Persuasion, Emma et S&S quoiqu'ici il y a un demi frère aîné tout à fait méchant lol! lol!


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Aislynn
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 19:57

Fée clochette a écrit:
Very Happy
Aislyn a écrit:
l'héroïne a toujours des soeurs, jamais de frère
Wink faux pour Mansfield Park et Northanger Abbey tongue

Vrai pour P&P, Emma et S&S quoiqu'ici il y a un demi frère aîné tout à fait méchant lol! lol!


Oh nom d'une cacahuète ! Bé j'ai zappé le frangin de Northanger Abbey, dis-donc ! C'est dire à quel point j'étais loin du livre (voir ci-dessus).
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 20:52

Citation :
- l'héroïne a toujours des soeurs, jamais de frère
- les mères sont toujours.... de très mauvaises mères, hyper permissives, souvent très égoïstes, et revient constamment ce leitmotiv "sa préférée, qui lui ressemblait" (et qui honnêtement me choque)

la cacahuette est fautive je t'approuve

ceci dit ce n'est pas bien grave ! seulement amusant.

Pour Northanger Abbey il y a les Tilney et les Morland

Chez les Tilney trois enfants ! deux garçon et une fille. un père réfrigérant noble et une mère décédée.

et pour les Morland une flopée d'enfants, c'est une famille nombreuse dont Cathy est l'aînée je crois... des parents dont le père est Pasteur... la mère bonne ménagère est agréable et aime son époux...

Mansfield Park Un père qui part surveiller ses esclaves, une mère (une vraie princesse celle-ci qui se fait servir par FANNY sa nièce pauvre qu'elle éduque, mais a des frères et soeur dont l'un sera dans la marine) et Fanny vit avec ses cousins, deux garçons et deux filles.

S&S un demi frère et un second mariage.... avec trois filles, une mère effacée et une fille aînée forte, une deuxième romantique et une toute petite soeur Margaret... elles tombent dans la pauvreté à cause de la belle famille..

Deux filles dans Emma et un père veuf douillet qui fait tourner le monde autour de lui. L'une est mariée au frère de Mr Knightley et Emma se mariera avec Mr Knightley...

P&P La famille Bennet, Père intelligent mais personnel et égoïste, typique de cette époque indifférent à tout ce qui n'est pas son confort mental et aime sa fille Lizzie qu'il estime ainsi que Jane, une mère hystérique et Lydia qu'elle porte aux nues, Lizzie qui la désespère, Kitty qui la fatigue, et Jane qu'elle admire pour sa beauté... Mary qui est transparente !

Cela nous fait des personnalités et des familles totalement différentes, un petit panel d'exploration de la campagne anglaise dans un milieu très fermée de la société anglaise...

J'oubliai, les Darcy sont orphelins ! un garçon et une fille tout de même. Chez les Bingley un garçon et deux filles dont l'une mariée avec un homme pas très intéressant.

Comment fais-tu pour les confondre ?

D'autre par, Dolto n'était pas encore passée et la conscience maternelle oh la la ! chez ces gens là ! mais ils confiaient l'éducation à d'autres qu'eux mêmes ! pour mener une vie libre et agréable.


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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 21:34

Je rappelle à la noble assistance que Mrs Morland est la seule mère d'héroïne austenienne non déficiente ou non décédée.
Juste histoire de faire mentir les règles absolues en leur flanquant des exceptions.
Ceci dit, comme elle confie sa fille à Mrs Allen pendant presque tout le roman et que celle-ci n'est compétente qu'en mousselines et trouve en sus le moyen de jeter involontairement sa pupille dans les bras des Thorpe puis dans ceux du Général Tilney, on peut peut-être dire qu'elle offre un exemple relativement convaincant de mère inconséquente dans le choix de ses amitiés... si on est vraiment décidé à démontrer la similitude des cas dans le choix des héroïnes Rolling Eyes lol!
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Fée clochette
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 22:00

Very Happy MissAcacia c'est très juste, Mrs Morland est une mère normale qui aime son mari et connaît bien ses enfants.

La nature est bien faite, Mrs Allen compétente en mousseline n'est pas mère cheers
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margause
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MessageSujet: Re: Les leçons de tante Jane   Jeu 8 Juil 2010 - 22:10

En matière de mauvaise mère de l'héroïne, seule Madame Bennet est vraiment une mauvaise mère. Mrs Morland et Mrs Dashwood sont des bonnes mères à côté de la plaque, Mrs Woodhouse et Lady Elliot sont des saintes mères qui n'ont eu d'autre défaut que le choix de leur mari...

Ah oui, reste Mansfield Park avec la mère naturelle qui est une très mauvaise mère, la mère d'adoption qui est une femme indifférente qui s'interresse plus à Fanny qu'à ses propres filles...Pas des modèles quoi...

Dans l'ensemble, 2 excellentes mères décédées, 2 bonnes mères vivantes, et 2 mauvaises mères sur 6 romans. Assez équilibré tout ça.

Ce qui me frappe plus, c'est la faiblesse des pères. Et dire qu'on est dans une société patriarcale...
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