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 Architecture : entre splendeur et anticonformisme

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Clelie
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MessageSujet: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Ven 14 Mar 2008 - 12:14

Quel topic au titre pompeux, me direz-vous… Mais cela fait quelques temps que je me propose d’ouvrir un sujet pour partager ma passion des bâtiments anciens et modernes (donc de la splendeur à l'anticonformisme), ou de l’architecture en général. Je ne suis pas experte, loin de là, alors je ferai l'impasse sur les termes techniques propres à cet art majeur. Mais je suis ingénieur en travaux publics, et j’ai toujours rêvé de travailler pour la sauvegarde des monuments historiques et nationaux. D’où cette passion.

Je propose de parler dans ce topic des monuments, visités ou non, connus ou inconnus, qui vous ont marqué, impressionné, ou même que vous avez détestez, en motivant vos raisons.

Je me permets de prendre la parole (ou plutôt le clavier) en premier et de partager avec vous une visite plus ou moins récente qui m’a énormément marquée.

Il s’agit du Palais Garnier, ce temple parisien du ballet et des arts lyriques. J’ai visite cette splendeur architecturale dans le courant de l’été 2006.

(Charles Garnier vers 1875)

L’Opéra a été conçu par Charles Garnier, alors jeune architecte méconnu. Celui-ci décroche le projet de construction de l’opéra suite à un concours organisé par l’état vers 1859. Le chantier est un véritable marathon puisque celui-ci va durer quinze ans ! Quinze longues années durant lesquelles toutes sortes d’évènements auront lieu, qu’ils soient historiques ou matériel. Cette période verra en effet la guerre de 1870 et la Commune. La construction se voit alors arrêtée par intermittence, en raison des aléas de l’Histoire. D’autre part, les problèmes techniques affluent tout au long de ces années. Le tout premier événement d’importance a lieu lors de la mise en place des fondations. En creusant, on découvre dans le terrain une cavité remplie d’une nappe d’eau souterraine. Celle-ci est alors pompée pendant des semaines, sans succès. Le niveau de l’eau ne parvient pas à descendre et il est alors hors de question de déplacer l’implantation du bâtiment. Ces eaux proviennent d’une rivière souterraine venant de Menilmontant qu’il est impossible de détourner. Charles Garnier prend alors l’option la plus folle mais aussi la plus résignée : continuer le chantier les pieds dans l’eau, en conservant la cavité et la nappe souterraine, qui fera office de barrière anti-feu pour les fondations. Et il a eu raison…

Le chantier s’achève tant bien que mal en 1874. L’inauguration a lieu de 1875 devant un parterre de célébrités. Pour l’anecdote, alors que ce bâtiment avait pris 15 ans de sa vie, Garnier avait dû acheter sa place, les invitations étant réservées à l’élite dont il ne faisait pas partie…

Place maintenant aux photos :


Voici l’opéra vu de l’extérieur (pratiquement la chose la plus belle que j’ai vue en arrivant dans ce quartier de Paris).


La danse de Carpeaux, la statue la plus connue et la plus énigmatique de la façade. Cette statue n’est cependant pas l’originale, qui se trouve au Musée d’Orsay. La copie a été réalisée par Paul Belmondo à la demande d’André Malraux.
Les Renommées, statues dorées surplombant la toiture, font plus de 7m de hauteur et ont été entièrement restaurées début 2000.

Maintenant l’intérieur :



Voici l’escalier principal d’accès aux loges, l’escalier le plus beau et le plus majestueux qu’il m’ait été donné de voir. Celui-ci est entièrement composé de marbre. (sur 3 tons de marbre si je ne m’abuse, mais le marbre blanc est dominant).

Ensuite, la grande salle :


La salle est un summum du luxe et du raffinement. Celle-ci est entièrement faite de rouge et d’or, et est de ce fait particulièrement sombre, malgré un lustre gigantesque en cristal qui pèse plus de 8 tonnes… (et je ne voudrais pas être à la place du gars qui doit changer les ampoules…)


On peut voir sur la photo le fameux plafond de Marc Chagall, que personnellement, je trouve en total désaccord avec tout le reste de l’édifice…
Le plafond original n’a jamais été effacé, puisqu’il se trouve dans la sous-couche de la fresque de Chagall. Une copie miniature de la fresque originale est visible dans le musée de l’opéra. Il s’agissait d’un plafond classique garnis d’angelots jouant de la musique.


Voici une loge du 1er étage. Comme on le voit, le velours rouge est partout : sur les coussins, sur les banquettes, sur les murs, sur le sol, jusque sur le rebord extérieur des loges (très sombre également).



Voici le Grand Foyer, la grande salle destinée aux réceptions, entièrement décorée de miroirs et d’or, avec un plafond garni d’une fresque classique d’une splendeur à couper le souffle.

(Les principaux compositeurs classiques y figurent, de même qu’un portrait de Charles Garnier dans un coin presque invisible…)

Et puis, parmi toutes ses splendeurs architecturales, il y a la bibliothèque du Palais Garnier, qui n'a quasiment rien à envier à celle de la Belle et la Bête, qui fait rêver beaucoup de monde sur ce forum…


Cependant, il s’agit d’une bibliothèque strictement « musicale », comportant des partitions dans leurs éditions originales, livrets d’opéra, symphonies, et j’en passe. Cette bibliothèque réunit 300 ans d’histoire de la musique (la plupart des œuvres sont visiblement très âgées, c’est superbe). Tous les rayonnages sont scellés et verrouillés, car la valeur des documents est, paraît-il, inestimable. Grâce au grillage, on peut voir le titre des œuvres, ou des morceaux de partitions jaunies de Beethoven ou de Mozart…

Il y a bien sûr d’autres endroits à voir dans le bâtiment, mais ceux-ci étaient fermés le jour de ma visite. Je vous conseille de consulter le site officiel du Palais Garnier pour une visite virtuelle ! http://visites.opera-de-paris.com/?theatre=garnier

Et pour finir, on ne peut pas évidemment parler du Palais Garnier sans parler de Gaston Leroux, qui a fait des recherches très approffondies dans le cadre de son roman "Le fantôme de l'Opéra", visitant tous les recoins de l'édifice, des greniers aux caves et au fameux lac souterrain où son héros est sensé vivre reclus... La légende du fantôme avait réellement cours du vivant de Gaston Leroux. Des vols étaient commis à l'opéra très régulièrement, que ce soit des vêtements ou de la nourriture. Il s'était dit que l'édifice était hanté. La loge 5 maudite, celle de l'avant-scène gauche, est également véridique. Pendant un temps, on n'a plus loué cette loge, pour des raisons que l'on ignore...

La chute du lustre évoquée dans le roman est par contre un élément parfaitement réel. Celui-ci est en effet tombé durant une représentation en tuant deux personnes.
La présence du lac est également véridique, comme je l'ai expliqué plus haut.

J'attends vos impressions, vos visites coups de coeur ! a vos claviers !
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Lyanea
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Ven 14 Mar 2008 - 20:40

Wouah, merci pour cette présentation très explicite, qui augmente mon envie de visiter l'opéra Garnier !!

C'est vraiment un monument sompteux !! Oh, la galerie !!!

Bon, déjà que je n'arrive pas à visiter l'opéra de Lille...

Vraiment, merci pour toutes ces anecdotes et ce travail de recherche pour nous faire profiter de cette merveille !
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Clelie
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 17 Mar 2008 - 11:53

Merci Lyanea Embarassed Je suis contente que ma petite description ait donné envie de visiter l'édifice.

Le Palais Garnier est une splendeur architecturale, mais il a aussi une âme. C'est assez difficile à décrire, mais comme bon nombre de théâtres et d'opéras, ils sont très chargés émotionnellement. Et puis, toutes ces légendes sur la construction, la loge maudite, renforcent les impressions très fortes que l'on y éprouve.

Je suis un peu désolée pour les photos qui sont assez floues. Il y a très peu de lumière à Garnier, et le flash ne donne rien du tout. D'où l'image pas très stable.
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April
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 17 Mar 2008 - 16:03

Tout d’abord, merci à toi Clelie pour les magnifiques photos et ton excellent résumé.

Comme toi, je suis vraiment fascinée par l'Opéra Garnier, et par les opéras en général. Il y en a vraiment de magnifique, dont l'opéra de Budapest, ou celui de Barcelone, que j'ai également eu la chance de visiter. Celui de Genève, où j'habite, est un peu la réplique de l'Opéra Garnier, vu de l'extérieur en tout cas. Bon, il est quand même un peu plus petit. On n'avait pas de Charles Garnier à l'époque... lol!

D'ailleurs, voici le lien du Grand Théâtre de Genève, où vous trouverez son histoire ainsi que des photos du bâtiment à l'époque et maintenant. Je n'ai pas mis les photos ici, car celles-ci sont floues si on les agrandit.

http://www.geneveopera.ch/index.php?id=55&type=20&sr=4

Au fait, je me demande pourquoi ils l'appellent "Grand Théâtre", car on y fait tout (ballet, opéra), mais pas du théâtre ??? Mystère... Razz

Les deux fois où j'ai visité l'Opéra Garnier, j'ai pris la visite guidée. Et à chaque fois, j'ai eu de la chance de pouvoir aller dans la salle de spectacle à proprement parler. Car le guide nous avait expliqué que lorsqu'il y a des travaux ou des répétitions, la salle est fermée et les touristes/visiteurs sont déçus. Je les comprends, la salle est LA pièce à visister. Par contre, je lui avais posé la question au sujet du lac souterrain et il m'avait dit que celui-ci n'existait pas. Il ne connaît pas son job, car il y a bien un lac souterrain, je l'ai lu dans un livre sur l'Opéra Garnier et il y a des images sur ce lac dans un reportage qui se trouve en bonus sur le DVD "Le fantôme de l'opéra" avec Gerard Butler. Emmy Rossum y avait également dit qu'elle avait eu la chance d'aller sur le toit et de visiter l'opéra là où les visiteurs n'avaient normalement pas le droit d'y aller. La veinarde, j'adorerais avoir ce privilège, me ballader dans les moindres recoins de ce bâtiment.

Je trouve dommage que les guides n'aient pas fait un petit "apparté" sur l'histoire de Leroux. Je suis sûre que ça plairait aux touristes que les guides racontent l'histoire du lac, de la loge 5, etc, ça donnerait un côté "mystérieux" à la visite. Ah la la, y en a qui savent pas rendre leur job passionnant... Razz
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Clelie
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 10:54

Merci pour le lien April ! Je viens de jeter un oeil, et c'est vrai qu'il est très beau également. C'est vrai que le fronton fait penser à celui du palais Garnier.



De même, l'archiecture du grand théâtre de Reims m'a aussi fait penser au style de Garnier. Si je ne m'abuse, ils sont d'ailleurs contemporains.



Concernant les visites à Garnier, c'est vrai qu'il y a des guides qui ne savent pas intéresser leur public... Et puis aller dire une énormité dans le genre qu'il n'y a pas de lac, c'est une honte... C'est la plus grande particularité du bâtiment !
La belle preuve, c'est que j'en ai une photo (on ne voit pas très bien car mon scanner est vieux et la qualité d'image n'est vraiment médiocre)



La photo est issue d'un magazine historia des années 70.

si je me souviens bien, dans le reportage vu dans les bonus du dvd du POTO, ils le montrent aussi, et je pense même qu'on voit de très gros poissons près de la surface.

Et rappelez-vous : dans la Grande Vadrouille : Bourvil et De Funès se sauvent par la rivière souterraine sous l'opéra Garnier...

Apparemment, ce guide était le seul à ne pas le savoir... Evil or Very Mad
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Scarlett Unnie
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 12:03

Clelie, merci pour ce topic et pour cette présentation du Palais Garnier, c' est magnifique et ça donne envie de visiter cheers

By the way, j' aime beaucoup ta nouvelle ban! C' est tout à fait LUI cheers
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Clelie
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 14:03

Merci Scarlett cheers

Et merci pour ton compliment sur ma ban... Je suis vraiment tombée sous le charme de cette photo. Il avait vraiment l'air holmesiennement inspiré... I love you
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April
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 14:23

Bon, c'est vrai que l'opéra de Genève est magnifique de l'extérieur, mais malheureusement, l'intérieur n'est pas le même que celui de l'Opéra Garnier. Il n'y a pas de lustre, mais plein de petites lumières au plafond, ce qui le fait ressembler à une nuit étoilée. Et il n'y a pas non plus de loges, juste des rangées de balcons, un peut comme l'intérieur du Her Majesty Theatre à Londres (où se joue justement la comédie musicale "The phantom of the opera"). Mais bon, je trouve que c'est quand même un magnifique bâtiment, pour y avoir eu la chance d'y avoir vu quelques opéras, dont "Tosca" et "Don Pasquale". Par contre, les très bonnes places sont hyper chères... Evil or Very Mad

Il y a une chose que j'adorerais faire : assister à une représentation à l'Opéra Garnier, mais c'est un peu compliqué, vu que je n'habite pas Paris. Le top, ça serait d'assister à un opéra dans la fameuse loge no 5 (eh oui, on est "phan" ou on ne l'est pas, n'est-ce pas Clelie ? lol!).

Il est vrai que dans le DVD, on voit le lac ainsi que quelques poissons, mais ce n'est juste que par une ouverture, on ne le voit pas aussi bien que sur ta photo.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 15:51

Quand j'avais été à Garnier, je m'étais renseignée sur les prix. Les places du balcon tout au fond sont aux environs de 7€. Par contre pour les premières loges et les places d'orchestre, elles sont pratiquement réservées en permanence par les abonnés (et les gens qui en ont les moyens Shocked ), et le prix était à tomber par terre.

Aaah, la loge n°5... Wink On y assisterait bien à une représentation, et puis on finirait bien pas se faire kidnapper par un inconnu masqué... lol!
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cat47
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 17:12

April a écrit:
Et il n'y a pas non plus de loges, juste des rangées de balcons,

Euh... il y a des loges au Grand-Théâtre de Genève (dans les premiers et deuxièmes balcons). J'ai parfois la chance d'avoir des places dans les loges louées par mon employeur lorsqu'elles ne sont pas toutes réservées pour nos clients. Very Happy Mais il est vrai que depuis la reconstruction de la salle, les loges ne ressortent pas en encorbellement comme dans une construction plus classique. Cet aspect un peu austère est partiellement compensé par la beauté du plafond et de ses petites étoiles.

Je profite de cette petite intervention pour remercier Clélie pour son post sur l'opéra Garnier et les magnifiques photos. Je m'étais toujours contentée d'admirer le bâtiment de l'extérieur mais tu m'as donné envie de le visiter plus en détail. Ne serait-ce que pour la bibliothèque, qui me fait rêver.

Et quand je parle d'admirer le bâtiment de l'extérieur, ça me fait penser à ma "collection de bâtiments mémorables couverts d'échafaudages", dont le Palais Garnier fait partie, mais heureusement, j'ai aussi eu l'occasion de le voir libre de toute entrave. Car j'ai eu parfois l'impression d'être abonnée aux grand travaux. La Porte de Brandebourg à Berlin, le Dôme de Milan, la Basilique St-Pierre, Ste Sophie, Notre-Dame de Paris, St-Paul et la colonne Nelson à Londres, j'ai eu le triste privilège de tous les voir recouverts de bâches, et ce n'était même pas du Christo. Heureusement j'ai pu également admirer les trois derniers au naturel.

J'ai parfois le pressentiment qui si un jour je vais visiter la muraille de Chine, elle sera entièrement en travaux.

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Clelie
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 17:20

lol! Pauvre Cat... ce n'est vraiment de chance en effet.
Je suis bien contente que ce topic intéresse quelques uns d'entre vous cheers

Garnier est un joyau, il vaut la peine d'être vu et visité. Le bâtiment est gigantesque, massif, impressionnant. Et il est d'une richesse visuelle et architecturale incroyable.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mar 18 Mar 2008 - 18:07

Tu te rappelles du montant du "prix-à-tomber-par-terre" ?

Bon la loge no 5 risque d'être un peu petite si on veut y aller toutes en même temps. Razz

Tu imagines : on y va, et là, quelqu'un décide de nous faire peur. Et tout à coup, au beau milieu de l'aria de la soprano, on entende un hurlement dans tout l'opéra : nous !!! lol!


EDIT :

@Cat47: Je n'ai jamais fais attention à ça. Bon, il faut dire que quand je parlais de loges, je pensais à des loges du sytle comme à l'Opéra Garnier.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mer 19 Mar 2008 - 10:04

Malheureusement, je ne me souviens plus du prix... Je me souviens juste que ça m'avait paru atrocement cher... On peut réserver des places en ligne à l'opéra garnier à partir du site dont j'ai donné le lien ci-dessus. Les seules places proposées sont celles à 7-8 €, qu'il faut retirer dans une fnac. Je précise que vu leur situation, on ne voit absolument rien de ce qui se passe sur la scène...
C'est bien ce que je pensais : pour les autres places, il faut les réserver directement à Garnier, et/ou avoir un abonnement à l'année.

Pour la semaine prochaine, je vais essayer de préparer un post sur un autre bâtiment... Je me laisse le temps de réfléchir et de réunir des photos, mais j'ai déjà ma petite idée.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mer 19 Mar 2008 - 10:57

Bof, si on ne voit rien de ce qui se passe sur la scène, autant écouter le CD chez soi...

Même si ce n'est que € 7-8, je n'ai pas envie de payer pour ne rien voir, ça serait trop frustrant.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Mer 19 Mar 2008 - 18:31

Voila un topic passionnant! Je m'apprète à m'engager dans des études d'architectures (encore faut il que je reussisse les concours ^^) et ce sujet m'interesse donc beaucoup!
Bravo pour les descriptions et les photos qui donnent vraiment envie!
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Jeu 20 Mar 2008 - 12:01

Alors bonne chance pour le concours Jafean. Very Happy

Très jolie bannière... Very Happy Very Happy Very Happy
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Dim 12 Avr 2009 - 17:56

Je suis obligée de couper le message en 2 parties, car il est trop long ...

Le dimanche 15 mars 2009, nous avons fait une magnifique sortie lambtonienne avec plusieurs membres de l'Inn cheers , et j'avais promis de vous faire partager les notes que j'avais prises lors de la visite guidée. Alors voici en exclusivité, avec photos d'April à l'appui, ce que nous a raconté notre guide, passionnante et passionnée, lors de notre découverte de cet extraordinaire monument qu'est le Palais Garnier, Opéra National de Paris.

Spoiler:
 

D'avance je m'excuse des redites par rapport aux posts de Clelie (très intéressants d'ailleurs Very Happy )

Après être arrivées face à cette merveille d'architecture, nous l'avons contourné par la droite où se fait l'entrée des visites, pour entrer par le chemin que prenaient les abonnés au XIXe siècle.

Avant de parler plus avant des abonnés, et de vous accompagner au fil de la visite guidée que nous avons suivi, quelques mots sur les origines de ce bâtiment.
Comme Clelie l'a souligné, son créateur est Charles Garnier. Son projet a été choisi parmi 171 projets. Il avait alors 35 ans. En dehors des qualités architecturales, techniques, pratiques de son projet, un des points importants considéré par le jury dans la détermination du projet de ce nouvel opéra, était la sécurité de l'empereur, et la manière dont elle pouvait être assurée dans le bâtiment.
Garnier a choisi personnellement les peintres, sculpteurs et autres artistes et artisans travaillant à ériger ce palais des arts.

Revenons donc à la "Rotonde des abonnés" par laquelle nous commençons notre exploration du théâtre.
A cette époque, les abonnés représentaient 80% des recettes. Ces abonnés étaient un public puissant, riche. Les abonnements étaient bien différents d'aujourd'hui ! En effet, ces abonnés assistaient à 3 spectacles par semaine, et ce à l'année. Ce public particulier était celui décidant de la vie politique, culturelle.
Dans sa manière de dessiner l'architecture de l'Opéra, Garnier veut que les abonnés découvrent ce palais un peu comme une fleur qui s'ouvrirait devant leurs yeux. Et pour débuter cette rotonde basse, mal éclairée, dégageant une ambiance de mystère.

C'est au centre de cette rotonde que l'on peut voir cette grille d'aération autour de laquelle courent des signes. En regardant avec attention, on peut y lire : "1861-1875 Jean Louis Charles Garnier" : les dates de construction ainsi que le nom de l'architecte.

Spoiler:
 

C'est sous cette sorte de coupole que notre guide nous en a dit un peu plus sur l'Opéra Garnier. En effet, ce théâtre a été créé comme une véritable industrie du spectacle : étaient à l'époque dans le bâtiment non seulement les artistes, corps de ballet, école du ballet, école de chant entre autres mais aussi les costumiers, une écurie, une armurerie, etc.
En 1989, le théâtre a été divisé. L'Opéra Bastille est plutôt le domaine de jeu des musiciens, tandis que l'Opéra Garnier reste le temple de la danse. Il existe d'ailleurs 13 salles de répétitions pour les danseurs sous les toits, ainsi que les ateliers de couture. D'ailleurs, il existe une petite rivalité entre les ateliers de Garnier et de Bastille, nous a confié la guide !! Wink

Spoiler:
 

Puis notre chemin se poursuit un peu pour arriver à une sorte de grotte, avec en son centre une fontaine, dont les jets d'eau (qui ne sont plus en fonctionnement) étaient dirigés vers le plafond, ce qui créait une impression de rideau. Derrière ce rideau était dissimulée une statue (qui est elle toujours présente) représentant la pythie, c'est-à-dire l'oracle d'Apollon. Il faut savoir qu'Apollon était entre autres le dieu des arts, et particulièrement de la musique lyrique.

Spoiler:
 

La pythie était celle qui interprétait les paroles divines, ce qui se faisait par l'intermédiaire d'une cérémonie : tout d'abord, elle devait inhaler des vapeurs qui se dégageaient (qui provenaient de source sous le temple de Delphes), jusqu'à la transe. C'est alors que son esprit s'ouvrait à Apollon. Dans cet état de transe, la pythie était alors dans un état d'extrême écoute, de nervosité, de sensualité.
Cette grotte représente ainsi la face cachée du théâtre, avec ses amours, ses haines, ses jalousies, etc.
De plus cette image est renforcée par le rideau d'eau - le rideau étant ce qui cache, ce qui se trouve derrière le rideau étant la face cachée - , ainsi que par son emplacement dans le théâtre - niche cachée derrière le grand escalier.

Dans toute cette zone de l'opéra que nous venons de voir, le décor est abondant, mais pas encore de couleurs, ni de dorures. Tout cela reste encore assez austère... Pourtant, on appelle cet opéra le "palais du marbre et de l'or" ! Mais patience, rappelez vous, le palais doit s'ouvrir au visiteur progressivement, comme une fleur ...

On passe aussi devant des miroirs. Mais pourquoi des miroirs à cet endroit ? Parce que les abonnés doivent "s'arranger", rectifier leurs toilettes avant d'être visibles de tous. Car le tout Paris était là !
D'ailleurs, l'entrée du théâtre était très organisée et hiérarchisée. Tout d'abord les spectateurs aux places les moins chères, au "paradis", tout en haut de la salle : 3 heures avant. Puis petit à petit, réglementée par des heures précises se faisait l'entrée des différentes catégories, les derniers étant bien sûr les abonnés, entrant 30 minutes avant le spectacle, sous les yeux de la salle remplie. Tout Paris était là pour voir les abonnés défiler.

Puis on arrive au grand escalier, la fierté de son architecte, Garnier. D'après ce qu'on nous a expliqué, il lui tenait particulièrement à cœur. Il conçoit cet escalier tout en lignes sinueuses, en courbes. Garnier tenait aux couleurs de celui-ci. Il est en effet splendide.

Spoiler:
 

Garnier s'imaginait les femmes qui allaient défiler là, avec leurs robes aux couleurs chatoyantes et différentes les unes des autres, il s'imaginait les fleurs disposées autour d'elles. Il a voulu créer une véritable symphonie de couleurs pour cet escalier.
Garnier savait exactement quelles couleurs il voulait pour cet escalier, mais les marbres ne se trouvaient pas en France. Il fait ainsi une sorte de tour du monde pour sélectionner les marbres qu'il souhaite, faisant venir des marbres d'Italie, de Suède, et de nombreux autres pays. L'escalier compte ainsi 24 sortes de marbres, et l'opéra dans son ensemble 45 types de marbre différents. affraid tongue La main courante de l'escalier est en onyx.
Les marches de l'escalier sont basses. Ce n'est pas un hasard : à cette époque, les femmes ne pouvaient pas montrer leurs chevilles, donc les marches ont été dessinées de manière à aider les dames de la société à respecter cette convention !

Dans l'opéra, Garnier cherche à inclure des petites allusions et des petites énigmes, ce qui était en vogue à l'époque. Il faut rappeler le contexte : l'enseignement du XIXe siècle incluait la maîtrise de la mythologie, la connaissance des arts, etc.
L'éclairage au gaz, et donc la lumière vacillante contribuaient à ce jeu de mystère.

Une fois l'escalier monté, on continue notre progression vers le saint des saints, la salle, en passant sous un porche encadré par deux immenses statues (ci dessous, photo de celle de gauche), des créatides ( Question je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le mot ...) caryatides (merci Popila Wink )

Spoiler:
 

Celle de gauche porte un glaive et un masque (représentant le monde des apparences, le théâtre), celle de droite une lyre (représentant la musique). On peut aussi observer un petit bateau, symbole de la ville de Paris.

La société de l'époque a trouvé que ces statues étaient très insultantes pour les dames de la haute société, à cause de leur posture. En effet, seules les filles de joie se tenaient ainsi. De plus il s'agit ici d'un opéra lyrique (considéré comme supérieur à un opéra comique par exemple, qui était pour des classes inférieures).
Garnier a dû répondre dans la presse pour se défendre contre ces critiques. Il a souligné qu'il s'agissait de créatures imaginaires peuplant un palais de contes de fées, et non pas une représentation de personnes réelles ! Razz

Enfin nous pénétrons dans la salle de spectacle. Sur scène des techniciens mettent en place le décor du ballet "Le Parc" de Prelocaj.
Cette scène est en pente. D'ailleurs tous les concours de danse se passent traditionnellement ici.
A l'opposé, la scène de Bastille n'est pas en pente. Le recouvrement du sol n'est pas le même. La guide nous a confié que même s'il permettait aux danseurs de sauter plus haut, il était finalement moins bien et faisait plus mal aux jambes.
Aujourd'hui, grâce aux techniques et technologies modernes, les ingénieurs peuvent désormais régler l'acoustique dans une salle telle que Bastille.

A Garnier, "vieille" salle, l'acoustique est due avant tout à sa construction. Ici, plus le son monte, plus il gagne en pureté.
Sur scène, si quelqu'un chuchote, on l'entendra dans la salle. Mais il faut crier pour se faire entendre de la salle sur scène !

Cette scène de Garnier est de type "à l'italienne" : en effet, elle est construite sur un principe de double pente (non seulement la scène est en pente, mais la salle - le parterre - aussi). Un autre élément nécessaire pour dire qu'une salle est à l'italienne est la présence de corbeilles. Ce sont d'ailleurs les meilleures places, paraît-il !

Parlons à présent du lustre, ce lustre qui tombe si dramatiquement sur le public dans le "Fantôme de l'Opéra" de Leroux. Ce lustre fait 8 tonnes. Une fois par an, il est descendu pour être nettoyé. A l'époque, c'était plutôt le contraire : on remontait le lustre (en effet, une partie du plafond, au centre, s'ouvrait).
A l'époque, le lustre restait donc toujours allumé (pendant l'entrée du public, mais aussi pendant les représentations, car il était impossible de l'éteindre, puis de le rallumer au moment du spectacle, puis de l'entracte, etc).

C'est la première fois dans l'histoire du Théâtre que des sièges sont tapissés de rouge. Dans les autres théâtres, on utilisait plutôt des couleurs froides, telles que le bleu, le vert, l'argent. A l'époque, il était fréquent que les théâtres brûlent. Or la superstition faisait qu'on évitait le rouge, couleur chaude rappelant le feu.
D'ailleurs, pour rester dans le monde de la superstition au théâtre, peut-être que certains d'entre vous savent que sur scène, on ne peut pas prononcer le mot "corde", car ça porte malheur (on utilise des synonymes, comme drisse, fil, etc). Pourquoi ? Cela remonte aussi à cette époque : des marins étaient employés pour changer les décors, or ils utilisaient de nombreuses cordes pour cette manipulation (d'ailleurs on peut voir des noeuds de marin dans l'utilisation des cordes au théâtre). Et dans le monde de la mer, il porte malheur de prononcer le mot corde sur un bateau (d'ailleurs une corde s'appelle une "écoute" sur un bateau). La superstition a donc été ainsi transférée au monde du spectacle.

Les innovations au palais Garnier sont nombreuses, on le voit. C'est aussi le premier théâtre dont la charpente est métallique.
Il y a un rideau de fer qui permet de séparer scène et salle, en cas d'incendie.

... la suite dans le prochain post !!!


Dernière édition par Artemis le Jeu 7 Mai 2009 - 9:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Dim 12 Avr 2009 - 17:57

Et voici la fin de la visite !!

A présent parlons du célèbre et controversé plafond.

Spoiler:
 

En 1960, Malraux décide de changer le plafond. En effet, le précédent est très dégradé à cause de la fumée dégagé par l'éclairage au gaz et très abîmé suite aux nombreuses restaurations (faites avec les moyens de l'époque avant guerre, donc de qualité incertaine voire mauvaise). De plus, la fréquentation de l'opéra est assez basse dans cette période après guerre.
La curiosité et l'envie de voir ce nouveau plafond de Marc Chagall si controversé (pour pouvoir le critiquer ensuite à sa guise !! ) multiplie par 3 la fréquentation !!

Cette gigantesque peinture de 240 m² s'inspire du lieu, des spectacles. Elle figure 14 scènes des opéras et ballets les plus célèbres, et représente 4 ans de travail. Marc Chagall offrira d'ailleurs son travail, afin de remercier la ville de Paris pour école des Beaux-Arts. Dans cette période du cubisme, fauvisme et autre surréalisme, ce peintre originaire de Biélorussie s'imprègne de ces mouvements caractérisés par une intensité des couleurs pour créer son style si personnel.

Tout en haut de la salle, on peut voir un décor en trompe l'oeil de balcon. Ce sont des places aveugles : on entend mais on ne voit rien. Aujourd'hui cet étage est plus traditionnellement occupé la régie. C'est ce qu'on appelait le paradis : le son s'embellit en montant, là-haut il est plus pur, plus beau, on est au paradis car on entend les anges chanter ... drunken (c'est une des explications et des récits que nous a raconté la guide)

A l'opposé en termes de catégories de places et de hiérarchie sociale, l'empereur et l'impératrice avaient chacun leur loge : celle de l'empereur à gauche de la scène (quand on regarde la scène de la salle), et celle de l'impératrice à droite.
En présence de l'empereur, le prix d'une représentation pouvait être multiplié par 4.

Certaines Very Happy seront probablement plus intéressées par une des petites loges de cette photo que par celle de l'empereur que l'on voit ici ! En effet, la loge n°5 rendue célèbre par le passionnant roman de Gaston Leroux (enfin moi je l'aime beaucoup !! I love you ) se situe au centre de cette photo.

Spoiler:
 

Concernant les 1e loges, les séparations entre les loges se démontent. C'est là qu'aujourd'hui pourraient être accueillies des délégations.
Pour revenir à l'empereur, sa loge, comme celle d'autres personnages de la haute société, comprenait un arrière-salon, aménagé avec des sofas. Une loge était en effet constituée de 2 parties : la partie avant, donnant vue sur la scène, et un arrière salon. Les femmes au XIXe siècle ne pouvaient d'ailleurs pas quitter leurs loges au moment de l'entracte, mais elles recevaient des visiteurs, d'où la présence d'arrière-salons. Il était ainsi habituel que les abonnés apportent des meubles personnels pour l'aménagement de leur arrière-salon.
Ces arrière-salons étaient un des éléments obligatoires pour les candidats lors du concours pour la construction de l'opéra (avec d'autres éléments comme une entrée des artistes, etc).

Puis nous sommes sortis de la salle (avec l'envie d'y revenir voir un ballet pour moi !!! ), et passés devant l'entrée de la loge de notre POTO préféré...

Spoiler:
 

Pour finir la visite (il était déjà quasi l'heure de la fermeture de l'Opéra car il y avait une représentation en début d'après-midi - je n'avais pas du tout vu le temps passer, et je serais bien rester encore plus longtemps ... on se sent tellement bien à l'Opéra !!! Very Happy ) nous avons visité les foyers.
L'Opéra Garnier en compte deux. Généralement, le petit foyer, pour les classes inférieures, est situé au dessus du grand. Ici, il n'y avait plus de place disponible au-dessus du grand foyer, alors Garnier les a construit au même niveau.

Le foyer est une sorte de promenoir, de couloir. A l'époque, les théâtres étaient non chauffés, et le foyer comprenait deux cheminées à ses extrémités. Au début, le foyer n'est pas décoré, mais petit à petit il est transformé en galerie d'art car les personnes y passaient de plus en plus de temps.

A Garnier, le petit foyer est décoré en mosaïques, ce qui était très rare pour l'époque, car la mosaïque était alors très peu connue en France. Au plafond, mosaïque d'émaux, au sol, mosaïque de marbre (8000 m²). Si les couleurs du plafond ont l'air si vives, ce n'est pas dû à une quelconque restauration. En fait, lors du procédé de fabrication de l'émail, la cuisson intensifie les couleurs, et au cours du temps, ces couleurs n'ont pas bougé.

Le grand foyer est un autre bijou de ce monument.

Spoiler:
 

Le grand lustre est en bronze et en cristal. Les lustres ont été dessinés par Garnier lui-même. Les vases proviennent de la Manufacture Royale de Sèvres et ont été créés d'après des dessins de Garnier.

Le grand foyer comprend aussi de nombreuses peintures. Au plafond on peut voir la représentation de genres de la musique (mythologie, musique champêtre, tragique, scènes bibliques, etc). Quel que soit le sujet, il y a une rapport avec la musique et/ou la danse dans les diverses peintures de cette salle.
Au XIXe siècle, un instrument de musique symbolisait chaque pays. Cette symbolique est reprise dans des médaillons courant le long du mur droit du grand foyer (côté fenêtres). Ainsi le premier médaillon contient des castagnettes, ce qui représente l'Espagne, puis le tambour représentant la France, le violon l'Italie, l'orgue l'Allemagne, enfin la cornemuse la Grande-Bretagne.

Aux murs, des tapisseries venant de la Manufacture Royale des Gobelins.

Enfin, la dernière salle que nous visitons rapidement est la "rotonde du Glacier", sorte de restaurant où étaient vendues des glaces lors des entractes ou avant les représentations.

Puis nous sortons par l'entrée principale, celle par laquelle les spectateurs entrent aujourd'hui. Et nous sortons de ce palais de contes de fées, dans lequel nous avons pu rêver l'espace d'une visite ...
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Dim 12 Avr 2009 - 18:44

Artemis et Clélie, c'est magnifique.
Vous en parlez tellement bien que cela m'a donné une furieuse envie d'aller visiter le Palais Garnier tout de suite là maintenant.
Bien dommage que ce ne soit pas possible mais il fait partie des endroits à voir absolument quant un jour j'irais à Paris...
Et je veux l'une de vous deux (ou les deux) comme guide...
Et vos photos sont absolument superbes.
Merci pour ce bon moment de lecture et ce petit plaisir des yeux.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Dim 12 Avr 2009 - 21:01

Ralala, ces visites sont édulcorées, on a oublié de vous dire que tout cela est conçu sous Napoléon III comme un lupanar géant, pourquoi croyez-vous que les loges soient aussi sombres et si profondes ?

Bon je repars... :doddy:
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Dim 12 Avr 2009 - 22:01


Est-ce qu'un vous a parlé de l'étrange cérémonie qui a eu l'année dernière à Garnier ?

Le 23 décembre 1907, dans un but publicitaire scientifique, le directeur de la société d'enregistrements de disques Gramophone avait fait don d'une série d'enregistrements et de matériel pour les lire qui avaient été placés dans des urnes scellées pour que les générations futures puissent entendre, préservés, les grandes voix de l'opéra de l'époque.

Les urnes, enterrées dans les sous-sols de Garnier (d'où le lien avec le sujet, heuuuuuu...) ne devaient pas être ouvertes avant un siècle, soit décembre 2007.

Un article grandiloquent de la revue Musica de l'époque :
dans lequel on voit que les politiques en étaient rendus à inaugurer les chrysanthèmes à la cave.

Ca avait beaucoup frappé cette histoire, Gaston Leroux en parle plusieurs fois dans le fantôme de l'opéra, par exemple ici :

Gaston Leroux a écrit:
On se rappelle que dernièrement, en creusant le sous-sol de l’Opéra, pour y enterrer les voix phonographiées des artistes, le pic des ouvriers a mis à nu un cadavre ; or, j’ai eu tout de suite la preuve que ce cadavre était celui du Fantôme de l’Opéra ! J’ai fait toucher cette preuve, de la main, à l’administrateur lui-même, et maintenant, il m’est indifférent que les journaux racontent qu’on a trouvé là une victime de la Commune.

Les malheureux qui ont été massacrés, lors de la Commune, dans les caves de l’Opéra, ne sont point enterrés de ce côté ; je dirai où l’on peut retrouver leurs squelettes, bien loin de cette crypte immense où l’on avait accumulé, pendant le siège, toutes sortes de provisions de bouche. J’ai été mis sur cette trace en recherchant justement les restes du fantôme de l’Opéra, que je n’aurais pas retrouvés sans ce hasard inouï de l’ensevelissement des voix vivantes !

Enfin, en septembre 2008, certaines urnes ont été ouvertes,
comme on l'explique sur le site de la BnF

Avec un petit film, qui, pour le coup fait vraiment science-fiction

On peut écouter quelques extraits sur le site ici (mais en réalité, ça n'a pas un intérêt énorme, presque tout était connu.)

Et pour finir, EMI (qui suite à un siècle de fusions-acquisitions-successions détenait les droits de Gramophone), a publié un coffret cette année.




Voilà, ça n'a pas un intérêt fabuleux, mais je trouve que cette histoire est du domaine de l'absurde absolu du début à la fin


lol!
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 13 Avr 2009 - 16:42

Merci Artemis, Clélie et Morloch de toutes vos explications sur l'Opéra Garnier. Very Happy
Je voulais vous parler ici d'une architecture radicalement différente: Au sud de la Pologne, tout proche de la Slovaquie, s’étend la chaîne des Beskides, petit massif préservé où les habitants ont gardé de fortes traditions culturelles, et dont les villages possèdent encore une architecture en bois exceptionnelle. Voici une petite idée de l'écrin:

Et voici un petit aperçu des trésors architecturaux:


Village de Chocholow




Zakopane:ses maisons traditionnelles, ses ruches, sa vieille église, son vieux cimetière.

La tradition de l'architecture en bois remonte dans les Beskides au Moyen -Age. N'étant pas une spécialiste en architecture, je vous mets un lien assez complet: Itinéraire de l'architecture en bois. En plus de très belles photos de chefs d'oeuvre, il y a un dictionnaire des termes architecturaux.
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 13 Avr 2009 - 20:22

Merci pour cette découverte Félicité ! Very Happy Je ne suis pas non plus spécialiste en architecture, et je ne connaissais pas du tout ce "style". Et les photos sont très belles !
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 13 Avr 2009 - 22:31

Deux petits détails de l'architecture en bois:


Une porte de maison et le détail d'un mur. Les joints sont faits en paille tressée.

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Morloch
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Lun 13 Avr 2009 - 23:16

Tous ces bâtiments et leurs détails sont magnifiques !
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MessageSujet: Re: Architecture : entre splendeur et anticonformisme   Aujourd'hui à 21:17

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