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 La romance c'est quoi???

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Dérinoé
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Ven 27 Mar 2015 - 22:13

@ PapiSido:

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de reprendre la conversation, PapiSido. sunny


Citation :
1/ Je ne place ici du point de vue du lecteur. Sur l'importance du sexe de l'auteur, je n'ai pas d'opinion. J'ai l'impression que cela m'indiffère, mais là n'est pas la question
2/ Je ne suis en aucun cas représentatif de la gente masculine. Certes je suis un homme, mais , à commencer par mon âge et ma génération, il est bien d'autres facteurs pour me définir.

C'est bien noté et je conserve ces deux éléments en tête pour la suite de la discussion.

Citation :
Ma question était beaucoup plus naïve: En parcourant les sujets de ce théme "La Romance et sa grande famille : Bit Lit, Chick Lit & Compagnie" Je constate
- d'une part que je n'étais jamais venu y traîner sauf récemment sur le sujet "50shades..." et ce par curiosité sociologique plus que littéraire.
- d'autre part que je n'ai, je crois, jamais rien lu des livres ou auteurs cités dans ce thème bien que mes goûts littéraires soient en général très éclectiques

D'où ma question - sérieuse - même si, pour me conformer aux canons du genre, j'avais choisi un titre léger. Si je voulais essayer, que pourriez vous me conseiller ? Peut-être un jour poserai-je une question analogue pour la littérature asiatique que je ne connais pas davantage .

D'accord. Donc, si je comprends bien, le titre que tu avais choisi - Chick lit for guys - tendait à faire un clin d'oeil humoristique à l'expression "chick' lit'" elle-même mais sans pour autant renvoyer sérieusement à des notions de sexe ou de genre? En somme, par "chick lit for guys", il fallait entendre "chick lit pour néophytes ou pour débutants" et, par conséquent, n'y voir aucun lien avec une masculinité comprise le contre-point d'une littérature censément féminine?

Mais alors, dans ce cas-là, si tu me permets de pousser l'investigation plus avant, j'aimerais te poser deux question.

Tout d'abord, une fois ce point clarifié, je t'avoue que je ne comprends pas plus le sens de ta demande. Qu'est-ce qui, selon toi, serait de la "Chick' lit' pour novices" en, opposition à de la "Chick' lit' pour lecteurs expérimentés"? Ce que je veux dire par là, c'est que, dans certains genres très précis, je comprendrais que l'on fasse une distinction entre différents niveaux d'accessibilité, comme par exemple pour l'essai philosophique, lequel recèle à la fois des oeuvres grand public et des textes nettement plus ardus. En revanche, dans le cadre des genres romanesques - c'est-à-dire des genres reposant sur la fiction, à l'instar du Thriller, de l'Horreur ou du Voyage -, je peine à discerner quel type de distinction essentielle tu fais entre les livres grand public et les ouvrages plus pointus. Surtout dans le domaine de la Chick' lit', du reste, cette dernière relevant d'un genre fondamentalement populaire.

Ensuite, jusqu'à présent, l'un de tes échanges avec Serendipity m'avait laissé penser que l'expression "chick lit for guys" recouvrait pour toi une notion autre que celle de "chcik lit pour néophytes". Sur le fil que tu as ouvert, lorsque Serendipity t'a proposé un roman relevant de la Chick' lit' rédigé par un homme, tu as insisté sur le fait que tu t'intéressais aux ouvrages écrits pour des hommes, non par des hommes.

Pour l'intelligibilité de mon propos, je me permets de rappeler ici votre échange:

Spoiler:
 

Aussi ai-je le sentiment qu'à ce moment-là, tu aurais pu répondre que le sexe de l'auteur t'indifférait et que tu cherchais uniquement des conseils pour débutants, non une recommandation de genre. Or, ton insistance sur l'expression de "chick lit for guys" suggère que celle-ci recouvre pour toi des spécificités bien précises. Non?

De même qu'en ouvrant le fil que tu sais, tu n'as donné d'autres précision que celle du titre quant à l'objet particulier de ta recherche, suggérant ainsi que le genre constituait l'objet central de ton ton recensement.


Citation :
le point I ne m'inspire guére: jai peine à imaginer m'intéresser à un roman basé sur le seul moteur d'une histoire d'amour, a fortiori avec de longs ou fréquents passages d'introspection de l'héroïne. J'ai dit avoir lu : la trilogie " Sélection" de Kiera Cass "avec  un certain plaisir, malgré quelques irritations de-ci de-là". Ce sont ces passages ou America s'interroge sur "où va mon amour Maxon ou Aspen?" qui m'ont agacé.

Citation :
Par contre les histoires d'amour jouent un rôle important, voire essentiel dans beaucoup des livres que j'aime,(presque tous en fait exception faite du Seigneur des Anneaux et de Millenium) je prendrais quelques exemples plus loin. Plus généralement la qualité des personnages et des relations qui s'établissent entre eux est sans doute un élément déterminant dans mon appréciation d'un livre.
Donc
- l'histoire d'amour comme moteur important ou essentiel: oui, j'adhère
- seul moteur? j'ai des doutes ( mais pas de certitude, je demande à voir )


Je crois que tes goûts recoupent bel et bien les canons de la Chick' lit' - et de la Romance en général, d'ailleurs - puisque l'histoire d'amour ou la quête sentimentale ne sont quasiment jamais les seuls moteurs du récit et que les thèmes, à l'instar par exemple de l'argent, du travail, de la famille, de l'identité, de la souffrance morale, le secret, de la violence ou de l'amitié, occupent une place très importante au sein de ces deux genres.


Citation :
Quant au point IV, il est de nature différente et c'est justement lui que nous discutons ici.

Et quel est ton avis, à ce propos? Penses-tu que la Romance en général ou la Chick' lit' en particulier soient des littérature exclusivement appréciés par les femmes ou que, comme je le pense plutôt, les hommes ne s'en trouvent éloignés que pour des raisons sociales liées à nos représentations de la virilité? Autrement dit, crois-tu qu'il y ait dans ces genres-là quelque élément plus propice à attirer le lectorat féminin et, si oui, lequel? Ou, au contraire, que le lectorat prétendument féminin décrit par la presse et les maisons d'édition gagnerait rapidement en mixité si les préjugés sociaux tombaient et que chacun se sentait libre de lire ce qu'il veut?

Citation :
La nuit des temps (Barjavel) J'ai souvent décrit ce livre comme l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites. Enthousiasme d'adolescent! Une relecture aujourd'hui tempère un peu cet enthousiasme, mais cela reste une belle histoire d'amour. Mais je le vois mal rentrer dans la catégorie Romance.

Moi aussi. Et ce parce qu'il finit mal pour tous les couples d'amoureux, sauf pour les deux scientifiques, Leonova et Hover - dont le couple ne constitue d'ailleurs pas le pivot de l'histoire.

Citation :
22/11/63(Stephen King). Si on enlève l'histoire d'amour, il ne reste plus grand-chose. Pour la petite histoire je viens de l'emprunter en français pour ma femme, j'ai relu les deux dernières pages et j'y ai encore été de ma larme, et ces deux dernières pages, c'est vraiment de la Chick Lit.

Intéressant. Je n'ai jamais entendu parler de ce livre de Stephen King mais il semble assez différent du reste de son oeuvre, non? (Laquelle est déjà tout à fait bigarrée, me diras-tu.)

Citation :
Timewatch: The Redemption of Christopher Columbus(Orson Dickson Card) L'évolution notamment sentimentale de Diko est là encore complètement au centre de l'histoire. La séparation de Diko et Hunahpu, c'est aussi de la romance pure et c'est une des scènes qui m'ont marqué.

Que veux-tu dire par: "C'est aussi de la romance pure"?

Citation :
L'histoire d'amour y est moins pregnante, et pourtant de tous les livres que j'ai évoqués c'est sans doute celui que l'on rangerait le plus volontiers dans la catégorie Chick Lit ( ? ).

Pourquoi?


Citation :
Donc je n'ai rien contre la romance, bien au contraire. Je la retrouve partout dans mes livres favoris.
Mais suffit-elle pour faire un roman ( à mon goût bien sur)?
Je n'en sais rien.


C'est intéressant parce qu'à la manière dont tu parles de la Romance, il semble que tu l'associes non à un ensemble de critères constituant un genre à part entière mais à une manière de traiter certains sujets, et notamment les histoires d'amour. Ce qui du reste implique que, selon ta conception - si je l'ai bien comprise du moins -, la Romance se peut retrouver ponctuellement dans toutes sortes de genres différents, habillant certaines scènes d'une manière bien particulière - que tu ne définis pas, d'ailleurs.

T'ai-je bien saisi et, le cas échéant, quelle serait ton acceptation de la notion de "romance"?


Citation :
J'ai bien conscience que mon message ne fait pas beaucoup avancer le débat, mais j'ai au moins tenté de clarifier ma position et mes attentes

Au contraire, je le trouve extrêmement intéressant et je te remercie d'avoir pris le temps de répondre à mes questions de manière aussi détaillée. sunny

Citation :
C'est je pense très vrai, mais je ne me sens pas concerné: si tant est que j'ai jamais eu cette attitude de jeune coq, j'ai passé l'âge de ces gamineries.

Je te crois tout à fait et je connais du reste plusieurs hommes - et femmes - qui ne sentent aucune affinité avec les injonctions de sexe habituellement admises dans notre société. En revanche, je me demande si, malgré une indépendance psychologique bien réelle, nombre d'hommes ne continuent pas de s'auto-censurer, sachant que leur liberté d'esprit sera mal perçue par autrui, voire franchement moquée. Autrement dit, une fois les névroses personnelles dépassées, est-il vraiment possible de balayer d'un revers de main les injonctions sociales, même pour un domaine aussi bénin que celui de la lecture?

Par exemple, te sens-tu libre de lire en public un roman de Chick' Lit' et notamment au sein d'une assemblée qui serait majoritairement masculine ou réserverais-tu une telle lecture à un espace privé, loin des regards indiscrets?
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PapiSido
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Sam 4 Avr 2015 - 20:36

Une petite incidente avant d'aborder le fond du sujet:
Je retrouve avec amusement des échos de ce débat dans le MOOC sur "les chansons des Troubadours" que j'ai évoqué par ailleurs et que je suis avec grand intérêt avec des questions du genre.
- "L'amour courtois" est ce une invention des femmes ?
- Guillaume IX d'Aquitaine était-il un macho ? etc...

@Derinoé
Citation :
D'accord. Donc, si je comprends bien, le titre que tu avais choisi - Chick lit for guys - tendait à faire un clin d'oeil humoristique à l'expression "chick' lit'" elle-même mais sans pour autant renvoyer sérieusement à des notions de sexe ou de genre? En somme, par "chick lit for guys", il fallait entendre "chick lit pour néophytes ou pour débutants" et, par conséquent, n'y voir aucun lien avec une masculinité comprise le contre-point d'une littérature censément féminine?
Mais alors, dans ce cas-là, si tu me permets de pousser l'investigation plus avant, j'aimerais te poser deux question.
Tout d'abord, une fois ce point clarifié, je t'avoue que je ne comprends pas plus le sens de ta demande. Qu'est-ce qui, selon toi, serait de la "Chick' lit' pour novices" en, opposition à de la "Chick' lit' pour lecteurs expérimentés"? Ce que je veux dire par là, c'est que, dans certains genres très précis, je comprendrais que l'on fasse une distinction entre différents niveaux d'accessibilité, comme par exemple pour l'essai philosophique, lequel recèle à la fois des oeuvres grand public et des textes nettement plus ardus.

Puisque tu me pousses dans mes derniers retranchements et si j'essaie de m'"introspecter",( je n'aime pas trop, cf plus bas) je n'aurai du écrire ni "chick'lit for guys" ni "chick'lit pour néophytes" mais "chick'lit pour PapiSido ??" et je maintiens mes points d'interrogation. Mais "PapiSido", c'est "qui" ?
Essayons donc de préciser ce qui peut - dans cette Communauté lambtonienne - sinon me définir au moins me caractériser quelque peu

- J'aime la lecture, les messages correctement rédigés, j'abhorre le style SMS. Certes, mais cela n'est guère discriminant ici !!

- Je n'ai je crois jamais lu de chick'lit ( constatation expérimentale, ne cherche pas à me faire dire ce qu'est pour moi la chick'lit: je n'en sais rien, je constate simplement que je n'ai rien lu de tout ce qui est mentionné dans cette section) C'est peut-être un peu plus discriminant, mais c'était explicitement sous-entendu (involontaire oxymore)dans mon message

J'en arrive donc à 3 paramètres qui eux sont - ici toujours - fortement discriminants

- Mon âge et ma génération que j'évoquais dans mon précédent message(moins discriminant que sur d'autres forums toutefois, j'ai au mois repéré Fée Clochette et Clinchamps qui sont de la même génération)
- Mon sexe/genre : je suis un garçon, l'un des plus assidu sur ce forum je pense
- Ma dominante scientifique plus que littéraire, assez rare ici ce me semble, mais je me trompe peut-être. Ceci explique sans doute mon peu de goût pour l'introspection et à beaucoup de questions que tu poses, je répondrais " je ne sais pas trop"

Alors "chick'lit pour un scientifique vieux garçon désireux d'expériences nouvelles" ? que voilà un titre un peu ambigu, limite salace!!!! (et en plus trompeur: nous venons de fêter nos 45 ans de mariage   Very Happy )
Oublions le titre donc et passons à ce que je peux rajouter sur quelques une de tes questions.
Citation :
Qu'est-ce qui, selon toi, serait de la "Chick' lit' pour novices" en, opposition à de la "Chick' lit' pour lecteurs expérimentés"? Ce que je veux dire par là, c'est que, dans certains genres très précis, je comprendrais que l'on fasse une distinction entre différents niveaux d'accessibilité, comme par exemple pour l'essai philosophique, lequel recèle à la fois des oeuvres grand public et des textes nettement plus ardus.
En revanche, dans le cadre des genres romanesques - c'est-à-dire des genres reposant sur la fiction, à l'instar du Thriller, de l'Horreur ou du Voyage -, je peine à discerner quel type de distinction essentielle tu fais entre les livres grand public et les ouvrages plus pointus. Surtout dans le domaine de la Chick' lit', du reste, cette dernière relevant d'un genre fondamentalement populaire.
Ce n'est pour moi pas une question d'accessibilité, mais - mettons - de représentativité.
- A quelqu'un désireux de découvrir la littérature policière je suggérerai de commencer par Agatha Christie ( ou plutôt Ellery Queen) , Conan Doyle et Simenon
- pour la Fantasy je suggérerais Pern ou la Belgariade avant Tolkien
- Pour la Science-Fiction Asimov (Fondation, Robot) et A.C.Clarke plutôt que Wells ou Jules Verne
- Pour l'espionnage SAS et John le Carré
etc...
Ces suggestions sont certes subjectives, mais représentent au moins des tendances ainsi que des auteurs/romans reconnus
et pour la Romance au sens où tu la décrivais avec tes 3 premiers critères, quel auteur ou quel livre puis je considérer comme raisonnablement représentatif du genre ? si genre il y a ?
Quant à la chick'lit, je l'interpréte - mais peut-être à tort - comme la déclinaison "fast-book" ( vite écrit, vite lu, vite oublié) de la Romance. Tout comme le fast-food est une déclinaison de la restauration. Il faut de tout pour faire un monde et il nous arrive à tous je pense d'y manger (Pour moi plutôt Kebab que MacDo, mais peu importe)

Citation :
Ensuite, jusqu'à présent, l'un de tes échanges avec Serendipity m'avait laissé penser que l'expression "chick lit for guys" recouvrait pour toi une notion autre que celle de "chcik lit pour néophytes". Sur le fil que tu as ouvert, lorsque Serendipity t'a proposé un roman relevant de la Chick' lit' rédigé par un homme, tu as insisté sur le fait que tu t'intéressais aux ouvrages écrits pour des hommes, non par des hommes.
Non pas écrit pour des hommes mais susceptible d'intéresser aussi un homme. Je me méfierai beaucoup d'un livre écrit pour un public donné. Pour moi un livre n'a de sens que si l'auteur a quelque chose à dire sinon c'est au mieux une opération commerciale. ( Et pour revenir à l'origine du débat, c'est bien ce que je reproche à "50 shades", au moins au film, pour le livre je veux bien admettre une part initiale de sincérité, même si le marketing a ensuite largement pris le contrôle)

Citation :
Citation :
22/11/63(Stephen King). Si on enlève l'histoire d'amour, il ne reste plus grand-chose. Pour la petite histoire je viens de l'emprunter en français pour ma femme, j'ai relu les deux dernières pages et j'y ai encore été de ma larme, et ces deux dernières pages, c'est vraiment de la Chick Lit.
Intéressant. Je n'ai jamais entendu parler de ce livre de Stephen King mais il semble assez différent du reste de son oeuvre, non? (Laquelle est déjà tout à fait bigarrée, me diras-tu.)
Oui c'est complètement différent du King habituel( que je connais d'ailleurs peu) et plusieurs passages m'ont beaucoup ému. J'évoquerai peut être un jour cet aspect dans le sujet "King", (si tu ne le suis pas je te ferai un PM)

Citation :
Que veux-tu dire par: "C'est aussi de la romance pure"?
Là je peux te répondre clairement par une expérience ( le scientifique toujours): Tu prends deux pages, tu les isoles de leur contexte: Est ce que cela pourrait être du "Harlequin"!

Citation :
 
Citation :
L'histoire d'amour y est moins pregnante, et pourtant de tous les livres que j'ai évoqués c'est sans doute celui que l'on rangerait le plus volontiers dans la catégorie Chick Lit ( ? ).
Pourquoi?
Je posais une question, ne néglige pas mes point d'interrogation  Very Happy

Citation :
C'est intéressant parce qu'à la manière dont tu parles de la Romance, il semble que tu l'associes non à un ensemble de critères constituant un genre à part entière mais à une manière de traiter certains sujets, et notamment les histoires d'amour. Ce qui du reste implique que, selon ta conception - si je l'ai bien comprise du moins -, la Romance se peut retrouver ponctuellement dans toutes sortes de genres différents, habillant certaines scènes d'une manière bien particulière - que tu ne définis pas, d'ailleurs.
T'ai-je bien saisi et, le cas échéant, quelle serait ton acceptation de la notion de "romance"?
Qu'est ce que "la Romance"? mais je n'en sais rien!
Classer la littérature en genres est (comme tout exercice de classification d'ailleurs) voué à l'échec, il n'en est pas inutile pour autant mais toute classification est arbitraire, même en sciences - la seule qui ait survécu c'est celle de Mendeleev.
C'est vrai, au sens où je l'entendais dans mon message "romance" était une composante pilotée par les sentiments ( amoureux, mais éventuellement autres, pour moi dans Pern la relation entre Lessa et sa dragonne, c'est de la Romance ) par opposition à la volonté, la logique, la force des choses, les évènements ( ne me demande pas de préciser davantage, j'en serai bien incapable, j'ai déjà poussé l'introspection au delà du raisonnable). Une composante mais pas un genre. Maintenant un roman où cette composante serait à la fois motrice et largement dominante peut sans doute être qualifié de Romance, mais cela a-t-il une véritable importance.

Je te retourne donc la question
1/ La Romance est-elle un genre?
2/ Si oui, et si les romans que j'ai cités ne rentrent pas dans cette catégorie que me conseillerais-tu pour découvrir le genre (en évitant quand même le fast-book, je ne demande pas de la haute littérature, l'honnête petit restaurant de quartier me convient mais pas de MacDo)

et - promis - je le lirai en public et sans me cacher: je suis en général assez secret dans mes lectures mais plus par discrétion que par honte. Je ne fréquente plus guère d'assemblée majoritairement masculine mais si un jour je vais voir un match de foot de mecs( les filles de l'OL je les suis volontiers et je vais les voir de temps en temps, mais les garçons pour l'instant non ), si donc un jour je vais à un match de foot, ne serait-ce que pour aller encourager mon petit-fils j'y lirais volontiers bien ouvertement un livre du genre et bien voyant, mais ce sera alors de la provocation.  

Quant à ta véritable question qui, si je comprends bien est de savoir si la littérature "féminine" est féminine par essence ou par convention sociale. Je n'en sais rien!
Naît on femme ou le devient-on? pour paraphraser Simone de Beauvoir. Vaste question sur laquelle je me garderai d'exprimer un quelconque avis. J'ai commencé voici quelques mois "le Deuxiéme Sexe" mais cela a pour l'instant davantage augmenté ma perplexité que clarifié mes idées
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Dim 5 Avr 2015 - 7:55

@ PapiSido:

Je te remercie pour ta réponse.

Je commence par préciser deux points qui me paraissent importants pour la suite éventuelle des échanges, que ce soit entre nous ou avec d'autres intéressés.

D'abord, eu égard à certaines réticences que tu exprimes dans ton dernier message, j'aimerais souligner que mes questions n'appellent en aucun cas de réponse forcée et que tu es bien évidemment libre de cesser la discussion à tout moment: je n'envisage pas de poursuivre mes interlocuteurs dans les recoins de Lambton pour leur arracher un avis qu'ils n'auraient ni le goût, ni le désir d'exprimer publiquement. Je pars donc du principe que, si tu choisis de répondre, tu le fais avec plaisir, en ayant bien à l'esprit que je suis moi-même susceptible d'exprimer mon point de vue en retour. Tout cela paraît assez évident mais je voulais juste m'assurer que nous étions en harmonie sur les fondamentaux de notre dialectique.

Je précise en outre qu'en transportant notre discussion initiale sur le fil Y a-t-il une écriture féminine?, je pensais ouvrir le débat pour tous les éventuels intéressés, et notamment tous ceux qui aiment à se pencher sur les questions de genre. Je suis bien sûr ravie que tu aies donné suite à l'échange mais je rappelle encore une fois que si d'autres ont envie de partager ici leur point de vue sur la question du rapport entre Chick' lit', (hypothétique) écriture féminine et (hypothétique) lectorat féminin, qu'ils parlent sans haine, ni crainte, comme on dit dans les milieux autorisés. (Bref, bienvenu à tous!) Ceci pour bien souligner que je ne cherche pas à te persécuter personnellement mais que j'espère ouvrir une discussion générale.

Ensuite, je voulais clarifier un point qui me paraît avoir perdu de sa netteté lors de notre dernier échange: je me suis intéressée à l'intitulé de ton fil dans la perspective de ce que l'on appelle aujourd'hui les "études de genre". Ce qui m'intéresse au premier chef, c'est de tenter de discerner quels types de préjugé ou de conviction se nichent dans les replis de nos modes de pensée et de communication, eu égard aux question de sexe et de genre.

Nos conceptions de la littérature en général et de certains genres en particulier - à l'instar de la Romance ou de la Chick' lit' - constituent des terrains de réflexion très intéressants quant à ces deux positions philosophiques que l'on pourrait appeler "sexisme"* et "genderisme"**.

Or il m'avait semblé que ton libellé ainsi que certaines formules disséminées lors de notre discussion sur Cinquante Nuances de Grey tendaient à valider une position intuitive selon laquelle il existerait des littératures "pour filles" et des littératures "pour garçons". C'est donc pour tenter de comprendre, seule ou à plusieurs, ce que nous entendons plus ou moins clairement par ces deux expressions que j'ai ébauché la présente discussion, sur laquelle tu as ensuite toi-même rebondi. La définition des genres littéraires ou de nos goûts particuliers, quoique liée à mon angle de réflexion, passe clairement au second plan et je ne m'y intéresse ici que dans la mesure où ils sont liés à une réflexion de genre.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'avais initialement posté mon message sur le fil Y a-t-il une écriture féminine, lequel me paraissait proposer un angle de genre tout à fait adapté à ma réflexion.

Voilà donc sous quelle lunette j'ai observé la fameuse question de la "chick lit for guys".

*J'appelle "sexiste" la position philosophique selon laquelle il existe des différences systématiques et essentielles entre les individus des deux sexes, différences précisément imputables à un appareillage physiologique distinct.
**J'appelle "genderiste" la position philosophique selon laquelle il n'existe aucune différence systématique et essentielle entre les individus des deux sexes, les éventuelles divergences observables découlant de l'éducation, du milieu et de l'encadrement social. (Soit du genre, d'où le terme de "genderiste".)


Citation :
Puisque tu me pousses dans mes derniers retranchements et si j'essaie de m'"introspecter",( je n'aime pas trop, cf plus bas) je n'aurai du écrire ni "chick'lit for guys" ni "chick'lit pour néophytes" mais "chick'lit pour PapiSido ??" et je maintiens mes points d'interrogation. Mais "PapiSido", c'est "qui"?

Pour précision, de mon point de vue, il ne s'agit pas ici d'introspection mais de clarification - linguistique et conceptuelle - des expressions que nous utilisons, à commencer par celle de "chick lit for guys". À ce titre, c'est plutôt le raisonnement qui est cause, non l'introspection.

Citation :
Essayons donc de préciser ce qui peut - dans cette Communauté lambtonienne - sinon me définir au moins me caractériser quelque peu

Je te rappelle juste, PapiSido, que tu as parlé de "chick lit for guys", en utilisant à la fois un terme générique et un pluriel, lesquels dépassent tous deux ta propre personne. Je n'ai pas le sentiment que cet intitulé renvoyait à ton idiosyncrasie ou à tes goûts personnels mais à un type de littérature dont certains ouvrages au moins seraient lisibles pour les hommes en général.

Citation :
- J'aime la lecture, les messages correctement rédigés, j'abhorre le style SMS. Certes, mais cela n'est guère discriminant ici !!

- Je n'ai je crois jamais lu de chick'lit ( constatation expérimentale, ne cherche pas à me faire dire ce qu'est pour moi la chick'lit: je n'en sais rien, je constate simplement que je n'ai rien lu de tout ce qui est mentionné dans cette section) C'est peut-être un peu plus discriminant, mais c'était explicitement sous-entendu (involontaire oxymore)dans mon message

J'en arrive donc à 3 paramètres qui eux sont - ici toujours - fortement discriminants

- Mon âge et ma génération que j'évoquais dans mon précédent message(moins discriminant que sur d'autres forums toutefois, j'ai au mois repéré Fée Clochette et Clinchamps qui sont de la même génération)
- Mon sexe/genre : je suis un garçon, l'un des plus assidu sur ce forum je pense
- Ma dominante scientifique plus que littéraire, assez rare ici ce me semble, mais je me trompe peut-être. Ceci explique sans doute mon peu de goût pour l'introspection et à beaucoup de questions que tu poses, je répondrais " je ne sais pas trop"

Je comprends bien mais j'ai le sentiment que nous sommes hors-sujet dans tous les cas.

Soit parce que, disant bien ce qu'elle dit, l'appellation "chick lit for guys" renvoyait en effet à un préjugé de sexe, auquel cas ta personnalité et tes inclinations propres ne sont pas directement en cause. Soit, comme tu sembles le suggérer ici, parce que l'appellation "chick lit for guys" sous-tendait en fait une demande tout à fait personnalisée, liée à tes goûts et à tes inclinations personnels: auquel cas, notre débat se dissoudrait de lui-même puisque, pour ma part du moins, je m'intéresse ici à la question des préjugés de sexes, réels ou supposés, non aux préférences individuelles des uns et des autres en matière de livres ou de romans.

Cela étant dit, il est très intéressant de relever que tu considères que ton sexe constitue un élément discriminant ou particularisant sur le Forum: ce parti-pris indique que, selon toi, le sexe oriente et façonne de beaucoup le fond des échanges qui y ont cours. Or ma question, c'est précisément cela, PapiSido: en quoi ta masculinité - et, par pendant, la féminité des autres participantes - imprimerait-elle ta pensée? Ta pensée, tes goûts, tes idées, ton esthétique et tout ce qui peut émaner de ton cerveau en général? En quoi un homme parlant littérature, cinéma, musique ou culture se distinguera-t-il essentiellement et systématiquement d'une femme s'exprimant sur le même sujet?


Citation :
Alors "chick'lit pour un scientifique vieux garçon désireux d'expériences nouvelles" ? que voilà un titre un peu ambigu, limite salace!!!! (et en plus trompeur: nous venons de fêter nos 45 ans de mariage   Very Happy )

Si c'est quelque chose comme ça que tu entendais signifier par ton intitulé, laisse-moi te dire que c'est l'appellation "chick lit for guys" ainsi que les réponses que tu as apportées sur le fil en question qui étaient trompeuses car en complet décalage avec ton intention réelle. Du moins pour moi.

Citation :
Non pas écrit pour des hommes mais susceptible d'intéresser aussi un homme. Je me méfierai beaucoup d'un livre écrit pour un public donné.

Mais c'est précisément cela, ma question! Comment sais-tu que tous les livres déjà mentionnés sur les différents fils de la Romance et de la Chick' lit' sont plus adaptés au lectorat féminin qu'au lectorat masculin? L'ouverture de ton topic suggère qu'après avoir fait un premier tour d'horizon des très nombreux titres de Chick' lit' présentés et discutés sur le Forum, tu aurais constaté que ceux-ci convenaient plus à un public féminin que masculin; aussi cette constatation t'aurait-elle poussé à rechercher des titres de genre plus adaptés à des lecteurs hommes.

Or, ma question est la suivante: si, pour les avoir lus, par extraits au moins, ou feuilletés, tu les connais suffisamment pour constater qu'ils sont trop ciblés sur un public féminin pour te plaire, peux-tu me dire ce qu'il y a de typiquement féminin en eux? C'est tout le sens de la discussion.

Et si tu ne les as ni lus, ni feuilletés, comment sais-tu qu'ils conviendront mieux à un public féminin qu'au public masculin dont tu penses relever? Sur la base de quels préjugés de sexe exactement?

À titre de comparaison, c'est comme si tu avais fait un tour sur les nombreux topics consacrés disons au Polar nordique - assez discuté sur le Forum il me semble - et que tu avais ensuite demandé aux connaisseurs de t'indiquer quelques titres de "Polars nordiques for guys", sous-entendant que les oeuvres présentées ici s'adresseraient plus volontiers à des femmes qu'à des hommes. Tu me diras que la différence entre le Polars nordique et la Chick lit, c'est que le second porte dans son nom le sceau même d'un sexe bien précis, se déterminant lui-même comme un genre par essence féminin. Mais justement, c'est cela, ma question: si l'on excepte son nom - lequel n'a pas nécessairement partie liée avec ce qu'il est en substance -, ce genre est-il réellement féminin et, si oui, en quoi?


Citation :
Pour moi un livre n'a de sens que si l'auteur a quelque chose à dire sinon c'est au mieux une opération commerciale.

Certes. Mais l'opération commerciale ne signifie pas en elle-même que l'auteur n'a rien à dire. Le fait qu'il existe un battage médiatique autour d'un livre ou d'une saga - comme ce fut le cas pour Harry Potter, le Da Vinci Code ou, dans une moindre mesure, Les Bienveillantes - n'implique pas que l'auteur n'ait rien à raconter ou que son oeuvre soit inintéressante. De même que l'absence de publicité ou l'ostracisme médiatique ne démontrent pas, a priori, la qualité d'un livre.

Pour résumer, l'opération commerciale ne constitue pas une preuve à charge dans le dossier d'instruction. Je pense tout à fait possible qu'un coup publicitaire soit monté parce qu'une Maison croit sincèrement dans les chances de succès d'un livre, lequel peut par ailleurs s'avérer très bon ou très réussi d'un point de vue littéraire. L'un n'exclut pas l'autre et si l'on peut, par principe, réprouver le cirque médiatique en général, il serait dommage d'exclure de son giron des titres intéressants, au seul motif que l'on en aurait trop entendu parler dans la presse ou autour de soi.


Citation :
( Et pour revenir à l'origine du débat, c'est bien ce que je reproche à "50 shades", au moins au film, pour le livre je veux bien admettre une part initiale de sincérité, même si le marketing a ensuite largement pris le contrôle)

Sais-tu que la réalisation du premier film a été confiée à une Anglaise jusqu'ici réputée pour des performances artistiques pointues peu accessibles au grand public alors même qu'il eut été facile d'engager un cador de l'hollywoodisme dégoulinant, déjà bien éprouvé au marché des bourses sonnantes et trébuchantes? Je trouve le pari intéressant, et plutôt risqué, au égard aux larges rouages du marketing international.

Peut-être - je dis bien peut-être - que tout n'est pas tout noir, tout n'est pas tout blanc. Je ne te fait pas le coup des cinquante nuances de gris: je pense que tu me vois venir.


Citation :
Ce n'est pour moi pas une question d'accessibilité, mais - mettons - de représentativité.
- A quelqu'un désireux de découvrir la littérature policière je suggérerai de commencer par Agatha Christie ( ou plutôt Ellery Queen) , Conan Doyle et Simenon
- pour la Fantasy je suggérerais Pern ou la Belgariade avant Tolkien
- Pour la Science-Fiction Asimov (Fondation, Robot) et A.C.Clarke plutôt que Wells ou Jules Verne
- Pour l'espionnage SAS et John le Carré
etc...
Ces suggestions sont certes subjectives, mais représentent au moins des tendances ainsi que des auteurs/romans reconnus

À te lire, je comprends que tu relies "représentativité" à "reconnaissance publique".

Citation :
et pour la Romance au sens où tu la décrivais avec tes 3 premiers critères, quel auteur ou quel livre puis je considérer comme raisonnablement représentatif du genre ? si genre il y a ?

Je ne sais pas. Pour moi, dans le langage courant, "représentatif" renvoie non pas aux idées de "reconnaissance" ou de "succès" mais à celles de "quintessence" ou d'"essence propre". Partant, dans notre contexte, une oeuvre représentative d'un genre littéraire aurait la particularité d'incarner de manière parfaite, exhaustive et indiscutable tous les canons et les critères généralement acceptés par le lectorat ou les Institutions.

En revanche, en ce domaine, le comparatif et le superlatif ne font pas sens. Il n'existe pas d'oeuvres "plus" représentatives d'un genre que d'autres: soit elles représentent le genre, soit elles ne le représentent pas. Pour ma part, comme tu l'as vu dans mon premier message, je définis la Romance via un certain nombre de critères, dont j'admets a priori le caractère discutable et mouvant. Ensuite, j'opère une confrontation entre les livres que je connais et les critères établis plus haut afin de savoir si un ouvrage tombe ou non sous l'étiquette de la Romance. La dérogation à l'un des critères admis faisant choir le roman hors du genre en question, l'entre-deux est impossible. Si l'entre-deux est impossible, il n'existe pas de roman plus représentatif du genre de la Romance que d'autres.

Du coup, si une personne me demandait de lui suggérer quelques titres "représentatifs" de la Romance, soit je lui demanderais d'affiner ses critères de recherche, soit j'avancerais quelques noms sur la seul foi de mes préférences, en lui précisant bien qu'il existe de nombreux autres textes opposés à mes propres goûts mais tout aussi représentatifs du genre en question, chaque oeuvre étant parfaitement représentative du genre dont elle relève.


Citation :
Quant à la chick'lit, je l'interpréte - mais peut-être à tort - comme la déclinaison "fast-book" ( vite écrit, vite lu, vite oublié) de la Romance. Tout comme le fast-food est une déclinaison de la restauration. Il faut de tout pour faire un monde et il nous arrive à tous je pense d'y manger (Pour moi plutôt Kebab que MacDo, mais peu importe)

D'accord. Donc, pour tour toi, la Chick' lit' constituerait plutôt une déclinaison mal écrite du genre de la Romance.

Je précise que je ne partage pas du tout ce point de vue. Pour moi, il n'existe pas de littérature bas de gamme en tant que telle ou, pour le dire autrement, de genre spécifique dont le trait essentiel serait la médiocrité. En revanche, il existe des mauvais livres qui, individuellement, relèvent de différents genres - comme le Thriller, la Romance ou le Policier -, lesquels sont sans rapport avec leur niveau de rédaction intrinsèque.


Citation :
Oui c'est complètement différent du King habituel( que je connais d'ailleurs peu) et plusieurs passages m'ont beaucoup ému. J'évoquerai peut être un jour cet aspect dans le sujet "King", (si tu ne le suis pas je te ferai un PM)

Je suis tout. C'est ce qui fait mon charme. Wink

Citation :
Là je peux te répondre clairement par une expérience ( le scientifique toujours): Tu prends deux pages, tu les isoles de leur contexte: Est ce que cela pourrait être du "Harlequin"!

J'ai le sentiment que tu appelles "sciences" - et, par extension, "scientifique" - des domaines du savoir ne constituant en fait qu'une partie limitée des sciences. Il me semble, à te lire, que, dans ton message, tu fais surtout référence aux sciences expérimentales et aux sciences exactes. Il ne t'aura sans doute pas échappé que les Universités, les Hautes-Ecoles, les Centres de Recherche et les Bibliothèques dispensent également un savoir scientifique dans un panel non-négligeables d'autres domaines, généralement appelées "sciences molles", "sciences humaines" et "sciences sociales", lesquelles constituent tout un pan des sciences, tel que se comprend le pluriel dans son acception la plus large.

Ces domaines-là, dont certains sont par ailleurs aussi expérimentaux que peut l'être la Physique , exigent une rigueur et une précision dans laquelle tu te retrouverais certainement.

Il y a, sur le Forum, un certain nombre de personnes ayant suivi des cursus de ce type-là et, dussions-nous en effet connaître un certain déficit de scientifiques spécialisés dans les sciences dures, tu n'aurais pour autant aucune raison de te considérer comme marginal sur le point de la formation.

Enfin j'ajoute que, pour moi, il n'existe qu'une seule rigueur et qu'une seule rationalité, tous domaines de la pensée confondus: que l'on soit scientifique d'un côté, scientifique de l'autre ou pas scientifique du tout, on peut se retrouver sans problème sur les deux fondements susmentionnés.

Maintenant, pour en revenir à l'expérience que tu proposes, je t'avoue ne pas comprendre le sens de la question que tu poses. Pour cette raison, je suis incapable de te répondre. Mais pour ce qui est de la question de la tartine qui tombe du mauvais côté, j'ai toujours le même avis.


Citation :
Je posais une question, ne néglige pas mes point d'interrogation  Very Happy

Je ne néglige rien. Ca, c'est mon côté moins charmant. Wink

Citation :
Classer la littérature en genres est (comme tout exercice de classification d'ailleurs) voué à l'échec, il n'en est pas inutile pour autant mais toute classification est arbitraire, même en sciences - la seule qui ait survécu c'est celle de Mendeleev.

Je ne pense pas que les classifications soient vouées à l'échec: je crois en revanche qu'elles ne peuvent se faire le reflet de ce besoin d'absolue objectivité qui, à mon sens, est la chimère de tant de scientifiques issus des sciences dures. Un travail - qu'il s'agisse d'une réflexion, d'une analyse, d'une objection, d'une expérience ou d'une classification - peut revêtir une valeur immense pour toute une discipline de pensée, quand bien même certaines de ses composantes ne relèvent pas d'une vérité unique et incontestable. C'est du reste le cas de tous les travaux menés dans les sciences molles qui, pour être tributaires de circonstances extérieures à la science - l'époque, le lieu, la culture et jusqu'à la personnalité de celui qui mène la recherche - n'en sont pas pour autant des échecs.

De fait, les classifications sont très utiles, dans la mesure où elles permettent de dégager des courants et des mouvements historiques et de comprendre comment une époque se percevait elle-même et comment nous la percevons dans le moment même de la classification rétroactive. Seulement, bien sûr, les classifications ne retraduisent pas la réalité: elles proposent des lectures, individuelles et parcellaires - aléatoires, dirais-tu -, de l'insaisissable réalité et c'est ainsi qu'il faut les prendre.

Quant à Mendeleev, j'ai le sentiment que tu te bornes encore une fois à un certain type de sciences mais je puis t'assurer que dans pléthore de domaines tout aussi scientifiques que ceux auxquels tu penses - à l'instar de la Littérature, de la Linguistique, de l'Histoire, de la Sociologie, de la Philosophie -, nombreux sont les chercheurs à avoir proposé des classifications de genres et d'époques tout à fait pérennes.


Citation :
C'est vrai, au sens où je l'entendais dans mon message "romance" était une composante pilotée par les sentiments ( amoureux, mais éventuellement autres, pour moi dans Pern la relation entre Lessa et sa dragonne, c'est de la Romance ) par opposition à la volonté, la logique, la force des choses, les évènements ( ne me demande pas de préciser davantage, j'en serai bien incapable, j'ai déjà poussé l'introspection au delà du raisonnable).

Tu sais, il en va de l'introspection - dont je redis encore une fois qu'elle n'est pas en cause ici, de mon point de vue - comme de la rationalité: on peut difficilement les pousser au-delà du raisonnable. En deçà, en revanche, c'est fort courant.

Citation :
Une composante mais pas un genre. Maintenant un roman où cette composante serait à la fois motrice et largement dominante peut sans doute être qualifié de Romance, mais cela a-t-il une véritable importance.

D'accord.

Oui, cela revêt pour moi une grande importance dans la mesure où nous essayons de dégager les traits que chacun de nous accole intuitivement à la notion de "chic' lit'". Or, ces traits-là se trouvent être directement liés à nos conceptions de la Romance puisque, pour toi comme pour moi, la première constitue une forme de déclinaison de la seconde. (Je te rappelle que tu as défini plus haut la Chick' lit' comme une forme de Romance vite et mal écrite.)


Citation :
Je te retourne donc la question
1/ La Romance est-elle un genre?

Oui. La Romance est selon moi un genre. C'est du reste pour cette raison que j'accole au terme une majuscule.

Je replace sous spoilers la définition que j'en avais proposé sur ce topic même il y a plusieurs mois déjà ainsi que celle de la Chick' lit', résumée au début de la présente discussion.

Pour la Romance:

Spoiler:
 
.

Pour la Chick' lit':

Spoiler:
 


Citation :
2/ Si oui, et si les romans que j'ai cités ne rentrent pas dans cette catégorie que me conseillerais-tu pour découvrir le genre (en évitant quand même le fast-book, je ne demande pas de la haute littérature, l'honnête petit restaurant de quartier me convient mais pas de MacDo)

Pour les romans que tu as cités, je ne peux me prononcer car je ne les connais pas.

Comme ça, je te recommanderais Orgueil et Préjugés de Jane Austen et, puisque l'esprit de science t'anime qui exige que l'on ne délègue pas à autrui le soin de penser et d'expérimenter par soi-même, le tome 1 de Cinquante Nuances de Grey d'E. L. James.


Citation :
et - promis - je le lirai en public et sans me cacher: je suis en général assez secret dans mes lectures mais plus par discrétion que par honte. Je ne fréquente plus guère d'assemblée majoritairement masculine mais si un jour je vais voir un match de foot de mecs( les filles de l'OL je les suis volontiers et je vais les voir de temps en temps, mais les garçons pour l'instant non ), si donc un jour je vais à un match de foot, ne serait-ce que pour aller encourager mon petit-fils j'y lirais volontiers bien ouvertement un livre du genre et bien voyant, mais ce sera alors de la provocation.

Parce que la situation que tu imagines est inappropriée à la lecture. Mais aurais-tu osé dégainer un exemplaire du Diable s'habille en Prada ou d'un quelconque Cinquante Nuances de Grey, même nettement mieux écrit, dans la salle des Profs de ton Ecole, dans un train - si possible entouré d'hommes - ou à la terrasse d'un restaurant, à la merci du regard des passants et d'éventuelles connaissances? Franchement?

Citation :
Naît on femme ou le devient-on? pour paraphraser Simone de Beauvoir.

Tu te poses la question pour les hommes, parfois?

Citation :
Vaste question sur laquelle je me garderai d'exprimer un quelconque avis.

Pas si vaste. À taille humaine, très exactement.

Cela étant dit, j'ai le sentiment qu'un certain nombre de tes assertions sont implicitement sous-tendues par une vision sexiste ou partiellement sexiste* de la société - vision selon laquelle la masculinité ou la féminité jouerait un rôle déterminant dans certaines dispositions ou dans certaines actions - que tu te refuses néanmoins à rendre explicite, dès lors que la discussion s'affûte.

*Je précise que le terme n'est nullement péjoratif dans ma bouche: il renvoie à une position philosophique ou politique tout à fait respectable.


Citation :
J'ai commencé voici quelques mois "le Deuxiéme Sexe" mais cela a pour l'instant davantage augmenté ma perplexité que clarifié mes idées

Je n'ose te demander en quoi il n'est pas éclairant. Nous risquerions de retomber dans les affres de la terrifiante "introspection". Wink


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ekaterin64
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Dim 5 Avr 2015 - 10:07

PapiSido a écrit:
Quant à la chick'lit, je l'interpréte - mais peut-être à tort - comme la déclinaison "fast-book" ( vite écrit, vite lu, vite oublié) de la Romance. Tout comme le fast-food est une déclinaison de la restauration. Il faut de tout pour faire un monde et il nous arrive à tous je pense d'y manger (Pour moi plutôt Kebab que MacDo, mais peu importe)
Je n'ai pas trop le temps d'argumenter, mais je tenais juste à relever ce point PapySido, comme vient de la souligner Derinoe, effectivement tu as tord Razz Wink lol!

Le Chick-Lit est un sous genre de la Romance, qui était innovant dans les années 90 puisqu'il introduisait à l'époque une héroïne moderne plus ancrée dans son temps, dans le quotidien en utilisant le plus souvent un ton à la fois drôle et doux amer. Voici ce qu'en dit notre ami wiki d'ailleurs.

Citation :
Le ton est très spécifique : désinvolte, désabusé, marqué par un recul humoristique et l'auto-dérision.

Le point de vue narratif, marqué sans doute par les premières œuvres à succès du genre (Bridget Jones), est le plus souvent en focalisation interne et à la première personne. Il en résulte un effet comique un peu répétitif mais efficace dû au décalage entre des situations sérieuses ou même critiques et la représentation naïve que s'en fait l'héroïne.

Bien que des éléments romanesques et sentimentaux soient souvent présents dans la chick lit, ils ne sont généralement pas caractéristiques du genre, car les relations de l'héroïne avec sa famille, ses amis sont peut-être aussi importantes voire davantage que ses relations avec les hommes. Aujourd'hui, la chick lit semble évoluer peu à peu vers des thèmes plus « sociétaux », plus en lien avec les problématiques du quotidien.


Comme je le dis souvent, quelque soit le genre, il y a du bon, du très bon et du très mauvais (la palisse c'est très profond ce que je dis Razz ). En définitive, à chacun d'en essayer plusieurs et de se faire sa propre opinion.


Il faudra que je revienne sur les dangers de la catégorisation, mais comme je le disais plus, je n'ai pas trop le temps de m'y pencher dessus Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Dim 5 Avr 2015 - 11:21

ekaterin64 a écrit:
PapiSido a écrit:
Quant à la chick'lit, je l'interpréte - mais peut-être à tort - comme la déclinaison "fast-book" ( vite écrit, vite lu, vite oublié) de la Romance. Tout comme le fast-food est une déclinaison de la restauration. Il faut de tout pour faire un monde et il nous arrive à tous je pense d'y manger (Pour moi plutôt Kebab que MacDo, mais peu importe)
Je n'ai pas trop le temps d'argumenter, mais je tenais juste à relever ce point PapySido, comme vient de la souligner Derinoe, effectivement tu as tord Razz Wink lol!

Le Chick-Lit est un sous genre de la Romance, qui était innovant dans les années 90 puisqu'il introduisait à l'époque une héroïne moderne plus ancrée dans son temps, dans le quotidien en utilisant le plus souvent un ton à la fois drôle et doux amer. Voici ce qu'en dit notre ami wiki d'ailleurs.

Citation :
Le ton est très spécifique : désinvolte, désabusé, marqué par un recul humoristique et l'auto-dérision.

Le point de vue narratif, marqué sans doute par les premières œuvres à succès du genre (Bridget Jones), est le plus souvent en focalisation interne et à la première personne. Il en résulte un effet comique un peu répétitif mais efficace dû au décalage entre des situations sérieuses ou même critiques et la représentation naïve que s'en fait l'héroïne.

Bien que des éléments romanesques et sentimentaux soient souvent présents dans la chick lit, ils ne sont généralement pas caractéristiques du genre, car les relations de l'héroïne avec sa famille, ses amis sont peut-être aussi importantes voire davantage que ses relations avec les hommes. Aujourd'hui, la chick lit semble évoluer peu à peu vers des thèmes plus « sociétaux », plus en lien avec les problématiques du quotidien.


Comme je le dis souvent, quelque soit le genre, il y a du bon, du très bon et du très mauvais (la palisse c'est très profond ce que je dis Razz ).

Merci Ekat et je plussoie entièrement la définition de Wiki, ça me rappelle tout à fait certains romans de Chick-Lit de Kinsella, au sujet des relations de l'héroïne avec ses amis et /ou sa famille qui sont tout aussi importantes que la romance qui d'ailleurs ne comporte pas de scènes ultra romantiques du genre de celles que l'on trouve dans d'autres romances plus "osées", mais bien plus des dialogues très drôles et savoureux entre le héros et l'héroïne. et effectivement, c'est raconté à la 1ère personne, du point de l'héroïne le plus souvent ou des héroïnes! Wink
et encore une fois, il y a des Chick-lit très bien écrites!

Cela dit, je n'en ai pas lues beaucoup car je préfère la romance historique ou la romance contemporaines avec une intrigue policière!
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 9 Avr 2015 - 17:52

Je passe très rapidement ^^ je viens de voir une image partagée par Chloé Duval d'un site spécialisé dans la romance qui résume très simplement les choses lol! (pour ce qui est de la romance en tous cas)


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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 28 Mai 2015 - 12:16

Je ne savais pas où poster cette vidéo, alors je la mets là. Pour ma part j'ai bien rigolé Razz

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 28 Mai 2015 - 12:17

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 28 Mai 2015 - 21:18

Excellent ! Je veux la version avec kilt...
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 28 Juil 2016 - 21:45

Le médecin écrivain Martin Winckler (dont je suis en train de lire Le Chœur des Femmes, paru en 2012) a publié sur l'un de ses blogs, Le Cavalier des Touches, un billet - à la fois instructif et grinçant - d'Agnès Caubet, fondatrice du site Les Romantiques et lectrice expérimentée de romances depuis de très nombreuses années.

Dans ce texte, ironiquement intitulé Moi, Agnès C., 45 ans, lectrice de sentimental…, Agnès Caubet profite d'une déconstruction humoristique des clichés à la fois sexistes et condescendants véhiculés par les médias comme par le tout-venant pour présenter les caractéristiques par trop méconnues du genre et de ses lecteurs les plus assidus.

En amuse-bouche, un petit extrait fort révélateur du rapport longtemps entretenu par les éditeurs français quant au genre de la Romance:

Agnès Caubet a écrit:
"Idée préconçue N°3 : Tous les livres sont équivalents dans la Romance, ils ont tous la même recette. Lire l’un ou l’autre, c’est du pareil au même, autant choisir au hasard !"

Eh bien non… J’ai déjà souligné qu’il y avait plusieurs sous-genres, mais pire encore, à l’intérieur d’un même sous-genre il y a des auteurs lambda (plein) et de très bons auteurs (rares). Je pense que c’est un peu partout pareil.

Anecdote : L’éditeur J’ai lu croyait aussi, jusqu’à récemment, que les lectrices choisissaient leurs livres quasiment au hasard… Lors de mon premier rendez-vous chez eux, j’ai eu la surprise d’apprendre qu’ils pensaient que nous n’avions pas repéré d’auteurs meilleurs que d’autres. En effet, les romans restent en rayon jusqu’à être vendus, donc certains auteurs partent en 24 heures et d’autres en neuf mois, mais pour eux les chiffres de vente étaient identiques. Comme internet n’était pas encore tout à fait passé par là, les lectrices devaient se contenter de ce qu’il y avait en magasin, ce qui gommait toute différence entre auteurs. Depuis les choses ont évolué, évidemment."

Agnès Caubet, Moi, Agnès C., 45 ans, lectrice de sentimental… in Martin Winckler, Le Cavalier des Touches, 1er septembre 2012.

Précisons que le billet est suivi par un bref addendum de Martin Winckler, passionné de littérature(s) populaire(s) et lui-même lecteur occasionnel de Romance, lequel recommande deux ouvrages particulièrement plaisants à ses yeux.

*Pour accéder aux trois pages susmentionnées, cliquez sur les expressions en rouge. Wink


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marie21
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Jeu 28 Juil 2016 - 22:32

Merci Derinoe pour ce lien et cet article fort intéressant sur les préjugés autour de la romance! Wink

La romance, c'est comme avec les dramas, il y a bien plusieurs sous-genres et des auteurs que je vais fuire alors que je vais plutôt en adorer d'autres.

Mais je suis un peu fautive concernant les chiffres de vente de romans vendus en français, je les lis uniquement en VO et donc achetés sur Internet car dans les librairies même avec de la VO, le choix reste très limité... Rolling Eyes il n'y a pas par exemple les auteurs que je recherche! Wink

Comme Agnès Caubet, j'aime particulièrement le genre historique!! Wink
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Ven 29 Juil 2016 - 0:24

@ Marie21:

Citation :
Merci Derinoe pour ce lien et cet article fort intéressant sur les préjugés autour de la romance! Wink

Merci à toi pour ton retour, Marie21. sunny J'ai trouvé le texte franc, bien balancé et, ce qui ne gâche rien, plutôt amusant - sur l'intonation combative, mais sans amertume, de l'esprit averti qui en a vu d'autres et qui, après quelques déconvenues, n'entend plus se laisser abattre par l'hostilité ambiante (vis-à-vis de la Romance en tant que genre littéraire complexe et intéressant, s'entend).

Citation :
La romance, c'est comme avec les dramas, il y a bien plusieurs sous-genres et des auteurs que je vais fuire alors que je vais plutôt en adorer d'autres.

J'imagine tout à fait et, bien que j'en lise relativement peu, c'est pareil pour moi. Comme l'explique Agnès Caubet elle-même, il existe de bons et de moins bons auteurs dans tous les sous-genres* littéraires: Policier, Polar, Science-Fiction et cetera. Pourquoi en irait-il autrement pour la Romance?

Ce qui demeure mystérieux, c'est le mépris dont souffre encore la Romance, tant auprès des professionnels du livre - qu'il s'agisse des éditeurs, des libraires, des journalistes et des critiques - que de la société en général: alors même que nombre de sous-genres précités ont acquis leurs lettres de noblesse, l'immense majorité des lecteurs, professionnels ou non, admettant qu'il existe par exemple de grands auteurs de romans noirs - à titre d'illustration, me vient à l'esprit le nom de l'écrivain américain James Ellroy -, les romances demeurent quant à elles ostracisées comme un genre au meilleur des cas mineur et, au pire, franchement ridicule. Je n'en suis pas certaine, bien sûr, mais je parierais que des journaux comme Lire ou le Magazine littéraire ne se risqueraient pas à traiter en profondeur - et sérieusement - d'œuvres de Romance contemporaine, sinon comme un phénomène sociologique et culturel littérairement creux.

Agnès Caubet cite à titre d'exemple le cas de Georges Simenon, méprisé de son vivant pour une œuvre, essentiellement policière, considérée comme bas de gamme par tout un pan du landerneau littéraire, et aujourd'hui publié dans la prestigieuse collection universitaire La Pléiade. Pourquoi une telle évolution est-elle possible pour le policier en général, et pas pour la Romance?

Si j'essaie de mettre le doigt sur les critères éventuellement incriminés, j'en viens aux hypothèses suivantes.

Première possibilité: il s'agit de romans d'amour et l'amour est considéré par les professionnels de la profession comme un sujet mineur, voire facile ou mièvre, destiné à appâter les lecteurs limités ou paresseux. Objection: d'Érec et Énide de Chrétien de Troyes à Belle du Seigneur d'Albert Cohen en passant par les poèmes de Pierre Ronsard, le grand livre de Madame de Lafayette ou les pièces de Jean Racine, le thème si cher à la Romance n'a jamais fait obstacle ni à des lectures approfondies, ni à des mises en valeur de toutes sortes.

Deuxième possibilité: l'incontournable happy end tend à décrédibiliser le genre aux yeux d'une intelligentsia culturellement trop imprégnée de Romantisme tragique pour admettre qu'un chef-d'œuvre puisse favoriser le plaisir et le bien-être du lecteur, au détriment d'un fatum tout droit sorti de l'Antiquité. Objection: dans ce cas, comment expliquer que les romances écrites par Jane Austen, Charlotte Brontë ou Elizabeth Gaskell, pour ne citer qu'elles, aient acquis leurs lettres de noblesse jusque dans nos Universités, alors même qu'elles exercent à merveille l'art de l'heureuse conclusion?

Troisième possibilité, d'ordre sociale celle-là: le genre est aujourd'hui malmené parce qu'essentiellement destiné à un public féminin, lequel ne saurait être pris au sérieux au sein de cercles adoubés. Objection: si la thèse selon laquelle les femmes lisent beaucoup plus que les hommes est correcte, il faut bien admettre que les policiers et les polars qui obtiennent aujourd'hui un succès retentissant auprès du grand public sont eux aussi majoritairement achetés, lus, puis commentés par des femmes, qui, au cas d'espèce, ne sont vraisemblablement pas considérées comme un lectorat de second choix - loin s'en faut -, que ce soit par les auteurs, les maisons d'édition, les magazines spécialisés ou la presse en général. Alors pourquoi serait-ce le cas lorsqu'elles se tournent vers les romances?

Une réponse à cette objection consisterait à dire que, même si les femmes constituent la majorité de tous les lectorats (ou presque), dans le cas de la Romance, elles forment toutefois le seul ensemble explicitement visé par la production artistique et éditoriale, cette catégorie étant intrinsèquement liée au Féminin dans l'esprit du corps social, avec ce que l'imagerie véhicule de préjugés intellectuels, psychologiques et moraux.

Par préjugés, j'entends des jugements de valeur portés, à mon sens sans fondement aucun, sur le lectorat exclusivement féminin, tels que: "Les femmes ne veulent pas comprendre, mais sentir et s'émouvoir", "Les femmes, dans leur majorité, vivent des quotidiens ternes et harassants où leur féminité trouvent peu à s'exprimer: il faut leur donner de quoi s'épanouir et fantasmer", "Les femmes sont des êtres sensibles et intuitifs par nature dont il faut ménager, voire exalter, les qualités propres" ou "La grande affaire des femmes sera toujours l'amour, qu'il s'agisse de celui des hommes ou de leurs enfants".**

Dans le cadre de la rédaction et de la promotion de policiers ou de polars, pour reprendre ces deux exemples susmentionnés, la construction du genre littéraire n'est pas liée à des préjugés de sexe et je doute que quiconque d'un tant soit peu sincère dans sa démarche écrive pour les femmes en particulier. Il se pourrait donc - mais j'émets moi-même quelques réserves quant à cette hypothèse tout à fait spéculative - que le mépris généralisé, lui-même hérissé de clichés éculés, inspiré par la Romance trouve sa source dans le dédain endémique qu'inspirent les femmes en tant que catégorie biologique homogène. Pour le dire autrement, une littérature pour femmes ne saurait que produire des œuvres fades, doucereuses, molles et estompées, un lectorat exclusivement féminin appelant par nature une littérature de piètre qualité. Que l'on propose des histoires d'amour, certes. Que l'on donne dans le happy end, d'accord. Mais que ces éléments trouvent à s'exprimer dans une littérature pensée et conçue pour les femmes - quoique cela puisse vouloir dire -, et cela devient de l'eau clairette sans attrait, petit filet artistique dépourvu des profondeurs qui caractérisent la vraie littérature.

C'est une piste comme une autre: je ne suis pas certaine qu'elle s'avère. Encore faudrait-il demander leurs raisons à ceux qui méprisent ou ostracisent le genre - à supposer qu'ils veuillent bien répondre sincèrement.


Citation :
Mais je suis un peu fautive concernant les chiffres de vente de romans vendus en français, je les lis uniquement en VO et donc achetés sur Internet car dans les librairies même avec de la VO, le choix reste très limité... Rolling Eyes il n'y a pas par exemple les auteurs que je recherche! Wink

Chacun possède ses petits filons personnels, et c'est très bien ainsi.

*Je parle de "sous-genres" au sens non-péjoratif de "sous-catégories" relevant toutes - le Polar, le Policier, la Romance, la Science-Fiction et cetera - du genre ou de la catégorie plus large du Roman.
**C'est généralement à ce point de la rédaction que la scriptrice se rend compte qu'elle n'est pas une femme.


Dernière édition par Dérinoé le Ven 29 Juil 2016 - 13:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Ven 29 Juil 2016 - 12:07


    Très chouette, ton analyse, Dérinoé. Et...

    Dérinoé a écrit:
    **C'est généralement à ce point de la rédaction que la scriptrice se rend compte qu'elle n'est pas une femme.
    lol! lol! lol!
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Ven 29 Juil 2016 - 14:02

Merci pour ces développements très intéressants. (Tu penses à dormir, à l'occasion?)

Dérinoé a écrit:
Ce qui demeure mystérieux, c'est le mépris dont souffre encore la Romance, tant auprès des professionnels du livre - qu'il s'agisse des éditeurs, des libraires, des journalistes et des critiques - que de la société en général: alors même que nombre de sous-genres précités ont acquis leurs lettres de noblesse, l'immense majorité des lecteurs, professionnels ou non, admettant qu'il existe par exemple de grands auteurs de romans noirs - à titre d'illustration, me vient à l'esprit le nom de l'écrivain américain James Ellroy -, les romances demeurent quant à elles ostracisées comme un genre au meilleur des cas mineur et, au pire, franchement ridicule

Je n'ai pas de réponse, malheureusement. Juste une anecdote personnelle amusante, relative à la constitution de "la" bibliothèque parentale, où étaient respectivement expatriés, comme suit:
- au plus haut (très très haut) rayonnage (à gauche), L'Amant de Lady Chatterley de David Herbert Lawrence et quelques autres volumes à la couverture noire et toilée (ce, bien qu'à mes questions insistantes, il m'ait toujours été répondu que le roman de Lawrence n'était pas aussi sulfureux que sa réputation le laissait entendre, et qu'il était en définitive assez quelconque);
- tout en bas en bas en bas (à droite), trois ou quatre volumes de la collection Harlequin (dont les titres s'emberlificotaient sans fin en écriture anglaise, colorée et tourmentée comme leurs protagonistes), de fait jetés en pâture aux griffes du chat.
Les raisons d'un tel sacrifice, cette fois-ci, tenaient semble-t-il à ce que l'écriture en était mauvaise, insipide et les histoires identiques les unes aux autres. Wink

Dérinoé a écrit:
Si j'essaie de mettre le doigt sur les critères éventuellement incriminés, j'en viens aux hypothèses suivantes. [...]

Deuxième possibilité: l'incontournable happy end tend à décrédibiliser le genre aux yeux d'une intelligentsia culturellement trop imprégnée de Romantisme tragique pour admettre qu'un chef-d'œuvre puisse favoriser le plaisir et le bien-être du lecteur, au détriment d'un fatum tout droit sorti de l'Antiquité. Objection: dans ce cas, comment expliquer que les romances écrites par Jane Austen, Charlotte Brontë ou Elizabeth Gaskell, pour ne citer qu'elles, aient acquis leurs lettres de noblesse jusque dans nos Universités, alors même qu'elles exercent à merveille l'art de l'heureuse conclusion?

Pour ce qui me concerne (et exclusivement, encore une fois), ce n'est pas tant la fin des romans qui les discréditait (dans l'esprit de mes parents) que leur piètre qualité littéraire. J'ai idée cela dit que le côté mièvre auto-revendiqué n'était pas étranger à la relégation, en ce compris une intrigue de femme © pour femme © au canevas (partant) des plus faussés et limités.
J’ajoute que dans ces années-là, de mémoire, les San-Antonio, SAS et Ian Fleming tournicotaient à quelques (courtes et égales) encablures sur les présentoirs de gare...

Dérinoé a écrit:
Il se pourrait donc - mais j'émets moi-même quelques réserves quant à cette hypothèse tout à fait spéculative - que le mépris généralisé, lui-même hérissé de clichés éculés, inspiré par la Romance trouve sa source dans le dédain endémique qu'inspirent les femmes en tant que catégorie biologique homogène. Pour le dire autrement, une littérature pour femmes ne saurait que produire des œuvres fades, doucereuses, molles et estompées, un lectorat exclusivement féminin appelant par nature une littérature de piètre qualité. Que l'on propose des histoires d'amour, certes. Que l'on donne dans le happy end, d'accord. Mais que ces éléments trouvent à s'exprimer dans une littérature pensée et conçue pour les femmes - quoique cela puisse vouloir dire -, et cela devient de l'eau clairette sans attrait, petit filet artistique dépourvu des profondeurs qui caractérisent la vraie littérature

C'était peut-être vrai, jadis, mais es-tu sûre que le genre de la romance soit (encore) autant vilipendé aujourd’hui que tu le dis? J'ai des doutes et il me semble, au contraire, que les romances de haute volée sont saluées sans faute par la critique habituelle - cas de Outlander, par exemple. (Et là, j'en appelle à Ekaterin: la romance de haute volée est-elle encore de la romance?   ).
Last: une romance écrite par un homme (Marc Lévy?) souffre-t-elle du même regard, selon toi? Ou le sexe du scripteur l’anoblit-il déjà davantage?

Dérinoé a écrit:
C'est généralement à ce point de la rédaction que la scriptrice se rend compte qu'elle n'est pas une femme

C'est un sentiment qui me gagne tous les matins en me rasant, si cela peut te rassurer...
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mer 3 Aoû 2016 - 0:25

@ Selenh:

Citation :
Très chouette, ton analyse, Dérinoé. Et...

Merci beaucoup, Selenh. Wink

Citation :
lol! lol! lol!

Je ne suis pas née femme, je ne le suis pas devenue et, à moins qu'un burn-out aggravé ne me conduise tout droit aux portes de Stepford, je crains que cette expérience me soit interdite à tout jamais.


@ TimesNewRoman:


Citation :
Merci pour ces développements très intéressants. (Tu penses à dormir, à l'occasion?)

Merci à toi, TimesNewRoman. (J'écris tout le temps, même en dormant.)

Citation :
Je n'ai pas de réponse, malheureusement.

C'est l'absence de réponse définitive qui rend le débat si intéressant.

Citation :
Juste une anecdote personnelle amusante, relative à la constitution de "la" bibliothèque parentale, où étaient respectivement expatriés, comme suit:
- au plus haut (très très haut) rayonnage (à gauche), L'Amant de Lady Chatterley de David Herbert Lawrence et quelques autres volumes à la couverture noire et toilée (ce, bien qu'à mes questions insistantes, il m'ait toujours été répondu que le roman de Lawrence n'était pas aussi sulfureux que sa réputation le laissait entendre, et qu'il était en définitive assez quelconque);
- tout en bas en bas en bas (à droite), trois ou quatre volumes de la collection Harlequin (dont les titres s'emberlificotaient sans fin en écriture anglaise, colorée et tourmentée comme leurs protagonistes), de fait jetés en pâture aux griffes du chat.
Les raisons d'un tel sacrifice, cette fois-ci, tenaient semble-t-il à ce que l'écriture en était mauvaise, insipide et les histoires identiques les unes aux autres. Wink

J'ai connu une chatte qui préférait la douce chaleur des liseuses neuves. Mais c'était une féline fine et érudite, très difficile sur le choix de ses lectures.

L'anecdote que tu livres est particulièrement intéressante, en ce sens qu'elle révèle l'un des nerfs douloureux de la question présentement discutée: la relégation parentale venait-elle de ce que ces quelques titres-là étaient mal écrits - comme peuvent l'être, ponctuellement, d'autres ouvrages relevant de sous-genres à la fois prisés par les lecteurs et loués par les critiques - ou parce que le sous-genre était considéré comme frelaté par et pour lui-même?


Citation :
Pour ce qui me concerne (et exclusivement, encore une fois), ce n'est pas tant la fin des romans qui les discréditait (dans l'esprit de mes parents) que leur piètre qualité littéraire.

Certes, et cela se comprend aisément.

Je suis en effet certaine qu'il existe de nombreuses romances en général ou Harlequins en particulier dont le fond et la forme laissent violemment à désirer. Mais, d'une part, de telles irrégularités se constatent dans tous les genres possibles et imaginables - je pense notamment au Policier, au Polar ou à la Science-Fiction - et, d'autre part, en principe, les dénivelés entre bons et mauvais romans ne suscitent pas un dénigrement ou une moquerie aussi généralisés, que ce soit de la part des lecteurs lambdas ou des professionnels du livre.

Le statut particulier dont jouit la Romance se traduit du reste par certains indices à mon sens fort révélateurs de cet ostracisme inexpliqué. Deux exemples (dont chacun pourra discuter la pertinence à loisir).

D'abord, même en admettant que tous les Harlequins soient objectivement exécrables, ce que je ne suis de loin pas prête à accepter, comment se fait-il qu'il demeure plus gênant de dire publiquement son goût pour cette littérature populaire là, plutôt que pour des comics américains - enfantins, non? -, un Katherine Pancol de derrière les fagots - laquelle n'est pas précisément une émule de Marguerite Yourcenar, stylistiquement parlant -, deux ou trois tomes de la trilogie Millénium - en matière de voyeurisme sexuel et de domination masculine, voilà une somme qui se pose là - ou le dernier Mary Higgins Clark - recombinant pour la millième fois les éléments d'un premier succès, en continuant d'emplir les tiroirs-caisses de son sympathique éditeur.

Ensuite, il s'agit d'une littérature socialement difficile à assumer pour les hommes, comme d'ailleurs tous les domaines prétendument réservés aux femmes et dont la réappropriation masculine donne lieu, au mieux, à moult réserves et suspicions et, au pire, à des insultes outrepassant parfois le cadre même de la légalité. Là encore, je serais vraiment très curieuse de connaître le pourcentage de techniciens sur machine industrielle, d'avocats, de secouristes, de fonctionnaires, de cuisiniers ou de médecins hommes se sentant tout à fait libres de dégainer, en public s'entend, leur romance à couverture fleurie durant la pause de midi.


Citation :
J'ai idée cela dit que le côté mièvre auto-revendiqué n'était pas étranger à la relégation, en ce compris une intrigue de femme © pour femme © au canevas (partant) des plus faussés et limités.

Et pour remonter un peu plus haut vers la source du problème: qu'est-ce que la mièvrerie? Pour tes parents?
Pour toi?
Pour toute personne passant sur ce topic et ayant envie de donner son avis sur la question?


Citation :
J’ajoute que dans ces années-là, de mémoire, les San-Antonio, SAS et Ian Fleming tournicotaient à quelques (courtes et égales) encablures sur les présentoirs de gare...

Et cependant, qu'on les apprécie ou non, l'image dont ils jouissent - sous les angles de la littérature et du sexe du lectorat - est fort différente de celle que subit la Romance.

Citation :
C'était peut-être vrai, jadis, mais es-tu sûre que le genre de la romance soit (encore) autant vilipendé aujourd’hui que tu le dis? J'ai des doutes et il me semble, au contraire, que les romances de haute volée sont saluées sans faute par la critique habituelle - cas de Outlander, par exemple. (Et là, j'en appelle à Ekaterin: la romance de haute volée est-elle encore de la romance?).

Je te répondrai en deux temps.

D'une part, je m'en réfère au billet d'Agnès Caubet présenté plus haut, lequel dresse un topo assez navrant de la perception publique entretenue quant à la Romance, quelle qu'elle soit: éditeurs possédant une vision dépréciative du lectorat concerné, libraires méprisants, critiques ou journalistes oscillant entre désintérêt total et franche moquerie, dérision quasiment permanente de la part des proches, quand ce n'est pas d'inconnus croisés dans le métro. D'autre part, je renverrai aux deux particularités susmentionnées, lesquelles ne me semblent pas s'étendre à toutes les formes de littérature: d'abord, embarras suscité par la revendication du genre en public, particulièrement lorsqu'il s'agit de s'exposer dans un milieu potentiellement caustique, et ensuite, difficulté, pour un homme - surtout si celui-ci est censé correspondre à des critères prototypiques de virilité ou d'autorité - à témoigner ouvertement de son intérêt.

Mais cela se discute bien évidemment.


Citation :
Last: une romance écrite par un homme (Marc Lévy?) souffre-t-elle du même regard, selon toi? Ou le sexe du scripteur l’anoblit-il déjà davantage?

C'est une bonne question. Il me semble que oui (à la première question), le trait fondamentalement associé à la Romance n'incluant pas l'identité du scripteur, mais celle de ses destinataires supposés - à savoir, au cas d'espèce, la gent féminine.

Mais il est évident qu'en répondant de la sorte, je donne d'ores et déjà un élément de réponse subjectif et discutable à la question que nous posons ici, à savoir: la dépréciation de la Romance correspondrait à un cas particulier de la dépréciation, plus large, dont souffrent les femmes en général et, de ce fait, ne constituerait qu'une illustration particulière du sexisme plus ou moins subtil inhérent à nos dynamiques sociales.

Et toi, qu'en penses-tu?


Citation :
C'est un sentiment qui me gagne tous les matins en me rasant, si cela peut te rassurer...

Oui. Mais si tu étais un homme, tu penserais à devenir Président.
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 10:28

Merci pour l'article Dérinoé, Agnès Caubet est un précurseur qui mérite vraiment d'être mise en avant. Son site Les Romantiques est une formidable base de donnée qui tient le cap depuis de nombreuses années tout en continuant à s'agrandir. On la voit de plus en plus dans des interviews ou citée dans des articles. Dans les année 90 quand la lectrice de romance se résumait à une lecture sous le manteau et où on n'avait pas trop le choix, son site nous a ouvert les portes du monde.

Ce qui compte c'est le plaisir que l'on prend à lire, sans tenir compte des esprits malsains, des critiques ou ceux qui n'assument pas leurs lectures. Pourquoi lutter contre les moulins à vent. Moi ce que je constate c'est que le genre a le vent en poupe malgré toutes les critiques qui continuent à fuser. Maintenant de nombreuses maisons d'éditions nous proposent un large choix de lecture... même si c'est pour rééditer d'anciens livres en changeant de collection et de couverture pour leur faire quitter le placard. Si c'est pour mieux apprivoiser la bête pourquoi pas ou alors c'est le signe d'une démocratisation.

Tout ça pour dire que grâce à elle et à une poignée de bénévoles (je vais bientôt aller ouvrir un topic pour le présenter), cette année la France a accueilli son 1er Festival de Romance. J'ai eu le plaisir d'y assister. Deux jours de discutions très intéressantes, à rencontrer des auteurs, au milieu de nombreux fans dans un ambiance exceptionnelle sans jugements, ni préjugés.

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 11:24

oh merci pour l'infi, Ekat!!! Chouette nouvelle!!! cheers Aux Etats Unis, il y a plein de conventions sur la romance et ça, c'est génial!!! cheers
ça montre vraiment l'importance de la romance aux Etats Unis, mais aussi le fait qu'elle est moins tournée en ridicule là-bas!!! Rolling Eyes

Mais c'est chouette qu'il y ait eu ce festival de la romance en France!!! cheers c'était où ? ça m'intéresserait d'y assister!!! bounce Les discussions devaient être très intéressantes!!!
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ekaterin64
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 11:27

lol! lol! lol! je m'occupe d'ouvrir très vite le topic Marie, tu auras toutes les infos dedans ne t'inquiète pas

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 14:36

@ Ekaterin64:

Citation :
Merci pour l'article Dérinoé, Agnès Caubet est un précurseur qui mérite vraiment d'être mise en avant. Son site Les Romantiques est une formidable base de donnée qui tient le cap depuis de nombreuses années tout en continuant à s'agrandir. On la voit de plus en plus dans des interviews ou citée dans des articles. Dans les année 90 quand la lectrice de romance se résumait à une lecture sous le manteau et où on n'avait pas trop le choix, son site nous a ouvert les portes du monde.

Avec plaisir.

Tu vois, je n'avais jamais entendu parler de ce site - sur lequel j'ai ensuite jeté un coup d'œil - avant que de tomber sur le billet d'Agnès Caubet publié par Martin Winckler. J'aime beaucoup cette idée de résistance discrète, mais opiniâtre, qui finit du reste par porter ses fruits puisqu'aujourd'hui, il devient sans doute un peu plus aisé, du moins pour le lectorat féminin, d'acheter et de lire en public de la Romance, couvertures explicites à l'appui.


Citation :
Ce qui compte c'est le plaisir que l'on prend à lire, sans tenir compte des esprits malsains, des critiques ou ceux qui n'assument pas leurs lectures.

Je suis on ne peut plus d'accord avec toi.
Mais ta remarque soulève un point qui n'est pas sans intérêt dans le cadre de la discussion initiée plus haut. En effet, il me semble que l'une des raisons invoquées, sinon par les proches de lecteurs de Romance, du moins par les professionnels du livre - principalement éditeurs, journalistes ou critiques - prend naissance dans l'idée, à mon sens diffuse et indéterminée, de "lecture utile". Aux caractéristiques généreusement accolées à la lectrice de genre s'ajoute le reproche, docte, d'un passe-temps considéré comme creux ou futile, là où la littérature offre tant de possibilités de s'édifier intellectuellement. Cette vieille idée, à mon sens infondée et condescendante, selon laquelle le plaisir ne saurait être bon guide de nos choix et de nos goûts littéraires, le seul étalon-mesure réellement valable résidant dans la culture, l'éducation, l'élargissement des connaissances et le maniement du patrimoine artistique national.

Citation :
Tout ça pour dire que grâce à elle et à une poignée de bénévoles (je vais bientôt aller ouvrir un topic pour le présenter), cette année la France a accueilli son 1er Festival de Romance. J'ai eu le plaisir d'y assister. Deux jours de discutions très intéressantes, à rencontrer des auteurs, au milieu de nombreux fans dans un ambiance exceptionnelle sans jugements, ni préjugés.

Je trouve l'idée de ce Festival vraiment excellente et je me joins à l'attente impatiente de Marie21 s'agissant de ton compte-rendu à venir. Je ne savais pas que de telles manifestations existaient: je connaissais les Salons du Livre, où éditeurs et auteurs présentent leurs œuvres en allant à la rencontre du public, les Marathons de Littérature, où comédiens et écrivains se relaient durant une période prédéterminée de plusieurs jours pour lire sans interruption des extraits d'ouvrages plébiscités par le public, et les Cafés littéraires, dans lesquels des auteurs amateurs, souvent étudiants, peuvent présenter leurs textes devant un parterre de passionnés. Mais de Festival, point!


Dernière édition par Dérinoé le Mar 9 Aoû 2016 - 16:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 14:56

Dérinoé a écrit:
@ Ekaterin64:

Citation :
Merci pour l'article Dérinoé, Agnès Caubet est un précurseur qui mérite vraiment d'être mise en avant. Son site Les Romantiques est une formidable base de donnée qui tient le cap depuis de nombreuses années tout en continuant à s'agrandir. On la voit de plus en plus dans des interviews ou citée dans des articles. Dans les année 90 quand la lectrice de romance se résumait à une lecture sous le manteau et où on n'avait pas trop le choix, son site nous a ouvert les portes du monde.
[justify]
Avec plaisir.

Tu vois, je n'avais jamais entendu parler de ce site - sur lequel j'ai ensuite jeté un coup d'œil - avant que de tomber sur le billet d'Agnès Caubet publié par Martin Winckler.


moi, je le connaissais, j'avais déjà posté mon avis sur quelques romances lues dessus! Wink

Mais je n'avais jamais prêté attention aux Dossiers/ articles et je viens d'en lire plusieurs qui sont particulièrement intéressants dans l'onglet Les Dossiers, sur des thèmes de la romance!!!

Les dossiers sur "Elle ou Il?" et sur "les scènes hot" m'ont beaucoup plu... Razz j'ai aimé lire les avis des auteurs de romance sur l'écriture de ces scènes hot...
De même que les présentations de "la Dark Romance" et la Romance Multiculturelle m'ont aussi beaucoup interpellée...
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 16:25

J'ai la chance d'avoir eu au lycée une prof géniale qui encourageait la lecture, toute les lectures. Elle avait une ouverture d'esprit incroyable. Pour elle l'important était de lire, quelque soit la fond ou le support.
De tout temps à jamais, les lectures "utiles" ont existé. D'ailleurs qui peut juger de ce qui est utile ou pas ? Certaines lectures sont utiles oui, pour apprendre à faire la cuisine, le bricolage, les mathématiques, l'histoire de France et j'en passe et des meilleures. Je pense que les écoles, les lycées, la fac sont là pour nous enseigner et nous donner un minimum de culture et d'enseignement aux travers de ces lectures "utiles". Pour le reste, c'est de la lecture plaisir. Chacun est libre d'en disposer à sa guise et de développer selon son bon vouloir. Laissons certains pseudo intellectuels qui aiment s'écouter parler disserter à plus soif si cela les amuse.

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 18:50

Tu as tout à fait raison, Ekat!! la chance que tu as eu avec cette prof de lycée!!

J'ai toujours aimé lire, depuis que je sais lire (je lisais même en cachette le soir alors que j'étais censée dormir ^^ Laughing et comme mon père passait vérifier de temps en temps que je dormais, hop, j'éteignais vite la lumière et je rallumais aussitôt qu'il partait!!!  Laughing ) mais avant d'aller en Irlande, quand j'avais 19 ans, je n'avais même pas eu l'idée de lire en anglais...Or, une fois arrivée là bas, les librairies étant pleines à craquer de livres de romance, je n'ai pas mis longtemps à en lire!!! et c'est comme ça que j'ai fait d'énormes progrès avec l'acquisition du vocabulaire!

Et je continue d'en lire de temps à autres.  Wink

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 19:55

J'adore tout ce qui concerne la période viking, pourtant en Romance ce n'est pas trop ma tasse de thé. Ca et les écossais^^
Généralement je n'accroche pas, il y a juste un livre de Johanna Lindsey que j'ai bien aimé. Désolée Marie je ne serais malheureusement pas de bon conseil

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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 22:06

Merci, Ekat... Wink mais j'ai supprimé mon commentaire sur la recherche de romance + Vikings car je me suis rendue compte que ce que je recherchais était extrêmement compliquée..Razz
Je n'ai lu qu'une romance historique (roman historique ?) sur des Vikings, très bien documentée et écrite par une auteure française (Le Drakkar et la Corne d'Or) qui m'a énormément plu et je voudrais retrouver un peu la même chose mais c'est mission impossible..No J'ai jeté un œil au synopsis des romances avec Vikings sur Goodreads et ça ne fait pas du tout envie!! No
Autant relire le bouquin Razz et essayer de voir la série Vikings!! Razz
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   Mar 9 Aoû 2016 - 22:18

marie21 a écrit:
Autant relire le bouquin Razz et essayer de voir la série Vikings!! Razz  
Ca c'est une excellente idée

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Quand la tempête t'encercle, hisse la voile et suis les traces du Dieu Dragon. En avant, en avant ! Car qui
hésite perd, plutôt être mort qu'esclave de la peur Lady companion of the Most Noble Order of the Lycans
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MessageSujet: Re: La romance c'est quoi???   

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La romance c'est quoi???
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