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| | Yasmina Khadra, un écrivain algérien | |
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lady Clare Lily-white Doe

Nombre de messages: 9561 Date d'inscription: 01/10/2008
 | Sujet: Yasmina Khadra, un écrivain algérien Sam 6 Mar - 0:17 | |
| Avec la bénédiction de ma chère Clinchamps, j'ouvre un topic sur un auteur que nous apprécions beaucoup toutes les deux et dont j'ai lu pratiquement toute l'oeuvre  , & que j'ai rencontré à plusieurs reprises  , il s'agit du romancier algérien Yasmina Khadra. Pour en savoir plus sur sa vie, wikipédia le fait mieux que moi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra J'explique tout de suite le choix de son nom de plume, c'est le nom de sa femme -qui signifie Fleur de jasmin verte- (et par là même il lui rend un bel hommage, ainsi qu'à la femme algérienne comme une entité, c'est ainsi qu'il l'a publiquement exprimé). Ce pseudonyme lui a dans un premier temps servi à cacher son identité pour échapper à la censure militaire, alors qu'il écrivait déjà tout en poursuivant sa carrière dans l'armée algérienne... Son parcours est particulièrement atypique, dès l'âge de neuf ans, il rentre à l'Ecole des Cadets, l'apprentissage est dur, la séparation d'avec sa mère est traumatisante, mais viendra nourrir son œuvre future ( La maîtresse en maillot de bain : Quatre récits d'enfance ; L'écrivain ; L'Imposture des mots)... Yasmina Khadra raconte volontiers qu'il écrit depuis très longtemps, en français bien qu'arabophone, car il vit la langue française "comme un mariage mixte qui se passe bien". Il ne renie pas pour autant son identité arabe et algérienne, " j'écris en français, mais à certains moments, on entend les Algériens parler. J'ai essayé de mettre en relief toutes les particularités algériennes", en effet, on "entend " parler algérien dans ses romans, l'auteur utilise souvent des mots du dialecte populaire algérien, des tournures de phrases propres à l'arabe et qu'il traduit mot à mot du français...cela donne une écriture à la fois dense, riche de sens et populaire...  et qui ma foi est bien souvent très drôle à lire... Yamina Khadra a écrit de nombreux livres, mais ses livres de jeunesse sont introuvables en France, il reconnait lui même que son style était assez faible à cette époque, je le trouve quant à moi très poétique mais un peu compliqué quand même... La Foire des enfoirés / Le Privilège du phénix/ De l'autre côté de la ville/ El Kahira - cellule de la mort/ La Fille du pont/ Houria/ Amen. L'écrivain y cherche encore son style... Le Dingue au bistouri est écrit en 1993, Yamina Khadra ne sait pas encore à l'époque que son héros au grand coeur, le commissaire Llob, deviendra son personnage fétiche au point de revenir dans d'autres ouvrages comme Morituri ou encore Double blanc, j'ai trouvé cette série de polars excellente, elle s'améliore à chaque tome... La plume de l'auteur est incisive, il observe la société dans laquelle évoluent ses personnages avec tendresse et sévérité, le constat est dur, le pays va mal et ses personnages sont dans un perpétuel combat... Dans Le Dingue au bistouri, nous sommes en plein dans les années noires, le terrorisme bat son plein mais que faire quand un tueur en série s'en mêle et nargue la police?? | Citation: | Alger en hiver. Ce jour-là, le commissaire Llob est d'humeur maussade, et le coup de téléphone qu'il reçoit n'arrange rien. Un mystérieux correspondant le prévient qu'il va commettre un crime. Le Dingue au bistouri, comme la presse ne tarde pas à le surnommer, frappe ainsi les premiers coups de sa sinistre carrière de tueur en série. Est-ce un fou ? Un pervers ? Llob ne le croit pas. Chaque meurtre est froidement prémédité, minutieusement exécuté, et toujours signé. L'homme torture ses victimes, leur arrache le cœur et dépose une étoile noire sur le cadavre. Il doit encore tuer cinq personnes. Commence alors un dialogue de fous entre Llob et le Dingue, triste et tragique rejeton d'Alger la désolée.
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Les autres tomes reprennent les mêmes personnages, pour moi le meilleur tome est sans doute La Part du mort, roman noir beaucoup plus abouti, avec un vrai suspens mêlé à une intrigue historique...
| Citation: | | Le pays est aux portes de la guerre civile et le peuple ne le sait pas. Ici comme ailleurs se frotter aux puissants est synonyme de mort rapide. Llob, pourtant, après que son lieutenant a été accusé de tentative de meurtre sur l'une des sommités corrompues du pouvoir, ne peut se résoudre à entendre raison. Il enquête et fouille le passé. Ce qu'il découvre dérange. Une historienne au rôle peu clair tente de l'aider. Massacres camouflés, vendetta, manipulations... Llob va plonger au centre des ténèbres avec une seule question : à qui profite le crime ? |
Yasmina Khadra a écrit aussi des livres "plus personnels" sur des thèmes qui lui sont chers, traitant du combat de l'homme contre la guerre et pour la liberté, dans des oeuvres telles que L'Attentat,
| Citation: | | Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israélien d'origine arabe opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme. Il faudra l'audace rare de Yasmina Khadra pour oser aborder un tel sujet. Dans ce roman extraordinaire, on retrouve toute la générosité d'un écrivain qui n'en finit pas d'étonner par son imaginaire et son humanisme. |
Les Sirènes de Bagdad
| Citation: | Kafr Karam. Un petit village aux confins du désert irakien. On y débat devant la télévision, et surtout on s'y ennuie, on attend, loin de la guerre que viennent de déclencher les Occidentaux et qui embrase le reste du pays. Mais le conflit, avec son lot de brutalités, d'incompréhensions et de bavures tragiques va finir par rattraper cette région où la foi, la tradition et l'honneur ne sont pas des mots vides de sens. Et quand une nouvelle humiliation vient profaner ce qu'un Bédouin a de plus sacré, alors s'ouvre le temps de la colère et de la riposte. Une vengeance terrible, sans merci, car désormais seul le sang pourra laver ce qui a été souillé...
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ou encore Les Hirondelles de Kaboul
| Citation: | Dans le Kaboul de l’an 2000, alors que les talibans font régner sur l’Afghanistan un régime atroce, quatre personnages inoubliables : Il y a Mohsen, qui descend d’une famille de commerçants prospères que les talibans ont ruinée ; Zuneira, sa femme, sublimement belle, qui fut une enseignante brillante et qui n’a plus le droit de sortir de chez elle… Ils survivent dans des conditions morales et matérielles abominables, soutenus par l’amour qu’ils se portent et le respect qu’ils doivent à l’intelligence et à la connaissance. Il y a aussi Atiq, qui a sincèrement adhéré à l’idéologie des talibans et qui tente d’assurer son service à la prison de Kaboul dans le respect de sa foi. Mais chaque jour est une épreuve terrible où tout ce qu’il voit et tout ce qu’on l’oblige à faire sont contraires à tout ce qu’il croit. Il y a enfin Mussarat, sa femme, qui se meurt de maladie et de désespoir. Un geste atroce… et l’acte d’amour désespéré d’une de ces femmes qu’on appelle les « hirondelles de Kaboul ». Désespéré, oisif, exténué, Mohsen erre dans Kaboul quand il est entouré par une foule qui s’apprête à lapider une femme adultère. Comme anesthésié par l’atmosphère hystérique qui le cerne, Mohsen va, lui aussi, balancer de toutes ses forces quelques pierres au visage de la femme enterrée jusqu’à la taille. Ce geste insensé va faire basculer le destin de tous les protagonistes dans la tragédie… jusqu’au sacrifice ultime – et vain – de Mussarat, cette femme qui donnera sa vie pour permettre à l’homme qu’elle aime de retrouver sa capacité d’aimer. |
Yasmina Khadra y excelle à décrypter l'âme humaine en général, la puissance de la femme et la faiblesse de l'homme... Voilà j'espère vous avoir donné envie de lire cet auteur, son dernier opus vient de sortir, je ne l'ai pas encore lu, il s'agit de L'Olympe des infortunes
| Citation: | | Après sa trilogie politique autour des conflits du Moyen-Orient (Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad), après un grand roman d’amour (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra, qui ne craint pas les changements de registre, met toute sa verve romanesque au service d’une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse, de cocasserie, de rêves invraisemblables et de terribles déconvenues. Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé « le Musicien » parce qu’il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s’initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu’à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu’une affection, souvent plus profonde qu’il n’y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d’ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s’avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n’en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l’esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horr contrastent avec la violence et l’individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l’univers des clochards en un monde hautement poétique, où l’onirisme surgit derrière les détritus. On l’aura compris, L’Olympe des infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu’il livre n’est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pas celles que l’on croit. Et l’enfer, lui, n’est jamais où on l’attend. |
Merci si vous avez lu ce (trop ) long post jusqu'au bout mais il y a encore pas mal d'oeuvres que je n'ai pas évoquées ici j'y reviendrai donc!_________________  |
|  | | clinchamps Eloquent sensei of Lambton

Nombre de messages: 26078 Age: 69 Localisation: En aller-retour permanent entre le Soleil Levant, le Matin Calme( dans le Jardin Secret de Sejong)et ... Formose ! Date d'inscription: 09/01/2007
 | Sujet: Re: Yasmina Khadra, un écrivain algérien Dim 7 Mar - 11:12 | |
| Merci d'avoir ouvert ce topic, lady Clare ! Je n'ai lu qu'un seul roman de cet auteur, "ce que le jour doit à la nuit", et il m'a fortement émue, cependant j'aurais du mal à donner une critique constructive, car tout se passe dans des lieux où j'ai vécu de nombreuses années, tout m'a semblé si familier, que j'avais l'impression que j'avais été témoins de l'histoire et que je connaissais les personnages. De plus comme tu le dis, son style retranscris la parole des Algériens de telle sorte que souvent j'avais le sentiment de les entendre, et cela réveillait beaucoup d'émotions. Il faudrait que j'en lise d'autres. _________________ http://www.librarything.fr/profile/clinchamps -blog : http://lesacadosviolet.hautetfort.com J'étais déjà loin sur la route avant de m'apercevoir que je m'étais mis en marche.FD : JA Le Kinkaku-ji, aussi appelé le pavillon d'or à Kyoto |
|  | | Nougatine Lady of Zerzura

Nombre de messages: 2069 Age: 36 Localisation: Picardie Date d'inscription: 17/11/2007
 | Sujet: Re: Yasmina Khadra, un écrivain algérien Sam 17 Avr - 7:33 | |
| Merci pour ce topic Lady Clare! Je viens de terminer mon deuxième roman de cet auteur: après L'automne des Chimères dans lequel on retrouve pour une ultime enquête le commissaire Llob, j'ai lu Les hirondelles de Kaboul que j'ai trouvé bouleversant. Une histoire tragique qui nous montre bien jusqu'où peut se nicher la bêtise humaine, mais aussi les hauteurs que l'homme est parfois capable d'atteindre. C'est un livre déchirant et oppressant, j'ai souvent eu l'impression d'étouffer comme Zuneira sous sa prison de toile ou comme Atiq. Peu d'espoir pour les personnages car les Talibans n'en laisse pas, peu d'air aussi. Les descriptions de Kaboul enserrées dans ses montagnes avec cet air chaud immobile, pesant, lourd sans qu'aucun orage n'éclate jamais... sont parfaites et rendent bien ce qu'éprouvent les personnages. Kaboul est une sorte de piège, de mirage en plein désert, comme une oasis fantôme dont personne ne sort vraiment. C'est aussi un livre salutaire contre tous les extrêmismes et je pense que cette lecture ferait du bien à un certain nombre de mes élèves... J'ai encore dans ma bibliothèque un livre de cet auteur à lire: Ce que le jour doit à la nuit.  |
|  | | lady Clare Lily-white Doe

Nombre de messages: 9561 Date d'inscription: 01/10/2008
 | Sujet: Re: Yasmina Khadra, un écrivain algérien Mar 26 Avr - 13:04 | |
| @ Nougatine, je ne t'ai jamais remerciée pour ton intervention dans ce topic !  Tout à fait d'accord pour tes impressions sur Les Hirondelles de Kaboul... A ce propos, Yasmina Khadra vient d'annoncer le titre de son prochain ouvrage qui paraîtra en septembre, L'Equation africaine, sur le conflit au Soudan, il revient donc sur des thèmes plus contemporains, comme il l'avait fait dans la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L'Attentat & Les Sirènes de Bagdad. Une adaptation de Ce que le jour doit à la nuit est en route, par Alexandre Arcady, avec Samy Naceri & Valeria Bruni-Tedeschi. Le casting me paraît bien choisi. Et enfin, les éditions Julliard rééditent l'oeuvre intégrale de Yasmina Khadra, le premier tome qui regroupe cinq romans-phares (dont Les Hirondelles de Kaboul, justement) vient de sortir, plus d'infos ici :  L'auteur a également annoncé qu'il reviendrait au polar en 2012, le retour du commissaire Llob ?? je l'espère !!!!!!! On pourra également rencontrer l'auteur à la Fnac St Lazare le 20 mai à 18h, à l'occasion de la réédition de La Rose de Blida  Et enfin, Yasmina Khadra est toujours, et ce depuis 2007, le directeur du Centre Culturel Algérien à Paris. _________________  |
|  | | Rosalind Lady of Damerosehay

Nombre de messages: 4336 Age: 61 Localisation: entre Rohan et Ruatha ... Date d'inscription: 17/04/2008
 | |  | | Ysabelle Stardust Reveries

Nombre de messages: 3356 Age: 50 Localisation: Quelque part entre l'orient et l'occident Date d'inscription: 07/05/2010
 | |  | | | | Yasmina Khadra, un écrivain algérien | |
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