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 Charles Morgan

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cat47
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MessageSujet: Charles Morgan   Dim 15 Fév 2009 - 14:14

Charles Langbridge Morgan (1894 – 1958), romancier, poète, dramaturge et critique anglais semble curieusement jouir de nos jours d'une plus grande notoriété en France que dans dans son pays d'origine. Il est en effet possible de se procurer plusieurs de ses romans dans des éditions récentes en français, ce qui n'est pas le cas en anglais. A noter que Morgan a reçu la Légion d'honneur et qu'il a été membre de l'Institut de France.

Voici tout d'abord une biographie tirée du site Livrenpoche :

Citation :
L'écrivain anglais Charles Morgan est né en 1894 dans le Kent. Cadet de la Marine à 12 ans, il navigue jusqu'en 1913, puis démissionne pour préparer l'examen d'entrée à l'universitée d'Oxford. En 1914, lors de la déclaration de guerre, il s'engage, est fait prisonnier, interné en Hollande et libéré en 1917. De ces expériences, il tirera les éléments du célèbre roman Fontaine, paru en 1932.
Après ses études à Oxford (1919-1921), il collabore à la critique littéraire et dramatique du Times. Quand éclate la IIe Guerre mondiale en 1939, il reprend du service dans l'Amirauté. Ce grand ami de notre pays (où il jouit d'une haute estime) publie en 1942 un hommage à la Résistance
L'Ode à la France.
Comme dans Fontaine et Portrait dans un miroir (Prix Fémina - Vie Heureuse 1929), le néo-platonisme de Charles Morgan s'affirme dans Sparkenbroke (1936), Le Voyage (1940), et aussi dans ses œuvres dramatiques : Le fleuve étince-lant (1938,), The River Line (1952), qui ont connu un vif succès.
Charles Morgan a publié également un certain nombre d'essais remarqués. Il est mort en Angleterre en 1958.

Source : Le Livre de Poche, LGF
__________________
Il fut entre les deux guerres l'un des romanciers anglo-saxons les plus lus dans le monde : une sorte d'héritier de Thomas Hardy, si l'on veut, douloureusement en quête de l'Esprit (lui-même aimait à se dire « néo-platonicien »). Trois de ses ouvrages en tout cas ont pris rang parmi les classiques de ce siècle : Fontaine (1932), Sparkenbroke (1936) - et ce Portrait dans un miroir (1929) qui les avait précédés de peu. Trois titres qui ont fait les beaux jours de la collection « Le Livre de Poche » à ses débuts, que l'on a un peu oubliés ensuite - disons pendant le dernier tiers du siècle - et que l'on ne retrouve pas sans surprise, dans la mesure où l'imaginaire qui les habite a su garder intactes l'âpreté, la grandeur sombre, la noble mélancolie qui sont leur marque de fabrique : autant de vertus qui ne se démodent finalement pas, pour peu qu'elles soient cultivées sans complaisance... et que l'on peinerait bien à retrouver dans le roman d'aujourd'hui.

Source : Libretto, Phébus


C'est grâce à ma prof d'anglais de l'époque que j'ai découvert cet auteur durant mon adolescence, elle nous avait fait lire The River Line, un roman dont l'intrigue se déroule en France durant la Seconde Guerre mondaile et dont les protagonistes sont des prisonniers de guerre anglais que la Résistance s'efforce de rapatrier. J'avais dans l'idée de relire ce livre car il m'avais laissé une forte impression mais il y a quelques mois, je suis tombée sur Portrait dans un miroir, édité chez Phébus libretto, et je me suis dit que ce serait l'occasion de redécouvrir l'écrivain par le biais d'une nouvelle oeuvre.



Pour faire simple, voici la présentation de l'éditeur selon la quatrième de couverture.
Citation :
Un jeune peintre à l'avenir prometteur, Nigel Frew, est convié à faire le portrait de la jeune femme qu'il aime en secret – Claire – et qui est promise à un autre. Il apprendra, en travaillant à cette oeuvre de commande, que l'art est un miroir à plusieurs faces, qui capte à la fois l'âme du modèle, celle de l'artiste qui peint – et, peut-être aussi, cette présence mal saisissable qui habite mystérieusement les objets et les êtres et qui serait l'âme du monde.(...) Plus qu'à l'oeuvre de Thomas Hardy, c'est à celle de Henry James que renvoie Portrait dans un miroir, aimanté de bout en bout par cette idée, profondément « jamesienne », que nos ratages sont à la fois la part la plus intime et la plus grande de ce que nous sommes, puisque c'est par eux que notre vie se mesure à la Mort – et trouve, par là, son sens. Preuve en tout cas est ici donnée que la mélancolie peut être aussi une jouissance – la seule, sans doute, qui ne se fonde pas sur l'illusion.

Une présentation au ton un peu précieux mais de ce fait, complètement dans la ligne du livre. Fine analyse du moindre frémissement des sentiments, place donnée à l'artiste, montré à la fois comme un spectateur lucide et un acteur maladroit du savant balet social, descriptions minutieuses d'instants clef combinées selon une architecture savante menant inexorablement au dénouement, les similitudes avec James sautent effectivement aux yeux et ça a été d'autant plus le cas pour moi que je lisais The Golden Bowl en parallèle. J'ai cependant trouvé la prose de Morgan plus digeste que le roman de James, que je n'ai d'ailleurs toujours pas fini. Et puis le thème traité tombait très bien, j'ai fini il y peu un autre roman dans lequel la réflexion sur l'art prend autant si ce n'est plus de place que l'intrigue proprement dite (L'amour, de Dominique Fernandez) et j'ai eu beaucoup de plaisir à renouveler l'expérience.

Un petit extrait pour vous donner une idée :
Citation :
Ecrire n'est pas seulement instruire l'esprit ou flatter les sens, mais réussir, grâce à l'art des mots, à séduire et à subjuguer l'âme, à faire qu'elle se pénètre, par une illusion mélangée des sens et de l'esprit, d'une vérité (ou même d'un mensonge) qui dépasse l'expression.


Et pour terminer, une autre citation de Morgan, qui n'est pas tirée de Portrait dans un miroir mais que je ne résiste pas à poster ici car elle pourrait faire une excellente devise pour notre auberge.

Citation :
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à un auteur n'est pas de rester attachés à la lecture de ses pages, mais plutôt de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le méditer et de voir au-delà de ses intentions avec des yeux neufs.

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Rosalind
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MessageSujet: Re: Charles Morgan   Lun 16 Fév 2009 - 0:32

Merci pour cette présentation Cat, tu me donnes envie de relire Charles Morgan. Je viens d'exhumer Portrait dans un miroir de ma bibliothèque et l'ai placé sur ma PAL ... Je l'ai feuilleté et je dois dire que mes souvenirs sont bien lointains !
J'avais également lu Fontaine et Sparkenbroke. Il me semble qu'à l'époque c'est ce dernier qui avait le plus séduit l'adolescente romantique que j'étais ...
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cat47
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MessageSujet: Re: Charles Morgan   Lun 16 Fév 2009 - 13:00

cheers cheers Je ne me retrouve pas toute seule sur ce topic!

Fontaine et Sparkenbroke me tentent, mais avant tout, je vais relire The River Line.

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toxicangel
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MessageSujet: Re: Charles Morgan   Sam 21 Fév 2009 - 21:27

Ah tiens, en voyant ce topic je me suis dit que je connaissais ce nom là... mais d'où scratch
Mais bien sûr, Charles Morgan, l'auteur de Sparkenboke cheers .

J'ai lu ce livre quand j'étais encore ado. Cela faisait partie d'une sélection que ma maman m'avait sortie de sa bibliothèque, un jour que j'avais dû me plaindre que je n'avais rien à lire. J'avais beaucoup aimé à l'époque, notamment les passages avec les poèmes de Sparkenbroke. Ce n'est pas une histoire follement originale mais très romantique (assez noir cependant).
Je ne m'étais pas du tout intéressée à ce qu'il avait fait d'autre et je suis contente de découvrir qu'il a écrit d'autres livres. J'espère bien découvrir un jour ses autres romans (le jour où je serai venue à bout de ma PAL, ce qui n'est pas demain la veille Razz ).
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