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 James Lee Burke : "Dans la brume électrique"

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clinchamps
Oshaberi Sensei
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MessageSujet: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Lun 13 Juil 2009 - 21:06

Plutôt que de polluer le topic des lectures en répondant à la question, je suis l'avis de Cat et j'ouvre un topic sur James Lee Burke.
J'ignorais tout de cet auteur jusqu'à ce que je voie le dernier film de Bertrand Tavernier (réalisateur que j'adore) consacré à l'un de ses livres "Dans la brume électrique avec les morts confédérés". Le ton du film, la voix off du narrateur, m'ont tout de suite fait penser que le scénario venait d'un livre et que celui-ci avait toutes les chances d'être bon ! je me suis donc lancée et je l'ai dévoré ! Tavernier l'a admirablement adapté, appuyant un peu plus sur certains points (les soldats) et Tommy Lee(lui aussi !) Jones fait un inspecteur Robicheaux parfait.
Alors je suis allée faire un tour sur le net et j'ai trouvé que cet auteur très prolifique a écrit de très nombreux romans policiers, surtout la série avec dave Robicheaux.
Voici quelques mots sur sa bio :
Citation :
Burke naît au Texas et passe son enfance sur la côte entre le Texas et la Louisiane. Il suit ses études à la Southwestern Louisiana Institute ainsi qu’à l’Université du Missouri d’où il sort diplômé.
Il a ensuite pratiqué plusieurs métiers (dans l’industrie du pétrole, comme journaliste ou comme assistant social).
Actuellement Burke et sa femme Pearl partagent leur temps entre l’État du Montana et la Louisiane. Leur fille, Alafair Burke, est également auteur de romans policiers.

Il semble évident que Robicheaux est un avatar de son auteur, car même sa fille se nomme Alafair !
Voici la série des Robicheaux :
Citation :

* The Neon Rain (1987) : La Pluie de néon, Payot & Rivages/noir n°339
* Heaven's Prisoners (1988) : Prisonniers du ciel, Payot & Rivages/noir n°132, porté au cinéma en 1996 sous le titre Vengeance froide par Phil Joanou.
* Black Cherry Blues (1989) : Black Cherry Blues, Payot & Rivages/noir n°159
* A Morning for Flamingos : Une saison pour la peur (1990)
* A Stained White Radiance : Une tâche sur l'éternité (1992)
* In the Electric Mist with Confederate Dead (1993) : Dans la brume électrique avec les morts confédérés, Payot & Rivages/noir (ISBN 978-2-7436-0428-X), adapté au cinéma en 2008 sous le titre Dans la brume électrique par Bertrand Tavernier.
* Dixie City Jam (1994)
* Burning Angel (1995) Le Brasier de l'ange, Payot & Rivages/noir n°420
* Cadillac Jukebox (1996), Rivage (2003)
* Sunset Limited (1998), Rivages (2002)
* Purple Cane Road (2000) [2], Rivages/Thriller (2005)
* Jolie Blon's Bounce (2002), Rivages (2006) qui est sur ma PAL !)
* Last Car to Elysian Fields (2003) Dernier tramway pour les Champs-Élysées, Payot (2008)
* Crusader's Cross (2005) : L'Emblème du croisé, Payot Rivages (2009)
* Pegasus Descending (2006)
* The Thin Roof Blowdown (2007)
* Swan Peak (2008)
* Rains Gods (2009)


Si certains le connaissent mieux j'aimerais quelques conseils pour en acquérir d'autres, parmi ses meilleurs ! lol!

Et voici quelques extraits de l'interview de Tavernier sur Burke :

15/04/2009 15:25
James Lee Burke, par Bertrand Tavernier


« Dans la brume électrique », le dernier film de Bertrand Tavernier, est l’adaptation d’un livre de la série des Dave Robicheaux, écrite par James Lee Burke, romancier catholique américain


Bertrand Tavernier, au centre, et Tommy Lee Jones, à droite, lors du tournage de Dans la brume électrique (Dawn Jones © 2007 Electric Mist Joint Venture, LLC)

«J’ai découvert l’univers de James Lee Burke il y a une dizaine d’années, en farfouillant dans une librairie de mon quartier. En lisant la quatrième de couverture, le nom du personnage principal (Dave Robicheaux) m’a tout de suite séduit. J’ai lu : La Pluie de néon, puis Dixie City, et j’ai immédiatement adoré sa façon de parler de la Louisiane, des bayous, de la nature, du temps, des ciels, des odeurs. J’étais littéralement happé.

Je croyais posséder une bonne connaissance du sud des États-Unis. Or, j’ignorais ce monde de violence et de traditions, gangrené par la Mafia, où la corruption est omniprésente. J’ai dévoré tous les bouquins de Burke. Tout me parlait.

Son style me touchait, son sens du dialogue où il fait alterner ce qui se passe dans la tête de Dave Robicheaux, des moments introspectifs très littéraires, avec des répliques tantôt très économes, tantôt hilarantes, pleines de couleurs, de variété, avec une invention dans l’agressivité et les injures qui surprend toujours. J’ai senti très vite le désir de filmer cet univers, l’envie de connaître Dave Robicheaux, de passer du temps avec ce personnage de roman.

Son passé, on le reconstitue de livre en livre. Il ne nous est jamais vraiment donné.
Spoiler:
 
Dave Robicheaux vit avec le désir de protéger cette région, de la préserver du mal. Comme son créateur James Lee Burke, c’est un catholique pratiquant dont la foi provoque de grands moments de culpabilité. ...
... C’est un thème que l’on retrouve souvent dans les livres de Burke : sa colère contre la vulgarité des mafieux, leur imbécillité chronique.

Robicheaux est un peu le double de Burke
En réalité, Dave Robicheaux mène plus une quête que des enquêtes. Il cherche la paix intérieure. ...
...Les combats de Dave Robicheaux par rapport au passé, à la mémoire, à l’intégrité de sa région me touchaient parce qu’ils rejoignaient ceux des personnages de mes films : du commandant Dellaplane dans La Vie et rien d’autre, de Cordier dans Coup de torchon, des personnages de L. 627, de Laissez-passer, de Ça commence aujourd’hui. J’avais l’impression d’être déjà en amitié avec celui qui écrivait ces histoires.

Dave Robicheaux est un peu le double de James Lee Burke. La famille du romancier, d’origine irlandaise, très religieuse, est intimement liée à l’histoire de la Louisiane. Plusieurs de ses ancêtres ont été mêlés à la guerre de Sécession. James Lee Burke est un catholique très pratiquant. Il a changé de paroisse parce que le prêtre de son église avait justifié la guerre en Irak.

Engagé dans les combats sociaux, d’éducation, il est très proche d’une communauté de religieuses qui a créé un fonds d’aide pour reconstruire les maisons des pêcheurs et des paysans ravagés par Katrina et conteste les chiffres officiels.

La violence n’est jamais une solution
Ces religieuses attaquent les compagnies pétrolières qui ont détruit le pays et assèchent des zones réservées à la pêche. Grâce aux procès qu’elles gagnent, elles réussissent à avoir beaucoup d’argent.

James Lee Burke a suivi le parcours habituel de la plupart des écrivains américains. Il a été travailleur social, reporter, spécialiste des questions sociales, garde forestier dans le Kentucky, chauffeur de poids-lourds, surveillant de pipelines au Texas et au Colorado.

Dans tous ses livres, James Lee Burke insiste : la violence n’est jamais une solution. Et si on doit la pratiquer, il y a de la culpabilité et un prix à payer, parfois assez lourd. ...
...Ses cibles sont les démagogues de tout poil, républicains aussi bien que démocrates. Mais il donne des chances de rédemption à des criminels endurcis.

...En Louisiane, on n’a jamais voulu regarder de face la question de l’esclavage. On n’a pas affronté non plus l’histoire de La Nouvelle-Orléans.

Burke pétille tout le temps
Depuis Reagan, l’administration a coupé tous les crédits pour l’éducation et pour l’entretien des digues. On n’a jamais voulu examiner les conséquences et les dégâts de cette politique. Katrina est aussi le produit de cette incurie.

L’une de ses premières phrases quand nous nous sommes rencontrés a été de me demander si André Schwarz-Bart était toujours vivant. Il m’a invité à venir vivre chez lui, m’a aidé pour les repérages et a écrit des dialogues pour le film. Il irradie tout de suite une sorte d’amitié, de facilité et de chaleur dans les rapports humains. À New Iberia, il connaît tout le monde et tout le monde le connaît.

Il est incollable sur l’histoire de sa région, de la guerre de Sécession, du syndicalisme américain, du cinéma. Il pétille tout le temps, s’amuse, glane des détails aussi bien dans l’actualité que dans le passé. Il dévore les journaux. Tout reste incroyablement concret dans ses conversations.

James Lee Burke se reconnaît de multiples influences : la Bible, la mythologie grecque, Shakespeare, le cycle de la Table ronde. Et, bien sûr, la Louisiane et le bayou qu’il a sillonné en tous sens. Il est tellement écœuré par la destruction et le saccage de son État qu’il songe à ne plus quitter le Montana où il vit désormais une bonne partie de l’année. »
Propos recueillis par Jean-Claude RASPIENGEAS


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Sur le tournage, Tavernier et Tommy Lee Jones.
J'espère que cela vous aura donné envie de découvrir cet auteur et cet hommes si attachant et d'aller voir le film, ou d'acquérir le DVD quand il sortira ! lol!
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althea
Countess of Dagobah
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MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Mar 14 Juil 2009 - 10:08

Merci Clinchamps d'ouvrir un topic sur cet auteur de romans noirs cheers
J'aime beaucoup le caractère désabusé de Robicheau et cette ambiance moite de la Floride et de la Louisiane. J'apprécie ausi qu'il n'en rajoute pas dans la surenchère glauque pour coller à l'étiquette "roman noir" Laughing
J'ai beaucoup aimé les 2 premiers sortis en France que je te conseille : Prisonniers du ciel et black cherry blues. Ils permettent en plus de mieux comprendre l'histoire de Robicheau, de "sa fille". J'ai lu aussi dixie city que j'ai lu avec plaisir, mais qui m'a moins enthousiasmée (il y a peut être aussi l'effet de répétition qui a joué en sa dévaveur)
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lady Clare
Lily-white Doe
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MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Mer 19 Mai 2010 - 22:31

Finalement, je n'ai pas encore lu le livre comme je le prévoyais, mais je viens de voir le film...

J'ai toujours été attirée par la Louisiane, je rêve d'aller voir de quoi cela a l'air... Quand on a affaire à une intrigue qui s'y déroule, que ce soit en livre ou en film, le contexte a beaucoup d'importance et la localisation a toujours une place dans l'intrigue... je me souviens à titre d'exemple d'un film que j'aime beaucoup et qui s'appelle The Big Easy, où le climat de la ville New Orleans est oppressant et omniprésent...je crois même que le titre de ce film est le surnom donné à cette ville...

Ici au contraire, dans La Brume électrique, nous sommes dans le climat étouffant d'une petite ville, New Iberia... D'emblée, dès les premières images, on est happés par la beauté absolue du décor, j'ai adoré la musique qui accompagne cette entrée en matière, une musique digne de polar aux accents de la musique folklorique cajun...

Comme toi Clinchamps, j'ai une admiration sans bornes pour Bertrand Tavernier...et Tommy Lee Jones aussi!!!!!!!! la rencontre des deux ne pouvait être qu'électrique précisément!!! j'ai adoré le personnage de Robicheaux qui doit lutter contre des tourments intérieurs très impressionnants, tout le personnage de Dave est admirablement interprété, de même que sa charmante famille...

J'ai plus de réserve sur les personnages des acteurs, qui font un peu trop clichés, sex, drugs and rock and roll...mais bon, puisqu'ils font partie de l'intrigue...de même que
Spoiler:
 

John Goodman est excellent, il fait froid dans le dos, je ne l'avais jamais vu comme cela...

Quant à l'intrigue policière en elle même, il me semble qu'on la perd un peu facilement de vue, au profit des tourments de Dave,
Spoiler:
 

En conclusion, je dirai que c'est un excellent film pour qui aime les films d'ambiance, ici, celle de la Louisiane est très bien rendue et filmée, la photographie et la musique sont magnifiques! à voir bien sûr en vo pour apprécier les subtilités francophones de la belle langue cajun... sunny
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Miss Halcombe
Wandering White Soul
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MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Jeu 20 Mai 2010 - 9:38

Merci, clinchamps, pour l'ouverture de ce topic. je ne connaissais pas cet auteur, et ta présentation me donne furieusement ( ma pauvre PAL ...) envie de réparer ce manque ! Idem pour le film " la Brume électrique " , car j'aime beaucoup Tommy Lee Jones.[b]
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clinchamps
Oshaberi Sensei
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MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Jeu 20 Mai 2010 - 9:58

Merci pour ton commentaire, Lady Clare, je suis contente que ce film t'ait plu. je ne m'en souviens plus suffisamment pour ce qui est de l'intrigue policière, d'autant que j'ai lu ensuite le livre qui la rendait plus évidente à comprendre, je crois. d'ailleurs je voulais continuer les romans de cet auteur et c'est resté à l'état de projet, il va falloir que je le concrétise Very Happy
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lady Clare
Lily-white Doe
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Date d'inscription : 01/10/2008

MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Ven 28 Mai 2010 - 15:33

Dans le cadre du Festival Paris en toutes lettres Arrow
voici une information :

Citation :
Bertrand Tavernier / James Lee Burke
« J’ai découvert l’univers de James Lee Burke
il y a une dizaine d’années, en farfouillant
dans une librairie de mon quartier. En lisant
la quatrième de couverture, le nom du personnage
principal (Dave Robicheaux) m’a tout de suite
séduit. J’ai lu : La Pluie de néon, puis Dixie City,
et j’ai immédiatement adoré sa façon de parler
de la Louisiane, des bayous, de la nature,
du temps, des ciels, des odeurs. J’étais
littéralement happé. » Bertrand Tavernier
Bertrand Tavernier, Pas à pas dans la brume électrique,
Flammarion, 2010
Vendredi 11 juin ~ 19h30 ~ CENTQUATRE , salle 200 Arrow

voilà qui promet d'être bigrement intéressant!! cheers

A lire donc en complément du film : Arrow
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cat47
Master of Thornfield
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Date d'inscription : 28/01/2006

MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Dim 6 Juin 2010 - 11:56

J'ai vu hier soir Dans la brume électrique et j'ai beaucoup aimé.En ce moment, question fiction télévisuelle, je suis noyée sous les crimes, les atmosphères délétères et les héros peu glorieux rendeer lol! , mais bon, on ne va pas se plaindre, tant que les histoires sont bien écrites et bien filmées et que les acteurs nous comblent d'aise. Il y avait très longtemps que je n'avais plus vu Tommy Lee Jones, ça fait du bien de le retrouver. Surtout lorsqu'il est accompagné de Kelly McDonalds et de Peter Sarsgaard.bounce Le livre doit être pas mal du tout, j'ai envie de m'intéresser de plus près à son auteur, la voix off bien utilisée donne envie de s'essayer à ce type de lecture. Etonnant qu'un réalisateur français ait réussi à ce point à évoquer une Louisiane plus vraie que nature (c'est True Blood en plus réaliste Wink), il faut croire que l'âme cajun joue encore un grand rôle dans cette région. rendeer En tout cas, chapeau à Bertrand Tavernier.

_________________
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Good angel of Prime Bright Loulou, lycanophila ma non seriosa
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lady Clare
Lily-white Doe
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MessageSujet: Re: James Lee Burke : "Dans la brume électrique"   Dim 6 Juin 2010 - 12:13

cat47 a écrit:
Etonnant qu'un réalisateur français ait réussi à ce point à évoquer une Louisiane plus vraie que nature (c'est True Blood en plus réaliste Wink), il faut croire que l'âme cajun joue encore un grand rôle dans cette région. rendeer En tout cas, chapeau à Bertrand Tavernier.

Je me permets du coup à la suite de ton post Cat de refaire de la promo pour le dernier livre de Tavernier, il explique sa rencontre littéraire avec James Lee Burke grâce à son libraire de quartier, vive les librairies de quartier!! cheers Pas à pas dans la brume électrique , publié en octobre 2009 et pour lequel Bertrand Tavernier a remporté le Grand prix de l'essai de la Société des gens de Lettres.

J'aime bien aussi la chanson du film en langue cajun, La terre tremblante :