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 Sir Walter Scott : topic général

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Muezza
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MessageSujet: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 13:06

Sir Walter Scott, 1er baronnet (15 août 1771 à Édimbourg - 21 septembre 1832 à Abbotsford) est un poète et écrivain écossais.


La famille de Walter Scott appartient à une branche cadette du clan Scott. Son père est un bourgeois d'Édimbourg, qui a acheté la charge de « Writer of the Signet » (un procureur, pour la France de l'Ancien Régime) en 1755. Sa mère, Anne Rutherford, est la fille d'un professeur de médecine à l'université, et, pour l'anecdote, dispose du droit héréditaire d'être inhumée dans l'abbaye de Dryburgh.
En 1772-1773, à huit mois, une poliomyélite mal soignée le rend boiteux de la jambe droite. Pour le sauver, on l'envoie vivre au grand air chez son grand-père à Sandyknowe, dans le Roxburghshire. Là, il découvre le monde de ses ancêtres. Il manifeste des dons remarquables pour le latin. Il lit énormément : Homère, l'Arioste, Boiardo, le Tasse, Spenser, Percy, Vertot , Henry Fielding, Samuel Richardson,... , des romans gothiques, des livres de colportage, des histoires, des récits de voyage. Puis, de 1783 à 1786, il étudie le droit à l'université d'Édimbourg. Une hémorragie interne l'oblige peu après à garder le lit pendant plusieurs semaines. Il continue à lire beaucoup: de l'italien, du français, de l'espagnol...
Quand sa santé s'améliore, avec un de ses compagnons, il commence ses premières excursions historiques autour d'Édimbourg. Il entreprend de copier un recueil de chants populaires et explore les Highlands avec son père ou des camarades, tout en récoltant des anecdotes anciennes ou récentes (sur Rob Roy par exemple) et découvre les sites historiques et pittoresques.
De 1789 à 1792, il complète ses études en suivant l'enseignement de droit écossais :cette dernière matière l'enthousiasme, fasciné par ce qu'il regarde comme un élément capital de la culture et de la société traditionnelle de l'Écosse, dont l'édifice juridique bâti au cours des siècles garantit son identité. Il adhère à des clubs, explore à cheval les régions reculées du Border et le Liddesdale, et s'initie à tous les aspects du folklore écossais et à tous les vestiges de son histoire nationale. Devenu avocat, il commence à écrire avec le "Chant de guerre du Midlothian" (1792). Au cours d'un voyage dans le Lake District, il fait la connaissance d'une jeune française émigrée, Charlotte Charpentier (rebaptisée Carpenter), pupille du marquis de Downshire. Le 24 décembre 1797, il l'épouse à Carlisle.

En 1802, il se fait connaître en publiant trois tomes de ballades écossaises, "Les chants de ménestrels de la frontière écossaise", qui regroupent tous les poèmes populaires du sud de l'Écosse qui ont enchanté son enfance, des ballades collectées grâce à un immense travail et des imitations originales de Scott qui travaille sur des manuscrits du Moyen Âge et parcourt le Liddesdale pour écouter des récitants. En 1805, "Le Lai du dernier ménestrel" connaît un grand succès et lui apporte la célébrité.

Entre 1807 et 1810, Scott est à l'apogée de sa gloire comme poète. Il publie en 1810 le très populaire "La Dame du lac". Des passages traduits en allemand deviendront le libretto de l'Ave Maria de Schubert.
D'abord installé à Ashestiel, entouré de ses chiens, de ses chevaux, il adopte le style de vie d'un gentilhomme-écrivain, qu'il conservera jusqu'à la fin. Puis, en 1811, il réalise son vœu le plus cher : devenir un laird. Il achète, pour 150 livres, un cottage de quatre pièces sur les bords de la Tweed, qu'il agrandit et qui deviendra Abbotsford.
En 1813, il refuse la proposition du Prince-Régent d'être nommé poète lauréat et reprend un roman ébauché en 1805, "Waverley", qu'il publie anonymement en juillet 1814. L'ouvrage connaît un immense succès. Pendant l'été, il fait le tour de l'Écosse par la mer, à bord du yacht de Robert Stevenson (le grand père du romancier), inspecteur des phares.

Devant l'engouement du public pour les poèmes de Lord Byron, il abandonne la poésie pour se consacrer essentiellement au roman. En 1816 paraît "L'Antiquaire", le roman préféré de Scott, dont l'intrigue se déroule en 1804. Toujours anonymement, paraissent "Les Contes de mon hôte", puis, en 1818, "Rob Roy", avec la mention « par l'auteur de Waverley », ainsi que La seconde série des "Contes de mon hôte", incluant "Le Cœur du Midlothian". La même année, il assiste avec émotion à la redécouverte des "Regalia d'Écosse", insignes de la royauté écossais qui avaient disparu depuis cent ans.
À cette époque, il atteint un niveau exceptionnel de popularité et de fortune en Europe. En 1819, paraît la troisième série des "Contes de mon hôte" incluant "La Fiancée de Lammermoor".

Souffrant de plus en plus de sa jambe et de calculs biliaires, sous l'effet de fortes doses de laudanum, Scott dicte à John Ballantyne et à William Laidlaw ses romans dans une sorte de transe. Quand son état de santé s'améliore, il affirme à Ballantyne en découvrir les épisodes en même temps que les lecteurs, tant l'opium a troublé sa mémoire. La même année, il reçoit le titre de baronnet.
C'est le 24 décembre 1819 que Scott fait paraître son premier "vrai" roman historique avec l'évocation de l'Angleterre du XIIe siècle dans "Ivanhoé". En moins de deux semaines, le premier tirage de 10 000 exemplaires est épuisé.

En 1822, George IV fait une visite officielle en Écosse. Scott organise les manifestations de bienvenue à Édimbourg : il fait figurer les clans, retrouve leur antique ordre de préséance, discipline les rivalités. Revêtu d'un tartan (dont il relance la mode) aux couleurs des Campbell, il accompagne partout le roi (qui a revêtu un kilt). Scott en profite pour réclamer la restauration des pairies écossaises et le retour à Édimbourg du canon géant Mons Meg.

En 1823, c'est au tour de la France du XVe siècle et la lutte entre Louis XI et Charles le Téméraire d'être décrite à travers l'histoire d'un garde écossais dans "Quentin Durward". Il commence une nouvelle série de romans : les "Histoires du temps des croisades". Mais ses deux éditeurs, Constable et Ballantyne, font faillaite, l'entraînant dans leur ruine. Il réussit à sauver ses biens, mais engage sa plume, se fait assurer sur la vie au profit de ses créanciers, vend aux enchères sa maison d'Édimbourg, hypothèque les meubles et le domaine d'Abbotsford, congédie la plupart de ses domestiques et renonce à tout autre revenu que ses fonctions.

En octobre, il part à Paris en compagnie de sa fille Anne pour faire un voyage d'études, qui doit compléter les nombreux documents mis à sa disposition par le gouvernement britannique, en vue de sa "Vie de Napoléon". Il y est unanimement fêté. En 1820, la traduction du roman "Ivanhoé" avait créé un engouement extraordinaire, qui avait lancé la mode des romans historiques, et un accord avait été passé entre son éditeur de Londres et celui de la rue de Saint-Germain-des-prés (permettant à chacun de ses livres de paraître simultanément à Londres et à Paris, avec la traduction d'Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret). Lors de son séjour, on joue "Ivanhoé", sur une musique de Rossini, à l'Opéra, "Louis XI à Péronne" (adapté de Quentin Durward) au Théâtre français, et "La Dame blanche" (une adaptation inspirée à la fois du Monastère et de Guy Mannering) à l'opéra-comique.
En 1827, pour la première fois, Scott reconnaît, au cours d'un dîner et en réponse à un toast, qu'il est le « Grand Inconnu ».

En 1828, il continue à produire abondamment, publie la suite des "Chroniques" avec le roman "La Jolie Fille de Perth", commence à faire paraître les "Contes d'un grand-père" (une histoire de l'Écosse dédiée à son petit-fils John Hugh Lockhar)t. En outre, il entreprend, chez l'éditeur Cadell, une réédition complète de ses romans, les "Waverley Novels" (édition dont Scott parle comme étant son Magnum Opus).

Sa santé se dégrade : il souffre notamment de crises de rhumatisme aiguës et de problèmes de vue. Le 15 février 1830, il a une grave attaque d'apoplexie, dont il se remet. Une seconde crise intervient en novembre. En novembre, il est victime d'une nouvelle attaque. Surmené par le travail, affaibli par la maladie, il craint, par ailleurs, de perdre son génie. Il subit une nouvelle attaque en avril 1831. Pour son dernier roman, "Le Château dangereux", qui se situe dans le château de Douglas, il fait un ultime voyage à travers l'Écosse. Parti vers les climats chauds pour améliorer sa santé, il est frappé par une nouvelle crise en juin 1832, et débarque à Nimègue, dans un état grave. Quand il arrive à Londres, il est presque inconscient et presque muet et ne s'anime qu'en entendant parler d'Abbotsford et de l'Écosse. Ramené en bateau à Abbotsford, il meurt de paralysie en le 21 septembre 1832. Il est enterré dans les ruines de l'abbaye de Dryburgh, où repose déjà son épouse Charlotte.

Apports de Scott

Scott a été un précurseur pour deux tendances majeures qui se sont affirmées avec le temps :
1- le roman historique, dont le succès lui a valu d'innombrables imitateurs au XIXe siècle,
2 - la culture des Hautes Terres de l'Écosse, dans ses romans écossais comme dans les usages vestimentaires, puisqu'il a rétabli l'usage du kilt et des tartans. En son honneur, la gare centrale d'Édimbourg a été nommée Waverley en 1854 et son image apparaît sur les billets émis par la banque d'Écosse. .

À l'inverse d'un Dumas qui décrit dans ses romans des personnages historiques, Walter Scott crée des personnages de fiction, qui jouent un rôle secondaire au regard de l'Histoire, pour camper les héros de son intrigue. Ce choix permet de mettre en scène plus directement les gens du peuple face aux grands personnages historiques et de montrer plus facilement les deux camps en présence. Surtout, Scott déploie tous ses talents de conteur dans ses romans, n'hésitant pas à passer d'une scène à l'autre du comique au tragique (ou du sublime au grotesque, selon la définition de Victor Hugo dans la préface de "Cromwell"), pour rendre vivante la réalité de l'époque qu'il décrit.
En outre, ses ouvrages sont marqués par le bilinguisme, avec des passages en anglais et d'autres en broad Scots.

Après avoir connu un immense succès durant tout le XIXe siècle, l'œuvre de Walter Scott est tombée quelque peu dans l'oubli après la Première Guerre mondiale, étant reléguée à la littérature d'enfance et de jeunesse, dans des versions expurgées. Le ton est donné à partir du classique d'E. M. Forster, Aspects du roman (1927), qui contribue au désamour à l'égard de Scott, décrit comme un auteur maladroit au style négligé, bâtissant des intrigues bancales. Ses romans sont alors jugés trop lourds ; sa prolixité et ses digressions s'opposent à la concision et au souci dans l'arrangement des effets d'un Stevenson.
Scott a également souffert de l'ascension de Jane Austen. Jugée tout au plus comme une « romancière pour femmes » au XIXe siècle, Austen a commencé à être considérée, au XXe siècle, comme l'un des plus importants romanciers britanniques des premières décennies du XIXe siècle. Dans le même temps qu'Austen accédait aux premiers rangs de la littérature britannique, l'intérêt pour Scott a diminué, alors même qu'il avait été l'un des premiers hommes de lettres à distinguer le génie de sa consœur.

Après des décennies d'oubli, on assiste à un regain d'intérêt pour son œuvre depuis le bicentenaire de sa naissance, dans les années 1970 et 1980. La tendance postmoderniste vers les récits discontinus, avec l'introduction de la première personne, constitue un terreau plus favorable à l'épanouissement des ouvrages de Scott que le goût moderniste.
En dépit de toutes ses maladresses, Scott est maintenant jugé comme un créateur important et une figure majeure dans l'histoire de la littérature en Écosse et dans le monde. En France, ses romans font ainsi l'objet d'une édition dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard.

La popularité de ses romans varie selon les pays. Les romans les plus populaires en Angleterre sont ainsi différents de ceux qui le ont en France. En France, aujourd'hui, ce sont "Ivanhoé" et "Quentin Durward "qui ont conservé eur popularité du 19e, alors même que ce second roman n'est pas du tout célèbre en Angleterre, sans doute parce que le sujet est essentiellement français mêm si le héros est bien écossais...

Les poèmes et romans de Scott ont également fortement influencé les librettistes d'opéra. Ont ainsi, entre autres, été composés sur la base de ses poèmes et romans les opéras :
"La Dame du Lac" de Rossini
"La Jolie file de Perth" de Bizet
"Lucia di Lamermoor" de Donizetti
...

Source : merci Wiki


Dernière édition par Muezza le Mer 23 Juin 2010 - 14:49, édité 3 fois
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 14:02

Ses principaux romans :

Waverley

Scott décrit les aventures d'un jeune Anglais , Edouard Waverley, qui, par amour pour la fille d'un chef de clan écossais, se retrouve mêlé à la révolte jacobite de 1745, qui oppose l'armée du roi en place, George II de Hanovre, aux jacobites, commandés par le prince Charles Édouard Stuart (le petit-fils de Jacques VII d'Écosse — Jacques II d'Angleterre).

Rob Roy

En 1715, Frank Osbaldistone refuse de se destiner au commerce et à la succession de son père, riche négociant londonien. Le jeune homme est alors déshérité au profit de Rashleigh, un obscur cousin. Il est de plus exilé dans la famille de ce dernier, à Osbaldistone Hall, dans les monts Cheviot. Injustement accusé d’avoir détroussé un agent du gouvernement, Frank est tiré d’affaire par l’intervention d’un certain Robert Campbell.
Rashleigh s’en va prendre à Londres la place de Frank. Les rênes de l’affaire lui sont confiés temporairement. Il en profite pour soustraire des effets de la caisse, mettant en péril la maison Osbaldistone et Tresham. Il s’enfuit en Écosse. Alerté, Frank se rend à son tour en Écosse, à Glasgow, pour y rejoindre Owen, le premier commis de son père, qui tente de sauver la situation. C’est Robert Campbell qui permet à Frank de retrouver le commis : le malheureux a été jeté en prison par des créanciers locaux. Il n’est délivré que par l’intercession d’un plus humain et plus avisé partenaire, le bailli Nicol Jarvie.
Frank retrouve également Rashleigh, avec qui il se bat en duel. Les choses vont mal tourner pour Rashleigh, lorsque le bras de Frank est arrêté par Robert Campbell, toujours lui.
Ce Campbell est en réalité Robert MacGregor, dit Rob Roy, marchand de bestiaux ruiné, devenu chef de hors-la-loi...

Ivanhoe

Avec ce roman, Scott se plonge pour la première fois dans l'histoire d'Angleterre, délaissant l'Ecosse...

Au XIIe siècle, Cédric de Rotherwood, dit le Saxon, un thane nostalgique de l'Angleterre saxonne vaincue en 1066, rêve de rétablir sur le trône de l'Angleterre un monarque autochtone en la personne d'Athelstane de Coningsburgh, un voisin, descendant des derniers rois saxons. Dans ce but, il envisage de l'unir avec sa pupille, Lady Rowena de Hargottstandstede, princesse saxonne descendant du roi Alfred. Toutefois, cette dernière est amoureuse et aimée du fils de Cédric, Wilfrid. Renié et déshérité par son père, Wilfrid s'est mis au service de Richard Cœur de Lion, qui lui a accordé en fief le manoir d'Ivanhoé, et l'a accompagné en Terre Sainte, pour participer à la croisade.
L'histoire commence en 1194. Wilfrid d'Ivanhoé rentre secrètement dans son pays et prend part à un tournoi à Ashby sous le nom de Chevalier Déshérité (Desdichado en espagnol), où il affronte Brian de Bois-Guilbert, normand et chevalier du Temple. Pendant l'absence de son frère aîné, le prince Jean tente de s'emparer du trône. Pour cela, il tente de constituer un parti : le tournoi doit favoriser ses projets. Toutefois, ses chevaliers sont battus, lors des deux journées de combat, par Ivanhoé et Richard, l'un et l'autre masqués. Opposé à Bois-Guilbert et ses alliés normands, Reginald Front-de-Bœuf (auquel le prince Jean a donné le fief d'Ivanhoé), Maurice de Bracy et Philippe de Malvoisin, le chevalier doit se battre, aidé par Robin des Bois pour sauver Rebecca, fière beauté juive aux talents médicinaux, fille du marchand Isaac d'York, et permettre à Richard de retrouver son trône.


Quentin Durward


L'intrigue du roman est centrée sur la rivalité entre Louis XI et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.

Le héros, Quentin Durward, dont la famille a été massacrée par une famille rivale, est contraint de prendre l'habit monacal pour ne pas être mis à mort. Mais il fuit son pays et part en France chercher un engagement : il retrouve son oncle Ludovic Lesly est intègre auprès le lui la Garde Ecossaise de Louis XI. Facétieux, le roi Louis XI a pris l'habitude (légende ou réalité) de quitter épisodiquement la cour et de se faire passer pour un marchand. Croisant la route de Durward, il s'intéresse au jeune homme tout en jouant de ruses...
Parallèlement, Isabelle de Croye, comtesse bourguignonne, est venue chercher refuge auprès de Louis XI pour échapper au mariage auquel Charles le Téméraire , son suzerain, la destine. Louis, de son côté, décide de la donner en mariage à La Marck, afin de donner à son allié les moyens de s'opposer au duc de Bourgogne. Pour ce faire, il lui fait croire qu'il l'envoie auprès du prince-évêque de Liège, allié de Charles. Quentin Durward, est chargé de les y convoyer ...


Le Coeur du Mid-Lothian (La Prison d'Edimbourgh)


Ce roman raconte le combat de Jeanie Deans dont la soeur se trouve enfermée dans la prison du Mid-Lothian à Edimbourgh au dix huitième siècle. Effie Deans est accusée d'avoir caché sa grossesse et d'avoir par conséquent délibérément mis la vie de son enfant en péril (qui en plus a disparu à la naissance...). Jeanie Deans, digne fille de son père Caméronien puriste, refuse de mentir au procès de sa soeur et ainsi lui éviter la pendaison... mais elle décide de partir par ses propres moyens à Londres pour essayer d'obtenir la grâce du roi. Le roman raconte le combat de Jeanie Deans et le destin de sa famille dans l'Ecosse et l'Angleterre de l'époque.
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Tatiana
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 14:10

Merci pour ce très beau (et très impressionnant !) début de topic, Muezza !

Walter Scott est un auteur que j'aime beaucoup et que j'ai découvert par le cinéma d'abord. Après avoir vu Ivanhoe avec Robert Taylor, Joan Fontaine et Liz Taylor, j'ai eu envie de lire le roman qui m'a beaucoup plu. L'ambiance présente dans ces années du Moyen Age est superbe, et la langue anglaise est particulièrement belle.
Par la suite, je suis retournée vers lui grâce à l'opéra. Very Happy Very Happy J'ai découvert Lucia di Lammermoor de Donizetti, et ça m'a immédiatement donné envie de lire le livre dont je garde un très beau souvenir. Le personnage de Lucie est fascinant, car on suit son évolution d'une toute jeune fille timide et effacée à une jeune mariée traumatisée qui sombre dans la folie.
Et récemment, je me suis plongée dans certains extraits de La dame du Lac de Rossini, et depuis je suis décidée à lire le roman, ainsi que Waverly qui me tente bien.
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esperluette
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 14:13

Merci pour ce topic, Muezza, ça fait très longtemps que j'ai envie de lire du Walter Scott (enfin, je crois que j'ai lu Ivanhoe dans une version abrégée, je ne m'en rappelle pas trop; par contre je garde un très bon souvenir du film avec Robert Taylor Smile ).
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Miss Halcombe
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 15:10

J'ai lu " Waverley " le mois dernier. J'ai bien aimé, et cela fait réviser un peu d'histoire d'Angleterre/Ecosse. Je vais m'attaquer prochainement à "Guy Mannering ".
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nephtis
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 20:50

Quant à moi, je vais essayer de trouver une version non expurgée de Quentin Duward, je l'ai déjà lu mais dans la version enfant.
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Fred
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 16 Mai 2010 - 21:06

nephtis a écrit:
Quant à moi, je vais essayer de trouver une version non expurgée de Quentin Duward, je l'ai déjà lu mais dans la version enfant.
Ca fait longtemps que je le dis...

J'ai lu Ivanhoé il y a... ouuuuuh bien longtemps! J'adore les histoires de cape et d'épée.... Ai-je vu le film? Je crois, oui. Mais bizarrement, je me souviens bien mieux de la série TV avec Roger Moore (qui faisait swooner ma môman...)
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 12:19

Walter Scott cheers mes vacances d'été d'adolescente, mais depuis je ne m'y suis plus plongée que pour initier il y a assez longtemps mes enfants. C'était fort dépaysant, enfin pour ce que je m'en souviens... j'avais il me semble beaucoup aimé la Fiancé de Lamermoor et Rob Roy ah la la ! quel homme. cheers
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 12:57

Bravo Muezza!!! magnifiques posts!
J'ai bien aimé ta remarque concernant la popularité de Jane Austen et le fait qu'elle ait quelque peu éclipsé l'inventeur du roman historique, donc tu rends à César...
Je me souviens que dans l'émission "Une Vie, une oeuvre" sur Jane Austen, on fait pas mal référence à Walter Scott justement...
Pour ma part, ce que tu as écrit me fascine, sa vie est très intéressante, je n'ai lu que Invanhoé, mais j'étais très jeune, je pense que c'est Quentin Duward que j'aimerai découvrir en premier... As tu une édition que tu recommandes particulièrement??
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 14:13

Merci de votre intérêt. Maintenant, j'ai beaucoup pompé wiki qui était très documenté Embarassed ... notamment pour la remarque à laquelle tu fais allusion qui me semblait très pertinente. D'autant que systématiquement dans les oeuvres du 19e, ou en tout cas dans les adaptations, les jeunes filles attendent la nouvelle édition d'un Walter Scott... Very Happy Je crois que c'est le cas de Molly Gibson dans l'adaptation de W&D !

Pour ma part, j'ai lu enfant "Quentin Durward" (que j'adoooore toujours mais bon, en fait c'est surtout le feuilleton Embarassed : il avait fallu me trouver le livre et c'est l'édition abrégée dans la bibliothèque Rouge&Or que j'avais eue avant d'avoir l'intégrale plus tard) et je m'y replonge souvent pour le plaisir. J'adore l'histoire de France et particulièrement le haut-moyen-âge à cause de ce roman. Louis XI et sa rivalité avec Le Téméraire sont fascinants. Et puis c'est plus simple, c'est la France lol! On a nettement plus de repères qu'outre-Manche...
J'ai aussi lu Ivanhoe qui m'avait moins plu que le film de Thorpe mais tout de même transportée. Les rivalités Saxons-Normands ne sont pas évidentes à suivre pour nous, Français.

Puis j'ai lu il y a quelques années, à la faveur de sa sortie chez Folio, "Le Coeur du mid-Lothian", que j'ai énormément aimé et qui nous éloigne des récits habituels avec, en plus, une vraie héroïne et non un héros. Vraiment je vous le recommande chaudement I love you

Plus récemment, à la faveur de rééditions toujours, j'ai lu "Redgauntlet", roman très distrayant mais qui en m'a pas laissé un souvenir impérissable. En revanche, je me suis endormie sur "Le Château périlleux", ce dernier roman ne rend pas hommage à son auteur, à mon sens.
J'ai dans ma PAL "Kenilworth", sorti l'an dernier chez Phebus, ainsi que "Le Talisman", sorti en libretto

Globalement, je trouve que Scott vieillit moins bien qu'un Dumas car il est beaucoup plus "sérieux". Tout est extrêmement documenté. Ce qui lui est propre c'est cette connaissance de l'Ecosse et de ses coutumes : c'est en cela que je trouve la plupart de ses romans frappants (sauf Ivanhoe, puisque pas d'Ecosse). Cette terre a une histoire, un mode de vie si rustre.; tous ces clans, cette relation à leur terre, c'est vraiment très beau. et je trouve extraordinaire que ce soit Walter Scott qui ait remis le tartan à la mode ainsi que le kilt (parce que j'adooore Very Happy, je craque complètement devant : ils peuvent être si magnifiques !!! )

Pour ce qui est des éditions, ma foi, je me plonge sur ce que je trouve. Pour "Quentin Durward", je pense que la version Alteredit doit être bien puisqu'intégrale (contrairement à l'édition de L'Ecole des loisirs), mais elle est sur commande... Mais on peut se laisser facilement tenter par la Pléïade dont l'édition semble unanimement saluée

Enfin, sinon, je suis comme Tatiana, en bonne grosse fan d'opéra, je redécouvre son oeuvre via les opéras tirés de ses écrits : et il y a quand même pas mal de chefs-d'oeuvre... Wink
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lady Clare
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 14:38

j'adoooooooooooore l'Ecosse!!!!!!!!!!!!!!!!!

Merci pour ces précisions Muezza, mais wiki ou pas, ça n'enlève rien à la qualité de l'effort que tu as fourni et que je salue à nouveau!
Incroyable que Walter Scott manquait encore à l'appel à l'Auberge!

En effet, la Pléaide semble être la meilleure option, je crois d'ailleurs que le professeur invité dans l'émission sur Jane Austen sur France Culture (je ne peux m'empêcher d'y revenir, désolée Embarassed ), est justement le traducteur de Scott dans la Pléiade (et de Conan Doyle aussi)!
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 18:09

J'ai retrouvé via le net cette critique du premier deuxième tome Walter Scott de La Pleïade

Baptiste Liger 01/07/2007 (Lire) a écrit:
Ajustez armures, heaumes et boucliers: La Pléiade réunit trois extraordinaires romans de Walter Scott.

Là réside la malédiction des très grands écrivains populaires: s'ils obtiennent de leur vivant la reconnaissance du grand public, ils tombent ensuite dans l'oubli ou, pire, sont méprisés pendant une longue période de purgatoire. Puis vient l'heure de la réhabilitation. L'Ecossais Walter Scott appartient à cette catégorie d'auteurs aux rapports fluctuants avec la postérité. Malgré (ou à cause de) son succès initial, il eut par la suite l'image d'un romancier d'aventures secondaire du début du XIXe siècle. Il a fallu le milieu du XXe siècle pour que ce natif d'Edimbourg retrouve son fauteuil à l'Académie des monstres sacrés de la littérature anglo-saxonne. D'un côté, son oeuvre poétique fut fondatrice du romantisme britannique (qui influença Hugo ou Balzac); de l'autre, Walter Scott signa de très nombreux romans de chevalerie, qui se sont imposés comme des étendards du genre. Parmi ceux-ci, trois sont aujourd'hui réunis dans un volume de La Pléiade*, où éclate son authentique génie.

Tout d'abord, l'occasion nous est donnée de redécouvrir Ivanhoé (1819), dont l'image est quelque peu faussée depuis les multiples adaptations cinématographiques et télévisuelles. On connaît le personnage du pieux chevalier Wilfrid d'Ivanhoé, défenseur du souverain Richard Coeur de Lion. Et la mythique scène du tournoi face aux champions du prince Jean est entrée dans tous les manuels scolaires. Mais, au-delà de la restitution de l'époque et des innombrables rebondissements, Ivanhoé surprend aujourd'hui par sa critique de l'anti-judaïsme médiéval, et par ses détours narratifs désuets - «Notre histoire doit par nécessité revenir en arrière, le temps de quelques pages, afin d'informer le lecteur de certains événements indispensables à la compréhension de ce qui reste à expliquer dans ce mémorable récit.»

Plus méconnu, Quentin Durward (1823) a pourtant son action située dans l'Hexagone. A travers l'histoire d'un jeune archer écossais ayant fui son pays, Walter Scott dépeint l'opposition entre le roi Louis XI et Charles le Téméraire. Ce roman touffu s'attarde surtout sur un héros contraint de se défaire de ses idéaux de justice et d'honneur, et sur l'amour de Quentin pour sa protégée, la comtesse Isabelle.

Enfin, Le talisman (1825) nous permet de retrouver, à la fin de la deuxième croisade, le roi Richard Coeur de Lion - cette fois face au sultan kurde Saladin. Au-delà de l'affrontement entre les deux monarques, Scott s'amuse avec la réalité historique grâce au personnage du chevalier au Léopard, chargé de négocier la paix avec les Sarrasins. Hasard de l'histoire, Le talisman prend une connotation très particulière, à la lumière de certains événements contemporains.


Après tant de réjouissances, on se prend à regretter que Gallimard n'ait pas ajouté d'autres chefs-d'oeuvre, tels que "La Dame du lac" ou Rob Roy. Ne cédons pas à l'impatience, talon d'Achille des chevaliers! Gageons que ce sera le cas pour un second volume des trépidantes aventures de Walter Scott dans La Pléiade.

* Ainsi que des extraits de La chevalerie, en appendice.


Dernière édition par Muezza le Lun 17 Mai 2010 - 18:57, édité 1 fois
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lady Clare
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 18:42

Quand on connait le temps que ça prend entre deux tomes de Pléiade, on n'est pas près d'avoir la suite rapidement, puisque celui ci date de 2007... A titre d'exemple, le premier Jane Austen date déjà de 2000, 10 ans qu'on attend!!!!!!!!!!!!!! bounce
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 18:57

J'ai fait une erreur dans mon post : le premier volume est paru en 2003 avec "Waverley", "Le Coeur du mid-lothian" et "Le Nain noir".
Celui critiqué est donc le second silent Mais je ne suis pas seule à m'être trompée, le critique lui-même s'est emmêlé les pinceaux apparemment...

Pour trouver Rob Roy, il faut prendre le volume de chez bouquin regroupant "Rob Roy", "La Fiancée de Lamermoor" et "Waverly" ...


Et je retranscris la critique d'un lecteur (qui explique d'ailleurs comme moi que "Quentin Durward" a eu un énorme succès en France et non en Angleterre, tout simplement parce que se passant chez nous) lien

François Prost a écrit:
Puisque j'évoquais le moyen-âge dans la note précédente : plutôt que d'abîmer votre cerveau devant la télévision, jouissez sans entrave d'une heureuse initiative de la Pléiade pour (re)découvrir celui qui fut LE maître et quasi père spirituel du roman historique classique, l'incontournable Walter Scott, qui a enflammé toutes les imaginations du XIXe avant de tomber en relative disgrâce, sous la forme sournoise, et parfaitement injuste, de la relégation parmi les auteurs "pour la jeunesse".

Je viens donc de (et vous invite à) dévorer le volume comprenant la traduction de trois romans médiévaux parmi les plus célèbres de ladite plume: "Ivanhoé", "Quentin Durward," et "Le talisman". [...]

Dans le volume Pléiade en question, les trois romans sont présentés dans l'ordre de composition, qui diffère de celui de la chronologie des intrigues. "Ivanhoé" se situe dans l'Angleterre de la fin du XIIe, au moment de l'usurpation du trône par Jean sans Terre, le frère de Richard Coeur de Lion, qu'on voit apparaître retour de Croisade (et de captivité entre les griffes de Léopold V d'Autriche): c'est cette même troisième Croisade qui constitue le cadre du dernier roman, "Le Talisman", agrémenté de ce qu'il faut d'orientalisme littéraire, en particulier incarné dans la figure mythique de Saladin. Entre les deux, "Quentin Durward" nous propulse dans la France et la Bourgogne des alentours de 1465 -- raison principale du peu de goût qu'y ont pris en leur temps les lecteurs anglais, et de l'enthousiasme débridé que le même roman a suscité en France...

Dans les trois romans en tout cas -- avec bien sûr des faiblesses ici ou là, des ficelles parfois un peu trop grosses ou des négligences dans l'ordonnancement des éléments, mais jamais rien de rédhibitoire -- un même plaisir de lecture, emportée par un vrai souffle épique, et cette intrication si difficile, qui fait tout le prix du bon roman historique, des ressorts proprement romanesques d'une intrigue particulière à un fond historique sérieux, quelque liberté que l'auteur puisse prendre, à l'occasion, avec la chronologie ou de menus accessoires.

Des figures toujours bien contrastées et pleines de vie, tant du côté des "gentils" que du côté des "méchants" -- ces derniers étant bien souvent, sans surprise, les plus intéressants. On n'oubliera pas de si tôt les affreux Templiers pervers et intrigants, les bouchers sanguinaires comme sortis du fond de l'Enfer, ou les grands manipulateurs comme le Louis XI de "Quentin Durward", à mon avis un des personnages les plus réussis.
Mais les "gentils" eux-mêmes ne manquent pas d'être souvent pétris de contradictions et de faiblesses, qui éclatent parfois dans des scènes hallucinantes -- comme, dans Ivanhoé, le "morceau de bravoure" de la prise d'assaut du château fort, à laquelle le héros assiste cloué dans son lit, et encore par personne interposée, puisque c'est la jeune juive Rebecca, prisonnière, qui lui en décrit le spectacle depuis une fenêtre.

Finalement, de l'ensemble des trois romans émerge la peinture, violente et nostalgique, de la fin d'un monde, celui de la Chevalerie qui a tant hanté l'imagination de l'auteur. Dans le dernier, Scott dit quelque part que de l'épopée des Croisades, Richard était l'Achille et Philippe Auguste l'Ulysse, et les dernières pages d'Ivanhoé qui évoquent le bilan de Coeur de Lion dénoncent le contraste entre l'héroïsme glorieux du souverain et, finalement, son incapacité à gouverner dans la durée pour le profit de sa couronne et de ses sujets. On saisit en effet l'histoire au moment de bascule entre un passé largement mythique tout entier voué aux valeurs héroïques et le temps émergeant du politique placé sous le signe de la ruse, où les éclats et les éclairs de l'héroïsme illuminent splendidement, mais sans l'efficace d'une bonne lampe bien alimentée (autre image de Scott); et dans l'ensemble, non sans ironie, la seule figure qui soit à la fois parfaitement chevaleresque et en accord avec son temps, son rang et son milieu, est celle du "mécréant" Saladin.

Dans le détail, on s'amuse aussi beaucoup, au fil des pages, des petits jeux de l'auteur avec son lecteur: comme, à la Stendhal, la profusion d'exergues et de citations, qui sous de faux labels sont en fait de l'auteur lui-même, ou encore ces notes de l'auteur, qui n'hésite pas à dénoncer en personne les écarts pris avec la réalité historique, ou à démasquer les personnages qu'il a lui-même souligneusement dissimulés.

Marginalement, si l'on veut (et disons que c'est une leçon "pour notre temps"), "Ivanhoé" d'une part et "Le Talisman" de l'autre accordent une grande attention à ce qui paraît un trait médiéval archétypal: l'antisémitisme chrétien "décomplexé" et la fureur fanatique religieuse dans l'entreprise même de la croisade, et c'est à mettre à l'honneur de Scott d'avoir su -- alors que l'Europe de 1820-1830 ne s'en préoccupait pas plus que cela, par ailleurs -- mettre en lumière toutes les monstruosités de la haine de l'autre en tant qu'autre.

Pour finir, il faut saluer la très belle réussite des artisans de ce volume Pléiade: les traductions (nouvelles) se lisent avec beaucoup de plaisir, et selon la formule de la collection, sont servies avec un accompagnement de notes substantielles, très utiles sans jamais être excessives ou de pure pédanterie. Les longues notices introductives à chaque roman apportent un éclairage judicieux avec de bonnes synthèses de la nouvelle lecture de Scott par les savants actuels.
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althea
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 19:33

Merci Muezza pour cete présentation très complète. cheers cheers
J'avais beaucoup aimé Ivanoe et Quentin Durward (que j'ai lus ados puis plus tard, empruntés à la bibli). Par contre j'ai été très déçue par Le nain noir .
Si je comprends bien pour relire Ivanoe et Quentin Durward, en prenant mon temps (ie sans l'emprunter à la bibli) je dois completer ma collection pleiade ou me le faire offrir Idea
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 19:35

Althea, ils demeurent disponibles autrement que dans la Pléïade lol! Mais on peut se faire plaisir aussi Razz
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MissAcacia
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Lun 17 Mai 2010 - 19:36

cheers Merci Muezza, pour tes posts détaillés et pour avoir réparé une erreur totalement impardonnable, à savoir l'absence de Sir Walter Scott dans nos colonnes. En plus d'être un monument incontournable (que nous avions soigneusement contourné jusqu'à ton intervention salvatrice... et ma pire honte c'est que je n'avais strictement rien vu Embarassed Embarassed ), il appréciait l'oeuvre de Jane Austen, si l'on en juge par ces deux citations trouvées sur le site www.pemberley.com:

Citation :
Sir Walter Scott, Review of "Emma"

In 1816 Sir Walter Scott reviewed Emma, as being one of "a class of fictions which has arisen almost in our own times, and which draws the characters and incidents introduced more immediately from the current of ordinary life than was permitted by the former rules of the novel", and "copying from nature as she really exists in the common walks of life, and presenting to the reader, instead of the splendid scenes of an imaginary world, a correct and striking representation of that which is daily taking place around him".

Sir Walter Scott journal entry, March 14th 1826


Also read again, and for the third time at least, Miss Austen's very finely written novel of Pride and Prejudice. That young lady had a talent for describing the involvement and feelings and characters of ordinary life which is to me the most wonderful I ever met with. The big Bow-wow strain I can do myself like any now going, but the exquisite touch which renders ordinary commonplace things and characters interesting from the truth of the description and the sentiment is denied to me. What a pity such a gifted creature died so early!

Double faute donc... Wink

Je passe sous silence mes lectures enfantines de Ivanhoe (bibliothèque verte) et Quentin Durward (rouge et or), fatalement expurgées.

Je ne l'ai véritablement découvert qu'avec le Coeur du Mid-Lothian, que j'ai beaucoup aimé (le personnage de la jeune soeur et la quête dans laquelle elle se lance). Je l'ai aussi trouvé très intéressant et instructif (l'Ecosse, le paradis des sectes chrétiennes bizarres ?).
Je plussoie donc sur l'intérêt qu'il y a à le lire.

Depuis un moment, j'ai en vue Waverley (qui semble-t-il est son chef d'oeuvre et qui donne son nom à la gare d'Edinburgh) et Lucia de Lammermoor (là, j'avoue c'est purement le titre... et l'opéra qui me motivent). Je suis ravie de découvrir qu'ils sont édités chez Bouquins.
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Mar 18 Mai 2010 - 20:39

Oh là là, quel topic! Et dire que Scott n'avait pas encore sa chambre ici, quelle honte! Embarassed Je ne te remercierai jamais assez pour son ouverture, Muezza. sunny Je n'ai pas encore tout lu, j'y reviendrai, mais juste pour dire que Photobucket, j'ai vu hier soir au GT La dame du lac de Rossini. Et si je n'ai pas été conquise par l'oeuvre lyrique, cela m'a donné envie d'en savoir plus sur le poème ainsi que sur les légendes qui l'ont inspiré. sunny

Je repasserai par ici pour Ivanohé, Quentin Durward et Lucia di Lammermoor, entre autres. sunny Même si je n'ai encore rien lu de Scott, dont j'ai pourtant de jolies éditions anciennes. Embarassed

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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Mar 18 Mai 2010 - 23:35

Scott !
C'est par son merveilleux livre, Ivanhoé que j'ai abordé la littérature anglo-saxonne. Ce livre il a littéralement bercé mon enfance, je l'ai lu et relu, je devrais être en primaire, et la maîtresse me grondait toujours parce que je lisais (ce livre entre autres) sous la table pendant son cours. Rolling Eyes
Bref, tout ça pour dire que j'adore Scott, et les décors qu'il sait créer.
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Ven 21 Mai 2010 - 8:26

Very Happy je range toujours mes livres, et deuxième découverte (je n'avais absolument pas le souvenir de le posséder lol! ) Ivanhoé cheers . Une petite question à poser aux spécialistes : la traduction est celle d'Alexandre Dumas.... et en préface il expose ses démêlés avec Walter Scott, et c'est assez étonnant ! en savez-vous plus.
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Natacha Rostov
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Dim 23 Mai 2010 - 14:58

Muezza, tu m'as coupé l'herbe sous le pied lol! J'étais partie en vacances avec Ivanhoé en ayant l'intention d'ouvrir un topic sur Walter Scott à mon retour!
Me voilà rentrée et Ivanhoé n'est pas encore fini, mais je reviendrai poster mes impressions d'ici peu!
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Sam 29 Mai 2010 - 20:05

Very Happy Désolée Natacha. J'ai hâte de lire ton avis sur Ivanhoe que j'ai lu il y a plus de 20 ans maintenant...
Quant à moi, il me reste à vous "vendre" le feuilleton "Quentin Durward" lol!

en attendant mon laïus, voilà le générique

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nephtis
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Sam 29 Mai 2010 - 20:52

Oh Muezza que de souvenirs ! Shocked
La musique m'est revenue d'un coup en t^te, émotion totale, Sad , la commande Amazone part ce soir ! Wink
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Tatiana
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Sam 29 Mai 2010 - 21:06

Merci Muezza pour ce beau générique ! Je n"ai jamais lu le livre et je suis bien tentée du coup, même si j'ai un apriori par rapport à la description du roi Louis XI que donne Scott. Comme tous les romantiques il en fait une sorte de diable affreusement cruel, alors qu'en réalité c'était un personnage très intelligent et un très grand roi. Mais j'essayerai de le lire avec du recul ! Very Happy
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Muezza
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott : topic général   Sam 29 Mai 2010 - 21:17

Tatiana a écrit:
Merci Muezza pour ce beau générique ! Je n"ai jamais lu le livre et je suis bien tentée du coup, même si j'ai un apriori par rapport à la description du roi Louis XI que donne Scott. Comme tous les romantiques il en fait une sorte de diable affreusement cruel, alors qu'en réalité c'était un personnage très intelligent et un très grand roi. Mais j'essayerai de le lire avec du recul ! Very Happy
Je ne suis pas d'accord avec ton a priori sur la vision de Scott Very Happy ce qui me semble une bonne nouvelle : Louis XI est présenté comme un grand stratège avant tout, mais avec ses failles (sa trop grande confiance en son astrologue, sa dévotion à St Julien...). Je ne le "lis" pas du tout cruel - c'est le méchant de l'histoire , Guillaume de la Marck, qui l'est par les actes - mais il est prêt à tout pour sa couronne Wink C'est pour cela que dans le roman (et dans le feuilleton) son personnage marque ! On ne peut qu'avoir une certaine sympathie pour lui, même si c'est un grand manipulateur Very Happy parce que justement il est très intelligent et qu'il faut être un grand roi pour se débrouiller comme il le fait avec le minuscule royaume qui lui reste au départ... Very Happy

Bon, faut vraiment que je ponde ce laïus et si possible quelques videos. J'ai un nouvel ordi depuis quelques heures, j'espère que ça va m'aider à aller plus vite .
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