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 Les critiques littéraires

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gentiane
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MessageSujet: Les critiques littéraires   Ven 11 Déc 2009 - 19:47

Le topic de Popila m'a donné l'idée d'en ouvrir un sur nos critiques littéraires favoris. Ceux qui nous donnent envie de nous ruer dans la première librairie ouverte pour acheter le livre dont ils parlent, ceux qui font monter dangereusement notre PAL cheers

Alors, j'ouvre le bal avec mes 2 chouchous :

- Gérard Collard qui intervient sur LCI. La toute première fois, c'est son look un peu particulier Cool qui m'a accrochée. Mais c'est réellement son enthousiasme, sa manière gourmande de parler des livres qui m'attirent chez lui. Et puis, un homme qui aime à la fois notre chère Jane, les bandes dessinées, les thrillers,ce ne peut être qu'un bon critique, non ? D'ailleurs, il est sur Facebook et y est très actif car tout l'intéresse : les bouquins, bien-sûr, mais aussi la musique, le cinéma et il a beaucoup d'humour, ce qui ne gâche rien.

- Olivia de Lamberterie, toute en classe, en sensibilité et en enthousiasme. Elle a le mérite, lorsqu'elle intervient dans Télématin, de parvenir à nous donner une envie folle de lire les bouquins dont elle parle alors qu'elle est sans cesse interrompue par affraid William Leymergie affraid . Si je ne me trompe pas elle intervient également dans le magazine "Elle".

Voilà pour moi, à vous de nous faire connaitre vos critiques favoris, même si vous ne partagez pas toujours leurs choix ...
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Popila
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Dim 13 Déc 2009 - 22:18

Content que mon topic donne des idées à d'autres, Gentiane ! Wink

Alors, à part Olivia de Lamberterie que j'écoutais au Masque, je ne connais pas du tout les critiques que tu viens de citer, mais si je ne devais en citer qu'un, ce serait Jean-Claude Raspiengeas. Arrow

Non pas que ses critiques me donnent toujours envie de me précipiter sur ce dont il parle, mais je les trouve tellement bien écrites que les lire suffit déjà à mon plaisir. sunny
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Bonnie
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Lun 14 Déc 2009 - 20:08

Gérard Collard intervient aussi dans le journal de la santé sur France 5 si ne je me trompe ... et c'est vrai qu'il parle des livres avec tellement d'enthousiasme que ça donne envie de les lire.
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Ven 11 Jan 2013 - 0:41

Une discussion vivement engagée sur la réception de Fifty Shades of Grey de L. E. James par la critique française m'amène à faire halte sur ce topic encore peu garni ouvert par Gentiane et portant sur la caste honnie des lecteurs professionnels.

Je voudrais présenter ici brièvement un critique dont je consulte régulièrement le blog ainsi que les interventions, orales ou écrites, dans la presse lorsque je les attrape, souvent un peu par hasard, dans mon filet à papillons.

L'homme en question s'appelle Pierre Jourde et, malgré une carrière universitaire bien remplie - il est Professeur de littérature française à l'Université Grenoble III de Valence - et la publication de plusieurs œuvres romanesques et poétiques ainsi que d'un essai primé, à juste titre, par l'Académie Française, il a acquis sa renommée auprès d'un public plus large grâce au travail mené en collaboration avec l'éditeur, auteur et chroniqueur Éric Naulleau avec qui il a cosigné un vrai-faux manuel d'histoire littéraire absolument hilarant sobrement intitulé Jourde & Naulleau. Précis de littérature du XXIème siècle. De lui, je commenterai donc ici deux ouvrages de critique aussi drôles qu'intelligents, toujours bien argumentés sans jamais sombrer des les travers d'une assommante analyse scolaire.



Je commence donc par La littérature sans estomac, publié en 2002 à l'Ésprit des Péninsules et couronnée la même année par le Prix de la Critique de l'Académie Française. L'ouvrage se divise en deux parties, d'inégales longueurs. La première, la plus ample, se focalisant sur un certain nombre d'auteurs vertement critiqués, analyses de textes à l'appui - tels par exemple Philippe Sollers, décédé d'un tir de ball trap bien placé dès le premier paragraphe, Olivier Rollin ou Christian Bobin -, la seconde, plus modeste, effectuant l'exercice inverse en soulignant l'excellence de certains de ses écrivains favoris - notamment Michel Houellebecq, Valère Novarina ou encore Éric Chevillard.



C'est l'un des textes les plus intelligents, les plus honnêtes et les plus jouissifs que j'ai lus en matière de critique littéraire: que je partage ses avis ou non - et autant dire que, sur certains auteurs tels que Christian Bobin ou, plus encore, Michel Houellebecq, mon appréciation diverge largement de la sienne -, je trouve que ses analyses ont ce double mérite, aussi essentiel qu'il se fait rare dans les articles spécialisés, de se borner à juger avant tout les textes des auteurs, larges extraits à l'appui, et de rendre à l'exercice pratiqué ses parts indispensables de démonstration et de sentiment dans un équilibre intuitif qui rend sa lecture aussi aisée que stimulante. Un livre très agréable à lire - et, d'une certaine manière, un roman de romans qui s'avale sans difficulté, notamment grâce au style fluide et franc pratiqué par Pierre Jourde.

Deuxième ouvrage, sans doute un poil moins profond mais plus amusant encore que le précédent, le fameux Jourde & Naulleau mentionné plus haut, coécrit donc avec son éditeur et vieux complice Éric Naulleau - lui-même auteur d'une brûlante petite satire de la République des Lettres parisienne baptisée Petit déjeuner chez Tyrannie (2003). L'ouvrage est paru aux éditions Mots & Cie en 2004, avant d'être réédité dans une version augmentée chez Mango, en 2008. L'opus se présente comme un hommage aux manuels scolaires Lagarde et Michard, suites d'ouvrages bien connus des écoliers présentant la vie et l'œuvre des grands auteurs de différents siècles tout en proposant des exercices de lecture, de compréhension et d'analyses d'extraits de leurs plus textes les plus fameux. Sur un mode parodique et grinçant, les deux critiques ont décidé de s'emparer d'une pléiade de génies illustres du XXème et XXIème s. et de les aborder avec le même sérieux académique que leurs prédécesseurs l'avaient fait pour les écrivains qui hantent nos écoles. Au menu, en vrac et sans exhaustivité: Bernard-Henry Lévy, Christine Angot, Florian Zeller, Camille Laurens, Éric Besson et j'en passe des plus revigorants.





À la parution de l'ouvrage, "Bibliobs", la rubrique littéraire du site du Nouvel Observateur, avait publié des extraits de trois truculents chapitres que vous pourrez consulter ici, si le cœur vous en dit:

1) Pour le toujours très en plume Marc Lévy, c'est ici:

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20081017.BIB2227/testez-vos-connaissances-sur-marc-levy.html

(Un indice, chez vous, à la maison: pour la question C, la réponse ne commence pas par la lettre "R".)

2) Pour une introduction à l'universalisme de Christine Angot, c'est par là:

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20081021.BIB2243/christine-angot-un-big-bang-litteraire.html

3) Et si vous avez survécu à ces deux morceaux de choix, n'hésitez pas à vous plonger encore dans l'ultra moderne solitude de Florian Zeller - c'est bien là, tout droit après le poteau en feu:

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20081024.BIB2279/florian-zeller-a-la-louche.html

Un livre que j'ai découvert un peu par hasard, en m'intéressant aux textes publiés par Éric Naulleau, et qui a toujours réussi à faire rire et sourire ceux à qui je l'avais prêté, avis convergents ou pas. L'un de leurs grands talents, outre cette bonne vieille méthode de lecture des textes qui tend à se perdre chez les journalistes qui n'en ont souvent que pour la vie privée de l'auteur, ses brouilles avec son éditeur ou le dernier procès que lui intente un confrère s'estimant plagié, c'est le courage de mordre dans le gras d'écrivains ayant pignon sur rue, le projet du livre consistant non pas à démolir systématiquement toute œuvre peu à leur goût mais à mettre en lumière l'écart parfois hallucinant qui existe entre la cote littéraire d'auteurs portés au pinacle par un monde littéraire complaisant et, comme dirait Pierre Jourde, la confondante réalité des textes. En ce sens, la satire porte autant sinon plus sur les critiques qui, par connivence, paresse et jeux de pouvoir, décernent des prix et tressent des lauriers à des textes allant sans honte du très moyen au très mauvais, que sur les plumitifs eux-mêmes.

Enfin, je signale ici le blog littéraire de Pierre Jourde, Confitures de culture, que vous pourrez atteindre en cliquant sur le lien ci-après:

http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/

Les chroniques de Pierre Jourde, dont vous trouverez un déroulé d'entré par mots-clefs sur la droite, s'attaquent ici aussi bien à la chair des livres même  qu'à diverses questions ou polémiques agitant le monde de l'édition et de l'enseignement de la littérature, le microcosme des critiques et des prix plus ou moins honnêtement attribués ou la question, délicate, de la censure exercée par la politique sur les lettres françaises. Souvent ironique mais jubilant sans retenue dans l'admiration sincère qu'il porte à ses écrivains de prédilection, Pierre Jourde ne renonce jamais à argumenter au profit d'un sarcasme pur - ce qui, dans un domaine où la subjectivité fait tout le sel de l'exercice, prend presque valeur d'une profession de foi.


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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Ven 10 Mai 2013 - 13:23

Dérinoé a écrit:
La littérature sans estomac, publié en 2002 à l'Ésprit des Péninsules et couronnée la même année par le Prix de la Critique de l'Académie Française. (...) Un livre très agréable à lire - et, d'une certaine manière, un roman de romans qui s'avale sans difficulté, notamment grâce au style fluide et franc pratiqué par Pierre Jourde
Merci pour ce compte-rendu exhaustif. Je ne connais que de (re)nom La littérature sans estomac mais le note, sans faute.
J'avais apprécié pour ma part le style de Jourde dans le (complexe) Festins secrets (2005), plus abouti à mon sens que Paradis noirs (2009) — qui m'était tombé des mains.

Dérinoé a écrit:
Les chroniques de Pierre Jourde (...)
Souvent ironique mais jubilant sans retenue dans l'admiration sincère qu'il porte à ses écrivains de prédilection, Pierre Jourde ne renonce jamais à argumenter au profit d'un sarcasme pur - ce qui, dans un domaine où la subjectivité fait tout le sel de l'exercice, prend presque valeur d'une profession de foi.
C'est vrai. Et il faut lui reconnaître, au-delà de la franchise, une louable obstination puisqu'il signe (enfin!) un papier heureux sur le dernier ouvrage de Camille Laurens, Encore et jamais, variations (essai chez Gallimard — comme l'ensemble de son oeuvre, désormais... —, 2013).
Alles gut. Wink

http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/04/22/camille-laurens-encore.html
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Jeu 16 Mai 2013 - 10:30

@ TimesNewRoman:

Je me réjouirais beaucoup de lire ton avis. Le livre est bon: on sent que l'auteur, jubilant d'exaspération, laisse jaillir en toute honnêteté intellectuelle - larges citations commentées à l'appui - un agacement longtemps contenu, avec une ironie que je qualifierais paradoxalement de frontale en ce qu'elle se présente non pas comme un vicieux revers lifté au ras du filet - spécialité, à mon sens, de l'excellent Didier Jacob -, mais comme un ace foudroyant, service dont la puissance assomme d’entrée de jeu l’adversaire. Le chapitre d'ouverture, consacré à Philippe Sollers, dont je n'ai pour ma part lu qu'un seul roman auquel je n'ai rien compris, me paraît être un modèle du genre. L'attaque est frontale, le coup franc et le poignet souple - Pierre Jourde me donnerait presque envie de me rendre à Roland Garros.

Au passage et puisque nous marchons ici sur le fil des critiques littéraires, je signale le blog du susnommé Didier Jacob, Rebuts de Presse, hébergé par le site du Nouvel Observateur:

http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/

Un style oblique, ironique et pince-sans-rire qui ne devrait pas déplaire aux amateurs de l'esprit anglais de ce forum, un intérêt marqué pour la littérature internationale - et notamment américaine -, là où son collègue se concentre plutôt, avec bonheur du reste, sur les écrits francophones. Alors que Pierre Jourde se meut sur les escaliers de la démonstration, Didier Jacob valse gracieusement entre les livres commentés sans se cogner contre les murs, exprimant ses plaisirs littéraires et ses admirations avec autant de franchise qu'il tacle les auteurs moins appréciés. À découvrir, vraiment.


Citation :
C'est vrai. Et il faut lui reconnaître, au-delà de la franchise, une louable obstination puisqu'il signe (enfin!) un papier heureux sur le dernier ouvrage de Camille Laurens, Encore et jamais, variations (essai chez Gallimard — comme l'ensemble de son oeuvre, désormais... —, 2013).
Alles gut.

Lu. Intéressant - comme quoi, il n'est que les montagnes qui ne se rencontrent pas, comme on dit en Helvétie.  

L'article précédant cet éloge inattendu porte sur Jean-Noël Darde, cet universitaire spécialiste du plagiat ayant entre autres contribué à dévoiler les copies peu glorieuses de Gilles Bernheim. L'article est du Jourde pur jus, si l'on me passe l'allitération. À noter une première réaction de Jean-Noël Darde, violemment attaqué par notre critique, dans la rubrique dédiée aux réactions des lecteurs du blog et promettant une réponse point par point dans les semaines à venir. On se réjouit!


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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mar 21 Oct 2014 - 21:14

Excellent article de Pierre Jourde publié sur son blog Confitures de culture le 18 Octobre et intitulé Et le Prix Nobel de la Critique est décerné à....

Avec son ironie et sa rigueur coutumières, l'auteur - lui-même enseignant, auteur et critique - prend l'exemple d'un article d'Eric Chevillard portant sur le dernier Patrick Modiano pour démontrer par des arguments fort convaincants pourquoi il est devenu très difficile, dans la Francophonie de 2014, de commenter la littérature contemporaine en toute quiétude et sans se voir vilipendé de toutes les manières par quelque cacique influent.

Vous le trouverez en cliquant ici.

Bonne lecture! Wink
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mar 2 Déc 2014 - 0:02

On ne change pas une équipe qui gagne: excellent (et drôlissime) article de Pierre Jourde publié sur son blog Confitures de culture le 22 Novembre et intitulé Begaudeau, le Nabila [sic] de l'Ecole.

Où l'on voit François Begaudeau, chantre du populisme germano-pratin poussé dans ses extrémités les plus absurdes, recevoir un camouflet qu'il n'a pas tout à fait volé. Vous pourrez assister à l'offense en cliquant ici. Wink

Quand même, Jourde est un peu dur avec Nabilla.

Bonne lecture!
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Sam 11 Juil 2015 - 18:48

Très bon article de Pierre Jourde, publié le 8 juillet 2015 sous le titre éminemment polémique de Onfray, escroc intellectuel et que vous trouverez sur le site du Nouvel Obs' en cliquant ici.

La tribune porte sur une récente traduction française des Fragments du penseur cynique Diogène de Sinope (aussi appelé Diogène le Cynique) réalisée par une jeune magistrate à la Cour des Comptes, également poète et écrivain à ses heures: Adeline Baldacchino.

L'ouvrage, intitulé Diogène le Cynique. Fragments inédits et paru en 2014 aux Editions Autrement, est doté d'une préface de Michel Onfray, lequel a déjà consacré différents travaux au courant philosophique du Cynisme. Dans son billet, Pierre Jourde s'en prend violemment - et, à mon avis, à très juste titre - à certaines accusations, aussi légères qu'infondées, formulées par Michel Onfray à l'encontre du monde universitaire, et notamment de son prétendu dédain à l'égard des courants de pensée matérialistes tout à fait opposés aux trois monothéismes que l'on sait.



Le Nouvel Obs' a eu l'honnêteté de publier hier la réponse, très argumentée et pas mal tournée, d'Adeline Baldacchino: vous la trouverez en cliquant ici. Après l'avoir lue, je me dis que la préface de Michel Onfray a fait plus de mal que de bien à l'ouvrage et que, tirant à soi la couverture médiatique offerte par le travail d'un autre, elle s'est arrangée pour devenir le tremplin de polémiques académiques déplacées, sans rapport avec les vues d'Adeline Baldacchino elle-même.

Si vous vous intéressez à l'édition critique d'Adeline Baldacchino et à la tradition du Cynisme ancien, vous pouvez également consulter cette courte vidéo, mise en ligne par la Librairie Mollat, dans laquelle la jeune femme explique la genèse de son projet et présente en quelques mots le philosophe ancien.



Nonobstant l'ouvrage lui-même, la réponse de Jourde à Onfray me paraît éminemment juste et formule avec sagacité les réflexions les plus récurrentes qu'inspirent les vieilles lunes de Caen.

Edité: J'ajoute au dossier un article publié le 12 juin 2015 dans l'Humanité - soit un bon mois avant celui de Pierre Jourde -, cosigné par un collectif d'universitaires "clochards de bibliothèque publique" et autre "abstinents sexuels" dont vous trouverez les noms et titres respectifs au bas du texte. L'article, baptisé Michel Onfray, la haine des universitaires, est disponible ici, larges extraits du toréador à l'appui.
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Dim 19 Juil 2015 - 16:33

Jane Austen écrivit un jour que ses romans reposaient sur deux thèmes uniquement: le mariage et l'argent. Le second a par ailleurs constitué l'un des sujets romanesques les plus traités dans la littérature française (et dans la littérature tout court) du 19ième siècle.

Or, comme le relève justement Pierre Jourde dans son dernier billet, l'argent - qui demeure l'une des préoccupations majeures de l'être humain - semble avoir aujourd'hui disparu de la scène littéraire française ou y occuper une place excessivement éthérée, sans comparaison avec les réflexions récurrentes d'un Flaubert ou d'un Zola.

Vous trouverez l'article de Pierre Jourde, publié le 17 juillet 2015 et sobrement intitulé L'Argent, en cliquant ici.

Et vous, connaissez-vous des romans français contemporains dont l'argent constitue l'un des thèmes principaux? Wink


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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Dim 19 Juil 2015 - 17:32

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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Lun 20 Juil 2015 - 22:57

Dérinoé a écrit:
Et vous, connaissez-vous des romans français contemporains[/color][/justify]

Déjà, je pars avec un handicap Wink .

Je pense à Katherine Pancol, qui aborde le manque d'argent assez abondamment dans les yeux jaunes des crocodiles, même si ce n'est pas le thème principal du roman. Pour conclure assez classiquement qu'il ne fait pas tout et surtout pas le bonheur.
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Ven 31 Juil 2015 - 11:33

Le questionnement est intéressant. En effet l'argent semble être devenu un sujet tabou, peut-être parce que les écrivains gagnent trop d'argent et l'assument mal. Rolling Eyes Le sexe a remplacé l'argent comme source d'inspiration... Je pense malgré tout à Michel Houellebecq. Je ne suis pas spécialiste mais il me semble qu'il ose aborder le sujet dans certains de ses romans, la carte et le territoire notamment où il dénonce les rapports entre l'art et l'argent ( une grande baffe à Jeff Koons au passage) et où son héros finit richissime mais cinglé.
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Dim 31 Jan 2016 - 18:48

Michel Tournier, germaniste, écrivain et membre éminent de l'Académie Goncourt, s'est éteint chez lui, dans la Vallée de Chevreuse, le 18 janvier, à l'âge de 91 ans.

De lui, j'ai lu et adoré, à des saisons différentes de ma vie, Le Roi des Aulnes (1970), Gaspard, Melchior et Balthazar (1980), Petites Proses (1986), Gilles et Jeanne (1983) et Le Bonheur en Allemagne? (2004). Je les ai tous relus une bonne dizaine de fois à ce jour et ne peux que les recommander à qui souhaiterait découvrir l'univers et le style de ce très grand écrivain aux parts d'ombre indéniables.

Le critique Pierre Assouline lui consacre sur son blog, La République des Lettres, un très joli hommage intitulé Pour saluer Michel Tournier.


Pierre Assouline a écrit:
"Il n’écrivait pas de fiction pour défendre des idées mais pour le bonheur d’écrire un roman. De raconter des histoires. Conteur parce que bon qu’à ça. Le sujet apparent ne lui était qu’un prétexte. Les Météores parle bien des ordures ménagères, de leur incinération ; La Goutte d’or traite bien de l’opposition entre le signe et l’image ; mais c’est d’autre chose qu’il s’agit en vérité et se trouve enfoui. Aucun sujet ne lui était vital car ce qui lui était vital devait être tu n’étant pas sujet à littérature."

Pierre Assouline, Pour saluer Michel Tournier in La République des Lettres, 19 janvier 2016.

Vous retrouverez l'hommage de Pierre Assouline en cliquant ici.

Le critique lui avait dédié un précédent article, L'Allemagne intérieure de Michel Tournier, consacré aux rapports intimes entretenus par le romancier avec un pays découvert très jeune, sous la houlette d'une famille toute dédiée à la langue de Goethe. Pour le lire, c'est par ici.

Au revoir, Michel Tournier. (Dans les livres, donc.)
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Léti
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mar 2 Fév 2016 - 15:27

Voilà qui me conforte dans mon envie de lire Tournier, comme je le disais ailleurs Razz Le roi des Aulnes, en particulier.

Merci Dérinoé pour le lien, je ne savais rien de cette germanophilie de Tournier Smile
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Dérinoé
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mar 2 Fév 2016 - 19:03

@ Léti:

Citation :
Voilà qui me conforte dans mon envie de lire Tournier, comme je le disais ailleurs (...)

Je ne connais pas suffisamment tes goûts pour me prononcer avec certitude mais peux à tout le moins assurer que les livres de Michel Tournier conjuguent le plaisir, instantané, de récits et des personnages fascinants avec l'excellence d'un style ciselé. Je rejoins tout à fait Pierre Assouline lorsqu'il salue le talent de conteur de l'écrivain, relativement rare à une époque où l'auto-fiction a pris le relais des romans sur les étals de nos librairies; du reste, le merveilleux joue un rôle fondamental dans chacune des trois fictions susmentionnées, (Le Bonheur en Allemagne? et les Petites Proses relevant respectivement de l'essai biographique et de la galerie de portraits). Mais j'ajouterai également que Michel Tournier est l'un de ces stylistes de grand talent qui, par une grâce particulière, parviennent à couler leur virtuosité dans le moule d'un naturel discret. Pas d'effet de sonnaille, mais la grâce d'écrins parfaitement adaptés à leurs objets.

Citation :
(...) Le roi des Aulnes, en particulier.

C'est un livre exceptionnel - profond, ténébreux, crépusculaire, enflammé comme un ciel de guerre - et je serais ravie de lire ton avis sur ce roman autrefois primé, la chose n'est pas courante, à l'unanimité du Jury Goncourt.

Mais, si tu souhaites quelque chose non pas de plus léger mais de plus court et de plus contondant, je peux également recommander Gaspard, Melchior et Balthazar et Gilles et Jeanne, deux œuvres qui, outre leur goût commun pour les noms propres, partagent la propension au merveilleux mentionnée plus haut.


Michel Tournier, Gaspard, Melchior et Balthazar, 1980.

La première constitue une collection de contes centrées autour du mythe chrétien des Rois Mages venus encenser l'Enfant Jésus au soir de sa naissance, dans une misérable crèche de Bethléem. Michel Tournier initie également l'histoire d'un quatrième Roi Mage méconnu, Taor Prince de Mangalore, qui m'avait profondément marquée à l'adolescence. Comme dans tous les contes, il y a quelque chose de cruel, de sucré, de sombre et de magique dans le destin des personnages et des animaux qui tissent la toile de cette subtile tapisserie orientale. J'ajoute qu'à mon sens, c'est une lecture susceptible de plaire aux enfants, peut-être à partir de l'âge de onze ou douze ans.


Michel Tournier, Gilles et Jeanne, 1983.


La seconde relève d'une forme hybride entre récit historique et longue nouvelle. Le texte, relativement court, raconte les destins croisés de la jeune Jeanne d'Arc, pure jouvencelle aux allures garçonnes électrisant tout un Royaume par son charisme de sainte fanatique, et Gilles de Rais, grand Seigneur de France à peine plus âgé, un temps happé par le génie de la jeune femme et oscillant, jusqu'à la fin, entre un mysticisme fiévreux et une voracité criminelle aujourd'hui passée à la postérité. Le livre est à l'image de ses deux protagonistes: il balance entre les lumières du ciel et les brasiers de la terre.

Citation :
Merci Dérinoé pour le lien, je ne savais rien de cette germanophilie de Tournier Smile

Avec plaisir. sunny

Il y a, dans Le Bonheur en Allemagne?, des passages drolissimes dans lesquels Michel Tournier narre sa jeunesse dépitée où, seul mauvais élève dans une famille de germanistes enragés, il subit, impromptues, les questions de grammaire de ses parents à l'ombre de frères et sœur tous plus brillants les uns que les autres.

Après avoir achevé ses études en Philosophie, il résidera du reste plusieurs années à Tübingen où il côtoiera Gilles Deleuze, le futur philosophe que l'on sait, et Claude Lanzmann, entre autres réalisateur du monumental Shoah (1985). L'amour de l'Allemagne, je crois, lui est venu avec la liberté de l'aimer.


Dernière édition par Dérinoé le Mer 3 Fév 2016 - 14:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mer 3 Fév 2016 - 8:27

Dérinoé a écrit:
Citation :
(...) Le roi des Aulnes, en particulier.
C'est un livre exceptionnel - profond, ténébreux, crépusculaire, enflammé comme un ciel de guerre - et je serais ravie de lire ton avis sur ce roman autrefois primé, la chose n'est pas courante, à l'unanimité du Jury Goncourt

Oui! Lu il y a... dix-sept ans mais certaines scènes sont indélébiles, entre obsession du mal et repentirs inespérés.
Tous les porte-Christ de la Terre lui rendent grâce, d'une certaine façon. Wink
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Léti
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MessageSujet: Re: Les critiques littéraires   Mer 3 Fév 2016 - 18:18

Merci, Dérinoé, pour la présentation de ces deux titres Smile

J'avoue un peu passer mon tour sur les contes, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai souvent du mal à les apprécier. Par contre, la nouvelle m'attire plus, et en plus, j'ai vu le tableau qui sert de couverture "en vrai" pas plus tard que ce week-end. C'est un détail "externe", mais peut-être un signe Razz
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Les critiques littéraires
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